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Full text of "Histoire naturelle des oiseaux"




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A-B bjï— ^-' '--- • 



HARVARD UNIVERSITY. 





LIBRAn Y 



MUSEUM OF OOMPAEATIVE ZOÔLOGT. 

GIFT OP 

THEODORE LYMAN 

OF THE 

Class of 185.5. 





'.^ 





ISTOIRE 

NATURELLE, 

GÉNÉRALE ET PARTICULIÈRE, 
AVEC LA DESCRIPTION 

DU CABINET DU ROL 

Tome Quatorzième, 



HISTOI 

NATURELLE 

DES OISEAUX. 



Tome Quatorzième. 




A PARIS, 

Suivant la Copie ja-4.^ 

DE L'IMPRIMERIE ROYALE. 



M. D C C L X X X. 



TABLE 

"De ce qui eft contenu dans 
ce Volume. 

Grues du nouveau continent: 

La Grue blai<iche.. Page i 
La Grue brune 5 

Oifeaux étrangers qui ont rapport 
. a la Grue. 

La Demoifelle de Numidîe 8 

VOifeau Royal... 15 

Le Cariama z6 

Le Secrétaire ou le Mes- 
sager... 30 

Le Kamichl. . 40 

Les Hérons... 50 

Le Héron commun. Première efpèce. 

îbid. 
Le Héron blanc. Seconde efpèce. 8 j 
Le Héron noir. Troifièaie efpèce. 88 
a iij 



vj T A B L E. 

Le Héron pourpré. Quatrième ef} èce. 

Le Héron violet. Cinquième efpèce, 

La Gary^ette blanche. Sixième efpèce. 

V Aigrette. Septième efpèce... . 95 

Hérons du nouveau continent. 

La grande Aigrette. Première ef- 
pèce lOI 

V Aigrette roujfe. Seconde efpèce. 

103 

La Demi - Aigrette. Troifièm.e ef- 
pèce Ibid, 

Le SocO' Quatrième efpèce... . 105 
L€ Héron blanc a calotte noire. Cin- 
quième eipèrc 107 

Le Hercn /^r^/z, Sixième efpèce. Jo8 
Le Héron Agami. Septième efpèce. 

109 
VHocli, Huitième efpèce.. . . iio 
Le Hohou. Neuvième efpèce.. 112 
JLè grand Héron d' Amérique. Dixième 

eipèce 113 

Lt Héron de la baie d'Hudfon, On- 
zième elf -èce, • ....• 115 



T A B L E. vî) 

Les Crabiers 117 

CrABIERS de l'ancien continent. 

Le Crabier cayot. Première efpèce. 

118 
Le Crabier roux. Seconde efpèce. 

119 
Le Crabier marron. Troîfième es- 
pèce 120 

Le Guacco, Quatrième eivjhcc. 123 
Le Crabier de Mahon. Cinquième 

efpèce 124 

Le Crabier de Coromandel. Sixième 

^{^ccc Ibid. 

Le Crabier blanc & brun. Septième 

efpèce 125 

Le Crabier noir. Huitième efpèce. 

125 

Le petit Crabier. Neuvième efpèce. 

Ibid. 
Le Blongios. Dixième efpèce. 127 

CrAbiers du nouveau continent. 

Le Crabier bleu. Première efpèce. 

131 



viij TABLE. 

Le Crabkr bleu à cou brun. Seconde 
efpèce 133 

Le Crabicf gris-de-fer. Troîfième 
efpèce 134 

Le Crabier blanc à bec rouge. Qua- 
trième efpèce 1 36 

Le Crabier cendré. Cinquième ef- 
pèce 137 

Le Crabier pourpré. Sixième efpèce. 

138 

Le Cracra. Septième efpèce. . . 1 39 

Le Crabier chalybé. Huitième et 
pèce 141 

Le Crabier vert. Neuvième efpèce. 

Le Crabier vert tacheté. Dixième 
efpèce.. 143 

Le Zilatat. Onzième efpèce., 145 
Le Crabier roux à tête & queue 

vertes. Douzième efpèce. ... 146 
Le Crabier gris à tête & queue 

vertes. Treizième efpèce... 147 

Le BeC'OUFert.. ..... . Ibid. 

Le Butor,.. 150 

Oifcaux de l^ ancien continent qui 
ont rapport au Butor^ 



TABLE. ix 

Le grand Butor. Première efpcce. 

i6s 
Le petit Butor. Seconde efpèce. 

167 
Le Butor brun raye. Troiiîème ef- 
pèce 169 

Le Butor roux. Quatrième efpèce. 

170 
Le petit Butor du Sénégal. Cin- 

qurème efpèce 172 

Le Pouacre ou Butor tacheté. Si- 
xième eipèce.. -•*..,..... 173 

Oifeaux du nouveau continent qui 
ont rapport au Butor. 

VÈtoilé. Première efpèce... . 175 
Le Butor jaune du BréJiL Seconde 

efpèce 176 

Le vêtit Butor de Cayenne. Tror- 

nème efpèce.. ..... r 178 

Le Butor de la haïe d'Hudfon. Qua- 
trième efpèce 179 

VOnoré, Cinquième efpèce... 180 
VOnoré rayé. Sixième efpèce. 181 
VOnoré des bois. Septième efpèce. 

Le BlHOREAU.. . . ■. 185 



X TABLE. 

Le Bikoreau de Cayenne. . . 191 
L'Ombrette 191 

Le COURLIRIOWCOURLAN. 194 

Le Savacou 195 

La Spa tu le. zoi. 

La Bécasse.. . • • . . 2.11 

Variétés de la Becajfe 147 

Oifeau étrange'' qui a rapport a 
la Bccajje, 

La Bécajje des favannes 249 

La Bécassine. Première clpècc. 

La petite BecaJJîne ^ furnommée la 

Sourde. Seconde cfpèce... . 263 

La Brunctte. Troiiième erpèce. 267 

Oifcaux étrangers qui ont rapport 
aux BécaJ/ines. 

La Bécajjine du cap de Bonne- ef- 
pérance. Première ef[ 'èce. . . 269 

La Bécajjine de Madagafcar, Se- 
conde efpèce 271 

La Bécafjine de la Chine. Tioi- 
fième cfpèce 272 

Les Barges .' 174 

La Barge commune. Première el- 



TABLE. x) 

pècc . 278 

La Barge aboyeufe. Seconde ef^ 

pèce 280 

La Barge variée. Troifième efpèce. 

282 
La Barge roujje. Quatrième efpèce. 

284 
La grande Barge roujfe. Cinquième 

efpèce 286 

La Barge rouJJe de la baie d'Hud- 

fort. Sixième e/pèce 289 

La Barge brune. Septième elpèce. 

291 
La Barge blanche. Huitième efpèce. 

292 

Les Chevaliers z94 

Le Chevalier commun. Première ef- 
pèce. 296 

Le Chevalier aux j/ieds rouges. Se- 
conde efpèce . 299 

Le Chevalier rayé. Troifième ef- 
pèce 3 . 303 

Le Chevalier varié. Quatrième ef- 
pèce 305 

Le Chevalier blanc. Cinquième ef- 
pèce 309 

Le Chevalier vert. Sixième efpèce. 

310 



xij TABLE. 

Les Co mb a t t ANS^^Muilgaire^ 

ment Paons de ^^^ Vi j^:;; 3 ri 

Les Maubècbes ?.'! 311 

La Maiibeche commune. Première 
e.fpèGC 323 

La Maubèche tachetée. Seconde 
efpèce. . • * • ,0 . . 325 

La Maubèche grife. Troifième ef- 
pèce... ...,,.....•..«.'. 326 

La Sanderling. Quatrième elpèce. 

327 

Le Bécasseau.. , , . . , . . 329 

La Guignette.. 358 

La Perdrix de mer.. ... 342 

La Perdrix de mer grife. Première 
erpèce. • • - 345 

La Perdrix de mer brune. Seconde 
cipèce 347 

La Giarole. Troifème efpèce. 348 

La Perdrix de mer à collier. Qua- 

trièniQ efpèce. .......... 350 

V Alouette de mer.. .... 352 

Le Cincle. 358 

Par M. DE Bu FF ON. 

HISTOIRE 










HISTOIRE 

NATURELLE. 

GRUES 

DU NOUVEAU CONTINENT, 
* LA GR UE BLANCHE (a). 

Il Y A toute apparence que la grue a 
paflé d'un continent à Tautre , puifqu'elle 
fréquente de préférence les contrées fep-, 

^ Fbyex les planches enlumîne'es , //.o 889. 

faj Hooping crâne. Catesby , tom. I, page 75, 
avec une figure de la tête & du cou. — Hooping 
crâne f rem Hudfin's bay. Edwards, Bifl, ofB'nds, 

Oifcaux, Tome XIF. A 



2 IJijloire Naturelle 

tentrîonales de TEurope & de TAfie , & 
que le Nord ell: la grande route qu'ont 
tenue les efpcces communes aux deux 
mondes -, & , en eftetson trouve en Amé- 
rique une grue blanche , & une ou deux 
fortes de grifes ou brunes -, mais la grue 
fclanche qui , dans notre continent , n'eft 
qu'une variété accidentelle , paroît avoir 
formé dans l'autre une race confiante, 
établie fur des caradères afl'ez marqués 
&a{lcz diftindsjpour la regarder comme 
très - anciennement féparée de l'efpècû 
commune 5 modifiée depuis long - temps 
par rinfiuence du climat 5 elle efl de la 
hauteur dt: nos plus grandes grues 5 mais 
avec des proportions plus fortes & plus 
épaîifes 3 le bec plus long , la tête plus 



tom, III, pî. 132. — Ardea vert: ce temponbufqa^ 
midis , papillops , fronte , inicha rcmigihufque prima^ 

riis nigris y corpore albo Griis Americana. Lin- 

naeus, Syjl. Nar, éd. X, Gen. 76, Sp. 5. — Cica-- 
nia alba; capite fiipeiiore pciinis nigris , pilorum (emii- 
lis , in Qccipiu raris , obfîto , vertice nîgro , ocdpit'éo 
& taniâ infra oculos rubris ; macula triangnlarî m fia 
occipitium nigrâ ; marginibus alarum pallide rofiis ; 
rcmigibus majoribus nigris; re&ricibns candidis. , . , 
Grus Jimiicana, BrhTon 5 OmithoL tom. V5 pag. 383. 



des Grues ^ &c. 5 

grojfle 5 le cou & les jambes moins grê- 
les *, tout fon plumage eft bianc , hors les 
grandes pennes des ailes qui font noires , 
& la tête (jui eft brune ', la couronne du 
fommet eft calleufe & couverte de poiîs 
noirs dair-femés & fins 5 lous lefqueîs la 
peau rougeatre paroît à nu , une peau 
femblable couvre les joues*, la touffe des 
pennes flottantes du croupion eft couchée 
& tombante, le bec eft iiilonné en-deiTus 
ôc dentelé par les bords vers le bout , il 
eft brun & long d'environ fix pouces. 
Catefby a fait la defcription de cette grue 
fur une peau entière que lui donna un 
Indien , qui lui dit que ces oifeaux fré- 
quentoient en grand nombre le bras des 
rivières proche de la mer , au com- 
mencement du printemps , & qu'ils re- 
tournoient dans les montagnes en été. 
<x Ce fait , dit CatePoy , m'a été conf^nTié 
depuis par un Blanc , qui m'a afliiré oc 
que ces oifeaux font grand bruit parce 
leurs cris , & qu'on les voit aux Savanes ce 
de l'embouchure de TAratamaha & d'aiî- « 
très rivières proche Saint- Auguftin dans œ 
la Floride & auffi dans la Caroline ,« 

A ij 



4 HiJIoire Naturelle 

» mais qu'il n'en a jamais vu plus avant 
» vers le Nord. » 

Cependant il eft très - certain qu'elle 
s'élève a de plus hautes latitudes -, ce font 
ces mêmes grues blanches qu'on trouve en 
Virginie fbjy en Canada f cj y julqu'à 
la baie d'Hudfon ; car la grue blanche de 
cette contrée 5 que donne M. Edwards, 
eft, comme il le remarque (djj exade- 
ment la même que celle de Catefby. 

(k J De Laët, pa^e 83 Les premiers Vo ageurs 
en Amérique, parlent des grues qu'ils y viretit : 
Pierre Martyr dit que les Eipagnols reHConu-èrent 
dans les prairies du Cuba des troupes de grues, 
grolVes du diaibie des nôtres. 

(c^ t» Nous avons (au Canada) des grues de 
»» deux Couleurs; les unes ioit toutes bla iches , 
»> les autres d'un gris-de-ii.. ; toutes font d'excel- 
îent potage. » Charievoix, Hijîuire. de la noui^dU 
J^rance , tome 1 1 1 , pa^e 155. 

(dj Nat. hift. of Birds. pag, 132. 




des Grues y &c. 



LA GRUE BRUNE(e). 

Edwards décrit cette grue , fous ia 
dénomination de srue brune & g^ifc ; elle 
eft d'un tiers moins grofTe que la précé- 
dente qui eft blanche *, elle a les grandes 
pennes des ailes noires*, leurs couvertures 
& les fcapulaires jufqucfur le cou font 
d'un brun-rouilîé , àinfi que les grandes 
plumes flottantes couchées près du corps y 
le refte du plumage elt cendré 5 la peau 
rouge delà tête n'en couvre que le front 
& le fommet , ces diflérences &ceile de la 
taille 3 qui , dans ce genre d'oifeaux , va-, 



(^ej Brown and ash-colom'd crâne» Edwards, Hifl, 

Nat. of Blrds. pi. 133. — Ardea fyucipm nudo pa- 

jjiilojo , corpore cinereo , alis extîis reftaceis 

ylrdea Canadenfis. Linnaeus, Syft, Nar.ed. Xj Gen, 
76 , Sp. 3. — Ciconia fupernè rufefceiis , marginihn$ 
pennarum fufcis , infernè cinereo - rufefcens ; veniez 
Tubefcente , pennis nigris , pilorum ^mulis , oi)jit& ; 
genis 6* gutture candi dis ; occipite , collo Ef uropygio 
cinereis ; tceniâ uanfversâ in alis cinereo-albâ , remi- 
giùus majoribns fufco nigricandhns fcapis albis ; rec- 
triclkus Jaturatè cinereis, . . . Grus frcti Hudfinis, 
ByiTun, OrnithoL tome V, page 385. 

A ïi] 



s Hijioire Naturelle 

rie beaucoup 5 ne font peut-être pas fuf- 
fiiantes pour féparer cette efpèce de celle 
de notre grue , ce font tout au moins 
deux efpèces voifines, d'autant plus que 
îes rapports de climats & de mœurs , 
rapprochent ces ' grues d'Amérique , de 
nos grues d'Europe , car elles ont Thahi- 
tude commune de paffer dans le Nord 
de leur continent & jufque dans les terres 
de la baie d'Hudfon ^ où elles nichent 8t 
d'où elles repartent à l'approche de l'hi- 
ver, en prenant, à ce qu'il paroît, leur route 
par les terres des Illinois (fj & des Mu- 
rons (g) ^ en fe portant de- là jufqu'au 



(f) i* Aux Illinois, iî y a quantité de grue?, ^r 
ïjettrcs édifiav.tps , oriiième Recueil, pag, 310. 

fgj t'En la faifcn , les champs (des Hurons) font 
» tous couverts de grues ou tochingo , qui viennent 
î> manger leurs blés qirand ils les femenî & quand 
>» ils font près à moiPibnner. . . Ils tuent de ces 
w grues avec leurs flèches , mais peu fouvent , 
»? parce que iî ce gros oifeau n'a les ailes rompues 
>î ou n'eit frappé à la mort, il emporte aiiement 
» la fitche dans la plai^, & guérit avec le temps , 
>5 ainlî que nos religieux de Canada l'ont vu par 
>? expérience , d'une grue prife à Québec , qui avois, 
»? été frappée d\ine fièche huronne , trois cens 
^? lieues au-delà, & trouvèrent fur la croupe k 



des Grues y &c. 7 

Mexique (h)^ & peut-être beaucoup pîus 
ioin. Ces grues d'Amérique ont donc le 
même inftind que celles d'Europe , elles 
voyagent de même du Nord au Midi , & 
c'eft apparemment ce que défignoit TLi;- 
dien à M. Catefby , par la fuite de ces oi- 
féaux de la mer aux montagnes» 



pîaie guérie , & îe bout de la flèche avec fa <i 
pierre enfermée dedans. Ifs en prennent quel- «« 
quefois avec des coiets. >» Voyages au pays des 
Barons y par îe P. Sagard Théodat. Paris, 1652, 
pages 302 &* 30:^. 

( h J II ell aifé de reconnoître cette grue dans 
le toquilcoyotl de Fernandez . . . Ad gruis refertnr 
fpecles, cujus <equat magnitudinem , mores reliquam- 
que uaturam imicatur , toquilcoyotl uomen habeiis à 
voce ; corpus univerfum fufcum y nigrum promifcue , 
atque ciuereum ; caput coccineâ macula defuper infi' 
piitur ^ Efc. Avi. 110p. Hifp, cap. cxLViii , pag. 44. 
C'eftde cette grue du nord de l'Amérique , voya- 
geant dans ies contrées du midi, que M. BriHbn 
a fait fa huitième efpèce , fous ie nom de grue du 
Mexique f OrnithoL tom. V, page 380^, & la même 
que Wi[[Qgîi|[3y^^^^^ 201 ,• Klein, pa^. 121 , //." 2 ; 
& Ray, pag. 95 //^"^ 2, ont donné fous le nom 
de ^ru$ indica. 



^^ 



A iv 



8 Hijloire Naturelle 



OISEAUX ÉTRANGERS 

Qui ont rapport à la G RU E. 

tLA DEMOISELLE 

DE Nu MI DIE (a). 

O o u S un moindre module , la Demoî- 
felle de Numidie a toutes les propor- 
tions & la taille de la grue , c'eft fon port 

* Voyei les planches enluminées, /7.° !24i. 
(a) Grus Kumidia. Klein , Jii. page 121 , 
M.^ 6. — Ardea piperciliîs dois , rctrorfiim lonc^è 
iriflatis» K/>|o. Linnacus. Srjl. Nat. éd. X, Gen. ^é, 
Sp. 2. — Otus plumbeus. Barrère , Oruiikol. daf. m. 
Gen. 37, — Scops. Moehring , Avi. Gen. 84. — 
^sumidiau crâne. Edwards, tome F 1 1 , pag, à* plan- 
che 134. — Grue ce Numidie. Albin, tome fil, 
. /fl^e 35. — Demoifeile de Numidie, Hifl. dz l'A- 
£adémie, tome III , part, il , page 3. — Ckonia dut- 
reo- C£Tule frais ; vertice diliitè cimrco ; capite & collo 
fupremo iiigris ; fafJcuUs pennarum caudidisyab inrhif- 
que oculi angulo ortis y retrorfum peudnlis ; pennis Ion- 
gis nisris in colla inferiore deorfum dependentibus ; 
remigihus majoribus , reêtricibufque aviez nigricanti- 
bus. . . . Grus Numidica , Kirgo f^umid'ica vulg^ 
iidta. Brifîbn, OrnlthoL tome V, page 388. 



its Oifeaux e'trangers. 9 

& ceft auflî le même vêtement, la même 
dirtribution de couleurs fur le plumage , 
le gris en eft feulement plus pur & plus 
perlé 5 deux touffes blanches de plumes 
effilies & chevelues , tombant de chaque 
côté de la tête de Toifeau , lui forment 
une efpèce de coiâiire *, des plumes lon- 
gues 5 douces & foyeufes , du plus beau 
noir 5 font couchées fur le fommet de la 
tête \ de femblables plumes defcendent 
fur le devant du cou , & pendent avec 
grâce au-deifous *, entre les pennes noires 
des ailes 5 percent dQs touffes flexibles , 
alongées & pendantes. On a donné à ce 
bel oifeau le nom de dcmoifdlc ^ à caufe 
de fon élégance , de fa parure & des 
geftes mimes qis'on lui voit affecter, cette 
demoifelle-oifeau s'incline en efet par 
pîufieurs révérences, elle fe donne bon 
air en marchant avec une forte d'often- 
tation 5 & fouvent elle faute & bondit 
par gaieté , comme fi elle vouloit danfer. 

Ce penchant , dont nous avons déjà 
remarqué quelque chofe dans la grue, fe 
montre fi évidemment ici 3 que depuis plus 
de deux mille ans , les Auteurs qui ont 
parlé de cet oifeau de Numidie 5 Tout 

Av 



îo Hyîoire Naturelle 

toujours indiqué ou reconnu par cette 
imitation finguiière des geftes mimes. Arii^ 
tote rappelle Tadteur ou le comédien (h) y 
Pline le danfeur & le baladin ( cj ^ 8c 
Plutarque fait mention de fes jeux & de 
ion adreffe { d J. Il psroît même que cet 
inftinâ: fcénique s'étend jufqu'à Timita- 
tion des aûions du mioment. Xénophon , 
dans Athénée 5 en paroît perfuadé , lorf- 
qu'il rapporte la manière de prendre ces 
oifeaux: « les cha&ursv dit - il 5 fe frot- 
95 tent les yeux en leur préfence avec de 
D3 l'eau qu'ils ont mis dans des vafes 5 en- 
» fuite ils les remplirent de glue & s'é- 
loignent 5 Toifeau vient s'en frotter les 
»yeux & les pattes à Texemple des cliaf- 
wfeurs*, » auffi Athéaée , dans cet en- 
droit 5 Tappelle-t-il ie copifte de l'hom- 
me ^ e) ^ & fi cet oifeau a pris de ce mo- 
dèle quelque foible talent , il paroît aiifîi 
avoir pris Tes défauts y car il a de la va- 
nité 5 il aime à s'étaler , il- cherciie à ie 



(b) Hift. nat. animal, lib. FIIT^ cap.xii, 

(c) Lib. Xy cap, xxiii^ 
( dj T>e folert. animal. 



<3J 



des Oifcaux étrangers. i i 

donner en fpeûacîe, & fe met en jeu dès 
qu'on le regarde v ii femble préférer le 
piaiiîr de fe montrer à celui même de 
manger , & fuîvre quand on le quitte , 
comme pour folliciter encore un coup- 
dœil. 

Ce font les remarques de MM. de TA- 
cadémie des Sciences , fur la demoifelîe 
de Numidie (f) \ il y en avoit plufieurs 
à la ménagerie de Verfailles. lis compa- 
rent leurs marches ^ leurs poftures & leurs 
geftes 5 aux danfes des Bohémiennes ; & 
Ariftote lui-même femble avoir voulu 
l'exprimer ainfi , & peindre leur manière 
de lauter & de bondir enfembîe > lorfqu'il 
dit qu^on les prend quand elles danfent 
l'une vis-à-vis de l'autre (g). 

Quoique cet oifeau fût fameux chez les 
Anciens , il en étoit néanmoins peu con- 
nu 3 & n'avoit été vu que fort rarement 
en Grèce & en Italie § confiné dans fcii 
climat, il n'avoit, pourarnfî dire , qu'une 
céiébrité fabuleufc. Pline , en un ri 



f f) Mémoire pour fervir à l'Hiftoire des 
jîiaux , tome. III, parm 1 1 r p^î^^ 5- 
(g) Loc9 citato, 

A v] 



I 2 Hidoin Naturelle 

droit (h)^ après Tavoir nommé le pan^* 
tomime j îe place dans un autre paffage, 
avec les animaux imaginaires , les fyrè- 
nes 5 les griffons , les pégafes. Les Moder- 
nes ne Tont connu que tard , ils Tont con- 
fondu avec le fcops & Votas des Grecs , 
& Yajîo des Latins , le tout fondé fur les 
mines que le hibou ( otus ) fait de la 
tête, & fur la fauffe analogie de fes deux 
oreilles , avec la coiffure en filets longs & 
déliés 5 qui , de chaque côté , garnit & pare 
la tête de ce bel oifeau. 

Les fix demoifelles que Ton eut quelque 
tems à la ménagerie , venoient de Numi- 
die. Nous ne trouvons rien de plus dans 
les Naturalises 5 fur la terre natale de cet 
oifeau & fur les contrées qu'il habite (ij. 
Les Voy.igeurs l'ont trouvé en Gui- 
née (k)^ & il paroît naturel aux régions 

(h) Lib, X j cap, XLix. 

(i) The, demuifdle of Numidle. Edwards, Hift. 
Nat. ofBlrds. 

(k) l^oyei Hiiloire générale des Voyages, 
tome HT, pa^e 307. Nota. L'Auteur paroît d'a- 
bord confondre , en fuivant Froger , la demoifelle 
deNiimidio avec i'oifeaxi royal ; mais ii la décrit 
enfiiite, d'après M.rs de l'Acud'imie des Lcicnces, 
fousi^s véritables caradères. 



des Gifiaux étrangers. ij 

de l'Afrique voifines du Tropique. Il ne 
feroit pas néanmoins impollibîe de l'ha- 
bituer à notre climat, de ie naturalifer 
dans nos baffe-cours, & même d'y en éta- 
blir la race. Les demoifellesde Numidie, 
de la ménagerie du Roi , y ont produit , & 
la dernière morte , après avoir vécu envi- 
ron vingt-quatre ans , étoit une de celles 
qu'on y avoit vu naître ( l). 

MM. de l'Académie donnent des dé- 
tails très-circonftanciés fur les parties in- 
térieures de ces (ix oifeaux qu'ils dïdé- 
quèrent (m)\ la trachée -artère d'une 
fubftance dure & comme offeufe , étoit 
engagée par une double circonvolution , 
dans une profonde caneîure crcufée dans 
le haut du fternum*, au bas de la trachée, 
on remarquoit un nœud offeux, ayant la 
forme d'un larynx féparé en deux à l'in- 
térieur par une languette, comme on le 
trouve dans i'cie & dans quelques autres 



(l) Ce fait nous a été communiqué par les 
ordres de M. ie Maréchal duc de Mouchy , Gou- 
verneur de Venaiiles & de la ménagerie du Roi. 

(m) Mémoii'es cités ^ p^g^s 12 b' julv. 



14 HiJIoire Naturelle 
oifeaux -, le cerveau & îe cervelet enfem- 
bxe, ne pefoient qu'une dragme & de- 
mie , la langue étoit charnue en-deffus & 
cartiiagineufe en-deffous , ie géfier étoit 
iemblable à ceiui d'une poule , & comme 
dans tous les granivores , on y trouvoit 
des graviers. 




^om , xri^ 



PI ' Z.pa^ . 2^ . 




LA DEMOISELLE DE NUJMIDIE . 



des Oîfeaiix étrangers. î | 



"^ L'OISEAU ROYAL (n). 

Xjo ISEAU ROYAL doît foH nOITl à Yt^-' 

pèce de couronne , qu'un bouquet de 
plumes 5 ou plutôt de foies épanouies > 



^ Fbj^^ les planches enluminées, /7.° 265. 

f^/2^ Gr;z5 Balearica , PliiilL Aîdrovande , Ji^L 
tom. IIÏ^ pag. .^61, avec des figures recomioiila-' 
bles , quoique défedueufes. — Wiîîughby , Omit. 
pag. 2CI.— Ray, ^///oy/ ^^W. pa^.''95 , n.^ 3. 
— lonflon 5 Jvi. pag. 116. — Klein , Ji^i. pag. 121^ 

n.^ 3. Charleton , Exerclt. pag. 114, n.° i. 

Onomait, pag, iio,. n,° i. — - Grw5 Ealearka vei 
Japonica. PvXuf. Befîer, pag. 36, n.^ 5. — GmsJa- 
yonenfis fufca y capite cureogaleato. Pitever, Gaiophyl, 
tab. 765 n.^ 9. — Pavo marinas, Clufms , Exotic^ 
lib. V5 cap. II, pag. 105, avec une figure de h 
tête. -— Pfzpo Jim caudâ , Chintnfis. Jonflon , Avi, 
tab. 21. — Charleton, Exercit, pag. 80, -n.o 3^ 
Ou&mait. pag. 72, n.o 3. — Pavo ex cinereo-fafcus , 
pappo deaurato comnatus. Ud.rièi'e ^OrnitàoL claf. iv^ 
Gen. 12 > Sp. 4. — Pûpo nigncam ^ brevicaudus :, 
pappo rariori œronatus. Idem, ibidem^ Sp. 5. ( peut- 
èiXQ\2iÏQmeA^). — Ardea criflâ fetosâ , euttâ y wn^ 
povibus palearibiifque binis vudis. . . Ardea pavonina. 
Linnaeus , ^^^jl IN au éd. X, Gen. 76, Sp. i. — 
Crowned Africau crâne, Edwards , Nat. Hift. pag. î ç î, 
avec d'aûex belles ligures du mâle & de ig iemeiie» 



I 6 Hijîoire Naturelle 

îui forme far la tête. II a de pins îe port 
nobie , la figure remarquable , & la taïKe 
haute de quatre pieds lorfqu'il fe redrefle, 
de belles plumes d'un noir plombé avec 
reflets bleuâtres , pendent le long de fon 
cou 5 s'étalent fur les épaules & le dos , les 
premières pennes de l'aile font noires , 
les autres dun roux-brun, & leurs cou- 
vertures rabattues en eflilés , coupent & 
relèvent de deux grandes plaques blan- 
ches le fond fombre de fon manteau *, un 
îarge oreillon d'une peau membraneufe , 
d'un beau blanc fur la tempe ^ d'un vif 
incarnat fur la joue , lui enveloppe la 
face, & defcend jufque fous le bec ( o )\ 

' — Oifeau royal , Hifî. de l'Jcad. des Sciences > 
tome III, partie ni , pag. 201 , avec une figura 
bonne ^ pi. 28. — Crus BaUarica cinereo c^emlefiens 
( mns ) nigricans ad viride vergeus ( tkmina); t^er- 
tice Jplendidè uigvo ; cayite ad latzra iiiido , caudido , 
Tubro adumhrato ; te^ncikns alarum albis ; remigibiis 
minor'bus caftan eis > majorihus , re^ricibnfqne nigri- 

canribus L'oifeau royal. BrilTon , OrnithoL 

tome V , page 511. Les Holîandois qui trafiquent 
aux côtes d'Afrique , lui donnent le nom de kivon^ 
yo^^el ^ oifeau couronné. 

fo ) Nota. De deux fif^ures eue donne Fdwards, 
& qu'il dit être le màie & ia femeiie, ï'mi^ n^a 



des Oifeaux étrangers, ly 

une toque de duvet noîr > fin & ferré 
fbmme du velours , lui relève le front, 
& Ça belle aigrette eft une houppe épaiife 
fort épanouie, & compofée de brins touf- 
fus de couleur ifabelle 5 aplatis & filés en 
fpirale \ chaque brin dans fa longueur , 
eft hériffé de très - petits fiîets à pointe 
noire & terminé par un petit pinceau de 
même couleur s Tins de l'œil eft d'un 
blanc pur, le bec eft noir ainfi que les 
pieds & les jambes , qui font encore plus 
haute que celles de la grue , avec laquelle 
notre oifeau a beaucoup de rapport dans 
la conformation , mais il en dhîère par 
de grands caradères , il s'en éloign? auHî 
par fen origine : il eft des climats chaud^^, 
& les grues viennent des pays froids *, le 
plumage de celles-ci eft fombre , & l'oi- 
îeau royal eft paré de la livrée du Midi : de 

que l'oreiflon derrière l'œil , & dans î'autre font 
exprimes fuus la gorge les deux fanons pendans. Ce 
caradère paroît varier : on ne le irouve pas dans 
la defcription de Cfufius , exadte dans le refte, & 
vraifembiablement il tient à Page plutôt qu'au fexe , 
puifque M.^s de l'Académie ne le trouvèrent pas 
à un des individus qu'ils décrivent, quoique tous 
deux femelles. 



1 8 JtJiJïoire Naturelle 

cette zone ardente où tout eft plusrbnk 
lant 5 mais auffi plus bizarre , où les for- 
mes ont fouvent pris leur développe- 
ment aux dépens des proportions , ou , 
quoique tout foit plus animé , tout efl: 
moins gracieux que dans les zones tempé- 
rées. 

L'Afrique & particulièrement les ter- 
res de la Gambra , de la Côte- d'or , de 
Juid^ fp):,de Fida , du Cap- vert , font 
les contrées qu'il habite. Les Voyageurs 
rapportent qu'on en voit fréquemment 



fpj I-Iiftoife générale des Voyages , tome If^, 
page 355. Nota. Il paioît au refte que les Euro- 
péens , iur ces côtes , ont donné ie mcme nom 
d'oifeau royal à une efpèce toute différente du 
véritable. «« Smith diftingue deux fortes d'oifeaux 
» à couronne : h première a la tête & ie cou 
9i verts ; le corps d'un beau pourpre ; ies ailes 
?> & la queue rouges , & le toupet noir : elle eft 
n à-peu-prés de îa- groiïcur des grands perroquets. 
55 L'autre forte ( & c'eft ici le véritable oifeau 
» royal ) , efl: de îa forme du héron , & n'a pas 
n moins de trois pieds de hauteur ; elle fe nour- 
n rit de poifibns ; fa couleur eft d/un mélange 
^n de bleu & de noir, & la touffe dont elle eft 
ff couronnée reffemble moins à des plumes qu'à 
des foies de porc. »» HiJIoire géiiéraU des Voyages > 
tome IV , j>a^e 247, 



des Oifeaux étrangers. i 9 

fur les grandes rivières ( q ) : cqs oifeaux 
y pèchent des petits poiflons , & vont 
auffi dans les terres pâturer les herbes & 
recueillir des graines •, ils courent très- 
vite en étendant leurs ailes & s'aidant du 
vent , autrement leur démarche eft lente 
& 5 pour ainii dire , à pas comptés. 

Cet oifeau-royal eft doux & paifibîe > 
H n'a pas d'armes pour ofFenfer , & n a 
même ni défenfe ni fauve-garde que dans 
la hauteur de fa taille , la rapidité de fa 
courfe & la viteflè de fon vol qui eft 
élevé, purffant & foutenu. Il craint moins 
l'homme que fes autres ennemis 5 il fem- 
ble même s'approcher de nous avec con- 
fiance, avec plaifir. On aiîiire qu'au Gap- 
vert ces oifeaux font à demi -domeftt- 
ques 5 & qu'ils viennent manger du grain 
dans les baffe- cours avec les pintades & 
& les autres volailles ; ils fe perchent en 
plein air pour dormir, à la manière des 
paons 5 dont on a dit qu'ils imitoient le 
cri 5 ce qui , joint à l'analogie du pana- 
che fur la tête , a fait donner le nom de 

(a) Edwards , Nat. klft. of Biris 



2 HiJIoire Naturelle 

paons marins (^rj^ip^r quelques Natura- 
liftes 5 d'autres les ont appelles paons à 
queue courte( f)\ d'autres ont écrit que 
cet orfcau eft le même que la grue haUa* 
Tique des Anciens , cequin'eft nullement 
prouvé (t) y car Pline, le feul des An- 
ciens qui ait parlé de la grue baléarique , 
ne la car. âérif^:;' pas c'e manière à pou- 
voir à reconnoître diftincStement notre 
oifeau royal -, le pic , dit-il ^ & la grue 
baléarique , portent également une ai- 
grette ( u ) ; or rien ne fe rcliemble 
moins que la petite huppe du pîc , & la 
couronne de Toifcau royal , qui d'ailleurs 
préfente d'autres traits remarquables par 
lelquels Pline pouvoit le défigner. Si ce- 
pendant il étoit vrai que jadis cet oifeau 
eût été apporté à Rome des îles Baléa- 
res , où on ne le trouve }j1us aujourd'hui, 
ce fait paroîtroit indiquer que, dans les 



(r) Chifius, Exotic, lib. V, cap. 7 î. 

( f) Jonfton, Barrère, Linnaeus. ' 

( t) Foyex les Mémoires pour fervir à l'ITilloîre 
des animaux, rome III , partie ii. 

(iij Cirros pico martio 6* ^rul Balcariae , lib. II, 
eap. XXXVII. 



àcs Oifeaux e^trangers. s r 

cifeaux comme dans îes quadrupèdes , 
ceux qui habitoient jadis des contrées plus 
feptentrîonales du globe alors moins froid, 
fe trouvent à préfent retirés dans les terres 
du Midi. 

Nous avons reçu ctt oifeau de Gui- 
née 5 & nous lavons confervé & nourri 
quelque temps dans un jardin. II j bé- 
quetoit les herbes , mais particulièrement 
îe cœur des laitues & des chicorées *, le 
fonds de fa nourriture , de celle du moins 
qui peut ici lui convenir le mieux , eft 
du riz ou i^çc ou légèrement bouilli , & 
ce qu'on appelle crevé dans Teau , ou au 
moins lavé & bien choifî, car il rebute 
celui qui n\ il: pas de bonne qualité , ou 
qui refte fouillé de fa pouffière : néan- 
moins il paroît que les inledes & parti- 
culièrement les vers de terre , entrent 
aulîi dans fa nourriture *, car nous lavons 
vu béqueter dans la terre fraîchement 
îabourée , y ramaffer des vers , & pren- 
dre d'autres petits infedes fur les feuil- 
les *, il aime à le baijnier, & Ton doit lui 
mén^iger un petit badin ou un baquet qui 
n'a t pas trop de profondeur , & dont 
Teau foit de temps-en-temps renouve^ 



2 2, Hijloire Naturelle 

lée 5 pour rcgal , on peut lui jeter Jcins 
fon baflin quelques petits poiffons vivans, 
il les mange avec plaihr & refufe ceux 
qui font morts , fon cri reffemble beau- 
coup à la voix de la grue *, c'eft un Ton 
retentifiant (clangor)^aiiez fembL^ble aux 
accens rauques d'une trompette ou d'un 
cors •, il fait entendre ce cri par reprifes 
brèves & réitérées , quand il a befoin de 
nourriture , & le foir lorfqu'il cherche à 
fe gîter fxj-^ c'cft auflî Texpreffion de 
l'inquiétude & de Tcnnui *, car il s'ennuie 
dès qu'on le hifie feul trop long-temps; 
il aime qu'on lui rende vifite , & lorf- 
qu'après l'avoir confidéré, on fe promène 
inditiéremment fans prendre garde à lui, 
il fuit les perfonnes eu marche à coté 
d'elles 5 & fait ainfi plufieurs tours de 
promenade-, &: ^ fi quelque chofe l'amu- 
fe 5 & qu'il refce en arrière ^ il fe hâte de 
rejoindre ia compagnie : dans l'attitude 
(du repos , il fe tient fur un pied, fon grand 



( X J Cet oifeau a encore une autre forte de 
voix, comme un grognement ou glouflement in- 
térieur , cloque y cloque , femblable à celui d'upç 
poule couveufe j mais plus rude. 



des Oïfcaux étrangers. 25 

cou eft alors replié comme un ferpentrn, 
& Ton corps aflaiffé & comme tremblant 
fur fes hautes jambes, porte dans une di- 
reélïon prefque horizontale , mais quand 
quelque choie lui caufe de l'étonnement 
ou de rinquiétude , il alonge le cou , élè- 
ve fa tête 5 prend un air fier , comme s'il 
vouloit en effet en impofer par fon main- 
tien : tout fon corps paroît alors dans une 
fituation à- peu-près verticale s il s'av.mce 
gravement & à pas mefurés , & c'eft dans 
ces momens qu'il eft beau , & que fon 
air 5 joint à fa couronne , lui mérite vrai- 
ment le nom d'oifeau royaL Ses longues 
jambes , qui le fervent fort bien en mon- 
tant, lui nuifent pour defcendre, il dé- 
ploie alors fes ailes pour s'él?aicer j-mais 
nous avons été obligés d'en tenir une cour- 
te ^ en lui coupant de temps-en - temps des 
plumes 5 dans la crainte qu'il ne prît fon 
eflbr 5 comme il paroît fouvent tenté de 
ie faire. Au refte , il a paiîé cet hiver 
( 1778) à Paris, fans paroître fe reffentir 
des rigueurs d'un climat fi différent gili 
fien -, il avoit choifi lui-même l'abri d'une 
. chambre à feu pour y demeurer pendant 
Ifli nuit 5 il ne manquoit pas tous ies foiiTS. 



2 4 Hifloire Naturelle 

à Theure de la retraite de fe rendre de- 
vant la porte de cette chambre & de trom- 
peter pour [e la faire ouvrir» 

Les premiers oifeaux de cette efpèce 
ont été apportés en Europe dès le quin- 
zième fiècle par les Portugais , iorfqu'ils 
firent la découverte de la côte d'Afri- 
que (^y J ; A^drovande loue leur beau- 
té (iJ j mais Bélon ne paroît pas les 
avoir connus , & il fe méprend lorf- 
qu'il dit que la grue baiéarique des 
Anciens eft le Bihoreau (^^2 y). Quelques 



(y) «< lî fembîe que l'on fait grard cas de ces 
%y oifeaux en Europe , puilque quelques Meflîeurs 
ne ceflent de nous folliciter de leur en envoyer. >? 
Voyage de Guinée , par GuiH. Borman. Utrtcht, 
1705 , Lettre xv. 

( \ ) Avh v'ifu jticund/Jpma, 

( a J i* AvfTi y veiîmes ( à i^îep ) un oifeau 
9> q\'>fi fenblable cC une grue, mais pius petit de 
» corpulei.ce , ayant les yeux bordés de rouge, 
» ia queue du héron & fa viix moindre que d'une 
»)grue; & croyons que c'eft celui que les Anciens 
ont nommé ia gme baiéarique, »» Obfervatiovs de 
Bélon , paQ;t 159. Ce qui nous fait douter que cette 
notice dc'figre l'oifeau royal , c'efl: que Rélon n'y 
fait lu'îe mentio delà couronna?, caradère ce- 
pendant dillinét & frappant, & qui n'auioit pas 
ÎSchappé à cet ej^celient Obfervateur. 

Auteurs 



Tl.U.pOj^ . 2^. 






l'oiseau royal. 



its Oifeaux étrangers. 2j 

Auteurs (b) les ont appelés grues du Ja- 
pon j ce qui femble indiquer qu'ils fe 
trouvent dans cette île , & que lefpèce s'eft 
étendue fur toute la zone par la largeur de 
rAfrique & de TAfie. Au refte , le fameux 
oiieau royal ou fum-hoam des Chinois , 
fur lequel ils ont fait des contes merveil- 
leux 5 recueillis par le crédule Kir cher (c) ^ 
n'eft qu'un être de raifon , tout auffi fabu- 
leux que le dragon qu'ils peignent avec 
lui fur leurs étoffes & porcelaines. 

(h ) Charïeton, Petiver, voyzi Ici nomenclature^ 
( cj Voyci la Chine illuftxée. Amjîerdam, 1670^ 




Olfcaux, Tome XI F. B 



2 6 Hijloire Naturelle 



LE CARI A MA (a), 

Iv ous AYONS VU que la Nature marchant 
d'un pas égal, nuance tous fes ouvrages; 
que leur enfemb'e eft lié par une luite 
de rapports conftans & de gradations fuc- 
ceffîves 5 elle a donc rempli , par des tran- 
fitîons 5 les intervalles où nous penfons 
lui fixer des divifions & des coupures , 
& placé d^s produftions intermédiaires 
awx points de repos que la feule fatigue de 
notre efprit dans la contemplation de fes 
œuvres > nous a forcé de fuppofer : auflî 
trouvons-nous dans les formes , même les 
plus éloignées , des relations qui les rap- 

(a) Cariama Brajîlieiijihs. M^rcgr^ve ^ Hifl, Nat. 
BraJiL pag. 2Cg , avec une figwre qui paroît fort 
imparfaite. — Cariama.'Pi^en^ Hifl. Nat. page 8i , 
avec la figure empruntée deMarcgTave. — Jorifton, 
y^ii. pag. 138 , avec la même figure copiée , 
tabu 59. — WiHughby , Ornitholog, pag. 202. — 
Ray , Syiiepf. AvL pag, 96 , n.^ 6. — Cariama 
criftata j grifea , fufco & ru fi fiente paria , criftâ 
tiigrâ , cinereo variegata ; remigibus majeribus j reêtri- 
cibufique fafiisj grifeo ^ rufifiente variegatis, , . Ca* 
nama, Brifîbn, Ornithol. tome V, page 516. 



du Cariama. ij 

prochent , en forte que rien n'efl: vide , 
tout fe touche , tout fe tient dans îa Na- 
ture j & qu'il n y a que nos méthodes & 
nos fyftèmes qui foient incohérens lorf- 
que nous prétendons lui marquer des 
feétions ou des limites qu'elle ne connoît 
pas 5 c'eft par cette raifon que les êtres 
les plus ifoiés , dans nos méthodes , font 
fouvent dans îa réalité 5 ceux qui tiennent 
à d'autres par de plus grands rapports s 
telles font les efpèces du cariama 3 du fe- 
crétaire & du kamichi , qui , dans toute 
méthode d'ornithologie , ne peuvent for- 
mer qu'un groupe à part , tandis que 5 
dans le fyftême de la Nature :, ces efpèces 
font plus apparentées qu'aucune autre 
avec différentes familles dont elles fem- 
blent conftituer les degrés d'affinité. Les 
deux premiers ont des caraâ:ères qui les 
rapprochent des oifeaux de proie , le der- 
nier tient au contraire aux gallinacées & 
tous trois appartiennent encore de plus 
près au grand genre des oifeaux du ri- 
vage dont ils ont le naturel & les mœurs. 
Le cariama eft un bel oifeau5qui fré- 
quente les marécages & s'y nourrit comme 



2 8 Ïli/Ioire Naturelle 

îe héron, qu'il furpafle en grandeur /l^J 
avec de longs pieds & le bas de la jam- 
be nu comme les oifeaux du rivage , il a 
un bec court & crochu comme les oifeaux 
de proie. 

Il porte la tête haute , fur un cou éle- 
vé ^ on voit fur la racine du bec^ qui eft 
jaunâtre, une plume en forme d'aigrette ; 
tout fon plum.^ge affez fem.blable à celui 
du faucon , eft gris onde de brun •, fes 
yeux font brillans & couleur d'or , & les 
paupières lont garnies de longs cils noirs , 
les pieds font jaunâtres & des doigts qui 
font tous réunis vers Torigine par une 
portion de membrane , celui du milieu 
eft de beaucoup plus long que les deux 
latéraux dont l'intérieur eft le plus court ^ 
îes ongles font courts & arrondis (^e )*^ le 
petit doigt poftérieur eft placé fi haut , 
qu'il ne peut appuyer à terre , & le ta- 

•■ ■ ■ " •* " •• » P pi I. I I II I I I I— w— Il m ■i ma ii ■ 

(bj Egregia apis fiheflris cariama ex aquaticO' 
rum geucre , iidofifque locis oh pradam deUdtatur mort 
ardearum y guas mole corporis longé fuperaL Pifon ^ 
Bijl- I^dt, & Medic. liid. pag. 8i. 

(c) Un gués brevlufcuU , lunaîi* Pifon; Hljl, I^ai^ 
^ Mc4U, Ind, pag. 8j, 



au Carîama. 29 

îon eft épais & rond comme celui de l'au- 
truche. La voix de cet oifeau reffemble à 
celle de la poule-d'inde *, elle èft forte 
& avertit de loin les chafleurs qui le re- 
cherchent 3 car fa chair eft tendre & dé- 
licate 5 & > s'il en faut croire Pifon , lat 
plupart des ôifeaux qui fréquentent les 
rivages dans ks régions chaudes de TA- 
mérique 5 ne lont pas inférieurs , pour la 
bonté de la chair , aut: oifeaux de mon- 
tagnes. Il dit aufîî qu'on a commencé de 
rendre le cariama domeftique ( d ) ^ %c 
par ce rapport de mœurs 5 ainfî que par 
ceux de fa conformation , le cariama qui ' 
ne fe trouve qu'en Amérique 5 femble 
être le repréfentant du fecrétaire, qui effc 
un grand oifeau de l'ancien continent , 
dont nous allons donner la defcription 
dans l'article fuivant. 



(à) Manfuefaàa, aque ac fiheftris , ajfatur 6» 
mquitur. Idem. 



"i 



3 Hijîoire Naturelle 

^ LE SECRÈTAIR E 
ou LE MESSAGER. 

IjET oiseau 5 confldérable par fa grnn- 
deur 5 autant que remarquable par t\K fi- 
gure 3 eft non - feulement d'une efpcce 
nouvelle , mars d'un genre ifolé & fingu- 
lier 5 au point d'éluder & même de con- 
fondre tout arrangement de m.éthodcs & 
de nomenclature *, en même-temps que 
Tes longs pieds défignent un orfeau de ri- 
vage. Ton bec crochu indiqueroit un oi- 
feau de proie-, il a , pour ainfi dire, une 
tètQ dargle fur un corps de cigogne ou 
de grue j à quelle clalie peut donc ap-^ 
partcnir un être d:ns lequel fe réunifient 
des caradères auffi oppofés ? Autre preu- 
ve que la Nature , libre au mriieu des 
limites que nous penfons lui prefcrire , eft 
plus riche que nos idées & plus vafte que 
nos fyftèmes. 

Le fecrétaire a la hauteur d'une grandç 

^ f^c^ei les planches enluminées, n.^ 721. 



du Secrétaire. 5 i 

gme & la grofleur du coq-d'inde 5 fes 
couleurs fur la tête , le cou , le dos 
& les couvertures des ailes 5 font d'un 
gris un peu plus brun que celui de la 
grue 5 elles deviennent plus claires fur le 
devant du corps , il a du noir aux pennes 
des ailes & de la queue , & du noir onde 
de gris fur les jambes , un paquet'de lon- 
gues plumes 5 ou plutôt de pennes roi- 
des & noires , pend derrière fon cou , la 
plupart de ces plumes ont jufqu'à fix 
pouces de longueur : il y en a de plus 
courtes & quelques-unes font grifes *, tou- 
tes font affez étroites vers la bafe & plus 
largement barbées vers la pointe -, elles 
font implantées au haut du cou. L'indi- 
vidu que nous décrivons 5 a trois precfe 
fix pouces de h:iuteur -, le tarfe fcuî a près 
d'\in pied -, la jambe , un peu au-dealis du 
genou 5 eft dégarnie de plumes \, les aoipts 
iont gros & courts , armés d ongles cro- 
chus 5 celui du milieu eft prefque une 
fois aulîî long que les latéraux qui lui 
iont unis par une membrane jufque vers 
la moitié de leur longueur , & le doigt 
poftérieur eft très - fort. Ces cara<aères 
n ont point été faifis par le Delîinateux 

B iv 



3 z Hijloire Naturelle 

de îa planche enluminée -, le cou eft gros 
& épais 5 îa tête greffe , le bec fort & 
fendu jufqu'au-delà des yeux , la partie 
fupérieure du hcc eft également & forte- 
ment arquée à-peu-près comme dans Tai- 
gle -, elle eft pointue & tranchante , les 
yeux font placés dans un efpace de peau 
nue 5 de couleur orangée , qui fe prolon- 
ge au-delà de Tangle extérieur de Tœiî , 
& prend fon origine à la racine du bec , 
il y a de plus un caractère unique & qui 
ajoute beaucoup à tous ceux qui font de cet 
oifeau un crmpofé de natures éloignées y 
c'eft un vrai fourcil formé d'un feul rang 
de cils noirs , de fix à dix lignes de lon- 
gueur (a)\ trait lîngulier & qui joint 
à la touffe de plumes au haut du cou , à 
fa tête d'oifeau de proie , à fes pieds d'oi- 
feau de rivage , achève d'en faire un être 
mixte, extraordinaire 5 & dont le modèle 
n'étoit pas connu. 

II y a autant de mélange dans les ha- 



( a) Ce fourciî a quinze ou feize lignes de îon- 
gueur; les ci!s font rano;éstrès- près les uns de^ 
autres , élargis par la bafe , & creufés en gour 
tières, concave en-dçffeus, convçxe en-deilus* 



du Secrétaire. 3 3 

bîtudes 5 que de dîfpanté dans îa confor- 
mation 5 avec les armes des oifeaux car- 
naciers , celui-ci n'a rien de leur féroci- 
té 5 il ne fe fert de fon bec , ni pour of- 
fenfer , ni pour fe défendre -, il met fa 
fureté dans la fuite , il évite Tapproche , 
il élude Tattaque , & fouvent , pour échap- 
per à la pourfuîte d'un ennemi , même 
foible 5 on lui voit faire des fauts de huit 
ou neuf pieds de hauteur , doux & gai , 
il devient aifément familier , on a mSme 
commencé à le rendre domeftique au cap 
de Bonne - efpérancc ; on le voit affez 
communément dans les habitations de 
cette Colonie , & on le trouve dans l'in- 
térieur des terres à quelques lieues de 
diftance des rivages: on prend les jeunes 
dans le nid pour les élever en domeftr- 
cité , tant pour l'agrément que pour l'uti- 
lité 5 car ils font la chaiTe aux rats , aux 
lézards , aux crapauds & aux ferpens. 

M. le Vicomte de Querhoent nous a 
communiqué lesobfervationsfuivantes 5 au 
fujet decetoifeau. ce Lorfquelefecrétairej 
dit cet habile Obfervateur 5 rencontre qc 
ou découvre un ferpent , il l'attaque ce 
d'abord à coup d'ailes pour le fatiguer^ « 

B y 



^34 HiJIoire Naturelle 

îôH le iaifit enfuite par la queue , l'eiî^ 
ao lève à une grande hauteur en Tair & le 
9> laifle retomber , ce qu'il répète jufqu'à 
af>ce que le ferpent foît mort. Il accélère 
wfa courfe en étendant les ailes , & on le 
o^voit fouvent traverfer ainfi les campa- 
» gnes j courant & volant tout enfembîe v 
a>il niche dans les buiflons à quelques. 
» pieds de terre , & pond deirx œufs 
0^ blancs avec des taches rouffes 5 lorf- 
35 qu'on rinc[uiète , il fait entendre un 
» croafîement fourd -, ri n'eft ni dangereux 
»ni méchant , fon naturel efl doux, j'en 
33 ai vu deux vivre paifiblement datis une 
î»bafîe-cour au milieu de la volaille , on- 
» les nourrifloit de viande , & ils étoient 
tt> avides d'inteftins & de boyaux ^ qu'ils 
soafTujétiiToient feus leurs pieds en les; 
35 mangeant , comme ils eufîent fait un 
30 ferpent ^ tous les foirs, ils fe couchoient 
r>Yun auprès de l'autre , chacun la tête 
35 tournée du côté de la queue de fon car- 
a> marade. 3> 

Au refte, cet oîfeau d'Afrique paroît 
s*accommoder aflez bien du climat de 
l'Europe 5 on le voit dans qaieîqiies mér 
sUgeries d^-ingkterre Se de Hollande. 



du Secrétaire. 3^ 

M. Vofmaër 5 qui la nourri dans celle du 
Prince d'Orange 5 a fait quelques remar- 
ques fur fa manière de vivre f hj : ce il 
déchire & avale goulûment la viande « 
qu'on lui jete , & ne refufe pas le poif- « 
fon. Pour fe repofer & dormir , il fe ce 
couche le ventre & la poitrine à terre \ ce 
un cri qu'il fait entendre rarement 5 a ce 
du rapport avec celui de Taigle ^ fon ce 
exercice le plus ordinaire , eft de mar- «« 
cher à grands pas de côté & d'autre y ce 
& long- temps fans fe ralentir ni s'arré- ce 
1er •, ce qui apparemment lui a fait don- ce 
ner le nom de me[Jager ^ y> comme il 
doit fans doute celui de fecrétaire à ce 
paquet de plumes qu il porte au haut du 
cou -, quoique M. Vofmaer veuille déri- 
ver ce dernier nom de celui de fagit^ 
Zaïre qu'il lui applique , d'après un jeu 
auquel on le voit s'égayer fouvent , quf 
cft de prendre du bec ou du pied , une 
paille ou quetquautre brin , & de le 
kncer en Tair à pîuiîeurs reprifes, ce car 



(h) Defcrtption d'un oif^an de proie , nommé Is: 
hpXXZiityîontà-fait iuconun jiifquid , &G, Vol^ 
aiaër y /ôai//e im^riméd fji 1769. 



3 6 Hijloire Naturelle 

35 il femble , dit M. Vofmacr , être cl un 
:x> naturel gai , pailible & même timide ; 
03 quand on l'approche lorfqu'il court çà 
w & là avec un maintien vraiment fu- 
yi pcrbe 5 il fait un craquemt nt continuel , 
DD crac j crac; mais, revenu de la frayeur 
s» qu'on lui caufoit en le pourfuivant , il 
K) fe montre familier & même curieux ^ 
33 tandis que le Deffinateur étoit occupé 
33 à le peindre ^ continue M. Vofmaër , 
33 Toifeau vînt tout près de lui regarder 
33 fur le papier , dans Tattrtude de Tatten- 
33 tion 5 le 'cou tendu ^ & redrellant les 
33 plumes de fa tête , comme s'il admi- 
33 roit fa figure -, fou vent il vient les ailes 
33 élevées & la tête en avant , pour voir 
33 curieufcment ce qu'on fait -, c'eft ainfî 
y> qu'il s'approcha deux ou trois fois de 
33 moi 3 lorfque j'étois aflîs à coté d'une 
35 table dans fa loge pour le décrire. Dans 
33 ces momens y ou lorfqu'îl recueille avi- 
33 dément quelques morceaux & généra- 
03 ment lorfqu'il eft ému de curiofité ou 
» de defir , il redrefle fort haut les lon- 
33 gués plumes du derrière de ia tètç , qui 
33 d'ordinaire tombent mêlées au hafard 
» fur le haut du cou. On a remarqué 



du Secrétaire. 37 

qu'il muoît dans les mois de juîn & de fé- « 
vrier; & M. Vofiuaër dit que, quelque ce 
attention qu'on ait apporté à ToLfer- ce 
ver 5 on ne Ta jamais vu boire , néan- ce 
moins ks excrémens font liquides & ce 
blancs , comme ceux du héron. Pour ce 
manger à fon aife , il s'accroupit fur fes c€ 
talons 5 & couché à moitié il avale ainfî tt 
fa nourriture ; fa plus grande force pa- ce 
roît être dans le pied 5 fi on lui pré- ce 
fente un poulet vivant , il le frappe ce 
d\m violent coup de patte & Tiibat du ce 
fécond*, c'efl: encore ainfi qu'il tue les ce 
rats ^ il les guette affiduemait devant ce 
îeurs trous j en tout il préfère les ani- ce 
maux vivans à ceux qui font morts , & ce 
ïa chair au poiflon (c ). » 

Il n'y a pas long-temps que cet oifeau 
fingulier eft connu, même au Cap^puif- 
que Kolbe, ni les autres relateurs de 
cette contrée , n'en ont pas fait mention. 
M. Sonnerat l'a trouvé aux Philrppines 3 
après l'avoir vu au cap de Bonne- efpé- 
rance , nous remarquons entre fa notice 



(bj Suite des obfervatious de M, Vofaïaër^ 



)t Hifîoire Naturelle 

& les précédentes , quelques dîfFérences 
dont il femble qu'il faut tenir compte y 
par exemple , M. Sonnerat peint les plu- 
mes de la huppe , comme naiflantes fur 
le cou à intervalles inégaux y & les plus 
longues placées le plus bas : nous n'y 
trouvons ni cet ordre ni cette proportion 
dans rindividu que nous avons lous les 
yeux 5 car ces plumes font implantées en 
paquet & fans ordre -, il ajoute qu'elles 
font fléchies dans leur milieu du côté du 
coirps 5 & que fcs barbes en font frifées. 
M. Vofmaër les repréfente de même , & 
nous les voyons liffes dans celui que nous 
venons de décrire , ces différences font- 
elles dans les objets ou dans les defcrip- 
tions ? Il en paroît une plus coniîdérable 
dans la couleur du plumage y M. Vof- 
maër dit qu'il eft d'un gris plombé bleuâ- 
tre j nous le voyons gds tirant au brun, 
il dît le bec bleuâtre *, nous le voyons 
noir en-deffus 3 blanc en- defîbus ; rindivi- 
du que nous décrivons & qui eft confervé: 
dans le cabinet de M. le Dodeur Mau- 
duit , n'a pas non plus deux plumes excé- 
dantes à la queue , feulement elles dé- 
paffent^ de cinq pouces Faile pliée ^ nasa 



>/^, XIFT 



T'I.m.pa^. 38, 






o6e . SoJiJt Jet... ^ C. ^a(rc)n.Scu/jf>-^ 

I^E SF.CRETAlRi: ou LE MESSAGER. 



au Secrétaire. 59^ 

un autre de ces oifeaux , fur lequel a été 
deffinée la planche enluminée , porte ces 
deux longues plumes, telles que les ont 
décrites MM. Vofmacr & Sonnerat , il 
nous paroît que c'eft le caraétère du mâle. 
Au refte , ce dernier Naturalifte ne s'ex- 
prime pas bien en attribuant au fecré- 
taire un bec de gallicanée ; c'eft réelle* 
ment un htc d'oifeau de prbie 5 & d'arî- 
îeurs M. Sonnerat remarque lui - même 
que cet oifeau eft Carnivore (dj^ 

En penfant à fes mœurs fociales & fa- 
milières & à la facilité de l'élever en do- 
mefticité , on eft porté à croire qu'ail fe- 
roit avantageux de le multiplier particu- 
lièrement dans nos Colonies , ou il 
pourroit fervir à la dcftrudion des rep- 
tiles nuifibles & des rats, . 

(l ) Voyage à ia nouvelle Guinée , jp/zg^. 88^ 




40 Hijîolre Naturelle 



* LE KAMICHI (a). 

C E n'est point en fe promenant dans 
nos campagnes cultivées , ni même en 
parcourant toutes les terres du domaine de 



^ VoyeiiQi planches enluminées, «.«» 451. 

(a) Kamichi ou kamoukiip2>x les naturels de la 
Guyane ; anhima par ceux du Bréfil ; cahuitahu 
à ia rivière des Amazones , d'un nom imité de 
fbn cri. 

AMma Bra/illenfibus, Marcgrave, Hifl. Nat, l^raf. 
pag. 215, avec une figure reconnoiflabîe quoique 
défecflueufe , &: que Pifon , Jonfton & Wiîinghby 
ont copiée. Wiilughby , Ornithol. pag. 202. — 
Ray , Synopf. Avi. page 96 , n.^ 7. — Jonfton , 
^p/. pag. 147. — Avis qucedam ex rapaclbus. Idem, 
pag. 125. — Anhima, Pifon, HiJI. Nat, page 91. 
• — Aquila Americana , nigra , aquatica , maxima , 
cornata. Idem , Ornithol. claf. III , Gen. 4, Sp. 4. 
^- Palamedea. Moèhring, Ai^i. Gen. m. — Pala- 
medea alis bifyinofis , froitte cornutâ, hinridcus^ ^yfl* 
Nat, éd. XII , Gen. 81 , page 232. — Cahuitahu, 
L a Condamine , Voyage à La rivière des Amaiones , 
p âge 174. — Anhima nigricans , albo varie^ata ; ver^ 
tlce ex albo & nigro vario ; collo infimo & pt&ort 
einereo , albo ^ nigro variegatis , ventre albo ; remi- 
gibus y redtricibufque nigricantibus Anhima* 

BrilTon, Ornithol, tome V^ page 518. — M.Bnffon 



du Karnlchi. 41 

rhomme , que Ton peut connoître les 
grands effets des variétés de la Nature , 
c eft en fe tranfportant des fables brûlans 
de la Torride aux glacières des Pôles j 
c'eft en defcendant du fommet des mon- 
tagnes au fond des mers , c'eft en compa- 
rant les déferts avec ies déferts que nous 
la jugerons mieux & Tadmirerons davan- 
tage. En effet , fous le point de vue de 
fcs fublimes contraftes & des majeftueu- 
fes oppofitîons , elle paroît plus grande 
en fe montrant telle qu'elle eft. Nous 
avons ci - devant fl? ) peint les délerts 
arides de TArabie pétrée -, ces folitudes 
nues ou Thomm^e n'a jamais refpiré fous 

applique encore au kamichi îe nom de Bamhiaya 
fur la notice fuivante de Lact , nov. orb, \ih. I , 
pag. 15. " Il y a une autre forte d'oifeau fort fré- 
quent qu'ils appellent ( à Cuba) hamhiayas, qu'on a 
peut dire plutôt efîeurer la terre que voier, de 4i 
forte que îes Indiens les chaiïent comme les bétes «< 
fauvages ; quand on les cuit, la chair teint le ^s 
brouet comme le fafran ; ils font d^un goût allez u 
agréable, & qui approche de celui des faifans. »» 
Il n'y a pas là de quoi à reconnoître le kamichi. 

(b) Fojex le onzième volume de THiftoire Na- 
tureiie, ardclt du dameau, page 211, 



42 Hijloire Naturelle 

Tombrage , où îa terre fans verdure n'of- 
fre aucune fubfiftance aux animaux , aux 
oifeaux , aux infeûes , où tout paroît 
mort 3 parce que rien ne peut naître 5 & 
que rélément néceifaire au développement 
des germes de tout être vivant ou végé- 
tant, loin d'arrofcr la terre par des ruif- 
feaux d'eau vive, ou de la pénétrer par 
dts pluies fécondes, ne peut même Thu- 
meéter dune fimple rofée. OppoTons ce 
tableau de fécherefle abfolue dans uno, 
terre trop anc-enne , à celui des vaftes 
pleines de fange des favanes noyées du 
nouveau continent , nous y verrons par 
excès ce que l'autre n'oflroit que par dé- 
faut^ des fleuves d'une largeur immenfe, 
tels que T Amazone , la Plata , TOréno- 
que 5 roukns à gr?>nds flots leurs vagues 
ccumantes & fe débordant en toute li- 
berté, femblent menacer la terre d'un en- 
vahifîement & faire effort pour l'occuper' 
toute entière. Des eaux ftagnantes & ré- 
pandues près & loin de leurs cours , cou- 
vrent le limon vafeux qu'elles ont dépo- 
fev & cts vafl:es marécages exhalant leurs 
vapeurs en brouillards fétides, commuai- 



au KamichL 45 

qucroîent à laîr rinfeftîon de la terre ,. 

fi bientô^'elIes ne retomboient en pluies 
précipitées par ies orages ou difperfées 
par les vents. Et ces plages > alternative- 
ment féches & noyés , 011 la terre & Teau 
femblent fc difputer des poiTeffions illimi- 
tées \ & ces broffailles de mangles jetées 
fur les confins indécis de ces deux élé- 
mens , ne font peuplées que d'animaux 
immondes qui pullulent dans ces repai- 
res, cloaque de la Nature 5 ou tout re- 
trace rimage des déjcélions monftrueufes 
de Tantique limon. Les énormes ferpens 
tracent de larges filions fur cette terre 
bourbeufe 3 les crocodiles 5 les crapauds, 
les iélards & mille autres reptiles à lar- 
ges pattes en pçtriffent la fange -, des mil- 
lions d'infeftes enflés par la chaleur hu- 
mide en foule vent la vafe , & tout ce peu- 
ple impur rampant fur le limon ou bour- 
donnant dans l'air qui Fobfcurcit encore 5 
toute cette vermine dont fourmille la 
terre , attire de nombreufes cohortes d*oi- 
féaux ravilîeurs dont les cris confus 5 mul- 
tipliés & mêlés .^ux croafîemens des rep- 
tiles 5 en troublant le (ilence de ces af- 
freux déferts^ femblent ajouter la crainte 



44 Hijîoire Naturelle 

à rhorreur pour en écarter Thomme 8c 
en interdire l'entrée aux autres êtres fen- 
fibles -, terres d'ailleurs impraticables , en- 
core informes, & qui ne ferviroient qu'à 
lui rappeler Tidée de ces temps voidns 
du premier cahos où les élémens n'étoient 
pas réparés , où la terre & Teau ne fai- 
foient qu'une m?.fle commune ^ & où les 
efpèces vivantes n'avoient pas encore trou* 
vé leur place dans les difFérens diftriéls de 
la Nature. 

Au milieu de ces fons difcordans d'oi- 
féaux criards & de reptiles croaffans, s'é- 
lève par intervalles une grande voix qui 
leur en impofe à tous , & dont les eau3t 
retentiirent au loin : c'eft îa, voix du Ka- 
michi , grand oifcau noir très- remarqua- 
ble par la force de fon cri & par celle de 
fes armes , il porte fur chaque aile deux 
puiffans éperons , & fur la tête une cou- 
ronne pointue (^c ) de trois ou quatre 



(c ) Les Sauvages de la Guyane l'ont nommé 
kamkhi; ceux du Bréill Pappelient û/zA/ma ^ & fur 
îa rivière des Amazones cahuitahu , par imitation 
de fon grand cri , que Marcgrave rend pius pré- 
cifémeut par pyhçupyhou , & qu'U dit avoir queS» 



du KamichL 45 

pouces de longueur fur deux ou trois li- 
gnes de diamètre à fa bafe ; cette corne 
implantée fur ie haut du front , s'éîève 
droit & finit en une pointe aiguë un peu 
courbée en avant , & vers fa bafe elle 
cft revêtue d\in fourreau femblabîe au 
tuyau d une pîume. Nous parlerons des 
éperons ou ergots que portent aux épau- 
ies certains oiieaux , tels que les jacanas ; 
plufieurs efpèces de pluviers 5 de van- 
nauxj &c. mais les kamichi eft^ de tous, 
îe mieux armé , car , indépendamment 
de fa corne à la tcte , il a fur chaque ai- 
leron deux éperons qui font dirigés en 
avant lorfque Taiie eft pliée : ces éperons 
font des apophyfes de l'os du métacar- 
pe , & fortent de la partie antérieure des 
deux extrémités de cet os , l'éperon fu- 
périeur eft le plus grand , il elt triangu- 
laire 5 long de deux pouces , large de neuf 
îignes à la bafe., un peu courbé en finif- 
fant en pointe , il eft aufîî revêtu d'uri 
étui de même fubftançe que celui qui 

que chofe de terrible. Tembilem clamorem edit , 
vyhu^ vyhu y vociferando, Marcgrave , Hifi. JSut, 
firajii. page 21^. 



4 5 ITiftoire Naturelle 

garnit la bafe de la corne. L'apophyfe 
inférieure du métacarpe , qui fait le fé- 
cond éperon , n'a que quatre lignes de 
îongueur & autant de largeur à la bafe , 
& il eft recouvert d un fourreau comme 
Tautre. 

Avec cet appareil d*armes très-offenû- 
ves 5 & qui le rendroient formidable au 
combat , fe kamichi n'attaque point les 
oifeaux , & ne fait la guerre qu'aux rep- 
tiles ^ il a même les mœurs douces & le 
naturel profondément fenfîble -, car le mâîe 
& la femelle fe tiennent toujours enfem- 
ble *, fidèles jufqu a la mort 5 l'amour qui 
les unit , femble furvivre à la perte que 
l'un ou 1 autre fait de fa moitié *, celui qui 
refte , erre fans cefTe en gémiffant , .& fe 
coufume près des lieux où il a perdu ce 
qu'il aime fdj. 

Ces afteftions touchantes forment dans 
cet oifeau, avec fa vie de proie, le même 

(âj Unâ mortiiA , altéra à fepulturâ vuvquam 
iifcedit. Maicgrave ^ ubi fupra. , . . , Rare fola 
iuceàlu Verum jun&im , mas & fomina. Teflantur 
^Qmnes pariter incola, unâ mortuâ alteram injlar tut- 
turum lugere , & vix à fepulchro difiedere , Pifon , 
llljl. Nat, Iijd. pag. 91. 



du Kamichi. 47 

contrafte en qualités morales, que celui 
qui fe trouve dans fa ftrudture phyfîque ; 
il vit de proie, & cependant fon bec eft 
celui d'un oifeau granivore , il a des épe- 
rons & une corne , & néanmoins fa tête 
rejfîemble à celle d'un gallinacée , il a 
les jambes courtes , mais les ailes & la 
queue fort longues : la partie fupérieure 
du bec s'avance fur l'inférieure , & ie 
recourbe un peu à fa pointe , la tête eft 
garnie de petites plumes duvetées 5 rele- 
vées, & comme demi -bouclées, mêlées 
de noir & de blanc -, ce même plumage 
frifé couvre le haut du cou*, le bas eft re- 
vêtu de plumes plus larges , plus four- 
nies, noires au bord , & grifes en-dedans : 
tout le manteau eft noir -brun, avec des 
reflets verdâtres, & quelquefois mêlé de 
taches blanches -, les épaules font mar- 
quées de roux, & cette couleur s'étend 
fur le bord des ailes, qui font très- 
amples (e) ; elles atteignent prefque au 
bout de la queue, qui a neuf pouces de 
longueur: le bec, long de deux pouces> 
eft large de huit lignes & épais de dix 

(ej Alas ampl'ijfiinas. Marcgrave, 



48 Hiftoire Naturelle 

à fa bafe , le pied joint à une petite partie 
nue de la jambe 5 eft haut de fept pouces 
& demi 5 il eft couvert d'une pean rude 
& noire , dont les écailles font forte- 
ment exprimées fur les doigts 5 qui font 
très-longs s celui du milieu , Tongle com- 
pris ^ a cinq pouces *, ces ongles font 
demi- crochus , & creufés par-deflbus en 
gouttière *, le poftérieur eft d'une forme 
particulière , ét.uit effilé , prefque droit 
& très-long , comme celui de l'alouette ; 
îa grandeur totale de ioifeau eft de trois 
pieds. Nous n'avons pas pu vérifier ce 
que dit Marcgrave de la difiérence con- 
fidérable de grandeur qu'il indique entre 
ïe mâle & la femelle , plufieurs de ces 
oifeaux que nous avons vus, nous ont paru 
à peu-près de la groffeur & de h taille 
de la poule-d'inde. 

Willughby remarque ; -^"ec raifon , 
que Tefpèce du kamichi eft feule dans 
(on genre (fj ; fa forme eft en effet 
compofée de parties difparates, & la Na- 
ture lui a donné des attributs extraordi- 

(fj Avis eftfwgulam (f fui generlsp Willugbby, 
P^^ge 205. 

nairesj: 



Torri.. Xir 



FI, Il :^, eu/ . ^d. 




du ICamickL 49 

«aires *, la corne fur la tête fuffit feuîe 
pour en faire une efpèce ifolée, & même 
un phénomène dans îe genre entier des 
oifeaux fg) ; c'eft donc fans aucun fonde- 
ment que Barrcre en a fait un aigle (hj^ 
puifqu'il n'en a ni le bec , ni la tête, ni les 
pieds. Pifon dit avec raifon que le kami- 
chi eft un oifeau demi-aquatique (i) ^ il 
ajoute qu'il conftruit fon nid en forme 
de four au pied d'un arbre, qu'il marche 
le cou droit , la tête haute , & qu'il 
hante les forêts (k). Cependant pîufieurs 
Voyageurs nous ont affurés qu'on le 
trouve encore plus fouvent dans les 
Savanes. 



(g) Frequens pecora cornuta ; raro in aère avem 
cornua gercntem videris. Pifon , ubi Cupra, 

(h) Aqulla aquatica cornuta. France équinoxiale, 
page ^ 24. 

(l) Rapina efl & amphihia. Pifon, loco cltato. 

(k ) Idem, ibidem, Marcgrave, ^«^e 215. 



Oifeaux, Tome XI F. 



^ o l'JifiOire Naturelle 

-"LE HÉRON COMMUN (a). 

f> Première efpèce. 

Lj e bonheur nQ\x pas également départi 
à tous les êtres fenfibies -, celui de rhomme 
vient de la douceur de fon amç- 5 & du 



-^ yoyei les planches enluminées, ti.^ 7^7^ ^ 
nP 755 où îe vieux mâïe eil repréfenté fous le 
nom de Héron huppé. 

(^û ) En Grec H'pwcT/ûç ; en Latin ^ardea , ardeola; 
le nom d'ardeola , quoique diminutif, fignitie fou- 
Tcnt fimplement le htron , dans les meilleurs Au- 
teurs, comme AldroYa!ide le remarque; en Hé- 
breu, fchalach; en Chaldcen , fchaUnvna , fuivant 
ies conjectures de Gefner; en Arabe , hahgnch; en 
Perfan , aukoh ; en Tnrc , balakxel ; en lllyrien,' 
ci'iepic ; en Folorois , ciapla , loraw ; en luilien , 
airoiie, f^aria; en Efpagnoi & en Portugais, P,av7a., 
en Catatan , agro ; en Allemand, re/^er; en Suilîe , 
reigcl ; en Flamand, reigher; €n P'rifon , rarg; en 
Suédois , haegcr; en Danois , keyre ; en Norwcgien , 
hecrre , kegger ; en Angîoi?, héron, commen heroff. 

Héron cendre. Béion , Hlft, Nat. des Oifennx , 
pag. 189. — Héron, idem. Portrait d'oif. pag. 42 , 
a. — Jrdea, Gefner , AvL pas. 207. — ylrdeapnllay 
fivecinerea, idem, ibidem , page 211 ; & kon. Avi. 
pag 1 1,7. — Aydia ; ardca cinerea major. Aidroyande 5 



des Hérons. 5 i 

bon emploi de fes qualités morales *, ie 
bien - être des animaux m dépend au 
contraire que dts facultés phydques, & 

Jlv'u tom. lîK pag. 365 & 377. — ^ Jonfton. Av'u 
pag. 103. — Charïeton, Exercit. pag. 109. n.^ ]. 
Idem, O iwviait. -pàg, 103,11.^ i. — Sibbaid. Scot, 
illujlr. part. 1 1 , iib. 1 1 1 , pag. 18. — Mariigli , 
Dannb. tom. V , p-iig. 8 , avec uneiïgure peu exaéle. 
— Rzaczynski , Ju&uar, Hifl. 'Nat. Polon. pag. 364. 
■ — - Ardea clnerea major j the commohi héron. Willughby, 
Ornithol. pag. 203. — Jrdea.M\\ï'.WoYm.p?o, goô. 
■ — Moehring, Jt^i. Gen. 81. — Ardea fukcsrulea. 
Schwenckfeld, Ai^i. Silef pag. 223. — Der gemeins 
reip;er. Frifch , tom. 1 1 , (Y\y, 12 , feâ:. I, pi. 5; le 
meme^ àfommet de la t3te blanc, pi. 6. — Ardea 
ocàplte crijlâ pendnlâ , dovfo ccernlerceiife , fubtiis 
odbida , jjectore maculis oolougis nip-is. Ardea cinerea, 
Liimsus, Sjft. Nat, edit. X, Gen. 76 , Sp. 10. 
- — Ardea criftâ depen dente. Idem , Fauna Succica , 
n.° 133. — The héron, brit. Zoology , pag- 116. — 
Héron ordinaire. Albin, tome II l , paL,e 32 , avec 
une figure mal coîorii^e ; celles de Bélcm , de 
Gefiier , de Jonfton , d'Aldrovande ne font pa« 
plus exadtes. — Ardea fnpemè cinerea, iujerne atba; 
média vertice cinereo-nigricaute ; occipitio iiigro ; collo 
injcriore maculis Longitudinalibus nigris variis; peëïore 
& ventre fiivremo maculis longitudinalibus cinereo- 
iiigricautibus variegatis ;-.re&ricibas cinereis verfus api- 
eem fufiefcentibus ; roflro fuperiiis fiavo^viridefcente , 
infernè flaincante , apice nigricante ; pedlbas vivefcen- 
tibus. . . . Ardea, Briflon , OndthoL tome V , 
page 392. 



j 2 Hljlcire Naturelle 

de rexercTcc de ieurs forces corporcîîes : 
mais 11 la Nature s'indigne du partage in- 
jude que la fociété fait du bonheur parmi 
les hommes -, elle-même dans fa marche 
rapide paroît avoir négligé certains ani- 
maux, qui, par imperfecbion d'organes, 
font condamnés à endurer la loufîrance , 
& dcftinés à éprouver la pénurie : enfans 
difgracîés, nés dans le dénuement pour 
vivre dans la privation 5 leurs jours pé- 
nibles fe confumeut dans les inquiétudes 
d'un befoin toujours renaiflant , foufîrir 
& patienter font fouvent leurs feules ref- 
iburcesj & cette peine intérieure trace fa 
trifte empreinte jufque fur leur figure, & 
ne leur laiffe aucune des grâces dont la 
Nature anime tous les êtres heureux. Le 
héron nous préfente l'image de cette 
vie de foufFrance, d'anxiété 5 d'indigence, 
n'ayant que l'embufcade pour tout moyen 
d'induftrie, il paffe des heures, des jours 
e^itiers à la même place, immobile au 
point de laifîer douter (î c'eft un être 
animé , lorfqu'on l'obferve avec une lunette 
(car il fe laiffe rarement approcher), il 
paroît comme endormi , pofé fur une 
pierre , le corps prefque droit Sç fur un 



des Hérons. j 3 

feuî pîc J \ le cou replié le long de îa poi- 
trine & du ventre -, la tho & ie h:c 
couchés entre les épaules 5 qui fe hauilent 
& excèdent de beaucoup îa poitrine, & 
s'il change d'attitude 5 c'eft pour en pren- 
dre une encore plus contrainte en fe 
mettant en mouvement^ il entre dans 
Teau jufqu'au-deirus du genou 3 la tête 
entre les jambes 5 pour guêter au pafTage 
une grenouille, un poïtTon-, mais réduit 
à attendre que fa proie vienne s'offrir à 
îui, & n'ayant qu un inftant pour ia faifir , 
il doit fubir de longs jeûnes, & quelque- 
fois périr d'inan-ition \ car il n'a pas l'inf- 
tin6t , lorfque Teau cft couverte de glace , 
d'aller chercher à vivre dans des cliiiiats 
plus tempérés , & c'eft mal- à-propos que 
quelques Naturaliftes l'ont rangé parmî 
les oifeaux de paaage , qui reviennent 
au printemps dans les lieux qu'ils ont 
quitté l'hiver (b) ^ puifque nous voyons 
ici des hérons dans toutes les faifons, & 
même pendant les froids les plus rigou- 
reux & les plus longs , forcés alors de 



(bj Jgiicola , apud Jonflou , An. pag. 151. 

C iij 



j 4 Hljloire Naturelle 

quitter les marais & les rivières gelées, 
ils fe tiennent fur les ruiffeaux & près des 
fources chaudes , & c eft dans ce temps 
qu'ib i^3nt le plus en mouvement, & oii 
ils font d'afkz grandes traverfées pour 
cÎL^nger de fi:ation, mais toujours dans îa 
îTiême contrée 5 ils fembient donc le mul- 
tiplier à mefure que le froid augmente, 
& ils paroiiTent (apporter également & 
la foim & le froid , ils ne réfiPcent & ne 
durent qu'à force de patience & de [o- 
briété 5 mais ces froides vertus font ordi- 
nairement accompagnées du dégoût de 
ïa vie. LorKju'on prend un héron , on 
peut le garder quinze jours fans lui voir 
chercher ni prendre aucune nourriture *, 
il rejette m^cmc celle qu'on tente de lui 
faire avaler •, fa mélancolie naturelle aug- 
mentée fans doute par la captivité, rem- 
porte fur rinflind de fa confervation , 
fentimcnt que ia Nature imprime le pre- 
mier dans le cœur de tous les êtres ani- 
més : Tapathique héron f^mble fe confu- 
mcr fans languir*, il périt fans fe plaindre 
& fans apparence de regret (^cj. 

/^c^ Expérience faite par M. Hébert^ aux belles 



^ 



des Hérons. 5-j 

L'inf^nribiitté, Tabandon de for-même 
& quelques autres qualités toutes auffi né- 
gatives 5 le caradérirent mieux que fes 
facultés pofîtives;, trifte & folrtaïre, hors 
le temps des iiithées , il ne paroît cou- 
noître aucun piailir , ni même les moyens 
d'éviter la peine. Dans les plus mauvais 
temps, il fe tient ifolé , découvert , pofc 
fjr un pieu ou fur une pierre , au bord 
d'un ruiiieau 5 fur une butte , au milieu 
d'une prairie inondée, tandis que les au- 
tres oifjaux chercheîit labri des feuilla- 
ges ^ que, dans les mêmes lieux, le rafle 
fe met à couvert dans répaiifeur des herbes 
& le butor au milieu des rofeaux , notre 
héron miférable, refleexpofé à toutes les 
injures de l'air & à la plus grande rigueur 
des frin^iats. M. Hébert nous a informé 
qu'il en avoit pris un qui étoit à demi- 
gelé Se tout couvert de verglas , il nous 
a de môme aiîiiré avoir trouvé fouvciit 
fur la neige ou la vafe , rimprelïion des 
pieds de ces oif^aux , & n'avoir jamais 
fuivi leurs traces plus de douze ou quisize 

obfer valions de qui nous devons îes principaux 
faits de rhiiloire nat\irdle du héron. 

C iv 



y 6 Hijloire Naturelle 

pas ; preuve du peu de fuite qu'ils met- 
tent à leur quête , & de leur inaftion 
même dans le temps du befoin s leurs 
longues jambes ne font que des échafîes 
inutiles à la courle ^ ils fe tiennent de 
bout & en repos abfolu pendant la plus 
grande partie du jour^ & ce repos leur 
tient lieu de fommeil , car ils prennent 
quelque effor pendant la nuit ( d ) \ o\% 
les entend alors crier en Tair a toute 
heure & dans toutes les faifons ^leur voix 
eft un fon unique 5 fec & aigre , qu'on 
pourrolt comparer au cri de l'oie , s'il 
Ji'étoit plus bref & un peu plaintif (^^y); 
ce cri fe répète de moment à moment 5 
& fe prolonge fur un ton plus perçant & 
très-défagréable iorfque Toifcau refient de 
la douleur. 

Le héron ajoute encore aux malheurs 
de fa chétive vie , le mal de la crainte 
&c de la défiance , il paroit s'inquiéter & 

( d) Les Anciens l*avoient obfervé ; F.uftathe, 
fur ie X."^^ livre de riiiade , dit que !e héron pê- 
che ia nuit. 

( tj Y.xulm , clangere , étoit le mot dont fe fer- 
Toient ies Grecs, dès le temps d'Homère, pour 
exprimer ie cri du héron, Koy. lliad. K» 



\ 



des Hérons. j j 

s^alarmer de tout-, il fuit Thomme de très- 
loin 5 foLivent aflaïlli par Taigle & le fau- 
con 5 il n élude leur attaque qu'en s'éle- 
vant au haut des ai;s & s'eiîorçant de ga- 
guer le delîus *, on le voit fe perdre avec 
eux dans la région des nuages ffj. Cé- 
toit afîez que la Nature eût rendu ces 
ennemis trop redoutable pour le malheu- 
reux héron ("g Jj^ fans y ajouter Tart d'ai- 
gnr leur inftrnâ: & d'aiguifer leur anti- 
pathie 5 mais la chalTc du héron étoit au- 
trefois parmi nous le vol le plus brillant 
de la fauconnerie ^ il faifoit le divertif- 
fement des Princes qui fe réfervoient , 
comme gibier d'honneur , la mauvaife 



ffj On prétend que, pour dernière défenfe, ii 
praTe îa tête fous fon aile , & préiente Ton bec 
pointu h Poifeau ravifieur , qui fondant avec im- 
petuofité s'y perce iui-même. Béion, Nat^ des Olf. 
page 190. 

(g ) Les Anciens lui en donnoient d'autres ^ 
foibies en apparence , mais pourtant redoutables 
en ce qu'ils l'atcaquoient dans ce qu'il avoir de 
plus cher : i'aioueite qui lui rompoit les œufs ; 
îe pic (pipQj pipraj y qui lui tuoit fes petits. lî 
n^avoit contre tous ces ennemi? que l'inutile amitié 
de la corneile. /^oyq Ariftote/Z/i. IX, cap, xvui 
^ cap. ij'^ & Pline, liô, X, cap, xcp'i. 

C V 



5 8 ÏJiJÎQire Naturelle 

chère de cet oifjau , qualifiée viande roya- 
le ^ 8c fervie comme un mets de parade 
dans It's banquets ("hj. 

C'eft fans doute cette diftmdtron atta- 
chée au héron , qui 'fit imaginer de r^f- 
fembîer ces oifeaux & de tâcher de les 
fixer dans des maffifs de grands-bois près 
des eaux , ou même dans des tours , en 
leur oârant des aires commodes où ils 
venaient nicher. On tiroit quelque pro- 
duit de ces héronnières 5 par la vente des 
petits héronneaux que Ton lavoit engraïf- 
fer fi ), Béion parle avec une forte d'en- 
thouJLîlme des héronnières que François I. 
avoit fait élever à Fontainebleau , & du 
grand effet de Tart qui avoit fournis à 
Tempire de Thomme , des oifeaux auffi 
fauvages (^/ty^, niais cet art étoit fondé 

• (h) l^oyci Jo. Bruyerinus , de rc cibarui , lib. X V, 
cap. LXVi, Alclrovande , tome îll , pag. 367. — > 
^ XJqw dît communément que !e héron efl viande 
yt royale, par quoi la Nobîefie françoifc fait grand 
cas de îe manger, n Bel on , Nat des Oifeaux > 
pi^ge ICO. 

(i) Willughby. 

( k ) ^i Entre les chofes notables de Pincompa™ 
»» rable dompteur de toutes fubftances animées , 
» le grand iloi François, tic faire deux bâtimena 



des Hérons. ^ 9 

fur leur naturel même-, les hérons feplat- 
Ccnt à nicher râiTenibiés , ils fe réunirent 
pour cela pluheurs dans un même can- 
ton de forêt (^T^^fouvent fur un même 
arbre ^ on peut croire que c*eil la crainte 
qui les railembîe , & qu'ils ne fe réunif- 
fent qiîe pour repouiler de concert 5 ou 
du moins étonner par leur nombre , le 
miian & le vautour 5 c'eft au plus haut 
des grands arbres que les hérons poient 

qui durent encore à Fontainebleau , qu^on nomme « 
îes héroniiières ... de forcer nature Oit ouvrage t^ 
qui fe relient tenir quelque paitie deia Divinité : a 
aufiï ce divin Roy ^ que Dieu abfolve, avoit << 
rendu plufieurs hérons fi aduits, que yenans du a 
fiuvagë, entrant léans , comme par un tuyau *; 
de cheminée, fe rendoient lî enclins h fa volon- u 
té , qu'ils y nourriilbieLt leurs petits. ?> Nat. ûei 
Oifiaux , li->re IV , page 189. 
. f l j II n^eft point de pays où on ne connoifie 
de ces bois que les hérons affedionnent , ou i's 
fe raffembient , & qui font des héronnièves natii- 
Telies. C'eil: non feulement fur les grands chênes , 
mais aufîl dans les bois de fapins qu^iis fe réunif- 
fent , comm.e Schwenckfeld le remarque de cer- 
t.iines forets de Siléfie : OU m fatis jhg'icines i.' 
ahietihu^ alt'-Jfimis , in Syhâ dcinà Pagi Mchvalde 
cxrra hisbergam nldlficahant ; qu^ ctiamnum ah ardeis 
v.omen rmmt : Der reger Yv^aid. Aviar. Siief. 
page 223, 

C y] 



6o Hijloire Naturelle 

îeurs nîds , fouvent auprès de ceux des 
corneîiies (m) \ ce qui a pu donner lieu 
à ridée des Anciens , fur Tamitié établie 
entre ces deux efpèces , lî peu faites pour 
aller en feaible (n). Les nids du héron 
font vaftes , compolés de bûchettes , de 
beaucoup d'herbe sèche 5 de joncs & de 
plumes -, les œufs font d'un bleu verdâ- 
tre, pâle & uniforme, de même groffeur 
à-peu-près cfuc ceux de la cigogne , mais 
un peu plus alongé & preïque égale- 
ment pointus par les deux bouts. La pon- 
te , à ce qu'on nous aiîlire 5 eft de quatre 
ou cinq œufs , ce qui devroit rendre 
Teipèce plus nombreufe qu'elle ne paroît 
l'Être par-tout , il périt donc un grand 
nombre de ces oifeaux dans les. hivers s 
peut-être auffi qu'étant mélancoliques & 
peu nourris, ils perdent de bonne heure 
la })uiiîance d'engendrer. 

Les Anciens , frappes apparemment 
de l'idée de la vie fouiFrante du héron , 



( m ) Aîdrovande , tome Illy page 369. Bélon, 
/;a^ page 191. 

f 11 j Connx & ardeoîa mnici. Ariftot» Hb. IX j 
«ap. Xi, 



des Hérons. 6i 

croyoïent qu'il éprouvoft de la douleur , 
même dans Taccoupleraent \ que le mâle , 
dans CCS inftans , répandoit du fang par 
les yeux & Jetoit des cris d'angoifle (^oj. 
Pline paroît avoir puifé dans Ariftote 
cette faufle opinion (^pj , dont Théo- 
phraPce fe montre égalemeiit prévenu (^qj, 
mais on la réfutoit déjà du temps d'Al- 
bert qui affure avoir plufieurs fois été 
témoin de laccouplement des hérons , & 
n'avoir vu que les carefles de Tamour & 
les crifes du plarfîr (^r/ Le mâle pofe 

( oj Ardeolarum, . . . pellos in coïtu anguntiir^ 
mares oiildcm aim voclferatu Janguinem etiam ex 
vculis profiinduut ; nec minus <egrè pariant gravidce, 
Piin. lib. X, cap. Lxxix. Cecte fable de ia fouf- 
france du héron dans îe coït , en avoit enfanté 
une autre, ceile de ia grande chafteté de cet 
oifeau , qui, au dire de Glycas , s'atHige & s'at- 
trifte durant quarante jours en rentai;t approcher 
\q temps de la copulation. Midi. Glycas .. annaL 
iib. 1. 

( p ) Pdlus non fine moUfliâ cnbat & coït : clangit 
tnim, 6* pinguinem ut aiunr j eniittit coïens ; parit 
guoçue incommodé & cum dolore, Ariftot. ex recens. 
Scaliger , iib I X ^ cap. 1 1. 

{ qj In animai i-: us qn^dam i>i , vel contra naturam 
eveniunt , ut ardzai coitas, Theophrall. in iMe- 
laphif. 

V rj Hiil. animal, lih, XXXI IL 



6i Hi/ioire Naturelle 

d'abord un pied fur le dos de la femelle, 
comme pour la preffer doucement de 
céder , puis portant les deux pifds en 
avant, il s'abaiffe fur elle, & fe foutient 
dans cçttc attitude par de petits batte- 
mens d'ailes (fj j lorfqu elle vient à cou- 
ver , le mâle va à la pêche , & lui fait 
part de fes captures , & Ton voit fouvent 
des poiffons touibés de leurs nids ftj. 
Du refte^ il ne paroît pas que les hérons 
fe nourriiTent de ferpens ni d'autres rep- 
tiles, & Ton ne fait fur quoi pouvoit être 
fondée la défcnfe de les tuer en Angle- 
terre (u). 

Nous avons vu que le héron adylte 

ffj J on lion , ApL pag. 151. 

f tj t< En baiTe Bretagne , les hérons font irioult 
5> fréquens , où ils font leurs nids fur les rameaux 
» des arbres des «forets de hiaulte fuftaye , (k pour 
>> ce qu^ils nourriffent leurs petits de poiilbns, & 
» qu'en ies abechant , grande quantité en tombe 
' » par terre ; pîufieurs ont prins occafion de dire 
n avoir efré en un pa^'S où les poifions qui tom- 
bent des arbres, engraissent îes pourceaux, n Bélon, 
Nat. des Oi féaux , pag. 189. 

(u) Ardeam in Am^lià uccider^ capitale effc fé- 
mur. Muf. Worm. page 309. Jonfton dit la mcme 
chofej Ai-'i, pa^e 150. 



des Hérons, 6^ 

refufe de manger, & fe iaiile mourir en 
domefticité , mais , pris Jeune , il.s'appri- 
voîfe 5 fe nourrit & s'engraiffe *, nous en 
avons fait porter du nid à ia baffe-cour ^ 
lis Y ont vécu d'entrailles de poiiTons & 
de viande crue , & fe font habitués avec 
la volaille , ils font même fufceptibles , 
non pas d'éducation , mais de quelques 
mouvemens communiqués ', on en a vu 
qui avoient appris à tordre le cou de dif- 
férentes manières , à l'entortiller autoiir 
du bras de leur maître j mais , dès qu'on 
ceffoit de les agacer , ils retomboient 
dans leur triftefle naturelle , & demeu- 
roient immobiles (^xj , au refte , les jeu- 
nes hérons font 3 dans le premier âg€ , 
aifez long-temps couverts d'un poil fol- 
let épais 5 principalement fur la tcte & le 
cou. 



(xj i( ]'en tenois un dans ma cour, îî ne 
cberchoit point à s'échapper, il ne fuyoit point << 
quand on Papprochoit , il reftoit immobile où. u 
on ie poroit; les premiers jours il préfeiuoit ie *< 
bec & frappoit même de îa pointe , mais fans <« 
faire aucun mal .; je n^ii jamais vu un animal u 
plus patient , plus immobile &. plus ûlencieux, »> 



64 Hijîoire Naturelle 

Le héron pre^id beaucoup degrenouil- 
îes 5 ï\ les avale toutes entières *, on le re- 
connoît à Tes excrémens qui en offrent les 
os non brifés & enveloppés d'une efpèce 
de mucilage vifqueux de couleur verte , 
formé apparemment de la peau des gre- 
nouilles réduites en colle \ fes excrémens 
ont 5 comme ceux des oiieaux d'eau en 
général , une qualité brûlante pour les 
herbes -, dans la difette , il avale quelques 
petites plantes , telles que la lentille d'eau 
(y ) ^ mais fa nourriture ordinaire ell: le 
poiffon -^ il en prend affez de petits, & 
ïl faut lui fuppofcr le coup de bec fur 
& prompt pour atteindre & frapper une 
proie qui paffe comme un trait ; mais pour 
les poîiTons un peu gros, Wiilughby dit, 
avec tonte forte de vraifemblance , qu'il 
en pique & blefle beaucoup plus qu'il 
n'en tire de Teau ('{)» En hiver , lorf- 
que tout eft glacé & qu'il eft réduit aux 
fontaines chaudes , il va tatant de fon pied 
dans la y^k-, & palpe ainii fa proie, gre-» 
nouille ou poifTon, 



(y ) Salerne, Orn'nJiol. page ?.o8. 
{\j Ornithologie, jw^e 204. 



des Hérons. 6^ 

Au moyen de fes longues jambes , îe 
héron peut entrer dans 1 eau de plus d'un 
pïed fans fe mouiller *, fes doigts font 
d'une longueur cxceffive, celai du milieu 
ell suffi long que le tarfe -, longle qui le 
termine, eCt dentelé /a J en - dedans 
comme un peigne , & lui fait un apput 
& des crampons pour s'accroeheraux me- 
nues racines qui traverfent la vafe fur la- 
quelle il fe foutient au moyen de fc s longs 
doigts épanouis. Son bec eft armé de den- 
telures touriiées en arrière, par lesquel- 
les il retient le poiffon glifTant. Son cou 
fe plie fouvent en deux , & il fembleroit 
que ce mouvement s'exécute au moyen 
d'une charnière , car on peut encore faire 
jouer ainft le cou pluiieurs jours après la 
mort de Toifeau. Willughby a mal-à- 
propos avancé à ce fujet , que la cinquiè- 
me vertèbre du cou eft renverfée & po- 
fée en fens contraire des autres (b)) car , 

faj Cette dentelure en peigne eCt creufée fur 
la tranche dilatée & faiiiante du côté iniérieur de 
rongle, fans s'éte^idre jufqu'à fa pointe qui eft 
aiguë & lilTe. 

fbj Q lin ta Qolli v^rtehra c^ntrarlam hahet priji- 
tiomni t n:wj}ejlirfftm refle^itur, Wiiiughby ^ pag. 204, 



66 Hifloire Naturelle 

en examinant le fquelette du héron 5 nous 
avons compté dix-huit vertèbres dans îe 
cou 5 & nous avons feulement oLfervé 
que les cinq premières 5 depuis la tête , 
font comme comprimées par les côtés , 
& artîci;îlées Tune fur Tautre par une 
avance de la précédente fur îa fuivante , 
fans apophyfes, & que Ton ne commence 
à voir des apophyfes que fur la hxième 
vertèbre 5 par cette fîngularité de con- 
formation 3 la partie du cou qui tient à 
la poitrine 5 fe roidit , & celie qui tient à 
la tête 5 joue en demi-cercîe fur l'autre , 
ou sj applique de façon , que le cou , la 
tête & le bec font plies en trois Tun far 
l'autre : Toifeau redreffe brufquement 5 & 
comme par reffort, cette moitié repliée, 
lance fon bec comme un Javelot ; en 
étendant le cou de toute fa longueur 5 il 
peut atteindre au moins à trois pieds à 
ïa ronde: enfin, dans un parfait repos, 
ce cou 5 il démefurémentlong 3 eft comme 
efiacé & perdu dans les épaules 5 aux- 
quelles la tête paroît jointe (c) ^ fes ailes 

(c ) Sedct cap'ite interarmos adduCtOi collo întorlQ, 
WJiiughby , j^ag, 204. 



des Hérons. 6 y 

pïîées ne débordent point la queue qui 
eft très-courte. 

Pour voler , il roidit fes jambes en 
arrière , renverfe ie cou fur ie dos , le 
piie en trois parties , y compris la tête 
& le bec, de façon que à'tn bas on ne 
voit point de tête , mais feulement un 
h<^c qui paroît fortir de fa poitrine ', il 
déploie des ailes plus grandes, à pro- 
portion que celles d'aucun oifeau de 
proie 5 ces ailes font fort concaves & 
frappent Tair par un mouvement égal & 
réglé. Le héron par ce vol uniforme , 
s'élève & fe porte ii haut , qu il fe perd 
à la vue dans la région des nuages ( c ^-). 
C'cft lorfqu'îl doit pleuvoir qu'il prend 
le plus fouvent fon vol (d)jy & les 
Anciens tiroient de fes mouvemens & 
de fes attitudes, plufieurs conjedlures fur 
rétat de l'air & les changemens de tem- 
pérature 5 trifte & immobile fur- le fable 



fc^J V. . . . . .V. . . . Notafgue paludes 

Defdiit ,atque altant fuper volât ardea nuhem, 
Viro- 

(d) Aiclrovandej Ai^l tom, IIJ, page 37a. 



6 8 Hiftoire Naturelle 

des rivages, il annonçoit des(nmkts(^e); 
plus remuant & plus cîameux qu'à For- 
dinaîre, il promettoit la pluie, la tête 
couchée fur la poitrine , il indiquoit 
ïe vent par le coté où Ton bec étoit 
tourné ffj. Aratus & Virgile, Théo- 
phrafie & Pline établiflent ces prélages, 
qui ne nous font plus connus depuis que 
les moyens de lart, comme plus fûrs, 
nous ont fait négliger les obfervations de 
la Nature en ce genre. 

Quoi qu'il en foit, il y a peu d'oi- 
feaux qui s'élèvent aulîî haut, & qui, 
dans le même climat , faffent d'auffi 
grandes traverfécs que les hérons , & 
fouvent 5 nous dit M. Lottinger, on en 
prend qui portent fur eux des marques 
des lieux où ils ont féjourné. Il faut, en 
effet , peu de force pour porter trcs-loin 
un corps li mince & ii m.aigre, qu'en 
voyant un héron à quelque hauteur dans 
r^ir, on n'aperçoit que deux grr.ndcs 
ailes fans fardeau j fon corps eft éflan- 



( e) Ardea in imâlis arenis trijlis , hiemtm, Piin. 
lib. XIIÎ , c:\p. Lxxxvii. 

(fJ f^OjCi iV'clroYande , Ji^L tornlîl , pag. 373, 



des Hérons. ^9 

que, aplati par les côtés & beaucoup 
plus couvert de plumes que de chair* 
Willughby attribue la maigreur du héron , 
à la crainte & à lanxiété continuelle 
dans laquelle il vit (g).^ autant qu a la 
difette & à fon peu d'indiillrie (h) ; 



(g) Corpus ( ardeis ) plerumque maciUntum &* 
J}ri9:ofum, ad pavarem, & JbUiciUidlmm coiitinuam» 
Willughby, Omithol. pag. 203. 

( h j a Je tirai un héron , c'étoit par un froid 
rigoureux ; ii n'étoit que iégèrement biefie , & «< 
emporta le coup allez loin. Un grand chien que t< 
j^avois avec moi, quôiqu^à la fleur de rage, & «« 
qui avoit donné des marques de courage, hé- u 
fita de fe jeter fur ce héron , jufqu'à ce qu'il « 
me fer.tît prés de lui ; le héron poufîbit des u 
cris affreux , il s'étoit renverfé fur le dos , & « 
préfentoit fes pieds au-devant de luilorfqu'on en « 
approchoit de près , comme pour repouffer : il « 
menaçoit auiïi du bec : cependant iorfque je le u 
tins, quoique plein de vie & encore très- fort, « 
ii ne me fit aucun mal & ne chercha point à <« 
m'en faire. Je le dépouillai de fa peau pour la «« 
conferver; il étoit d'une maigreur exceffive; je u 
l'avois furpris de grand matm , fur les bords a 
d'une rivière très-profonde , où certainement il « 
ne devoit pas faire de fréquentes captures , & n 
il y avoit plufieurs jours que je le rencontrois *< 
au même endroit , en cherchant des canards u 
îàuvagos. )t JNote tirée de l\excelknt Mémoire de 
M. Hébert , fur les hérons. 



73 Jiijloire Naturelle 

effcâîvement la plupart de ceux que 
i'on tue 5 font d'une maigreur ex- 
ceilîve (ij. 

Tous les oïfeaux de ia famille du 
héron , n'ont qu'un feul cœcum y ainfi 
que les quadrupèdes', au lieu que tous 
les autres oifeaux en qui fe trouve ce 
vilccre, Tout double (k); l'œfophage 
eft très-large & fufceptible d'une grande 
dilatation, la trachéc-artcre a leize pouces 
de longueur 5 & environ quatorze an- 
neaux par pouces *, elle eft à peu-près 
cylindrique jufqu'à fa bifurcation , où fe 
forme un renflement coniidérable d'où 
partent les deux branches, qui du côté 
intérieur ne fonj: formées que d'une 
membrane j l'œil eft pkcé dans une peau 
nue , verdâtre , qui s'étend jufqu'aux 
coins du bec, la langue eft aflcz longue, 
molle & pointue*, le bec fendu jufqu'aux 
yeux , préfente une longue & L^rge 



(ï) Ariftote connoifîbît maï îe héron, îorf- 
qu'ii ie dit aâif & fubtii à fe procurer fa fub- 
fiflance; fa^px & c<iin(z genda & opeiofu : il auroit 
pu ie dire , avec plus de vérité , inquiet & fou- 
cieux. 

( kj Wiiîugbby 5 j[7a^. 203. 



des Hérons* yi 

ouverture; iî cft robufte. épais près de 
h tête, long de fix pouces , & finrffant 
en pointe aiguë; îa mandibule inférieure 
eft tranchante iur les cotés, la fupéricure 
efl dentelée vers le bout, fur près de trois 
pouces de longueur ; elle efi: creufée d'une 
double rainure, dans laquelle font placées 
les narines •, (a couleur efè jaunâtre , 
rembrunie à la pointe, la m'indibuîe in- 
férieure eft plus jaune ; & les deux bran- 
ches qui la compofent, ne fe joignent qu'à 
deux pouces de la pointe ; l'entre - deux 
eft garni d une membrane couverte 'de 
plumes blanches ; la gorge eft blanche 
aulîi , & de belles mouchetures noires 
marquent les longues plumes pendantes 
du devant du cou *, tout le defilis du 
corps eft d'un beau gris de perle -, mais 
dans la feinelle, qui eft plus petite que le 
mâle, les couleurs font plus pâles, moins 
foncées, moins luftrées *, elle n'a point la 
bmde tranfverfale nàire far la poitrine, 
ni d'aigrette fur la tête (" l ) ; dans le 

fl) Nous n'héfitons pas, d'après ces caradères 
de différences établies entre le mâîe & la femeiic 
du héron 5 fur les meiil<nu's témoignages, de re- 



7 z HiJIoire Naturelle 

mâle 5 il 7 a deux ou trois longs brîns de 
plumes minces , effilées 5 flexibles & du 
plus beau noir , ces piumes font d'un 
grand prix , fur-tout en Orient (mj ; la 

garder le héron huppé dont M. Erifibn fait pi fé- 
conde efpèce y & qui eft ie même que celui de 
nos p'anches enluminées , uP 755 , comme ie 
mâle de l'efpèce dont îa femeiie eft repréfentée 
n,^ 787. En remontant à îa fource, je trouve que 
îes Naturaliftes ne fe font portés à diftinguer le 
héron gris hr/ppé, du héron gris commun, que fur 
une indication de Gefner , f Alia qucedam ardea, 
Avi. pag. 219 J, qu'il ne donne lui-même que 
d'après une tête fiparée du corps de Poifeau , & 
fans ofer prononcer fermement que ce héron huppé 
De foit pas une variété quelconque du héron gris 
commun, ainfi que M. Klein l'a très-bien foup- 
çonné , /^ Ord- Jvi.pag, 111 , n,o i ) ;h Willughby 
fembîe l'entendre de même pour fon ardea cinerea 
major, que M. BriObn rapporte mal- à-propos , à 
une efpèce différente du héron commun ., puifque 
Wiliughby lui en donne le nom , the commou héron. 
( Ornith. pag. 203, ) 

(m) Plunuilas longas in caplte ardear/m dependen- 
tes, magnatihus ijvpriniis Jfiaticis caras. Klein ^^i-i. 
pag, 122. — Il y a trois fiuiieux panaches de ces 
rares plumes de héron; celui de l'Empereur, celui 
du grand Turc , &; celui du Mogol ; mais s'il eft 
vrai, comme on le prétend, que îes pkis belles 
plumes pour ces panaches foient les blanches , elles 
appartiennent au bihoreau , dont la plume eft en 
effet encore plus belle que celle du héron. 

queue 



des Hérons. 7 3 

queue du héron a douze pennes tant 
foit peu ét^gées -, la partie nue de fa 
jambe a trois pouces -, ie tarfe fix 5 le 
grand doigt plus de cinq -, il eft joint au 
doigt intérieur par une portion de mem- 
brane 5 celui de derrière eft auffi très- 
long , & 5 par une lingularité marquée 
dans tous les oifeaux de cette famille , ce 
doigt eft comme articulé avecTextérieur, 
& implanté à côté du talon, les doigts, 
les pieds & les jambes de ce héron com- 
mun font d'un jaune-verdâtre *, il a cinq 
pieds d'envergure , près de quatre du 
bout du bec aux ongles 5 & un peu plus 
de trois jufqu'aii bout de la queue ; le 
cou a {eizc ou dïx-lept pouces \ en mar- 
chant, il porte plus de trois pieds de 
hauteur 5 il eft donc prefque auffi grand 
que la cigogne , mais il a beaucoup moins 
d'épa- ffeur de corps , & on fera peit-être 
étonné qu'avec d'acffi grandes dimenfîons 
le poids de cet oifeau n'excède pas quatre 
livres (n). 

(//)Un héron maîe, pris ie to janvier, pefoic 
trois livres dix onces ; une femelle , trois iivres 
cinq onces. Objlrpauon fane ^ur M. Giwieau ds 
Monikelllard. 

Oijcaux ^ Tome XIV* D 



74 îJiJloire Naturelle 

Arîftote & Pline paroiflent i/avoir 
connu que trois efpèces dans ce genre ; 
le héron commun ou le grand héron 
gris 5 dont nous venons de parler (o) ^ & 
qu'ils déiîgnent par le nom de héron cen- 
dré ou brun , pellos ; le héron blanc 
Icîicos ; Se le héron étoile ou le butor 
ajlerias ( p ) : cependant Oppien obferve 
que les efpèces de héron font nombreufes 
& variées. En effet 5 chaque climat a les 
Hennés 5 comme nous le verrons par leur 
énumération, & Tefpèce commune, celle 
de notre héron gris , paroît s'être portée 
dans prefque tous les pays, & les habiter 
conjointement avec celles qui y font 
indigènes. Nulle efpèce n'eft plus foli- 
triire 5 moins nombreufe dans les pays 
hiibités 5 & plus ifolée dans chaque con- 
trée 5 mais en même temps aucune n'eft 
plus répandue & ne s'eft portée plus 
loin dans des climats oppofés *, un na- 
turel aufcère, une vie pénible ont appa- 

p >»>l i 1 . I I ■— «■ ■ m » «■■■lai i » ■ . 1 ■.! > ■ i »jgj wiiiii»i w m 

(0) Pzllairiy Jiv& clnaream, fmpliciur ardeam lo* 
camus. Gefner. 

(pj Ardcclarum tria faut gênera : Pellus Jeucus ^ 
tf qui afterias dicitur. Ariftot. Jib. IX , cap. 11; h 

même chofç dans Pime, Iit>. X, cap. lxxïx;. 



dis Hérons. 7 y 

remment endurci le héron & Tont rendu 
capable de fupporter toutes les intem-- 
pérîes des différens climats. Dutertre 
nous affure qu'au milieu de la multitude 
de ces oifeaux naturels aux Antilles 5 on 
trouve fouvent le héron gris d'Eu- 
rope (q); on Ta de même trouvé à 
Taitijoû il a un nom propre dans la 
langue du -pays (^rj j & où les infulaires 
ont pour lui, comme pour le martin- 
pêcheur, un refped: fuperftitieux (^fj. 
Au Japon 5 entre plufîeurs efpèces de 
f(-iggls ou hérons , on diftingue , dit 
Kœmpfer , le goi-faggi ou ^ le héron 
gns.(t); on le rencontre en Egypte (^^y>j 



(q) Hiftoire Naturelle des Antilîes, tome JT, 
j)age 273. 

frj Otoo «ft le nom propre du héron gris en 
îangue Taïtienne. Voyei le Vocabûiaire des lan» 
gués des îles du Sud, donné par M. Forfter, à 
ia fuite du fécond Voyage de Cook. 

ffj Forfter , Obfirvations à la fuite du fécond 
Voyage du capitaine Cook, tome V, png. i88. 

f t j Hiftoire Naturelle du Japon , tome I , 
pag. 112. 

(u) Voyage de Oranger; Paris , 1745, P^E^ 
237. ~ Voyage du P. Vanfleb ^ Paris , 1677^ 
£)age 103, 



y 6 Uijloire Naturelle 

en Perfe ( x ) ^^ en Sibérie, chez ïes 
Jakutes ( y )• Nous en dirons autant du 
héron de Hle Saint -lago , au cap 
Vert ('^) ; de celui de la baie de SaW 
dana (a); du héron de Guinée de 
Bofman ( b ) ; des hérons gris de Tîle 
de May ou des rabékès du voyageur 
Roberts (c); du héron de Congo, 
©bfervé par Loppez ( d) ; de celui de 



^ji;^ Voyage de Chardin; Amjîtriam , 1711, 
fome //^ pao^e go. 

^y^ Gmelin , H/J?, générale des Voyages s tome 
XVin, pag, 300. 

(xj Hifloire générale des Voyages ^ tome II ^ 
péigc 376. 

faj Idem, tom. T » pag. 449. 

(b) <•* On trouve ici ( h la côte de Guinée), 
deux fortes de hérons , des bleus & des Mancs. » 
Voyage m Guinée ^ par Guillaume Bofman ; Utrecht, 

(c ) Voytx îa relation de Roberts , dans i'Hif- 
toire générale ^t^ Voyages, tome II ^ pag.^"]. 

(d ) Outre les oifeaux qui font propres au royau- 
me de Congo & d'Angola , l'Europe en a peu 
qui ne fe trouvent dans l'une ou Pautre de ces 
deux régions : Loppez obferve que les étangs y 
font rernplis de hérons & de butors gris, qui por^ 
tent le nom à'oifeau royal. Bi fi- générale des Voyages f 
Hmc V.fage 75. 



des Hérons. y y 

Guzarate, dont parle Pvlandeflo (e); de 
ceuxde Ma^abar ( f )'j de Tunquin fg); 
de Java (h); de Timor (^i?/; puifque 
CQS différens Voyageurs indiquent ces 
hérons fîmplement fous lê nom de Tef- 
pèce commune , & fans les en diftinguer» 
Le héron appelé dangcanghac j dans 
rîie de Luçon , & auquel les Efpagnols 
des Philippines , donnent en leur langue 
le nom propre du héron d'Europe 
(^g(^r^a)j nous paroît encore être le 
même ( k J. Dampier dit expreflement 
que le héron de la baie de Campèchej 
ed en tout fembîable à celui d'Angle- 
terre (^ij ; ce qui. Joint au témoignage 

fej Voyage de Mandefîo à îa fuite d'Oîéarius, 
tome II ^ page 145. 

ff) Recueil des Voyages qui ont feryi à Péta- 
bliffement de la Compagnie de.^ Indes ; Amflerdam, 
1702, tome Vlypa^e 479. 

(g) Voyage de Dampier ; Rouzn , l'JJS ^ 
tome III, page go. 

(h) Nouveau Voyage autour du monde , par le 
Gentil, tome III , page 74. 

fi) Dampier, tome V^page 61. 
^ (k) Voyzi Camel, De A'Àh. Phil'ppin, Tranfac- 
tions philofophiques, numb, 288. 

(l) « Les hérons d'ici (de la baie de Campé- 
che), reffemblem tout- à-fait à ceux que nous «^ 

Dirj 



78 HiJIoire Naturelle 

de Dutertre & à celui de le Page dit 
Vkatz 5 qui a vu à la Louiiîane , le même 
héron qu'en Europe (rnjj ne nous laiiîe 
pas douter que Tefpèce n'en foit com- 
mune, aux deux contînens -, quoique 
Catefby alFure qu'il ne s'en trouve dans. 
ie nouveau que des efpèces toutes dif- 
férentes. 

Difperfés & folitaires dans les contrées 
peuplées, les hérons fe font trouvés raf- 
îembiés & nombreux dans quelques îles 
défertes , comme dans celles du golfe 
d'Arguim au cap Blanc , qui reçut des 
Portugais le nom à'ifola das Gar\as ou 
d'île aux Hérons > parce qu ils y trouvèrent 
un fi grand nombre d'œufs de ces oifeaux , 
qu'on en remplit deux barques (n). 
Aldrovande parle de deux îles fur la 
côte d'Afrique, nommées de même & 
pour la m.ême raifon îles des hérons pat 



») avons en Angleterre , foit par rap]5ort à la groP- 
feur 5 foit par rapport à îa figure & au plumage, n 
Voyage de Damj)ier ; Rouen , 1715 j tome 111 y 
jfage 31. 

{mj Hifloire de la Louifiane, tome II , page iiê. 

(il) Relation de Cadamofto , HiJlQÎrs ^énsrcU 
des Voyages, toim II,jjage 2§i. 



des Hérons. 79 

les Efpagnoîs (0 ) ; celle di^i Nîger où 
aborda M. Adanfon, eût mérité égde- 
ment ce rumom5par la grande quantité 
de ces oifeaux qui s'y étoient établis fp)^ 
En Europe , Terpèce du héron gris s'eft 
portée jufqu'en Suède (^qj^ en Danemarclc 
& en Norwcge frj. On en voit en Polo- 
gne ffjj en Angleterre (^r^^ en France , 
dans la plupart de nos Provinces j & c'eil 
fur- tout dans les pays coupés de ruil- 



foj Aldrovande , tome III, page 369. 

(p) u On arriva îe 8 à Lammai ( petite île fur 
Je Niger); les arbres étoient couverts d^une mul- <« 
titude il prodigieufe de cormorans & de hérons »< 
de toutes les efpèces, que les Lavtets qui en- << 
trèrent dans ua ruilleau dont elle étoit alors tra- << 
"verfée, remplirent en moins de demi-heure un u 
canot, tant de jeunes qui furent pris à la main u 
ou abattus à coups de bâtons, que des vieux , « 
dont chaque coup de fulii failoit tomber pludeurs u 
douzaines. Ces oifeaux fentent un goût d'nuile « 
de poiffbn qui ne plaît pas à tout ie monde. » 
Voyage au Sénégal , par M, Adaufoii j pa^e 80. 

( q ) Fanna Suecica, n.<= 133. 

( r) Brunnich, OrnithoL boréal. nP 1^6, 

( f) Ardea Polonis ciapla ; cinerea in fyhis nojlris 
màospQuuut. Rzaczynski , Hlfl. Nat. Polon. page 271. 

(tj Nat. hift. of CornwaiiiS;,^c2^c 247. 

D iv 



8o îïijîoire Naturelle 

féaux ou de marais ^ comme en SuiiTe fuj 
&: en Hollande (^xjj que ces ©ifeaux habi- 
tent en plus grand nombre. 

Nous diviferons le genre nombreux 
des hérons en quatre familles , celle du 
héron proprement dit ^ dont nous venons 
de décrire la première efpèce -, celle du 
hutor ; ceile du bihoreau y Se celle des 
xrahiers. Les caractères communs qui 
uniirent & raffembient ces quatre fa- 
jTiilles 5 font la longueur du cou , la rec- 
titude du bec qui eft droit, pointu & 
dentelé aux bords de fa partie fupé- 
Xieure vers la pointe , la longueur des 
ailes , qui , lorfqu'ellcs font pliées , re- 
couvrent la queue *, la hauteur du tarfô 
& de la partie nue de la jambe , la 
grande longueur des doigts , dont celui 
du milieu a Tongle dentelé, & la pofitiou 
^ngulière de celui de derrière qui s'arti- 
cule à coth du talon, près du doigt inté- 



(a) Ariece apud Hehetlos ab a niant, propter mîuI^ 
los 6* magnes flupios cf lacus pi/cofis, Gefner. 

( xj ' oyag;e hiflorique de i'Eujope ; Parkj, 
1653, touK K.£a^s 7 3* 



des Hérons^ 8 i 

rieur-, enfin la peau nue, verJâtre qui 
s'étend du bec aux yeux dans tous ces 
oifeaux -, joignez à cts conformités phy- 
fiques, celles des habitudes naturelles 
qui font à peu-près les mêmes , car tous 
ces ©ifeaux font également habitans des 
marais & de la rive des eaux \ tous 
font patiens par inftind, affez lourds 
dans leurs mouvemens, & triftes dans 
leur maintien. 

Les traits particuliers de la famille 
des hérons , dans laquelle nous compre- 
nons les aigrettes , font ^ le cou exceflî- 
vement long^ très-grêle & garni au bas 
de plumes pendantes & effilées ^ ie corps 
étroit, éflanqué, & dans la plupart des 
cfpèces 5 élevé fur de hautes échafïes. 

Les butors font plus épais de corps ^^ 
moins hauts fur jambes que le héron ; 
lis ont le cou plus court , & fi garni de 
plumes, quil paroît très-gros en compa- 
raifon de celui du héron. 

Les bihoreaux ne font pas fi gfrands 
que les butors-, leur cou eft pks court 5. 
les deux ou trois longs brins implantés 
dans la nuque du cou les diftui(7uent 
des trois autres familles *, lar partie 



s 2 Hiftoire Naturelle 

fupérieure de leur bec eft légèremenf 
arquée. 

Les crabîcrs , qu'on pourroit nommer 
petits hérons^ forment une famille fu- 
bakerne , qui n'eft , pour ainfi dire , que 
îa répétition en diminutif de celle des 
hérons (y) \ aucun des crabiers n'eft auffi 
grand que le héron-aigrette y qui eft des 
trois quarts plus petit que le héron com- 
mun 5 & le blongios qui n'eft pas plus gros 
qu'un rafle , termine la nombreufe uiite 
d'efpèces de ce genre, plus variée qu'au- 
cune autre pour la proportion de la gran- 
deur & des formes. 



(y) C'eft avec toute raifon qu'Àîdrovande {es 
a appelés aideoi minores.. Avi. tome 111 y page 397,. 




Tarrv.JCIFr 



JPl. T^pa^ . Si 




LE HERO^. 



des Hérons. 



^ LE HÉRON BLANC (i). 

Seconde efpèce. 

Comme les efpèccs des hérons font 
nombreufes , nous féparerèns celle de 
TcUîcien contïneiit, qui font au nombre 



^ Voyei îes planches enîuminées, /;.<^ 886. 

(l) En Grec, Ef»c^^èç Ac-yxcç, Asz;;tîp&jJ';cç ; en La- 
rÎH , leucus , ardea alba, albavdeola; en Itaiien , gar^a 
ou garictra hiauca; en Allemand, %peij]er regar ; eiï 
AngloiSj white-àâwn , white gauldîng. 

Héron blanc. Bélon, Nat. des Oi féaux , pag. 191 
— Ardda alba. Gefner, Jvi, page 213. Idem , ■ /co//.- 
Jvi, page 118. — Aidrovande, Avi. tome 111^ 
page 389. — JonPion , Avi, tab. 51 , mauTaiiV 
iîgiire empruntée de Gefner. — Ardea alba major 
Wiilugbby, OvuithoL page 205. — Ray, Synopf 
Avu page 99, n.^' a, 4. — MariigL Daimb. toTne V 
page 12, tab. 4. — Klein, Avi. page 122, m^ 2; 
■ — Charleton, £.rercû. page 109, b.^ 2. Idem ^ 
Onomait. page 103 , n.^ 2. — Ardea candlda, 
Schwenchfeld, Avi. Silef. page 224. — Ardea alba 
major criftâ caniis. Rzaczynski, AM6tuar. Hlfl. JsJaU 
FoLon. page 364. — The great white hewih- Biito. 
Zoology y page 117. — Der wijjl feiger, FrifGh ^ 
22.^' divif. fedt. i, pL 11. — Ardea \aplu Uvi ^. 
i^rmr&Mo, rofirQ-rul^ro, , . , A^dca alba.L'mnscu^.^ 



84 Hijioire Naturelle 

de fept, de celles du nouveau Monde i 
dont nous en connoiiîbiîs déjà dix*, la 
première de ces efpèces de notre conti- 
nent, eft le héron commun que nous 
venons de décrire *, & la féconde eft 
celle du héron blaioc, qu'Ariftote a indi- 
qué par le furnom de Leucos x q^^i dclî- 
gne en effet fa couleur -, il eft auffi grand 
que le héron gris, & même il a les 
|ambes encore plus hautes *, mais ils man- 
quent de panaches , & c'eft mal-à-propos 
que quelques Nomenclateurs l'ont con- 
fondu avec l'aigrette (a): tout fon plu- 

Syf, Nat. éd. X, Gen. 76, Sp. 17. — Jrdea alba. 
ioTa, capite Lcui. Idem, Fauna Suec. n.^ 132. — 
jîltatl feu ardea candens, Fernandez , Mlfé. rwp»~ 
JELifp^ page 14, cap. v. — Guiratiu^a Braplkvfihus. 
IVIaregrave, Bifl, Nat. BrafiL page 210. —• Ray^ 
Sympf JvL page loi , n.^ 37; & page 1895. 
21.° i. — Jor.fton, Avi. pag. 144 &*i5o. •— Wii- 
lughby , Qrnithol. page 210. — Guirawiga. de 
itaè't. iVo^. orb. page 575. — Ardea alba maximn. 
Sloane, J^mazc. page' 3145 ia.° 2. — Jrdea alba- 
major. Browne, Nat. hifl. of Jamaïc. page 478. ' — ■ 
j^deu in toto corpore alba ; /patio roflrum inter &* 
(è,cuLos nudo viridi : roftro croceo flai^icaute ; pedibiis Jii- 
gris. ► . . Ardea eaiidida. Briffbn ^ OrtùtheL tome V ^ 
page 428".. 

(drj H Le grand feéroîiJDl«uic.j que les Vénitiens^ 



des Hérons^ 8 5 

mage eft blanc , le htc eft jaune & les 
pieds font noirs. Turner femble dire 
qu'on a vu le héron blanc s'accoupler 
avec le héron gris (b); mais Bélon dit 
feulement, ce qui eft plus vraifemblable, 
que les deux efpèces fe hantent & font 
amies jufqu'à partager quelquefois la 
même aire pour y élever en commun 
ïeurs petits (cj : il paroît donc qu'Arif- 
tote n'étoit pas bien informé lorfqu'ii a 
écfit que le héron blanc mettoit plus 
d'art à conftruire fon nid que le héroix 
gris (dX 

M. Brîjflbn donne une defcrîption du: 
héron blanc 5 à laquelle on doit ajouter 
que la peau nue autour des yeux n'efr 
pas toute verte, mais mêlée de jaune fur 
îesbords, que l'iris eft d'un jaune-citrcni, 



Homment garidy & les François aigrette, » Eifloire' 
(ks Oi féaux de Salerue , page 3 II. Voye^ ci-aDrè§-; 
i'articie de V aigrette. 

(h) Apud Mdrov. tome III, page 39. 

(c) Nat. des Oifeaux, page 192. 

(d) LeucQs. . . . nidum pdckrh firuLt. Hife. 



8^ Hifloire Naturelle 

que les Guiffes font verdâtres dans leur 
partie nue (^e). 

On voit beaucoup de hérons blancs 
fur les côtes de Bretagne ffjj & cepen- 
dant l'efpèce en eft fort rare en Angle- 
terre ( gjj queiqu'affez commune dans 
îe Nord jufqu*en Scanie ( hj; elle paroît 
feulement moins nombreufe que celle 
du héron gris fijj^ fans être moins ré- 
pandue 3 puifqu'on Ta trouvé à la nouvelle 
Zélande (kjj au Japon { Ij ^ aux Phi- 



fej Extrait d\uie iettre de M. îe Doâeur Her- 
inann à M. de Montbeilîard , datée de Strasbourg 
îe 22 feptembre 1774. 

CfJ ^0Vc7 Béion, Nat des Oi féaux. 

fgj Brit. Zoolog. page 105. 

(/ij Fauna Suecica, 

(l) Ardea candida .... rarius occiinit. SchwencÈ- 
Mà., page 225. 

( k) it On tua un héron bîanc (h h nouvelle 
7> Zélande), qui refiembloit exadement k celui 
?î qu'on voit encore, ou qu'on voyoit autrefois en^ 
Angleterre. >? Cook , fecaid Voyage, tome I s, 
j?age 190. Dans h langue des îles de la Société, le 
îîom du héron blanc efi tià-pappa. 

(l) On Ty ïïomm Q fiiro'figgi , fuivant Kœjnp* 
fer^ Bij% Ndt. du Jajjon, tome I^ page 1x2^ 



des Hùom. 87 

ïîppînes (m) j à Madagafcar (n):^ au 
Bréfîl où il fe nomme guiradnga fojj 8c 
au Mexique fous ie nom à' aT^tad ( p ). 



(m) ArdeGÏcs fpedes caiidiàijjlma Talabong, L//:^- 
nhnfibïiSy François €ameî , de Apihns Pàilqjvifi^ 
Tranfjiâ:. philof. numb. 2S5, 

(nj Le nom de héron blanc en langue Madé- 
gaiïe, efl: vahon vahon-foudii. Flacourî , Voyage à 
Mada^. Paris , 1661^ page 165. 

foj Hifl. Nat, Brafil, page 210. De Laet décric 
!e guiratinga en ces termes, qui dépeignent par- 
faitement le héron blanc : Ducit, agmen giÙTatin^a» 
in ter aves qn<z in mari i>i&itant jgrui maguitudiiie par, 
plaviis caudîd:s , roflro p^olixo atque acnto , crocet 
coloris j cruribus oblorigis , è rubro fub-flapis , collant 
veflitur plumis tam fubtilibus & elegantibus y ut cum 
fihrutionis plumis certent, Nov. oib. page 575. 

fpj .Aitatl,fea ardea cande.uSy ardea uojlrati aut 
eadem , aut forma Â^ magnitudine proxima ; univerfî- 
corporis petiuce ini^ca , molliffun<£ , ac miriim in modum 
pexce & compo/ita ; roflrum hngum & palkns, ac vi- 
rent juxta exortmn ; crnraprolixa nigragiie.FQïXimdî^Z p 
Mi fi* Aî^i* îm\ Hifp. cap. v , page i^. 



•^i^ 



8 8 Eifioire Naturelle 



LE HÉ MON NOIR (q). 

Troijicme efpèce. 

ScnwENCKFELD ferait le feul des 
Naturaliftcs qui auroit fait mention de 
ce héron , fi les auteurs ds TOrnitholo- 
gie italienne , ne parloient pas auffi d'un 
héron de mer qu'ils difent être noir (r)^ 
celui de Schv/enckfeld quil a vu en 
Silélîe, c'eft-à-dire loin delamer^pour- 
roit donc ne pas être îe même que celui 
des Ornithoîogîftcs italiens. Au refte , 
il eft auffi grand que notre héron gris 5 
tout fon plumage eft noirâtre , avec un 



( q ) Ardea nigra. Schwenckfeld , At;L Silef, 
page 224. — Klein, JpL page 123 , n.o 3. — ^r- 
dea nigricans ; te&ricihns alarum fuperiorihus cinereO" 
earulejcenrièus ; re&ricibus nigricantibus ; roflro pcêi* 
bufqiic nigris. . . . Ârdca nignu Brili©!!, Ornii/ioL 
tome V, page 439. 

{" r / Ornithologie de Florence , //.*^ 458. Au 
refte, Ai drovande nous avertit qu'on donne vul- 
gairement en ït'iie le nom de héion noir au coui> 
Êa vert, /^ej'q Aldrovaudep tome III^i>agc 422^ 



des Hérons. 89 

reflet de bleu fur les ailes •, il paroît que 
Tefpèce en eft rare en Siléfle (f) : ce- 
pendant on doit prélumer qu'elle eft plus 
commune ailleurs 5 & que cet oileau fré- 
quente les mers, car il paroît le trouver à 
Madagafcar, 011 il a un nom propre ( t ) ; 
mais on ne doit pas rapporter à cette 
efpèce 5 comme Ta fait M. Klein , Vardea 
cœruleo^nigra de Sioane , qui eft le cra- 
bier de Labat, qui eft beaucoup plus 
petit, & qui par confiquent doit être 
placé parmi les plus petits hérons que nous 
appelerons crahiers. 

(f) ^'^ P^g^ Gufmaufdorff territoni Hishtrgenps» 
y'ifa. /tvL Silef. page 223. 

(t) yahm-vahon-maiinchL Flaccourt 5 Voyage; 
Paris, 1661^ pa^Q 16 g. 




5)0 lîijîoin Natiirelle 



^ LE HÉRON POURPRÉ. 

Quatrïcme efpcce. 

JLe héron pourpré du Danube donné 
par Marfigli (u) ^ & le héron pourpré 
huppé de nos planches enluminées 5 nous 
paroiflent devoir fe rapporter à une 
feule & même efpèce-, la huppe, comme 
l'on fait 5 eft Tattribut du mâle , & les 
petites différences, qui fe trouvent dans 
les couleurs entre ces deux hérons, peu- 
vent de même fe rapporter au fexe ou à 
Tâge*, quant à la grandeur clîe eft la 
même, car bien que M. Briiîon donne 
fon héron pourpré huppé (^) :y comme 

^ VoytX les planches enîuminées, w.^ 788, fouî 
la dénomination de Héron pourpré, huppé, 

(u) Ardca clnerea flavefcens , iiomfjjecies. MarfigL 
Damib. tome V, page 20, avec une figure peu 
exade, tab. 8. — Kiein, Jvi. page 124, n." 22. 
— Arha purpurafcais. Briffbn , OrnithoL tome V, 
page 420. 

fx) Ardea criflata purpnrafiens. Brlilbn, OrnithoL 
tome Vj page 424. 



des Hérons. 9 j 

beaucoup moins gros que le héron pour- 
pré de Mariigli, les dimen(ions dans le 
détail, fe trouvent être à très-peu-près 
égales, & tous deux font de ia grandeur 
du héron gris, le cou, Teftomac & une 
partie du dos, font d'un heau roux- 
pourpré, de longues plumes effilées de 
cette même belle couleur , partent 
dQ^ cotes du dos & s'étendent juf- 
qu'au bout des ailes en retombant fur 
la queue, 

^ LE HÉRON VIOLET. 

Cinquième efpèce. 

Ce Héron nous a été envoyé de îa cote 
de Coromandel , il a tout le corps d'un 
bleuâtre très - foncé , teint de violet , le 
deffijs de la tête eft de la même couleur > 
aînfi que le bas du cou, dont le refte 
eft blanc -, il eft plus petit que le héron 
gris , & n'a au plus que trente pouces de 
longueur, 

— " ■ '■ n , I 1.1,1 , II. I . . ITM ^ 

^ Voyei\z% planches enluminées ^ uP goô.. 



p z Hijiôire Naturelle 



LA GARZETTE BLANCHE. 

Sixième efpcce. 

AldrovAnde défîgîie ce héron blanc i 
plus petit que le premier, par les noms 
dQ gar-^etta & de gar\a bïanca (y)^ 
en le dillinguant nettement de l'aigrette, 
qu'il a auparavant très-bien caraâérifée : 
cependant M. Briffon les a confondues, 
d: il rapporte, dans fa nomenclature, la 
gar\a bianca d'Aîdrovande à Targrette , 
& ne donne à fa place, fous le titre de 
petit héron blanc (\)y qu'une petite 
efpcce à plumage blanc teint de jaunâtre 
fur la tête & la poitrine (a) ^ qui paroît 
n'être qu'une variété dans l'efpèce de la 
garzette , ou plutôt !a garzettc elle-même > 
mais jeune & avec un refte de fa livrée, 
comme Aldrovande l'indique par les 



(y) Avi, tome III, page 303. 

(l) Vingtième efpèce de Brifîbn. 

(a) Ardea minor alla , vmÎQt crooeo* Aldrovande^ 



des Hérons. $5 

Câra€feères qu il lui donne ( b ). Au refte^ 
ctt oifeau adulte eft tout blanc excepté ie 
hQc & les pieds qui font noirs ; il ell 
bien plus petit que îe grand héron bîanc, 
n'ayant pas deux pieds de longueur. 
Oppien paroît avoir connu cette ef- 
pèce (c). Klein & Linnaeus n'en font 
pas mention, & probablement elle ne fc 
trouve pas dans le Nord. Cependant le 
héron blanc dont parle Rzaczynsici que 
l'on voit en Prufîë, & qui a le htc & 
les pieds jaunâtres (d) ^ paroît être une 
variété de cette efpèce 5 car, dans le grand 
héron blanc, le bec & les pieds f©nt 
conflamment noirs, d'autant plus qu'en 
France même, cette petite efpèce de 
garzette, efl fu jette à d'autres variétés. 
M. Hébert nous aflure avoir tué en Brie, 
au mois d'avril, un de ces petits hérons 
blancs, pas plus gros de corps qbâ'un 
pigeon de volière , qui avoit les pieds 

(b) Corps moins grand, plus ramaiTé; bec touC 
jaune, &c. 

(c) Ardz(£. qiKzàam paruiz 6* albafunu Exçutic. ^ 
(i) Anàiiar. page 365= 



94 HiJIoire NatureHe 

verts, avec récaille lifle & fine, au îieu 
que les autres hérons ont communément 
cette écaille des pieds d un grain groffier 
& farineux (e). 



(t) u J'ai revu, en 1757 , trois de ces mêmes 
M hérons fur les bords du lac de Nantua , par un 
» froid exceffif; ils y parurent pendant une huitaine 
»9 de jours, jufqu^à ce que le lac geiât par Pexcès 
du froid, >> JSou communiquée par M, Hékru 




des Hérons. 95 

"" VA I GRE T TE (f). 

Septième efplce. 

B i L o N eft le premier qui ait donné 
le nom S^ aigrette à cette petite efpèce de 
héron blanc , & vraifembiablement à caufe 



* VoyiX îes plaïiches enluminées , nP 901. 

(f) Aigrette. Bélon, Nau des Oifèaux,ipc\g. 195, 
avec une mauvaife figure, répétée, Portrait d'oi- 
Jeaux , page 46 b, — Aigrette. Gefner^ >i/i^i.p. 795. 
—- Garietta. idem, ibid. page 214. — Jlrdea alba 
viinor. Aidrovande, Avi, tome III , page 393. ISÎota, 
Aidrovande, après avoir très-bien décrit ici l^ai- 
grette , & l'avoir caraétérifée par les lor.gs brins de 
pennes effilées qui lui chargent le dos, la mécon- 
noît dans ia defeription de Bélon (aîgretta gallorum , 
page 3927 , quoique l'aigrette de Bélen & ia Tienne 
foient exactement le même oifeau. — Ardea aléa 
tninor, Willughby, OrinthoLfàge 205. — Gari^tta 
Aldrovaud'u Idem, ibid. page 206. — Ray, Syiwpf. 
Avïy page 99; XiP 5. — Garietta italonim, JonÇton^ 
Avi. page 104. — Garder ta biaiica, Id. ibid. -— 
Egretta gallorum. Idem , ibid. — Ardea alba. minor. 
Marligi. Danuh, tome V , avec une figure alfez 
exa(5te,tab. 5. — Ardea alba minor crijlata, Rzac* 
zynski, Audtuar, Miji, Nat. Polon. page 364. — 
Garietta Italorum. Charieton, Exercit. page 110., 



c^6 Hijloir'e Naturelle 

dçs longues plumes foyeufes qu'il porte 
furie dos, parce que ces belles plur*es 
fervent à faire des aigrettes pour embellir 
& relever la coiffure des femmes , le 
cafque des guerriers & le turban des Sul- 
tans -, ces plumes font du plus grand prix 
en Orient -, elles étoient recherchées en 
France , dès le temps de nos preux 
Chevaliers qui s'en faifoient des pana- 
ches. Aujourd'hui , par un ufage plus 
doux 5 elles fervent à orner la tète & 
rehauffer la taille de nos belles \ la flexi- 
bilité 5 la moHeffe , la légèreté de ces 
plumes ondoyantes 5 ajoutent à la grâce 
des mouvemens , Se la plus noble comme 
îa plus piquante des coiffures , ne demande 
qu'une fimple aigrette placée dans de 
beaux cheveux. 

Ces plumes font compofées d'une cote 
très-déliée , d'où partent par paires à 



nP 3. Ommaif. page 103, n.o g. ^ Egretta gai- 
lorum. Idem, Exercii, page, 110, n.^ 4. Onomaxt. 
page 103, n.^ 4. — Ardta crlftata . in toto corpore 
dba;fpam rcftnnn ifiur & ucnlos nudo . viridi ; 
roflro n/gr0 ; pedibiii nigro virtfceutihus. . . . Egretta* 
Brifibn j OrnithoL tome V , page 431. 

petits 



des Hérons. 97 

petits intervalles , des filets très - fins & 
iîuflî doux que la foie , de chaque épaule 
de Toifeau , fort une touffe de ces belles 
l^lumes, qui s'étendent fur le dos & 
jufqu'aU'delà de la queue *, elles font d'un 
blanc de neige , ainfi que toutes les autres 
plumes qui font moins délicates & plus 
fermes : cependant il paroît que Toifeau 
jeune avant fa première mue ^ & peutn 
être plus tard , a du gris ou du brun 8c 
même du noir^ mêlés dans fon plumage. 
Un de ces cifeaux tué par M. Hébert, 
en Bourgogne (g)j avoit tous les carac-^ 
tères de la jeuneffe, & particulièrement 
ces couleurs brunes de la livrée du premier 



Cette efpèce à laquelle on a donné ïc 
nom à' aigrette^ n'en eft pas moins un 
héron 5 mais c'eft l'un des plus petits 5 il 
n'a communément pas deux pieds de 
longueur , adulte 5 il a le bec & les pieds 
noirs , il fe tient de préférence aux bords 
de la mer 5 fur les fables & les vafes : 



(g) A Magny, fur les bords de la Tille , It 
f mai 1778. 

Oifcau^ ^ Tome XIV. E 



9 8 Hijîoire Naturelle 

cependant il perche & niche fur les arbreà 
comme ies autres hérons. 

II paroit que Tefpèce de notre at- 
grette d'Europe fe retrouve en Améri- 
que (^hjj avec une autre efpèce plus 
grande 5 dont nous donnerons îa def- 
cription dans l'article fuivant y il paroît 
suffi que cette même efpèce d'Europe 
s'eft répandue dans tous les climats & 
jufque dans les îles lointaines ifolées, 
comme aux îles Malouines { îjj & à 



fhj Dutertre, HlJIoire des Antilles, tome II, 
page 777. — « Entre les oifeaux de rivière & 
» d'étangs .... il y a des aigrettes d'une blan- 
» cheur du tout admirable , de la grofîeur d'un 
fi pigeon .... elles font particulièrement recher- 
» chées à caufe de ce précieux bouquet de pfumes 
» fines Se déliées comme de îa foie dont elles font 
>î parées, & qui leur donnent une grâce toute par- 
ticulière, n Hifi. nat, 6* moral, des Antilles ; Rotter- 
dam » jô^S^page 149. — Le P. Charîevoix dit 
qu'il y -a des pêcheurs ou aigrettes à Saint-Domin- 
gue, qui font de vrais hérons peu différens des 
nôtres. Hiftoire de Saint-Domingue ; Paris, 1730, 
tome L 

(i) i< Les aigrettes font aflfez communes ( aux 
» îles Malouines), nous les primes pour des hé- 
» rons, & nous ne connûmes pas d'abord le mérite 



des Hérons. 99 

nie de Bourbon ( k J ', on la trouve 
en Afie , dans les plaines de TAraxes flj^ 
fur les bords de la mer Cafpienne {^my>^ 
& à Siam ( njj au Sénégal & à Ma- 



de îeurs plumes. Ces animaux commencent leur a 
pèche au déclin du jour ; iis aboieiit de temps *< 
à autre , de manière à faire croire que ce font « 
de ces loups-renards dont nous avons parlé ci- a 
devant. >> Voyage autour du monde, par M. de Boa^ 
galiwille, tome I, in-^.^ page 125* 

fkj Voyage de François Léguât ; Amjlerdam, 
1708, tome Tapage ^^. 

(l) Voyage de Tournefort, tome Il^pa^e 353. 
(m) Le héron & Paigrette font communs autour 
de la mer Cafpienne & de la mer d^Azow ; les 
Ruifes & les Tartares connoiHent & eftiment ces 
oîfeaux à précieux panaches; les premiers ies noni- 
ment t.fchapla-bdava, & les féconds ak ■ koutati. 
Difcours fur le commerce de Rulfie, par M. Gui- 
denftaed, page 22. 

(nj " Rien n'eft plus agréable à voir que le 
grand nombre d'aigrettes dont les arbres font <« 
couverts (à Siam); il femble de loin qu'elles u 
en foient les fleurs : le mélange du blanc des u 
aigrettes & du vert des feuilles fait le plus bel u 
effet du monde. L'aigrette eft un oifeau de la-« 
figure dvi héron, mais beaucoup plus petit ; fa " 
taille ell fine, fon plumage beau & plus blanc " 
que la neige ; il a des aigrettes fur la tête , fur " 
le dos & fous le ventre ^ qui font îli principale'" 

El). 



lôô Hifoire Naturelle 

dagafcar (^ o J j où on l'appelle lang^ 
houron (p)\ niais pour les aigrettes 
noires, grifes & pourprées que les voya- 
geurs Flaccourt & Gauche (ci)^ placent 
dans cette même ile, on peut les rap- 
porter avec beaucoup de vraifemblance , 
à quelqu'une des efpèces précédentes de 
hérons, auxquels le panache dont leur 
tête eft ornée, aura fait donner impro- 
prement le nom ^aigrette. 



beauté, & quiie rendent extraordinaire. »> Dtwïzr 
Voyage de Siam, par le P, Tachard ; Paris, l686, 
fage 201. 

(oj « On trouve le long de h rivière (de la 
»> Gambia) le héron nain, que les François nom- 
>5 ment V aigrette; W relTemble aux hérons com- 
»> muns, à l'exception du bec & des jambes qui 
» font tout-k fait noirs, & du pîumage qui eft blanc 
>j fans mélange ; ii a fur les ailes & fur le dos une 
f> forte de plumes fines, longues de douze à quinze 
» pouces , qui s'appellent aigrettes en François ; 
» elles font fort eftimées des Turcs & des Perfans , 
qui s^en fervent pour orner leurs turbans. » Hiftoire 
générale des Foyages, tome II I y page 305. 

(p) Flaccourt , J^oyage à Madagajcar ; Paris , 
lôél^page 165. 

fqj Voyex auffi Rennefort, tomt VIIÎ de VHîf- 
tofrc générale des Voyages , pags 604. 



Toni.XlK 



PI. IT,L>CL^ . lOO 





lWiorktte 



des He'rons. loi 

HÉRONS 
DU NOUrEAU CONTINENT, 

* LA GRANDE AIGRETTE. 

Première efpèce. 

Toutes les espèces précédentes de hé- 
rons font de Tancien continent , toutes 
celles qui fuivent appartiennent au nou- 
veau : elles font très-nombreufes en indi- 
vidus 5 dans ces régions où les eaux qui 
ne font point contraintes fe répandent 
fur de vailes efpaccs , & où toutes les 
terres baffes font noyées , la grande ai- 
grette eft fans contredit la plus belle de 
ces efpèces , & ne fe trouve pas en Eu- 
rope 5 elle reffemble à notre aigrette 
par le beau blanc de fon plumage , fans 
mélange d'aucune autre couleur, & elle 
Qit du double plus grande , & par çonfé- 



Voyei les planches enluminées, n,"^ 925.. 
É ir^ 



10 2 Mificire Naturelle 

quent fon niaguifique parement de plumes 
foyeufes eft d'autant plus riche & plus 
volumineux \ elle a , comme Taigrette 
d'Europe , îe bec & les pieds noirs : à 
Cayenne, elle niche fur les petites îles 
qui font dans les grandes favanes noyées *, 
eiîe ne fréquente pas les bords de la mer 
ni les eaux falées, mais fe tient habituel- 
lement fur les eaux ftagnantes & fur les 
rivières, où elle s'abrite dans les Joncs; 
Tefpèce en eft aflez commune à la Guyane , 
mais ces grands & beaux oifeaux ne 
Vont pas en troupes comme les petites 
aigrettes ; ils font auffi plus farouches , fe 
ïarflent moins approcher, & fe perchent 
rarement. On en voit à Saint-Domingue, 
où, dans la faifon sèche , ils fréquentent les 
maraïs & les étangs : enfin il paroît que 
cette efpèce n'eft pas confinée aux cli- 
mats les plus chauds de l'Amérique, car 
nous en avons reçu quelques individus 
qui nous ont été envoyés de la Louifiane. 






des Aigrettes. ïO| 

^ L'AIGRETTE ROUSSE. 

Seconde efpcce. 

Cette Aigrette, avec le corps d'un 
gris Hoîrâtre, a ies panaches du dos & 
les plumes effilées du cou d'un roux de 
rouille -, elle fe trouve à la Louiiiane , & 
na pas tout-à-fait deux pieds de longueur. 



*^ LA DE MI ^ AIGRETTE. 

Troijîème efpèce. 

iN ous DONNONS ce nom au héron bleuâ- 
tre à ventre blanc de Cayenne _, de nos 
planches enluminées, pour défigner un 
caradère qui femble faire la nuance des 
aigrettes aux hérons : en efFet, celui-ci 
n'a pas, comme les aigrettes , un panache 



^ Voytx les planches enluminées , w.o 902. 
** Voy^i ies planches enluminées ,«. q 2^0. 

Vf . 



X04 Hijîoire Naturelle 

furie dos auflî étendu, auflî fourni; 
mais feulement un faîfceau de brins effi- 
lés qui lui dépaffent la queue , & repré- 
fente en petit les touft'es de l'aigrette > 
CCS brins que n'ont pas les autres héron» 
font de couleur rouffe , cet oifeau n'a 
pas deux pieds de longueur , le deffus 
du corps 5 le cou & la tête font d'un 
bleuâtre foncé , & le dcfîbus du corg^ 
eft blanc» 




des Aigrettes. 105 



LE S O C O ( a). 

Quatrième ejj)èce. 

S o c o ^ fuîvant Pifon , efl: le nom gé- 
nérique des hérons au Bréfil : nous 
l'appliquons à cette grande Se belle ef- 
pèce dont Marcgrave fait fon fécond 
héron 5 & qui fe trouve également à îa 



(a) Çocol Brafdienfihus, Marcgrave , Hlfl, Na^ 
Braf. pag. 209, avec une mamvaife figure, pàg. 210. 
— Vv'iflughby, OrnithoL page 209. — R-^^y, 
Synopf Jvi. "p-àge 100, n.'' 15. — jonfloii, ApI, 
page 143. — Çocoi fecundits. Pifon , Hifl. Nau 
page 89. — Wiliughby, Jonfton ^ Fifon copient 
îa figure de Marcgrave, — Second crahkr, Duter- 
tre, Hiftoire des Jn tilles, tome II, page 273, 
avec une figure peu exade, page 246, n.^ ig. — 
Héron hlm. Aibin, tome Ili, page gs, avec une 
figure mai coloriée, pL 79. — Ardea cnfîata , 
iilutè cinerea ; cap i te fnperiore in medio cinerzo , ai 
lattra nigro y criftâ cimfeâ ; collo albo , inferius maciilis 
longitudinalihus nigro - cinereis vario ; pennis in colll 
in ferions imâ parte ftriStijJimis , longijjlmis , candidis ; 
reBricibus dilutè cinereis ; roflro flavo virtfcentc ; pedl- 
kns cinereis, . . . Ardea Cayaneujis crijïata, Brifforij 
OrnitlioL tome V , page 400, 

E y 



10 6' MWoire Naturelle 
»/ 

Guyane & ai-x Antilles comme au Bréfîl ; 
il égale en gra.idfa>r notre héron gris > 
il efl huppé -, les plumes fines & pendantes 
qui forment fa huppe, & dont quelques- 
unes ont lix pouces de long , font d'un 
joli cendré , fuivant Dutertre , les vieux 
mâles feuls portent ce bouquet de plu- 
Rjes 5 celles qui pendent au bas du cou 
C|>nt; blanches & également délicates, 
douces & flexibles ', Ton peut de même 
en faire des panaches , celles des épaules 
& du manteau font d'un gris cendré-ar- 
doifé. Pifon, en remarquant que cet oi- 
feau eft ordinairement aflez maigre, 
affure néanmoins qu'il prend de la 
graiffe dans la faifon des pluies. Dutertre 
qui l'appelle crabier^ fuivant l'ufage des 
îles où ce nom fe donne aux hérons, 
dit qu'il n'eft pas aufïi commun que les 
autres hérons , mais que fa chair eft auiïi 
bonne, c'eft-à-dire , pas plus mauvaife. 



^^ 



des aigrettes. 107 
^ LE HÉRON BLANC 

A CALOTTE NOIRE. 

Cinquième efpcce. 

Ce Héron, qui fe trouve à Cajennej 
a^tout le plumage blanc, à rexception 
d'une calotte noire (iir le fommet de la 
tête 5 qui porte un panache de cinq ou 
iîx brins blancs , il n'a guère que deux 
pieds de longueur , ii habite le haut des 
rivières à la Guyane &ileftaiî'ezrare(^^^. 
Nous lui joindrons le héron blanc du 
Bréfil (c)^ la différence de grandeur 
pouvant n'être qu'une différence indivi- 



^ Voytx les pîanches enluminées , //.^ 907 , fous 
îe nom de Héron liane huppé de Cayenne. 

(b) Remarques de M.^s de ia Borde & Sonîni 
fur les oifeaux de ia Guyane. 

(c) Jlia arde^e fpecies. Marcgrave , page 220, 
— Ardea Brafilienjis candida. BrilTon, OruithoL 
tome V, page 434, 

E v) 



io8 Hi/ïoin Natardie 

duelle, la plaque noîre, ainiî que la' 
huppe, pouvant n'appartenir qu'au mâle j^ 
& former fon attribut diftindif , comme 
nous Tavons déjà remarqué pour la 
huppe 5 dans la plupart des autres efpèces 
de hérons, 

y»«^- I ■ ■li i — wii w iii i wiiii iii i [iii i wiiiiii n. iMi iMB ii M i mi i i i i i i ii ir i I I II tm 

IWr m iMi,, I. , .. Il » , iii . i. n f i .i,ii - M l iiiiiÉ a i ^ ■ ■ H . i.^ inii i ii.iii i .. nw ». - M l u ^ . i .iii — h 

* LE HÉRON BP^UN. 

Sixième efpèce. 

Il est plus grand que le précédent; 
& cotnme lui naturel à la Guyane. Il a 
tout le deffus du corps d'un brun-noirâtre , 
dont ia teinte eft plus foncée fur la 
tètt:, 8c paroît ombrée de bleuâtre fur 
les ailes *, le devant du cou eft blanc , 
chargé de taches en pinceaux bru- 
nâtres 5 le deffous du corps eft d'un blanc 
pur. 

* " ' " ' " ' " ■■ " '■'■■■III iiii im iw i i>ii>i w Éi I I n ii m ii »w i m 

'''^ Foyei les planches enluminées ^ //,^ 85S, 



des Aigrettes. 109 



"^ LE HÉRON AGAMI. 

Septième efpèce* 

Nous IGNORONS fur qucIIc analogie 
peut être fondée la dénomination de 
héron agami y fur laquelle cette efpcœ 
nous a été envoyée de Cayenne , fi ce 
n eil: fur le rapport des longues plumes 
qui couvrent la queue de l'agami en 
dépafTant les pennes 5 avec de longues 
plumes tombantes , qui recouvrent & 
dépaiTent ^e même la queue de ce héron , 
en quoi il a du rapport aux aigrettes ; 
CQS plumes font d'un bleu clair, celles 
des ailes & du dos , font d'un gros bleu 
foncé-, le deflous du corps eft roux^ le 
cou eft de cette même couleur en devant', 
mais il eft bleuâtre au bas & gros bleu 
en defTus, la tête eft noire, avec locciput 
bleuâtre, d'où pendent de longs filets 
noirs. 

^ Feyq les pîanches enluminées , u,^ 859» 



1 1 o Hifioire Naturelle 

L'H O C T I (d). 

Huitième efpcce. 

NiEREMBERG interprète le nom Mexicain 
cfe cet oifeau hoaclli ou toloacllij par 
avis (îcca j oifeau (ce ou maigre , ce qui 
convient fort bien à un héron*, celui-ci 
eft de moitié moins grand que le héron 
commun. Sa tête eft couverte de plumes 
noires, qui s'alongent fur la nuque en 



(d) Avis ficca, Nieremberg , page 222 (mas). 
HoaEton, Idem, page 225 (faemina). — Hoadtli , 
feu toba&li , id efi Avis Jicca, Fevnan<Iez, Hifl. iiov. 
Hifp. page 26, cap. 52 (mas), hoaSton jkmina. 
Idem, page 13, cap. I. — Wiilughby, OrnithoL 
page 300 & 302. — Ray , Synopf. Avi. page 179 , 
n.^ 8. — Jonfton, Avi. page 128. — Ardza crif- 
îata, Jl/periiè fnigro virefcens , mas) (fufca alho va- 
ria, faemina) infernè alla ffnjco variegata , faemina) ; 
vertice &' criftâ nigris ; taenia ab oculo ad oculum , 6* 
eollo caudidis ; alis fuperiiè cinereo-virefcentihiis ; rec- 
tricibus cinereis ; rojîro fupernè &* infernè vigro , ad 
latera flavefiente ; pedihus dilaté f lavis. , . . Ardea 
Mexicana criJJata. BriiTon, OrnithoL tome V, 
page 41 8, 



des Aigrittes. m 

panache , le deffus des ailes & la queue 
font de couleur gnfes> il a fur le dos 
quelques plumes d'un noir luftréde vert, 
tout îe refte du plumage eft blanc. La 
femeîle porte un nom différent de celui 
du mâle (hoaclon fœmina) \ elle en 
diffère en effet par quelques couleurs 
dans le pîumage \ il eft brun fur le corps 
mclangé de quelques plumes blanches, 
& blanc au cou , mêlé de plumes 
brunes. 

Cet oifeau fe trouve fiir ïe lac de 
Mexique^ il niche dans les joncs, & a 
la voix forte & grave , ce qui femble le 
rapprocher du butor: les Efpagnols lui 
donnent mal-à-propos le nom de marti^ 
nete pefcador , car il eft très-différent du 
inartin-pèchcur. 




I r 2 Hijloire Naturelle 

LE H O H O U (e). 

Neuvième efpèce. 

C'est encore par contradion du mot 
xoxouquihoaclli y & qui fe prononce 
hohouquihoaàli j que nous avons formé le 
nom de cet oifeau avec d'autant plus 
de raifon, que hohou eft fon cri, Fcr- 
nandez^quinoug donne cette indication , 
ajoute que c'eft un héron d'affez petite 
efpèce s fa longueur eft néanmoins de 
deux coudées --i le ventre & le cou font 
cendrés-, le front eft blanc & noir ^ le 
fommet de la tht & l'aigrette à Tocci- 
put , font d'une couleur pourprée , & les 
ailes font variées de gris & de bleuâtre. 
Ce héron eft aflez rare 5 on le voit de 
temps en temps fur le lac de Mexique , 
où il paroît venir des régions plus 
feptentrionales. 

(e) Xoxouquihoa&l'u Fernandez, Hijl, Avi. nov. 
Hi/p> page 14, répété, page 40. — Ray, Synoj)/is 
AviiiMy page 102, n.'^ 21. — Ardea criflata, cine- 
reayfronte alho 6* iii^TO varia; capite fuperiore^ criflà 
purpurafceutibus ; dis albo , cinereo Ù cyqneo variis ; 
Tedtricibus cinereis ; rojiro nigro ; pcdlbus fufco , iiï^ 
gro , 8* flai-eficnte variegads. . . . .Ardea Mcxicana 
ciiiena* BrifTon ^ OriiiîkoL tome V j page 404, 



des Aigrettes. 1 1 3 

LE GRAND HÉRON 

D^A M É R J QU E (f)* 

Dixième efpèce. 

Dans le genre àts oifeaux de maré- 
cages, c'eft au nouveau Monde qu'ap- 
partiennent les plus grandes comme les 
plus nombreufes efpèces. Catefby a 
trouvé en Virginie celle du grand héron ^ 
que cette dénomination caraftérife affezj 
puifqu'il eft le plus grand de tous les 



{ f) Largtfl crefled héron, Catesby, Carolin. ap^ 
^é//^. page 10, avec une figure de la tête & du 
cou , planche lo, figure i. — Ardea criflaui Jineri- 
ça/ia. Kiein, Ai^i. page 125, n." 4. — Ardea occi- 
jfite criftato , dorjb cincreo y femorihus rufis , pe&ore 
maculis oblongls tiigris. . . . Herodias, Liiinaeus , 
Syft. nat, éd. X, Gen. 76, Sp. 11. — Jrdea crlf- 
tata,fnfca; collo inferlore & pe&ore riifefcanibus y 
maculis longitudinallbus fiifcis variis ; remigibus iiigris ; 
rc&ricibus fiifcis ; rojlro fupernè &' infernè fufco, ai 
hâtera fufco-jlapicante , yedibus fufcis, . . . Ardea 
Virgiiiiana criftata. Brifibn , OrnitàoL tome V^ 
page 416. 



1 14 Hijîoire Naturelle 

hérons connus -, il a près de quatre pîeds 
& demi de hauteur lorfqu'îl eft debout, 
& preique cinq pieds du bec aux ongles', 
fon bec a fept ou huit pouces de lon- 
gueur-, tout fon plumage eft brun, hors 
les grandes pennes de Taile qui font 
noires *, il porte une huppe de pîume^i 
brunes effilées: il vit non- feulement de 
poiflbns & de grenouilles , mais auffi de 
grands & de petits lézards. 




des Aigrettes. 1 1 $ 

LE HÉRON 

DE LA BAIE n^HuDSOI^ (g). 

Onzième efpèce. 

Ce Héron eft audi très-grand s il a près 
de quatre pieds du bec aux ongles \ une 
belle huppe d'un brun- noir, jetée en 
arrière , lui ombrage la tête , fon plumage 
eft d'un brun-clair fur le cou , plus foncé 
fur le dos , & plus brun encore fur les 
ailes: les épaules & les cuiiTes font d'un 
brun-rougeâtre , Teftomac eft blanc ainiî 
que les grandes plumes qui pendent du 



(g) Ash - colour'd héron from north - america. 
Edwards, tome III, page & pî. 135. — 'Ardea crif- 
tara 3 fnpeviîè cinerp.o-fupzefcens , infernè alba; collo in- 
feriore & pe&ore maculis lougltadinalibus nigris 3 ru" 
fefcente mixtis , uariis ; capire fuperlore Ef crijîâ ni- 
gris; collo fuperîorc fufc.o , colore faturadore tranfi^er' 
Jîm ftriato ; peiinis in colli inferioris imâ parte ftrictl(fc- 
mis , longijjlmis ; rcctricibus fufcis ; roftro fuperius ni- 
gro , inferiiè aarando ; pedibiis nigrlcantibus, . . Ardea 
frai Hudfonis, Briffon , OruithoL tome V, pag. 407, 



1 1 6 Hijloire Naturelle. 

devant du cou , lefquelles font marquée^ 
de traits en pinceaux bruns. 

Voilà toutes les efpèces de hérons 
qui nous font connues, car nous n'ad-* 
mettons pas dans ce nombre la huitième 
efpèce décrite par M. Briflon, d'après 
Aldrovande y parce qu'elle eft donnée fur 
un oifeau qui portoit encore la livrée de 
fon premier âge ^ comme Aldrovande en 
avertit lui-même -, nous exclurons auflî 
du genre des hérons la quatrième & la 
vingt-deuxième efpèce de M. BriiTon , qui 
nous paroiiTent devoir être féparées de 
ce genre par des caraétèrestrcs-fenlibles, 
îa première ayant le bec arqué & les 
jambes garnies de plumes Jufque fur le 
genou 5 & la féconde ayant un bec court 
qui la rapproche plutôt du genre des 
grues : enfin nous ne comptons pas la 
i>€uvième efpèce de héron Ju même Au- 
teur 5 parce que nous avons reconnu que 
c eft la femelle du bihoreau. 



^ov# 



117 

LES C RA B I E RS. 

Ces oiseaux font des hérons encore 
plus petits que Taigrette d'Europe, on 
leur a donné le nom de crabiers ^ parce 
qu'il y cri a quelques elpèces qui fe nour- 
rirent de crabes de mer, & prennent 
des écrcviffes dans les rivières. Dampier 
& Wafer en ont v\i au Bréiîl, à Timor, 
à la nouvelle Hollande (aj-^) ils font donc 
répandus dans les deux hémifphères. Bar- 
rère dit que quoique les crabiers des îles 
de l'Amérique prennent des crabes, ils 
mangent aullî du poiflon , & qu ils pèchent 
fur les bords des eaux douces , ainfi que 
les hérons. Nous en connoiffons neuf 
efpèces dans l'ancien continent , & treize 
dans le nouveau. 

Ca) Voyei Dampier, Voyage autour du monde ; 
Rouen, 17 15, tome I V^, pages 66 , 69 6* m ; & 
ie Voyage de Wafer à ia fuite de Dampier^ 
$ome V,page 61. 



1 1 8 Hijîolre Naturelle 



CRABIERS 
DE L'ANCIEN CONTINENT. 

LE CRABIER CAIOT (h). 

Première efpece. 

Aldrovande dit qu'en Italie, dans le 
Boulonois, ©n appelle cet oifeau ^z/^ior ^ 
quaiotta i apparemment par quelque rap- 
port de ce mot à fcn cri , il a le bec 
jaune- & les pieds verts -, il porte fur la 
tête une belle touffe de plumes effilées. 



(h) Ardeafpecies, vul^o fquaiotta. Aldrovande, A vu 
tome III , page 401 , avec une mau\aife figure. — 
Squaiono yî/^ro ^•rt//^i.Willughby, Orjni/ioi.p?g. 207. 
— Squaiotta Jtalorum, Joniton, Avi. page 104.-— 
Charieton, Exercit. page iio, n,^ 6. Idem, Oiio- 
rticiu page 103, n.^ 6. — Ray, Synopf, AvL 
page 99, n.^ 9. — Ardea criftata, caftama, peiinis 
fcapulanbus in eiortu albis ; cri fia in medio albâ, ad 
Iraera nigrâ ; re&ricibus caftancis ; roftro Intco , apicQ 
iîigncaiite;pedibus vindlbus. . . . Cancrofagiis. ErilTon, 
OrnithoL tome V, page j\66. 



des Crahiers. 1 1^ 

blanches au milieu , noires aux deux 
bords -, le haut du corps eft recouvert 
d'un chevelu de ces longues plumes min- 
ces & tombantes, qui forment fur le dos 
de la plupart de ces oifeaux crabiers 
comme un fecon^J manteau , elles (ont 
dans cet-^*^ cfpèce d'une belle couleur 



LE CRABIER POUX (c). 

Seconde efpece. 

Selon Schwenckfeld , ce crabier eft 
rouge ( ardca ruhra ) , ce qui veut dire 
d'un roux-vif, & non pas marron, comme 
traduit M. BrifTon , il eft de la grolTeur 



(q) Aidea ruhra , vulgô fand-reger. rodter-reger, 
Schwenckïeld ^ Ji^i. Sifef pag. 225. — Ardea fu- 
pernà cajîanea , infernà fordidè alba ; tceniâ Inngitudi- 
nali candidâ à gutture ad pen:rem ufqm producîâ ; tac- 
tricïbus alarum fuperionbns ad c<zruUiim vergeudhus ; 
nmigibus nigris , rc&rlcibus caftaneis ; rofiro fiifco ; 
p^dibus vuhns. . . . Cancrofagus cajlaneus, BrilTon, 
OrnithoL tome V , pa^e 468. 



I20 lït/lo ire Naturelle 

d*une corneilie *, fon dos elt roux ( dorfo^ 
r.ubicondo ) ; fon ventre blanchâtre , les 
ailes ont une teinte de bleuâtre , & iems 
grandes pennes font noires. Ce crabier 
eft connu en Siléiîe , & s'y nomme hé- 
'ron rouge ( rodur - reger ) ; il niche fur 
îes grands arbres. 



^g^msmmàm ^3^mi^ ÊB>ém3i^ ^^^^^s^ 



LE CRABIER MARRON (d). 
Trc'cjûme efpèce. 

Après avoir ôté ce nom mal donné 
à refpcce précédente par M. BrilTon, 
nous l'appliquons à celle que le même 



(d) Jrdea héematopus , forû cinis Virgilil Scall- 
gero, Aidrovancîe , jvi, tome 111, page 397, avec 
une mauvaife figure, page 398. •— WHIiighby, 
OrnithoL page 206. — Ray , Syuopf. Av'u page 99, 
n.o 7. — Aràia crijîata ex croceo ad cajîaneum pt^r- 
gens , fupcrnè dilutius , infernè faturatius ; capite fw 
jZTÏOTt y crijlâ lutefceine & nigrô variegatis ; re&ri- 
cibus ex croceo ad cajîaneum vergendbus ; roflro vifidl 
camleo , apice nigro ; pedibus faturatè rubns. . . . 
Çaricrofagus ru fus. Brifibn , Ornlt/wL tome V ^ 
pa^e 469. 

Naturaîifte 



des Crahiers. m 

Watiiralifte appelle rouffe ^ quoîqu' Aldro- 
vande la dife de couleur uniforme , paf- 
fant du jaunâtre au marron *, ex croceo ad 
colorem cajlancétvcrgcns : mais, s'il n'y a 
pas méprife dans ies expreffions , ces 
couleurs font diftribuées contre Tordr- 
naire , étant plus foncées deffous le 
corps & plus claires Tur le dos & les 
ailes (^ej ; les plumes longues & étroites, 
qui recouvrent la tête & flottent fur le 
cou 5 font variées de jaune & de noir $ 
un cercle rouge entoure Tœil qui eft 
jaune*, le bec noir à la pointe, eft vert- 
bleuâtre près de la tète ; les pieds font 
d un rouge foncé -, ce crabier eft fort 
petit, car Aldrovande comptant tous les 
crabiers pour des hérons , dit cœterls ardeis 
ferè omnibus minor eft. Ce même Natu- 
lifte paroît donner comme fimple variété 
le crabier (f):^ dont M. Briffon a fait fa 
trente-fixième efpèce*, ce crabier a les 
pieds jaunes & quelques taches de plus 



(^) Pronè intenfîus , fuperne Ef fuper (dis remif- 
fiîis y page 377 , Un, ultim. 

( f) Ardea cajlanei coloris alia, A/i* tome lll^ 
page 399. 

Oljeaux j *Tomc XIF^ F. 



12 2 Hifioire Naturelle 

que l'autre fur les côtés du cou , du refte 
il lui cft entièrement fembîable ^peromnia 
Jimilis: nous n'héfiterons donc pas à les 
rapporter à une feule & même efpèce , 
mais Aldrovande paroît peu fondé dans 
i application particulière qu'il fait du nom 
de cirrïs à cette efpèce. Scaliger, à la 
vérité 5 prouve affez bien que le cirris de 
Virgile n'eft point Talouette ( galerita) ^ 
comme on l'interprète ordinairement ^ 
mais quelqu efpèce d'oifeau de rivage aux 
pieds rouges j à la tête huppée, & qui 
devient la proie de l'aigle de mer 
( haliœetus ) ; mais cela n'indique pas que 
le cirris foit une efpèce de héron , & 
moins encore cette efpèce particulière de 
crabicr, qui n'eft pas plus huppé que 
d'autres, & Scalrger lui-même applique 
tout ce qu'il dit du cirris à l'aigrette , 
quoiqu'à la vérité avec auiïi peu de cer- 
titude (g). C'eft ainfi que ces difcuf- 
iions érudrtes, faites fans étude de la 
Nature 5 loin de l'éclairer, n'ont fcrviqu'à 
Tobfcurcir. 



(g) V'id, Scalig. comment, iv cirn apud Jldroy, 
tome lllj page 397. 



des Crahlers. i 2 j 

LE GU AC C O (h). 

Quatrième efpccc. 

Vj ' E s T encore ici un petit crabîer 
.connu en Italie , dans les vallées du Bou?- 
ionois, fous ie nom de fguacco. Son dos 
eft d\m jaune rembruni ( ex luteo ferru- 
gineus); les plumes des jambes font 
jaunes 5 celles du ventre blanchiffantes ^ 
îes plumes minces & tombantes de la 
tête & du coa, font variées de jaune, de 
blanc & de noir: ce crabier eft pîu» 
hardi & plus courageux que îes autres 
hérofâs 5 il a les pieds verdâtres , i'iris 
de Tœil jaune , entourée d'un cercle 
noir. 

fh) Ardece genus , quam f^nacco vocant. Aîdro- 
Yande, JvL tome III, page 400, aYec une figure 
peu carawléri'ee. — WiilughJ: y, OruithoL page 206. 
— Ray, Syuopf, page 99 , u," 8. — Ard$a cnjîata, 
fuperuè luteo rufefcens, infernè candkaus y capire, criflâ 
6* côllo latefcznte, olho & iiigro var^egatis ; rziîvkibas 
candicantihus ; roflro luteo ruftfcente ; ptdihus vinp 
ceutibus, . . . Cancrofagus luteus, Briiîbn j OruithoL 
toffîe V, page 472. 

Fil 



114 Ï^U^oire Naturelle 



SBtfSf;STS ^:MSt5mWa9 l 



* LE CRABIER DE MAHON. 

Cinquième efpece. 

Cet oiseau 5 nommé dans nos planches 
enluminées , héron huppé de Mahon ^ 
eft un crabier 5 même de petite taille , & 
qui n'a pas dix- huit pouces de longueur, 
il a les ailes blanches *, le dos roufsâtre , 
ie defiiis du cou d'un roux- jaunâtre, 
& le devant gris-blanc-, fa ih^ portç 
une belle & longue huppe de briiis gris-», 
blancs & roufsâtres. 



^^Zf CRABIER DE COROMANDELl 

Sio^ième ejpèce. 

Ce crabieu a du rapport avec le pré- 
cédent 5 il a de même du roux fur le 
dos, du roux-jaune & doré fur la ièit 8c 



^ Voyei les planches eniuminées^ n,^ 348. 
•^••^ Foyei ks pianches enluminées, //.^ jiq^ 



des Crahiers. 125 

au bas du devant du cou , & le refte du 
plumage blanc , mais il eft fans huppe -, 
cette différence , qui pourroit s'attribuer 
au fexe, ne nous empêcheroît pas de 
le rapporter à Tefpèce précédente, fi 
celle-ci n'étoit plus grande de près de 
trois pouces. 

pyy«w^jpiiyiipiiiJMit,wwa^^ 

l'LE CRABIER BLANC & BRUN. 

Septîcme efphce. 

L E DOS BRUN ou couîeur de terre 
d ombre , tout le cou & la tête marqués 
de longs traits de cette couleur fur un 
fond jauilâtre-, l'aile & le deffus du corps 
blancs , tel eft le plumage de ce crabier 
que nous avons reçu de Malaca: il a dix- 
neuf pouces de longueur. 

' — - - -- -■- Il I I . ji 

^ Voyzx ïes planches enluminées ^ lu'^ 911 j fous 
k nom dç Cmhiir h Malaca, 



ï 2 (î Hijloire Naturelle 



^ LE CRABIER NOIR. 

Huitième efpcce. 

Sn.. Sonner AT a trouvé ce crabîer à la 
nouvelle Guinée ? H eft tout noir, & a 
dix pouces de longueur, Dampier place 
à la nouvelle Guinée de petits preneurs 
d'ccrev'iffes à pkunage hlanc-dc-laït (iji 
ee.pourroit être quelque efpcce de crabier , 
mais qui ne nous eft pas jufqu ici par- 
venue 5 & que cette notice feule nous 
indique. 

i w w i^ii iiiii wn ii ■ ■ wjMMMiMM »aapsgg9g a ig J»fcu«Wfta» v .i W rirt^ 

^^LE PETIT CRABIER (kj. 

Neuvième efpèce. 

C*EST affez caradérifer cet oifeau que 
de lui donner le nom de petit crabier \ 
il eft en effet. plus petit que tous les 

* y^y^i îes pianches eniuminées, «.° 926. 

(i) Voyage autour du monde, tome V, j)as(e 81. 

** Koyq les planches enluminées 5/7.'? 8985fous, 
le nom de Crabier des Philippines. 

(k) Ardea fupernè caftaueo & nigricaiite tranfier-* 
Jim ^ undatimftriata, infemè grijeo rufifans j caj)itû 



des Crahiers. 127 

crabîers , plus même que le blongios j & 
n'a pas onze poiy:es de longueur. Il eft 
naturel aux Philippines •, il a le deilus de 
la tête 5 du cou & du dos 5 d'un roux- 
brun*, le roux fe trace fur le dos par 
petites lignes tranfverfaîes , ondulantes 
fur le fond brun : le defliis de Taile eft 
noirâtre, frangé de petits feftons inégaux, 
biancs-roufsâtres-, les pennes de i'aiie & 
de la queue font noires. 



^ LE BLONGIOS (J). 
Dixième efpèce. 

Le Blongios eft en ordre de gran- 
deur 5 la dernière de cqs nombreufes 
efpèces que la Nature a multipliées en 



êafîamo , in paru pofteriore nigro variegato ; collo fupe- 
riore dilaté cafiamo , collo inferiore &* pe&ore grifeis , 
ad caflaneum vergentibus ; re&ricibus uigricantibus ; 
rofîro fnperius fiigricante ^ infernè albo flavicante ; pedi- 
bus grifio fufcis. . . . Cancrofagiis Fliilippenjis, 
Erifibn, Ornithol. tome V, page 474. 

'^' Koye^ les planches enluminées j 7;.^ S^3 > -^^^ 
îe nom de Blcnglos de SuiJJè. 

(IJ Jtrdea fupernè nigro-piridefiais , infernè dilucè 

F iv 



12 8 ITiJîoire Naturelle 

répétant la même forme fur tous les 
Hiodules 5 depuis la taillje du grand héron , 
égala îa cigogne, jufqu'à celle du plus 
petit crabier & du blongios, qui n'eft 
pas plus grand qu'un rafle, car le blon- 
gios ne diffère dts crabiers que par les 
jambes un peu baffes , & le cou en pro- 
portion encore plus long : aufïi les Arabes 
de Barbarie > fuivant le Docteur Shaw , 
lui donnent- ils le nom de hoo-onky long 
cou, ou à la lettre, ]pcrc du cou (m). Il 
Talonge & le jette en avant comme par 
reffort en marchant , ou lorfqu'il cherche 
fa nourriture ^ il a le deffus de la tête & 
du dos noirs à reflets verdâtres, ainlî que 
îes pennes des ailes & de la queue -, le 
t:ou 5 le ventre , le deffus des ailes d'un 
roux-marron , mêlé de blanc & de jaunâ- 
tre 5 le bec & les pieds font verdâtres. 



fulva ; collo fuperlore grifto-fulvo , ad caflamum ver^ 
geiije; pennis in col/i inférions imâ parte longijjïmisî 
fekoris maculis longitudinalibus nigricantibus varia 
re&ricibus nigro-virefcentibus ; rojlro viridi flavicante , 
/hperîus apice nigricante ; pedibus virefcentibus, . . - 
jîrdeola.. Briflon , Ornithol. tome V, page 497. 

(m) Voyage du Do(^çur Shaw. La Haye^ I743i 
$om^I,page^^O^ 



des Crahkrs. 12^ 

II paroît que le blongios fe trouve 
fréquemment en Suiffe, on le connoît à 
peine dans nos provinces de France où 
on ne l^a rencontré qu^égaré , & apparera- 
ment emporté par quelque coup de vent, 
ou pouffé de quelque oifeau de proie (n). 
Le blongios fe trouve fur les côtes du 
Levant au ffi-bien que fur celles de Bar- 
barie 5 M. Edwards en repréfente un qui 
lui étoit venu d'Alep 5 iî différoit de celui 
que nous venons de décrire , en ce que 
fes couleurs étoient moins foncées , c|ue 
les plumes du dos étoient frangées de 
rouisâtre & celles du devant du cou & 
du corps marquées de petits traits 



(n) J'ai vu un de ces petits he'rons , de la gran- 
deur d\m merîo ; ii s'étoit faiffe prendre à îa mam' 
dans le jardin des Dames du BoJi - pafteur à Di- 
jon ; je le vis enfermé dans une cage à faire couver 
des ferins; fon piumage reRembioit à ceîui d'un- 
rafle de prairie ; if étoit fort vif^ & s'agitoit fans> 
eeffe dans fa cage , plutôt par une forte d^inquié- 
tude que pour chercher à s'échapper ; car iorfqu^oni 
approchoitde fa cage, il s'arretoit, menaçoit dm 
bec & le iançoit comme par relTort. Je n'ai ja^ 
mais rencontré ce très-petit héron dans aucune desî 
provinces où j'ai chaffé , il faut qu'ii foit de puiîagf;. 
Mqh Qommulqjié& £ar Mr Méerto. 

F T 



130 Hijloire Naturelle 

bruns (oj: différences qui paroiiîènt être- 
celles de Tâge ou du fexe de roifeau ;, 
ainfi 5 ce blongîos du Levant 5 dont 
M. Briffon fait fa féconde efpèce (p) » 
& le blongîos de Barbarie , ou hoo-onk 
du Dodeur Sahw> font les mêmes, félon 
nous, que notre blongios de Suiffe. 

Toutes les efpèces précédentes de 
crabiers , appartiennent à l'ancien conti- 
nent : nous allons faire fuivre celles qui 
fe trouvent dans le nouveau , en obfervant 
pour les crabiers la même diltribution que 
pour les hérons. 



(0) Litth Brown Eittern.. Edwards ^ G/û*.% 
p3ge 135, pï. a7g. 

fpj Le blongios tacheté. Briffon , Orniîhd^ 
X^mt V ^ page 500.. 




i 



des Crahiers. 131 

CRAB lERS 
BU NOVVEAU CONTINENT. 

LE CRABIER BLEU (a). 

Première efpèce. 

Ce Crabier eft très-fîngulier en ce 
qu'il a le hçic bleu comme tout le plu- 
mage > en forte que , fans fes pieds verts 3 
il feroit entièrement bleu ^ les plumes 



(a) The hlew héron. Catesby , Carollna , tome ï ^ 
page 76, avec une belle figure. — Ardea c<£ruko> 
nigra. SloàUQ^ Jamaïc, tome II, pag^ 3 15? avec 
une mauvaife figure, tab. 263, fig. 3. — Rav^ 
Synopf, Avi, page 189, n.^ 3. — Ardea occifiu 
criftato, corpore caruleo. . . . Ardea cceruUa. Lin- 
naeus, Syfi, Nat, éd. X, Gen. 76, Sp. 3'. — 
A^dea cyauea. Klein, Avi. page 124, n.° 7. — 
Ardea crlftataj c<enilea ; capite criftâ Éf collo ad vio^ 
lacenm pergentibus ; pennis in colli infirioris imâ parte 
ftriàijfimis , longlffîmis ; fpatio roflrum inter & ocul&s- 
imdo y rofiroque cceruleis ; pedibus viridibus, . , Can^ 
crofagus c<zvidms. BrifTon y OmithoL tome V^ 

Fv| 



ï 5 2 Hifloire Naturelle 

j^u cou & de la tète , ont un beau reflet 
fin Bîeu', celles du bi^s du cou, du der- 
f ière de la tête & du bas du dos , font 
minces & pendantes , ces dernières ont 
|ufqu à un pied de long, elles couvrent 
ïa queue & la dépaffent de quatre doigts -^ 
ï'oifeau eft un peu moins gros qu'une 
corneille , & pèfe quinze onces , on en 
voit quelques-uns à la Caroline , & feule- 
ment au printemps , néanmoins Catefby 
me paroît pas croire qu'ils y faiTent leurs 
5)etits5 & il dit qu'on ignore d'où ils 
:viennent. Cette même belle efpèce, fe 
a-etrouve à la Jamaïque , & paroît même 
s'être divifée en deux races ou variétés., 
dan§ cette île. 




ies C radier s. 155 

t LE CRABIER BLEU 

A COU brun:. 

Seconde efpèce^ 

Tout ie corps de ce Crabîer eft Jun 
bleu fombre , & malgré cette teinte 
très-foncée 5 nous n'en euffionsfaitqu'uns 
efpèce avec la précédente, fi la tête & le 
cou de celui-ci ,, n'étoient d'un roux- 
brun, & le bec d'un jaune foncé;, au lieu 
que le premier a la tètç: & le h^c 
bleus. Cet oifeau fe trouve à Cayenne^, 
& peut avoir dix - neuf pouces de 
longueur» 



'-^ Kbyq ies- planches enluminées, 77.^ 349, foul> 
ia dénomination de Héron bleuâtre de Cayenns^ 






134 Hijhire Naturelle 



LE CRABIER 
GRIS'DE^FER ( b ). 

Troijième efpèce. 

Cet oîseatj, que Catefby donne pour 
un butor, eft certainement un petit héron 
ou crabier , tout fon plumage eft d un 
bleu-obfcur & noirâtre , excepté le deffus 
de la tête qui eft relevé en huppe d un 
jaune-pâle , d'où partent à Tocciput trois 



(b) Crefîed biîtern. Catesby, tome I, page & 
pî. 79. — Grty crejîed hitttrn, Brown. Hijl, nat. of 
Jamaïc, page 478. — Jrdea aerulca. Sloane, Jamaïc^ 
tome II, pag. 314. — Ray, Syiiopf JvL pag. 189^ 
îi.° 2. — Jrdea criflâ flavâ , corpore fùgro - caridep 
cente, fafciâ temporali albâ, Ardea violacea. Lin- 
iî?eus,>i'7?. A^z^ éd. X, Gen. 76, Sp. 12. — 
Klein, Avi. page 124, n.^ 9. — Ardea cri/Iata :> 
fupernè alho ^ nigro flriata, infernè obfcure aerulea ; 
cap'ite iiigro aerulefcente ; vertice pallldè luteo ; t<£iiià 
longitudinali in genls, ^ ptnnis in occipite firictijjimis , 
Itingijfimis candidis ; fpatla rofirum inur y ociilos^ 
luido virlài ; roftw nigro ; pedibus lureis, . . . Can- 
crofagiis Bahamenjis. Briffon ^ OmithcL tome V . 
page 48 !• 



dts Crahiers. t ^f 

ou quatre brins blancs, il y a auffi une 
large raie blanche fur la joue jufqu'aux 
coins du hcc , l'œil efl: protubérant , Tiris 
en eft rouge & la paupière verte; de 
longues plumes effilées naillent fur les 
côtés du dos & viennent en tombant 
dépaffer la queue v les jambes font jaunes; 
ie hec etl: noir & fort , & Toifeau pèfe 
une livre & demie. On voit^ditCatefby^. 
de ces crabrers à la Caroline , dans la. 
farfon des pluies , mais , dans les îles de 
Bahama , ils font en bien plus grand 
nombre & font leurs petits dans des 
builîbns qui croiflent dans ies fentes- 
des rochers ; ils font en lî grande 
quantité dans quelques-unes de ces îles 5: 
qu'en peu d'heures deux hommes peuvent 
prendre de leurs petits pour charger ua 
canot 5 car ces oifeaux , quoique déjà 
grands & en état de s'enfuir, ne s'émou- 
vent que difficilement & fe laifîent prendre 
par nonchalance y ils fe nourrirent de 
crabes plus que de poiflon 5 & les habi- 
tans de ces îles les nomment preneurs^ 
de cancres *, leur chair y dit Catefby ^, 
eft de très-bon goût , & ne fent point iù: 
marécsge» 



ï 5 ^ Hijloirc Natureik 

m i ii i — m li iiwiMWMiwfitMM I wii i wi i ' Ba—B 

LE CRABIER BLANC 

jL bec ro u ge (c). 

Quatrième efpèce. 

Un bec rouge & des pieds verts , avec 
Tiris de rϔi jaune 5 & la peau qui Ten- 
tcure rouge comme le bec, font les feules 
couleurs qui tranchent fur le biau blanc 
du plumage de cet oifeau \ il eft moins 
grand qu'une corneille, & fe trouve à 
îa Caroline , au printemps & jamais en 
hiver 5 fon bec eft un peu courbé , & 
Klein remarque , à ce fujet , que dans 
pluiieurs efpèces étrmigères du genre des 
hérons , le bec n'eft pas auffi droit que 
dans nos hérons & nos butors ( d). 



fc) Tht lïtth whiu herou. Catesby , Carolw, 
tome I, page 77 , avec une belle figure. — Àrdza 
alba minor Carolinenps, Klein , Ai^i. page 124, 
11.^ IQ. — Ard'za in toto corpoTî alba ; fpatio roftrum. 
iiiter &* oculos uudo , rojîroq'ue riibris ; pedibus viridU 
lus, . , . Ardea CaroUnenJis candida* Briffon^^ Orn^^ 
XiSo/. tome V, page 435. 

(dj O/'i/o^A^i. page 122-. 



des Crahiers. i fj 

l i r iiiiiiiiii iiî^i i i i iaH-/MiiiiiHiii^^ 



LE CRABIER CENDRÉ (e). 

Cinquième efpcce. 

Ce Crabier de la nouvelle Efpagne; 
n'eft pas plus gros qa\m pigeon *, il a îe 
defllis du corps cendré-ciair, îes pennes 
de Tailc mi-parties noir & de blanc -, îe 
deffous du corps blanc*, le bec & les 
pieds bleuâtres , à ces couleurs , on peut 
juger que le P. Feuillce fe trompe , en rap« 
portant c^itt efpèce à la famille du butor, 
autant qu'en lui appliquant mal-à-propos 
le nom de calidris , qui appartient aux 
oifeaux nommés chevaliers y Se non à 
aucune efpèce de crabier ou de héron* 



fej Héron ou Calidris hucophcea. Feuiliée , Iour<' 
mal d'obfervations phyfiquesy page 287 (édit. ili^)> 
— Ardea fuperiiè dilutè cinerea, infernè alha ; remi- 
^ibus partim nigrls , pavtim candidis ; re&ricibfjs dilutè 
cinerels ; rojiro cyaneo , apice iiigro ; pedibus cceru^ 
leis. . . . Ardea J.merîcana ciiieraa* BriÛon 5 Omi" 
ûqU tomç V, page 406. 



I 3 8 Hijîoire Naturelle 



LE CRABIER POURPRÉ (f). 

Sixième efphce. 

Séba dit que cet oifeaii lui a été 
envoyé du Mexique , mais il lui applique 
le nom de xoxouquihoaclli , que Fer- 
nandez donne à une efpèce du double 
plus grande , & qui eft notre hohou ou 
neuvième efpèce de héron d'Amérique \ 
ce crabier pourpré n'a qu'un pied de 
longueur \ le deilus du cou , du dos & 
des épaules, eft d'un marron pourpré; 
la mcme teinte éclaircie couvre tout le 
dellous du corps; les pennes de l'aile font 
rouge-bay foncé \ la tête eft rouge-bay 
clair 5 avec le fommet noîr. 



( f) Ardta Mexicana feu Avis xoxouquikaa&ll, 
Séba, T/ief vol. I, page loo. — Jrdea caflaneo^ 
jjurpurea , fuyernè faturatiiis , infernè dilutius ; capitt 
dilutè fpadiceo , vtrtice nigro ; remigihus faturatè Jpa- 
diceis ; re&ricièus cafiaiieo purpnreis, . . . Ardea 
Mexicana purpurafmn. Rrilïon , OrnithoL tome V , 
page 422. 



ies Crahiers. 159 

LE C RA C RA (g). 
Septième efpèce. 

Cracra eft le cri que ce cr.nbîer jette 
en vokîit, & le nom que les François 
de la Martinique lui donnent , ies natii- 
reîs de TAmérique Fappellent jahoutra ; 
le P. Feuillée, qui Ta trouvé au Chili 5 le 
décrit dans les termes fuivans : il a îa 
taille d'un gros poulet ^ & fon plumage 
eft très-varié 5 il a le fommet de la tête 
cendré-bleu , le haut du dos tanné, mêlé 
de couleur feuille-morte , le refte du 



(g) Héron ou Ardea varia, Feuiîlée , Journal 
d'ohferifations phyjiques , page 268 fédn. l'jiç,) ; 
héron ou ardea varia major Chilienfis. Idem, ibid. 
page 57. — Ardea jl'pernè cinereo c-erulefiente , viridi 
ohfcuro & rafeTcente varia , in ferré cinerea ; vertice. 
cinereo-C(£r'ilefcente ; collo fuperi^re fnfco , xûrampelina 
vario ; colle inferiore & perfore candidis , macidis 
xerampeiinis variegatis ; le&ricihus nigrowefceutibns ; 
roftro fupernè nigro , in^l^rnè fitfco - flavicante ; pedihus. 
flavls. . . . Cancrofagns Americanus^ BrilToHj^ Qrni^ 
thoL tome V , page 477* 



140 Hijtoire Naturelle 

du manteau eft un mélange agréable de 
bleu-cendré 5 de vert- brun & de Jaune 5 
les couvertures de Taile font, partie d'un 
vert obfcur bordées de jaunâtre y & partie 
noires ', les pennes font de cette dernière 
couleur & frangées de blanc*, la gorge & 
la poitrine font variées de taches feuille- 
morte fur fond blanc 3 les pieds font d un 
jjeau jaunCa 




des Crahiers. 141 

LE CRABÎER CHALYBÉ (h). 

Huitième efpcce, 

JLe DOS & \z tht de ce Crabier font 
de couleur chalyhéc y c'eii-à-dire , couleur 
d'acier poii j il a i:s longues pennes de 
.Taiié vcrdâtrcs 5 nL--rquees d'une tache 
blanche à la pointe -, le deiîiis de Taile eft 
varié de brun , de jaunâtre & de couleur 
d'acier , la poitrine & le ventre font d'un 
blanc varié de cendré & de jaunâtre , ce 
petit crabier eft à peine de la grandeur 
d'un pigeon, il fe trouve au Bréiilj c'eft- 
là tout ce qu'en dit Marcgrave. 

(h) Ardeola, Marcgrave , Bifl, Nat. Braf, 
page 2Î0, avec une figure défeclueufe que Pidm , 
Jonflon & Wiilughby ont copiée. — Jonflon, Api. 
page 144. — ■ Wiilughby, OmithoL page 210. — ^ 
Ray, Synopf. Avu page loi, 11.^ 18. — - Çocoi 
primas. Pifon , Hifl. JSIat. page 89. ' — • Ardeafupernà 
iiigrcchalyèaa, fufio & flapicante paria, iafernè alba, 
cinerco & pallidè luteo pariegata ; capire fuperiore ni-* 
gro-chalybeo, dilutè fiifco notato ; redtricibus virefceii- 
ùlms ; fpatio roflrum inter & oculos iiudo, luteo; rop 
tro fuperiiis fufco, infernè albo'flapicante; pedihus luf 
uis, . . . Cancrofagus Brajîlieiifis. Briffoji ; Ornit/wU 
î-ome V, page 479. 



î 4 i Hijloire Naturelle 



LE CRABIER VERT (i). 

Neuvième efpèce. 

Cet oiseau très-riche en couleurs 5 eft 
dans fon genre Tun des plus beaux , de 
longues plumes d'un vert doré 5 couvrent 
le defilis de la tête , & fe détachent en 
huppe 5 des plumes de même couleur, 
étroites & flottantes, couvrent le dos*, 
celles du cou & de la poitrine font d'un 
roux ou rougeâtre foncé , les grandes 
pennes de Taile font d'un vert très- 

(i) Tht fmdl blttenu Catesby, CavoL tome î, 
page & pi. 80. — Ardea ftellaris minima, Klein, 
Avi. page 123 , n. ° 6. — ^rdea occipite Cub crïflato, 
âorfo viridi y pe&ore rufefccnte^ . . . Ardea pire/cens* 
Linnaeus, Syft. Nat. éd. X, Gen. 76, Sp. 15.'— 
Ardea flipernè viridi-aurea , cupri vuri colore varians , 
infernè fu/co-caflanèa; gutture albo , maculisi fufcis 
varlo ; colla (njlaneo , albido in parte inferiore varie'^ 
gato ; pennis in colli inferioris imâ parte fliicîijjimis 
lon^ifjimis ; marginièus alarum grifeo fuhis ; re&rici- 
lus viridi'iureis cupri puri colore variantJhus ; roftro 
fupmus fufco , inferius flapicante ; pedibus grifeo-fiif- 
tis, . . • Caiicrofagus piridis* BriiTon , OrnithoU 
tome V, page 486, 



des Crahiers. 145 

fombre; les couvertures d'un vert-doré 
vif 5 la plupart bordées de fauve ou de 
marron. Ce joli crabier a dix-fept ou dix- 
huit pouces de longueur , il fe nourrit 
de grenouilles & de petits poiffons 
comme de crabes ; il ne paroît à la 
Caroline & en Virginie que Tété , & 
vaifemblablement il retourne en automne 
dans des climats plus chauds, pour y 
pafTer Thiver. 



^ LE CRABIER VERT 
TACHETÉ (k). 

Dixième efpèce. 

Cet oiseau un peu moins grand que 
!e précédent , n'en diffère pss beaucoup 
par les couleurs , feulement il a les plumes 



^ Voyelles pïanches enluminées, w.^ 912, fous 
îa dénomination de Crabier tacheté de la Martinique. 

(k) Ardea fiweruè viridi-aur&a > cuprl puri colore 
variaiis , infernè grifea.; gutture alho maculis ftifcis va- 
rio ; collo caftaueo , albido in parte inferiore varie- 
gato ; pennis in colli infirioris imâ parte ftridtijjimk 



1.44 Hi/ioire Katurelle 

de la tètt & de la nuque, d'un vert-doré 
fombre & à reflet bronzé, & les longs 
effilés du manteau du même vert-doré, 
mais plus elair*, les pennes de Taile d'un 
brun foncé, ont leur cote extérieur nuancé 
de vert-doré , & celles qui font les plus 
près du corps , ont une tache blanche à 
la pointe ', le deffus de Taile eft mou- 
cheté de points blancs, fur un fond brun 
nuancé de vert-doré , la gorge tachetée 
de brun fur blanc , le cou eft marron 
& garni au bas de plumes grifes tom- 
bantes. Cette efpèce fe trouve à la 
Martinique. 



& longijjlmis, marginihus alarum albidîs ; alisfiperrtè 
nlho pun&.ulatis : re&ricibus obfcure i-iridi- aurais , eu- 
pri puri colore variautibus , lateralibus apice grifco- 
fufcis ; roflro fuperius nigricante, inferuè albo-flavi- 
cantt; pedihus fnfcis. . . . Cancrofagus viridis ncc 
vius, BriiTon , Omithol tome V , page 490, 






LE ZILATAT. 



^cs Crahiers. 145 

LE Z I LA TA T (l). 

Onzième efpèce. 

Nous ABRÉGEONS âfnfî le nom Mexi- 
cain de hou^ila-^tatl ^ pour conferver à 
ce cr^.bier rindication de fa terre natale^ 
îl eft tout blanc , avec le bec rougeâtre 
vers la pointe & les jambes de même 
couleur *, c'eft l'un des plus petits de tous 
îes crabiers , étant à peine de la grandeur 
dun pigeon. M. Briiîbn en fait néanmoins 
fon dix-neuvième héron , mais cet Orni- 
thologifte ne paroït avoir établi entre ît^ 
hérons & fes crabiers 5 aucune divifion de 
grandeur , la feule pourtant qui puifle 
claderou plutôt nuancer des efpèces, qui 
d'ailleurs portent en commun les mêmes 
cara6lcres. 

(l) Hoitiilaitad. Fernardez, Hifi. noi.\ Hifp. 
page 27 5 cap. 62. — Ray , SynopP. An. page 102 , 
n.^ 22. — Ardea in toto corpore alba; /patio roflrum 
inter & oculos nudo lutc:o ; r»Jiro purpurec ; ptdibus 
pallidè purpurafcentikus, . . . Ardca Mexicana undidcu 
Briffon , OrnithoL tome V , page 437. 

Oifeaus , Tome XI F. G 



14^; Bifloire Naturelle 
^ LE CRABIER ROUX 

A TÈTE & QUEUE VERTES, 

Douzième efpcce. 

C E Crabîer n'a guère que feîze pouces 
de longueur 5 il a le deiTus de la tête & 
la queue d'un vert-fombre *, même couleur 
fiir uwe partie des couvertures de Taile 
qui font frangées de fauve , les longues 
plumes minces du dos font teintes d'un 
pourpre foible ; le cou eft roux , ainli 
que le ventre , dont la teinte tire au brun. 
Cette efpèce nous a été envoyée de la 
Louifiane. 



* Koyqîes planches enluminées, n,^ 909, fous 
k dénomination de CrabUr de la Louifiam. 




des Crahiers. 147 

^ LE CRABIER GRIS 

A TÊTE & qUEUE V ERTES. 

Tfei^ième efpèce. 

C« E Crabier, qui nous a été envoyé de 
Cayenne, a beaucoup de rapports avec le 
précédent , & tous deux en ont avec le 
crabier vert , dixième efpèce , fans cepen- 
dant lui reffembler afîez pour n'en fatre 
qu'une {euîe & même efpcce, \i tête & 
la queue font égviîement d'un vert-fombre » 
ainiî qu'une partie des couvertures de 
l'aile 5 un gris ardoifé-clair domine fur le 
refte du plumage. 

■■mil I IMllll IIIIM I I I H II I I I WI IH I Ill f l II IIIIIIIIII I II I I H IMIM H 

* <5 .,.r^.. . > ■■ ..■■■,.1 . Il I , i«r 

** LE BEC-OUVERT, 

Après l'énumération de tous les grands 
hérons & des petits, fous le nom de cra- 
biersj nous devons placer un oifeau qui, 
fans être de leur famille, en eft plus 
voifm que d'aucune autre; tous les efforts 

* Voyei les planches enîuminées , n.^ 908. 
^^ Voyei ies planches enluminées, z?.^ 932. 

Gij 



148 Hijîoire Naturelle 

du Nomenclateiir 5 tendent à contraîndfre 
& forcer \ts efpèces cf*entrer dans le plan 
qu'il leur trace , & de fe renfermer dans 
les limites idéales qu'il veut placer au 
milieu de Tenfemble des* produétions 
de la Nature , mais toute Tattention du 
Naturaîîfte , doit fe porter au contraire 
à fuivre les nuances de la dégradation des 
êtres & chercher leurs rapports fans pré- 
jugé méthodiquejceux qui font aux confins 
des genres , & qui échappent à ces règles 
fautives 5 qu'on peut c^ppcler fcholafiiques j, 
s'en trouvent rejetés fous le nom d'ano^ 
maux 5 tandis qu'aux yeux du Philbfophe, 
ce font les plus intéreiîàns & les plus 
dignes de fon attention, ils font, en s'é- 
cartant des formes communes , les liaifons 
& les degrés par lefquels la Nature pafle 
à des formes plus éloignées \ telle eft 
l'efpèce à laquelle nous donnons ici le 
nom de bec-ouvert ^ elle a des traits qui 
îa rappellent au genre des hérons 5 & en 
même temps elle en a d'autres qui l'en 
éloignent-, elle a de plus une de ces 
fingularités ou défe<3:uofités que nous 
avons déjà remarquées fur un petit 
nombre d'êtres , refte des çflais impar^ 



du Bec-ouvert. 149 

faits quC) dans les premiers temps, dut 
produire & détruire la force organique 
de la Nature. Le nom de bec-ouvert , 
marque cette difformité^ le hcc de cet 
oifeau eft en effet ouvert & béant fur 
les deux tiers de fa longueur, la partie 
du deffus & celle de deiîous fe déjetnnt 
également en dehors, laiflent entr'elles 
un large vide , & ne fe rejoignent qu'à 
la pointe. On trouve cet oifeau aux 
grandes Indes, & nous Tavons reçu de 
Pondrchéry -, il a les pieds & les jambes 
du héron , mais nen porte qu'à demi le 
caradère fur I ongle du doigt du milieu , 
qui s'élargit bien en dedans en lame 
avancée, mais qui n'eft point dentelée 
à îa tranche •, les pennes de fes ailes font 
noires \ tout le refte du plumage eft 
d'un gris - cendré clair -, fon bec , noi- 
râtre à la racine, eft blanc ou jaunâtre 
dans le refte de fa longueur , avec plus 
d'épaiffeur & de largeur que celui du 
héron , la longueur totale de Toifeau , 
eft de treize à quatorze pouces. On 
ne nous a rien appris de fes habitudes 
laaturellcs. 

}^^^§ 

G iij 



150 Hijioire Naturelle 



LE BUTOR {a). 



<2 



UELQUE RESSEMBLANCE qu'il y ait ciitre 
les hérons & les butors 5 leurs différences 
font fî marquées qu'on ne peut s'y mé- 



* Voyti les planches enluminées, nP 789. 

(a) En Gre«, AVsp/à? , E'pûxT/oç pCç'^i'jlç, Oxvoç* 
en latin, ardca fldlarh , botaunis , hutio finque palu- 
diferis butio hitbit aquis, Aut. Philomelse); en Ita- 
Sen, frombono, trombone; dans le Ferrarois & le 
BoLiionois, terrabnfo ; en Portugais, ga^o/a ,• en AHe- 
înand, dans les différens idiomes, meer-riiidj ios- 
rind, ros dumpf, mojfochs, mojf-kou, rortnim , rojp- 
reigel, wajjer ochs , erd-bnll ; tous noms analogues 
aux marais 3c aux rofeaux qu'il habite, ou au mu- 
giffement qu'il y fait entendre ; en Suédois, roer- 
drum; en Holîandois, fittoor; en Anglois, biitern 
ou miredrum chez les Anglois feptentrionaux ; en 
Écofîbis , buttour; en Breton , galerand ; en Poîo- 
i:\o'iS^ èak o\x bunk ; en lllyrien, bukaci; en Turc, 

Butor. Bélon, Eijl. Nat, des Oifeaux , page 192 , 
a^ec une mauvaife figure, qui reflemble plus à un 
ïnartin pécheur qu'à un butor,fiiivant la remarque 
^'Aidiovande. — Butor, nommé par aucuns, de 
nom corrompu ^pittouer, idem. Portrait d'oifeaux , 
page £^1. b j avecia même figure. — ^rdea flellaris 
VMwr, qnam bQîaurum vd butorlum ncentiorcs yQC&Jitn 



du Butor. î 5 I 

prendre; ce font en effet deux familles 
diftind:es & affez éloignées , pour ne 

Gefncr , -.^^w. page 214 , avec une mauvaife figure, 
' — Ardea fteilaris Plinio &* AriflvtelL idem, Icon, 
Avi, page 120. — Ardea ajîerias y fwe fldlaris . Aidro- 
vande, Am. tome III , page 403 , avec une figure 
fautive. — Jonllon , qui le plus fouventn'efl: qu'un, 
copille^ répète ies figures & ies notices de Gefner 
& d'Aidrovande , & donne encore le butor fous 
les noms de gnifcriopa & de mos-kuw. — Avdea fiel- 
laris. Schwenckfeîd, ApL Silef page 225. — Wil- 
lughby , OriiithoL page 207. — Ray, Synopf. Ai^i. 
page 100, n.o a, 11. ~ Sibbald. Scot, illuftr* 
part. II,iib. i 11, page 18. — Kfein , ^/^i. page 125, 
n.^ 4. — Muf. Worm. page 307. — MarfigL 
Dauub. tome V, page î6, avec une très-mauvaife 
figure, tab. 6. — Charieton, Exerclt, page iio, 
11.^ 5. Idem, Onomait, page 103, n.^ 5 — Botaii^ 
rus ornirhologis j aliis buùo. — RzaczviukL Hitî^ 
Nat. Polon p'dgQ 273. — Botauras , ard^a pahiftns 
vd arimiiuum. Idem , AuBuar. page 368. — T/ie 
iituru. Brit. Zool. page 117, — Der gwjja rohrdo^ 
mel. Frifch, tome II , divif. 12 , feâ;. 1 , pi. 12. — 
Ardea pallida , pcnnis in dorfo fuhis. Barrère , Or/;/- 
thuLc\d.t i V, Gen. i , Sp. 2. — Ardea capite Upiup- 
(^ulo,fupra teflacea macidis traufperjis , fubtus pallidior 
vmculis oblorjgis fufiis, . . . Ardea ftellaris. Lin- 
nœus, Syft. iVûf. éd. X, Gen. 76, Sp. 16. — Ardea 
vertice iiigro ; pe&ore pallido macidis longitudinalibus 
itigricantibus. Idem, Fauna Suec. i\,^ 134. — Ardea 
jldlaris, danis kordrum. Brunnich. OniithoL borea* 
lis, n.^ 155, — Ardea fuper ne rufefcente ^ m^r% 

G iv 



ïji Hijîoire Naturelle 

pouvoir fe réurtir ni même s'allier. Les 
butors ont les Jambes beaucoup moins 
longues que les hérons , le corps un peu 
plus charnu , & le cou très-fourni de 
plumes 5 ce qui le fait paroître beaucoup 
plus gros que celui des hérons. Malgré 
reipècc d'inlliite attachée à fon nom , le 
butor eft moins ftupide que le héron , 
mais il eft encore plus fauvage*, on ne le 
voit prefque jamais -, il n'habite que les 
marais d'une certaine étendue où il y a 
beaucoup de joncs •, il fe tient de préfé- 
rence fur les grands étangs environnés de 
bois •, il y mène une vie folitaire & pai- 
iible, couvert par les rofeaux> défendu 
fous leur abrit du vent & de la pluie ; 
également caché pour le chafleur qu'il 



naria» infeinè dilate fulva macuîls longitudinalièus , 
nigricainibus variegata ; vertice nigrlcante , eollo fa- 
pernè nlgricante.j infeihè fufeo tranfuerfim ftriato ; peu- 
nis in coin inferioris imâ parte loiv^ijjimis ; nropygio 
fulpo nigricaiitt tranfverjini ftriato ; reBricibiis binis 
intermediis nigricautibus , rufefcente margivatis, late- 
ralibus fuli'is , maculis nigricautibus variegatis ; roflm 
fufco y infernè piridefiente ; pedibus viridi- flavicanti- 
bus. . . . Botaurus, BrilTon , OrnithoL tome V ^ 



du Butor. rj3 

craint, & pour la proie qii'î! guète, fî 
reftc des jours entiers dans le même 
iîeu Se iemble mettre toute fa fureté dans 
iâ retraite & l'inaélion , au lieu que le 
héron plus inqijïtty fe remue & fe dé- 
couvre davantage en fe mettant en mou- 
vement tous les jours vers le foir, c'eft 
alors que les chaffeurs Tattendent au 
bord des marais couverts de rofeaux ou 
il vient sVibattre-, le butor, au contraire, 
ne prend fon vol à la même heure , que 
pour s'élever & s'éloigner fans retour 5 
ainfi, ces deux oifeaux, quoiqu'habitans 
des mêmes lieux, ne doivent guère fs 
rencontrer & ne fe réuniffent jamais en 
famille commune. 

Ce n'eil qu'en automne & au couchef 
du foleil, félon Wiliughby , que le butor 
prend fon eifor pour voyager ou 'du 
moins pour changer de domicile -, on le 
prendroit dans fon vol, pour un héroa, 
fî de moment à moment il ne faifoit 
entendre une voix toute différente, plus 
retentifiante & plus grave, côb ^ côb ; de 
ce cri quoique défigréable, ne l'eft pas 
autant que la voix effrayante qui lui a 
mérité le nom de butor j botaums ^ i'^^fi 

G V 



154 Hîjîoire Naturelle 

boatus tauri (b)\ c'eft une efpèce de 
inngriTement hî-rhond qu'il répète cinq 
ou iix fois de fuite au prhitemps 5 & 
qu'on entend d'une demi-lieue , la plus 
groflè contre-baiîe rend un fon moins 
ronflant fous Tarchet: pourroit-on ima- 
giner que cette voix épouvantable , fut 
l'accent du tendre amour? mais ce n'eft 
en eflet que le cri du befoin phyfique & 
preffant d'une nature fauvage , groffière 
& farouche jufque dans l'expreffion du 
defir -, & ce butor une fois fatisfait 5 fuit 
fa femelle ou la repouffe, lors même 
qu'elle le recherche avec empreffement 
( c ) , Se fans que fes avances aient aucun 
fucccs p.près une première union prefque 
momentanée , auffi vivent-ils à part cha- 

(h) Bofanrus , quod hoa^um raiiri edar.V^'iUughhy. 

(c) Suivant M. Salerne fOn:if//oL page 313^, 
c'eft la remelle qui fait TeiHe tous le^ frais de i'amour, 
de i'édiicrtioiî & du m(?nvige. tart efi grande la pa- 
reffe du maie « C'eft elle ^ui ie fo' licite tz Vin- 
9^ vire i l'amour par les fréquentes vifites qu'elle 
» fui 'ait, & pur {'abon^^ance de vivres qu'eîie lui 
apporte. »i Mais toutes ce^ particularités prîtes d'un 
ancien Difcours moraf ( Difcours de M. ddaCham- 
^re,/I/r/'û/77i;iey, ne fo/it apparemment que ie ro- 
man de l'oifeau. 



du Butor. t y^ 

cun de leur côté. « II m'eft fouvent ar- 
rivé > dît M. Hébert 5 de faire lever en ce 
même temps deux de ces oifeaux 5 j'ai ce 
toujours remarqué qu'ils partoient à ce 
plus de deux cens pas Tun de I autre 5 &cc 
qu'ils fe pofoient à égale diftance. :>^ Ce- 
pendant il faut croire que îes accès du 
befoin & ies approches inftantanées fe 
répètent peut-être à d'aflez grands inter- 
valles, s'A elt vrai que !e butor mugifTe 
tant qu'ii eft en amour ("dj; car ce mu- 
giffement commence au mois de février 
/ey)^ & on l'entend encore au temps de 
la moiffon. Les gensdelacampagnedifent 
que, pour faire ce cri mugiiiant, le butor 
plonge le bec dans la vafe *, le premier 
ton de ce bruit énorme reflemble ea 



fdj Nec diutlus mu^it quàm libidine tentatur, 
WiKugbby. 

{e) Nota. C'eft ^ûrement des cris du bistor dont 
ïl s'agit dans le paffai^e des problèmes d\A. riflote 
(Stâ. Il, XXX r)y où ii parie de ce mugiîTe- 
ment parei! à celui d'un tau eau , qui fe fait enten- 
dre Hvi prîiitempp du fond des marais , & dont il 
cherche une explication phyfique dans des vents 
CîTiprifonnés fous les eaux & fortant des cavernes; 
le peuple en rendoit des raifons fuperilitieufes ^ (à 
•ce n'étoit réellement que le cri d\m oifeau. 

G V j 



I 5 6 Hijîoire Naturelle 

effet à une forte afpiration 5 & le fécond àt 
une expiration retentiffante dans une ca- 
vité (f); mais ce fait fuppofé eft très- 
difficile à vérifier, car ctt oifeau eft tou- 
jours fi caché qu'on ne peut le trouver 
ni le voir de près, les chaffeurs ne par- 
viennent aux endroits d'où il part qu'en 
traverfant les rofeaux , fouvent dans Teati 
jufqu'au-dcfîus du genou. 

A toutes ces précautions 5 pour (q 
rendre inviiible & inabordable , le butor 
fembîe ajouter une rufe de défiance *, il 
tient fa ittt élevée, & comme il a plus 
de deux pieds & demi de hauteur, il 
voit par-deffus les rofeaux fans être aperça 
du chafleur , il ne change de lieu qu'à 



(f) Nota. Aidrovande a cherché quelîe étok fa 
conformation de la trachée-artère relativement à k 
produdion de ce fon extraordinaire .* piulîeurs oi- 
feaux d'eau , à voix éclatante, comme ie cîgne, 
ont un double larynx; {e butor au contraire n'en a 
point , m/ais îa trachée à fa bifarcation forme deux 
poches enHées, dont les anneaux de ia trachée ne 
garniftent qu'un côté; l'autre -eft recouvert d\me 
peau mince , expanfible , éîaftique ; c'eft de ces 
poches enflées que i'air retenu fe précipita en 
magilTânt. 



du Butor. i^j 

rapproche de la nuit dans la faîfon d'au- 
tomne, & il paffe le refte de (a vie dans 
une inadîon qui lui a fait donner par 
Ariftoie le furnom de parejfeux (g) ; 
tout Ton iiKduvement fe réduit en effet à 
fe jeter fur une grenouille ou un petit 
poîironjqui vient fe livrer lui-même à ce 
pêcheur indolent. 

Le nom à'ajlcrias ou de Jîellans 
donné au butor par les Anciens vient , 
fulvant Scaîïger , de ca vol du foir par 
lequel il s'élance droit en haut vers le 
ciel, & fenible fe perdre fous la voûte 
étoilée : d'autres tirent l'origine de ce 
nom dQs taches dont eft femé fon plu- 
mage , lefquelles néanmoins font difpo- 
fées plutôt en pinceaux quen étoiles > 



fl^) Hift. animal, iib. IX, cap. X V iiî. « Le 
butor cheminant va plus lentement qu^on ne « 
fauroitdire, & ell appelé* par Ariftote lourd & a 
fc.TèjJeiix ; & étoic aufii nommé pholx , à\\\\ ef- u 
ciave parefleux nommé p/ioix , qui fut transformé <« 
en butor ; encore pour aujourd'hui ie vulgaire fe u 
refirent de fon antiquité fur ce paffage , qu'en in- u 
juriant un homme pareifeux \ penfe î'outrager « 
de le nommer butor, » Béion y Nat, dtis Oifeaux^ 
page 193- 



î 5 8 HiJIoire Naturelle 

elles chargent tout le corps de mouche- 
tures ou hachures noirâtres *, elles font 
j^ihQS tranfverfalement fur le dos dans un 
fond brun-fiuive , & tracées îongitudinaîe- 
ment fur fond blanchâtre au-devant du 
cou 5 à la poitrine & au ventre , le bec 
du butor eft de la même forme que celui 
du héron 5 fa couleur, comme celle des 
pieds, eft verdâtre , fon ouverture eft 
très-large , il eft fendu fort au-delà des 
yeux 5 tellement qu'on les diroit fitués 
fur la mandibule fupérieure \ Touverture 
de l'oreille eft grande , la langue courte 
& arguë ne va pp.s jufqu'à moitié du bec, 
mais la gorge eft capable de s'ouvrir à 
y loger le poing (h) ; fes longs doigts 
s'accrochent aux roleaux , & fervent à le 
foutenir fur leurs débris flottans (i) ; il 
fait grande capture de grenouilles y en 
automne, il va dans les bois chafler aux 
îàts, qu'il prend fort adroitement & avale 

fhj Gula fub roflro in immeufum ddatatur, ut vel 
pugnum admittat. V>MHughby , j[?â[^e 2o8. 

(i) La grande lonc^ueur des ongles, & particu- 
Sièremeni de celui de derrière eft remarquable, 
A^dro ^.nde dît que de fon temps on s'en lervoit 
ea forme de cure-dçntf 



du Butor. I j 9 

tout entiers (k) ; dans cette faîfon, il 
devient fort gras (l) ; quand il eft pris^ il 
siïntç:(m)^ fe défend & en veut fur-tout 
aux yeux (n) ; fa chair doit être de mau- 
vais goût, quoiqu'on en mangeât autre- 
fois dans le même temps que celle du 
héron faifoit un mets diftingué (o). 

Les œufs du butor font gris - blancs 
verdâtres , il en fait quatre ou cinq 5 pofe 
fon nid au milieu des rofeaux, fur une 
touffe de joncs, & c'eft affurément par 
erreur 5 & en confondant le héron & le 
butor que Bélon dit qu'il perche fon nid 
au haut des arbres ( p ) ; ce Naturaiifte 
paroît fe tromper également en prenant 



(k) Tn veutrîcnlo muvium pill & ojftculi iiweuîL 
Willughby, OmirhoL page 208. 

(Ij Schwenckfeld , pa^e 225. 

(mj Irritata mire inflatur ac intnmefcit, roflroaue, 
fe munit, Schwenckfeld, ibid, 

(n) «< Cet oifeau a cela de «particulier qu^H 
effîiie toujours à crever les yeux ; pour laquelle u 
chofe {es payfans qui en prennent, ^es vouiant « 
garder en vie, les tiennent toujours ciglés. »> Bé^ 
ton, Nflf. des Oi/èaux, page 193. 

(oj Béon. 

( p ) Gefner ne connoît pas mieux fa niche'e 
<^\iand ii dît qu'on y trouve douze œufs. _ 



1l6o Hijicire Naturelle 

le butor pour Yonocrotalc de Pline, quoi- 
que dîftingué d'ailleurs dans Pline même ^ 
par des traits aflez reconnoiflkbles. Au 
refte, ce n'eft que par rapport à fon mu- 
gifle ment 11 ^rc^i-j fuivant Texpreffion de 
Bélon, qu'il ny a bœuf qui pût crier fi 
haut y que Pline a pu appeler îe butor un 
petit oifeau j fi tant eft qu'il faille , avec 
Bèlon 5 appliquer au butor le paflkge de 
ce Naturalifte , où il parle de Toifeau, 
taurus qui fe trouve, dit-il, dans le terri- 
toire à' Arles y & fait entendre des mugif- 
femens pareils à ceux d^un bœuf (q). 

Le butor fe trouve par-tout où il y a 
des marais aflez grands pour lui fei'^'ir de 
retraite *, on le connoit dans la plupart 
de nos provinces *, il n'eft pas rare en 
Angleterre (r)^ & allez fréquent en 
Suiife (f) & en Autriche (t); on le 
voit auffi en Siléfîe (u) ^ en Danemarck 



(q) Efl qu(^ houm mugltus imitetur , in Arelateiifî 
agro; taurus appellata, aiioqni parpa. Piin. 115. Xy 
cap. LV 1J< 

(r) Britifch Zoology , page 105, 

{fj Gerner. 

ftj Elenck. aufîr. 348. 

(uj Sehweuckfeidj Aii. Sihf page 225. 



du Butor. i 6 i 

(x) , en Suède (y ). Les régions ies plus 
feptentrionales de rAmérique ont de 
îTiême leur efpèce de butor , & Ton en 
trouve d'autres efpèces dans les contrées 
méridionales *, mais ii paroît que notre 
butor, moins dur que le héron 5 ne flip- 
porte pas nos hivers , & qu'il quitte le 
pays quand le. froid devient trop rigou- 
reux -, d'habiles Chaifeurs nous aflurent 
ne l'avoir jamais rencontré aux bords à.çi^ 
ruiffeaux ou des fources dans le temps 
àtî> g^^^nd3 froids ; &, s'il lui faut des 
eaux tranquilles & des marais , nos 
longues gelées doivent être pour lui une 
faifon d'exi!. Willughby femble Tinii- 
nuer, & regarder ion vol élancé, après 
le coucher du foleii en automne , comme 
un départ pour des climats plus chauds. 

Aucun Obfervateur ne nous a donne 
de meilleurs renfeignemens que M. Bail- 
îon fur les habitudes naturelles de cti 
oifeau : voici l'extrait de ce qu'il a bien 
voulu m'en écrire. 

CE Les butors fe trouvent dans prefquc 

(x) Brunnieh. OmithoL ho]$aL 
(jj Fauiia Sucçica» 



î6i Hijloire Naturelle 

» toutes les faiibns de Tannée à Montreuil- 
» fur-mer & fur les côtes de Picardie , 
» quoiqu'ils foient voyageurs , on les 
»voit en grand nombre dans le mois 
»de décembre 5 quelquefois une feule 
» pièce de rofeaux en cache des douzaines. 
» II y a peu d'oifeaux qiîi fe défendent 
so avec alitant de fang-froid > il n'attaque 
» jamais , mais lorfqu'il eft attaqué , il 
» combat courageufement 5 & fe bat bien 
» fans fe donner beaucoup de mouve- 
»mens. Si un oifeau de proie fond fur 
lui 5 il ne fuit pas *, il l'attend debout, 
o^Sc le reçoit fur le bout de fon bec 5 qui 
» eft très-aigu , l'ennemi bîefTé s'éloigne 
»en criant. Les vieux buzards n'atta- 
» quent jamais ie butor , & les faucons 
» communs ne îe prennent que parder- 
»rière & lorfqu'il vole ; il fe défend 
9>même contre le Chaifeur qui l'a bief Je, 
»au lieu de fuir il l'attend 5 lui lance dans 
»les jambes des coups de bec fi violens, 
» qu'il perce les bottines & pénètre fort 
3^ avant dans les chairs , plufieurs Chaf- 
9> feurs en ont été bleffés grièvement y 
v> on eft obligé d'aflbmmer ces oifeaux , 
»car ils fe défendent jufquà la mort. 



3f> 



du Butor. I 6 3 

Quelque fois , mais rarement 5 le butor oc 
fe renverfe fur le dos , comme les oi- ot 
féaux de proie , & fe défend autant ce 
des griffes qu'il a très-longues 5 que du«c 
bec -, il prend cette attitude lorfqu'il oc 
eft furpris par un chien. 

La patience de cet oifeau égale fon <e 
courage , il demeure , pendant à.Q.s> heu- ce 
res entières 5 immobile 5 les pieds danscc 
l'eau & caché par les rofeaux , il y oc 
guète les anguilles & les grenouilles , ce 
il eft auffi indolent & auffi mélanco-cc 
îique que la cigogne : hors le temps oc 
des amours où il prend du mouvement c« 
& change de lieu , dans les autres ce 
iâifons 5 on ne peut le trouver qu'avec « 
des chiens. Ceft dans les mois de fé-œ 
vrier & de mars, que les mâles jettentjoc 
le matin & le foîr,iin cri qu'on pour-oc 
roit comparer à Texplofion d'un fafiloc 
d'un gros calibre -, les femelles accou- oc 
rent de loin à ce cri, quelquefois une ce 
douzaine entoure un feul mâle , car , ce 
dans cette efpèce , comme dans celle ce 
des canards, il exifte plus de f::mellescc 
que de mâles: ils piaff;:nt devant elles ce 
& fe battent contre les mâles qui fur- ^ 



1^4 Hijîoire Naturellt 

9t) viennent. Ils font leurs nids prcfque 
» fur Teau , au milieu des rofeaux > dans 
3> le mois d'avril ; le temps de Tincuba- 
wtion eft de vingt-quatre à vingt-cinq 
35 jours •> les jeunes naifl'ent prefque nus, 
» & font d une figure hideufe *, ils fein- 
K> bîent n'être que cou & jambes , ils ne 
» fortent du nid 5 que plus de vingt 
35 jours après leur naiffance , le père & 
95 la mère les nourriffent, dans les premiers 
«> temps 5 de fan g - fues , de lézards & 
» de frai de grenouilles , & enfuite des 
30 petites anguilles; les premières plu- 
a>mes qui leur viennent font rouffes 5 
» comme celles des vieux -, leurs pieds 
35 &: le bec font plus blancs que verts. 
«Lesbuzards, qui dévaftent les nids de 
>» tous les autres oifcaux de marais, toii- 
» chent r^îrement à celui du butor *, le 
» père & la mère y veillent fans ceiîe 
«>& le fJéfendent*, les enfans n'ofent en 
3> approcher 5 ils rifqueroient de fe faire 
•5 crever le^ yeux. 

x>Il eft facile de diftinguer les butors 
» mâles , par la couleur & par la taille, 
» étant plus beaux , plus roux & plus 
» gros que les femelles •> d'ailleurs ils oiii 



xir. 



Fl.riz./uu^,zf^. 




^: 



I^E B^^TOR, 



du Butor. 1^5 

les plumes de la poitrine & du cou«; 
plus longues. ^ 

La chair de cet oifeau , fur-tout celle ce 
des ailes & de la poitrine eft aflezcc 
bonne à manger , pourru que Ton en ce 
ote la peau, dont les vaiileaux capil-os 
laires font remplis d'une huile acre &« 
de mauvais goût, qui fe répand dans^ 
îes chairs par la cuiffon, & lui donne « 
alors une forte odeur de marécage. » 



O I S E A U X 

DE L'ANCIEN CONTINENT 
Qui ont rapport au But OR. 

LE GRAND BUTOR (a). 

Première ejpèce, 

G E s N E R eft le premier qui ait parlé 
de cet oifeau , dont Tefpèce nous paroît 
faire la nuance entre la famille des hc- 

(^a) Ard&a flellaris major. Gefner , y^W. pag. 21 S, 
lYtc une mauvaife figure répétée, Icon, Jn^ 



I 66 Hijîoire Naturelle 

rons & celle des butors, les habitans 
des bords du îac Majeur en Italie , rap- 
pellent ruffey ^ fuivant AIdrovande , iî 
a le cou roux avec des taches de blanc 
& de noir -, le dos & les ailes font de 
couleur brune , & le ventre eft roux j 
fa longueur , de la pointe du bec à 
l'extrémité de la queue, eft au moins 
de trois pieds & demi , & jufqu'aux 
ongles de plus de quatre pieds \ le bec 



page 1 19. — Aîdrovande , y^pf. tome III , pag. 408, 
avec la figure prife de Gefner ; & page 410, une 
figure plus reconnoiPiable, fous le nom de ardea 
flellaris major , jive ruhra cirrata. — Willughby , 
OriiithoL page 208. — Ray, ^jy//op/? ^r/. pag. 100, 
n.o i;^.' — Jonilon, Avi. page 105, fous le nom 
de ardea flellaris major ; & tab. 50 , fous celui de 
ardea cinerea alba, • — Ardea maxima lutefiens, macn- 
lis ingrisfagittatis denfijjime afpeifa. Barrère , Orni^ 
ihol. cîaf. IV, Gen. i, vSp. i. — Ardea criflata 
mcculofa fnfca. Idem , ibid. claf. i V , Gen. i , 
Sp. III. — Ardea criftata fuperuè cinereo fufca j in- 
fernè rufa ; venue & criftâ nigris ; collo ad latera 
Tufo ; t<cniâ longitiidinali uigrâ notato , inferiore albo, 
maculis longitudiualibus nigris & albo rufefcentibus 
vario ; pennîs in colli inferioris imâ parte lovgijjimis ; 
TeStricibus cinereo fnfcis ; roflro flavicante ; pedibus 
fufcis. . . . Botaurus major, BrilTon j OrnithoU 
tome V , page 455. 



des Oijeaux étrangers. i6j 

a huit pouces, il eft jaune ainfî que les 
pieds : la figure dans AIdrovande, pré- 
fente une huppe , dont Gefner ne parle 
pas 5 mais il dit que le cou eft grêle, 
ce qui femble indiquer que cet oifeau 
n eft pas un franc butor , suffi Aldro- 
vande remarque-t-il que cette efpèce pa- 
roît mélangée de celle du héron gris & 
du butor, & quon la croiroit métive 
de Tune & de l'autre , tant elle tient 
du héron gris par la tête , les taches 
de la poitrine , la couleur du dos & des 
ailes & la grandeur , en même temps 
qu elle reffemble au butor par les jambes 
& par le refte du plumage , à Texcep- 
tion qu il n eft point tacheté. 



LE PETIT BUTOR (h). 

Seconde efpèce. 

Cette petite espèce de butor, vue fur 
le Danube par le Comte Marfigli, a le 
plumage roufsâtre, rayé de petites lignes 

(b) Ardea vindi flavefcens , nova fpecies, MarfîgL 
Daiiuh. tome V , page 22 ^ a^'ec une tigure mal co- 



1(3 8 Hijloire Naturelle 

brunes , le devant du cou bîanc & î^ 
queue blanchâtre s fon bec n'a pas trois 
pouces de long *, en jugeant , j^ar cette 
iongucur du bec, de fes autres diuien- 
fions que Marfiglt ne donne pas , & en 
les fuppofant proportionnelles , ce bu- 
tor doit être le plus petit de tous ceux de 
notre continent. 

Au refte, nous devons obferver que 
Marfigli paroît fe contredire fur les 
couleurs de cet oifeau , en l'appelant 
ardea yiridi-fiavefcens. 



loriée, tab. 9. — ICîein, JvL page 124,11.0 3. — 
J.Tdearupfuns yfujco firiata ; pitture 6* collo infe-- 
TÎora candidh ; reëtricibus albicautibus ; roflro fupmiii 
obfcure fnfco , in fumé flavo ; ptdibui fufcis, . . . j?»- 
tauru^ minor, Briffon, OruïthoL tome V,pag. 452, 




LE BUTOR 



des Oifeaux étrangers. 1^9 



LE BUTOR BRUN RAYÉ (c). 

Troijîème efpcce. 

C'est encore ici un oifeau du Danube : 
Marfigli le défigne par le nom de butor 
brun, & le regarde comme faifant une 
efpèce particulière *, il eft auffi petit que 
le précédent *, tout fon plumage eft rayé 
de lignes brunes , noires & roufsâtres , 
mêlées confufément, de manière qu'il en 
réfulte en gros une couleur brune. 



Ce) J.rdea fufcn, nom Jpedes, Marfigl. DaiiuL 
tome V , page 24, avec une figure qui paroît aflfez 
bonne, tab. 10. — Ardeâ lineolis fufiis, nigris ô* 
rufefcentibus jliiata : collo iiiferiore ^ peêtore alùkaii" 
tibns ; re&ricibus fufio , iiigro 6* rufe/ceine flriads; 
Toflro faperiiis fujco , inftrnè flavo , pedibus grifeis, 
lineolis atris notatis. . . . Botaurus flriatus, Blilîbn^ 
OrnithoL tome V , page 454. 



**g,j^ 



Oifeaux ^ Tome XÎV. H 



îjo Hlfiolre Naturelle 

LE BUTOR ROUX (d). 

Quatrième efpcce. 

Tout le plumage de ce butor eft 
d'une couleur uniforme, roursâtre-cîaire 
fous le corps, & plus foncée fur le dos ^ 
îes pieds font bruns, & le bec eft jaunâ- 
tre. Aldrovande dit que cette efpèce lui 
â été envoyée d'Epidaure, & il y réunit 
celle d'un jeune butor , pris dans les ma- 
rais près de Bologne , qui même n'avoit 
pas encore les couleurs de Tâge adulte : 
il ajoute que cet oifeau lui a paru ap- 
partenir de plus près aux butors qu'aux 



(à) Jrdea flellaris tertîum genus. à îcirovande , 
^vi. tome III, page 410, avec une figure qui 
parok aflTez bonne, page 411. — Wilïughby , Onn^ 
Mo/, page 208. — Ray, Synopf. Avi. page 100, 
n.^ 12. — Marfigl. Danub. tome V, page 18 , avec 
une figure inexadle, tab. 7. — Ardea fupernè nigri- 
cans , infime rufifcens ; vtrtiu nigro ; coLlo finugiueo ; 
UTopygio albo ; redtricibus nigricantlbus ; rojîro fupernè 
nigricantey infime comeo colore tin&o ; ptdibus fufcis... 
Botaurus rufus, BrilTon, OmithoL tome V, pag. 458. 



des Oifeaiix étrangers, i 7 1 

hérons. Au rcfte, il fe pourroit, fuivant 
la conjedure de M. Salerne, que ce fut 
cette même petite efpèce de butor qui fe 
voit quelquefois en Sologne, & que Ion 
y connoît fous le nom de quolmeau (c)^ 
M.?riîgli place auffi fur le Danube cette 
efpèce 5 qui efl: la troificme d'A'drovande, 
& les Auteurs de rOrnithoîogre italienne 
difent qu'elle eft naturelle au pays de 
Bologne (J).^ 

Il paroît qu'elle fe trouve auffi en AI- 
face, car M. le Doâeur Hermann nous a 
mandé qu'il avoit eu un de cqs butors 
roux qui a conftamment refufé toute 
nourriture, & s eft laiflé mourir d'inani- 
tion , il ajoute que, malgré fes longues 
jam.bes, ce butor montoit fur un petit 
arbre dont il pouvoit embrafler la tige en 
tenant le bec & le cou verticalement & 
dans la même ligne (g). 

(t) Hifîoire des Oifeaux de Saïerne,;;û!^e 313. 

(f) Sgaria fteilare rojjlccia. Gerini, tome I f^, 
fage 50. 

(g) Extrait d'une îettre de M- le Dodeur 
Hermann à M. de Montbeiiïard , datée de Straf- 
b(Hirg le 22 feptembre 1779. 

Hij 



lyi Uijloire Naturelle 
" LE PETIT BUTOR 

DU SÉNÉGAL. 

Cinquième efpèce. 

Nous RAPPORTERONS aux butors roî- 
feau donné dans nos planches enluminées 
fous le nom de petit héron du Sénégal y 
qui en eftèt paroît à fon cou raccourci & 
bien garni de plumes 5 être un butor plu- 
tôt qu'un héron *, il eft auflî d une très- 
petite efpèce, puifqu'il. n'a pas plus d'un 
pied de longueur. Il eft aflez exactement 
rcpréfenté dans la planche pour que fon 
n'ait pas befofn d'une autre defcription. 

m ■• ' ■• " " " ■■«■ni« I II m I If Ml 

* ?%/e^ les planches eijuminécs, iu^ 315. 




des Oifeaux étrangers, i 7 j 



L E P O U A C REy 

ou BUTOR TACHE TÉ (h). 

Sixième efpèce. 

JLes Chasseurs ont donné le nom 
de Pouacre à cet oifeau \ fa grofleur 
eft ceîîe d'une Corneille , & il a plus 
^ de vingt pouces du bec aux ongles ^ 
tout îe fond de fon plumage eft brun , 
foncé aux pennes de Taile , clair au- 
devant du cou & au-deflbus du corps ; 
parfemé fur la tête, le deifus du cou, 
du dos & fur les épaules de petites ta- 
ches blanches , placées à Textrémité des 
plumes '-) chaque penne de Taile eft aufîi 
terminée par une tache blanche. 



(h) Der fchwartie reiger, Frifch , vol. Il, 
divif. 12, fea. I, pi. 9. — Jfdea fufca, fupzrnà 
fauiratiiLSy infernè dilutias ; faperuè albo punàulata ; 
redîncibiis fufcis ; fyatio roflrnm in ter & ocidos nudo 
virefiente ; roftro fipernè fufco , infernè flavo - viref- 
Ciiite; pedibus fufco-virefccntihiis. . . . Botaurus ii<q- 
vins, BrilTQn, OniithoL t©me V, page 462. 

Un} 



174 Hijloire Naturelle 

Nous lui rapporterons le pouacre de 
Cayenne , repréfenté dans nos planches 
enluminées 5 n.^ 939 qui paroît n'en 
différer qu'en ce que le fond du plu- 
mage fur le dos efl; plus noirâtre , & 
que le devant du corps eft tacheté de 
pinceaux bruns, fur fond blanchâtre, 
légères différences qui ne paroiffent pas 
caradérifer aflèz une diverfité d'efpèce 
entre ces oifeaux , d'autant plus que la 
grandeur eft la même. 




des Oifeaux cf rangers, ij^ 



O I S E A U X 

DU NOUVEAU CONTINENT 

Qui ont rapport au B u t O R. 

L' È TO ILE (a). 

Première ejpèce. 

Cet oiseau eft le i^utor hrun de la 
Caroline de Catefby , i^ ^ trouve auffi 
à la Jamaïque , & nous lui donnons le 
nom à! étoile ^ parce que fon plumage 



fa) Brown biiteni. Catesby , Carolin. tome I, 
page 785 avec une belle figure. — Sniall hittern, 
Sloane, Jamaïc. page 315, n.'^ 5. — R-^y , Synopf, 
Avi, page 189, n.-^ 4. — Ardea minor , fiih - fufco 
grifea , cruribus hrcvioribus. Brown. Hijl, Nat> vf 
Jamaïc, page 478. — Ardea fufca, Klein , Avi. 
page 124, n.^ 3. — Ardea fufca , fupernè fatiira- 
îius y infernè diUîlhs ; alis fipeniè albo piin&alatis , ' 
Ttaricibus cinereo ccendefcentibus , fpatlo rojîium in* 
ter & oculos nudo , ^ rofiro inftrlore viridibns , lofîr^ 
fuperlore nigro-pirefientc ; pedibus flavo-virefcentïbus, ,^ 
BotaiiTîLs Ammcauus médius. BiiiTon 5 OrnïùIioL 
tome V, page 464. 

Hiv 



ij6 Biftoire Naturelle 

entièrement brun , eft femé fur l'aîîc 
de quelques taches blanches jetées com- 
me au hafard dans cette teinte obfcure-, 
€es taches lui donnent quelque rapport 
avec refpèce précédente , il eft un peu 
moins grand que le butor d'Europe *, ii 
fréquente ies étangs & les rivières loin 
de la mer, & dans les endroits les plus 
élevés du pays. Outre cette efpèce , qui 
paroît répandue dans plufieurs contrées 
de TAmérique feptentrionale , il paroît 
qu'il en exifte une autre vers la Louifiane, 
plus femblable à celle d'Europe (h J* 



LE, BUTOR JA UNE 
DU Brésil ( c). 

Seconde efpèce. 

Par les proportions même que Marc- 
grave donne à cet oifeau , en le rap- 
portant aux hérons, on juge que c'eft 

(b) a Les butors font des oifeaux aquatiques 
99 qui vivent de poifîbn ; ils ont le bec très gros ; 
>? ils font connus en France , ainli je n'en dirai 
rien davantage. »> Le Page Dupratz ; Hiftoire de U 
Jjouijlane, tome II, page 218. 
y (cj Alla ardeic fpccm. Marcgrave , Eijl. Nau 



des Oifeaux étrangers, lyy 

plutôt un butor qu'un héron -, la grof- 
feur du corps eft celle d'un canard \ le 
cou eft iong d'un pied ^ le corps de 
cinq pouces & demi -, la queue de qua- 
tre •> les pieds & la jambe de plus de 
neuf-, tout le dos avec l'aile , eft en 
plumes brunes lavées de jaune , ies 
pennes de l'aile font mr- parties de noir 
& de cendré , & coupées tranfverfale- 
ment de lignes blanches -, les longues 
plumes pendantes de la tête & du cou , 
font d'un jaune-pâle , onde de noir ^ 
celles du bas du cou , de la poitrine 
& du ventre , font d'un blanc onde 
de brun & frangées de jaune à l'entour. 



B ra fil. •p?ige 210. — Jonfton, Ai^l. page 143. — 
Ardea Brafilienfis , flellari fimilis Marcgrai^ii. — -. Wil- 
iughby, OrnithoL page 209. — Aidea Brafilien- 
fis y cinereiz fimilis Marcgmvil, Ray , Synopfi Avi» 
page loi, n.^ 16. — Ardea fupernè f(ip:a , rufefceute 
flriata, infernè alha fufco flriata ; marginihus peniia" 
rum rufefcendbus ; capite & collo fuperiore rufiefi^eiid- 
lus, nigro firiatis ; re&ricihus partim ni gris ^ parlim 
cinereis y alho traiifverfim flriatis ; rofiro faperius fup:o , 
in exortu 6* infinie flavo-virefceute ; pedihus obfcnr^ 
grifeis. . . . Botaurus Brafilienfis. Brifton^ Q/Vii. 
th(jL tome V , page 460, - 

H V 



lyt Hijîoire Naturelle 

Nous remarquerons comme chofe fin- 
gulrère 5 qu'il a le bec dentelé vers la 
pointe y tant en bas qu'en haut. 

^LE PETIT BUTOR de Cayenne. 

Troî/ïème e/fèce. 

v^E PETIT Butor n'a guère qu'un pied 
ou treize pouces de longueur , tout 
fon plumage , fur un fond gris rouf- 
sâtre 5 eft tacheté de brun - noir par 
petites lignes tranfverfales très-preffées, 
ondulantes & comme vermrculées en 
forme de zigzags & de pointes au bas 
du cou 5 à l'eftomac & aux flancs *, le 
defîus de la tête eft noir , le cou très- 
fourni de plumes , paroît prefque auiîî 
gros que le corps. 

m " I 'I I I ■■ Il I »■ ■ ■ < Il I» .1111 n, 

* Foyei les planches enluminées , n,^ 763. 



des Oifeaux étrangers. 175 



L E B UT O R 

^B LA BAIE D' HU D S O N (.d }^ 

Quatrième efpccc. 

J-jA livrée commune à tous les butors; 
eft w\\ plumage fond roux ou roufsâtre 
plus ou moins haché & coupé de lignes 
& de traits bruns ou noirâtres \ ôc 
cette livrée fe retrouve dans le butor 
de la baie d'Hudfon , il eft moins gros 
que celui d'Europe , fa longueur du 
bec aux ongles , n'eft guère que de 
deux p-ieds (ix pouces. 

fdj Bnternfrom Hudfon's hay. Ed^^ards , Hijlor^ 
§f Birds, tome 111, page & pi. 136. — Arda 
Jupernè rnfefcens, nigrlcaute tranfverfim flriata , in- 
fevnè candicanSj macul'n loiigitiidinaUbus rnfefcentibus , 
nigro afperjîs , varia; perfice nlgricanîe ; collo infc* 
riore alho , macuUs loiigitndinalibns rufefcentibus , nigro 
inargiiiatis, vano; ptmùs in colli inferioris imâ partt 
lougijjïmus ; redricibus rafefcentibus , nigrlcaute tranf- 
verfim flriatis ; roflro fuperius & apice nigricaim y in- 
fane luteo ; pedibus flavis, , , , Botaurus freti Budjh" 
nis, BrilTonj OrnithoL tome V, page 449. 

H vj 



i8® Hifîoîre Naturelle 



"" L' O N O RÈ. 

Cinquième efpecc. 

ISiOUS PLAÇONS à la fuite des butors 
du nouveau continent , les oifeaux nom- 
més onorés ^ dans nos planches enlu- 
iTiinées, Ce nom fe donne à Cayenne, 
à toutes les efpèces de hérons , cepen- 
dant les onorés dont il s'agit ici , nous 
paroiflent fe rapporter de beaucoup plus 
près à la famille du butor , ils en ont 
la forme & les couleurs , & n'en dif- 
fèrent qu'en ce que leur cou eft moins 
fourni de plumes quoique plus garni 
& moins grêle que le cou des hérons. 
Ce premier onoré eft prefque auffi 
grand , mais un peu moins gros que 
le butor d'Europe ^ tout fon plumage 
eft agréablement marqueté & largement 
coupé par bandes noires tranfverfales , 
en zigzags, fur fond roux au-deffus 
du corps & gris -blanc au-deffous. 

^ Voyei îes planches enluminées, n.^ 790^ fou$ 
la dénomination &' Onoré de Cayennc, 



des Oifeaux étrangers. 1 8 i 

"" L'ONORÈ RAYÉ. 

Sixième efpece. 

Cette espèce eft un peu plus grande 
que la précédente 5 & îa longueur de 
Toifeau , eft de deux pieds & demi 9 
les grandes pennes de Faile & la queue 
font noires ', tout le manteau eft joli- 
ment ouvragé par de petites lignes 
très-fines de roux , de jaunâtre & de 
brun 5 qui courent tranfverfalement en 
ondulant & formant des demi-feftons •, 
le At&ss du cou & îa toXo, , font d'un 
roux-vif, coupé encore de petites lignes 
brunes, le devant du cou & du corps 
eft blanc, légèrement marqué de quel- 
ques traits bruns. 

Ces deux efpèces d'onorés nous ont 
été envoyées par M. de la Borde , 
médecin du Roi à Cayenne , ils fe 
cachent dans les ravines creufées par les 

* Voy^l les planches enluminées^ n,^ 860. 



I 8 2 Hijloire Naturelle 

eaux dans les Savanes , & ils fréquen- 
tent le bord des rivières , pendant les 
féchereflèsj ils fe tiennent fourrés dans 
les herbes épaifles \ ils partent de très- 
îoin 5 & on n'en trouve jamaîs deux 
cnfemble s îorfque Ton en bleffe un , 
il ne faut Tapprocher qu'avec précau- 
tion , car il fe met fur la défenfivc , 
en retirant le cou & frappant un grand 
coup de bec & cherchant à le diriger 
dans les yeux , les habitudes de Tonoré 
font les mêmes que celles de nos 
hérons. 

M. de la Borde a vu un onoré privé 
ou plutôt captif dans une maifon \ il 
y étoit continuellement à Taflût dts 
rats -, il les attrapoit avec une adreife 
fupérieure à celle des chats , mais j. quoi- 
qu'il fût depuis deux ans dans la maifon , 
il fe tenoit toujours dans des endroits 
cachés 5 &, quand on l'approchoit, il 
cherchoit , d'un air menaçant , à fixeip 
les yeux. Au refte , lune & l'autre 
efpèce de cts onorés paroilTent être 
fédentaires chacune dans leur contrée, 
& toutes deux font aflez rares. 



des Oifeaux étrangers, i 8 j 

■wiHmnwiii w p i H iii I iiiii MM i i i <( i p igii i iiiwwwiii— ■rmm-iii T iiiii iM ii m 

fc ■ ,,....■ 1.1 1 . — ■ .1 " ' ' "■" ' ■* 

VONORÈ DES BOIS(e). 

Septième efpece. 

On appelle atnfi cç^iit efpèce à la 
Gu/ane , nous îui îatiTons cette dé- 
nomination fuîvant notre ufage de con- 
ferver aux efpèces étrangères , le nom 
qu'elles portent dans îeur pays natal. 



(e,) Soco BrafiUenfibus, Marcgrave , Hlfl, NaU 
Braf. page 19:.), avec une figure peu exade. — 
Jonflon, ^W. page 1:^6. — Wiiiughby, OmithoL 
page 209. — Ray, Synopf Avi. page 100, n.^ 14. 
" — ÇqcoI tenius. Pifon , Hif}, Nat. page 90 , avec la 
figure empruntée de Marcgrave. — Jrdea fyha- 
tica coloris fenugimi : Onoré des bois par ies 
François de ia Guyane. ]3arrère , France éguinox* 
page 125. — ^rdea American a > /ylpatica, coloris 
ferra^inei. Idem , OrnithoJ, claf. IV, Gen. i , 
Sp. 14. — Ardea CuOpi/ca major, collo & perfore 
alh undatis. Browne, Nar. hift. ofJamaYc. pag. 478. 
— Ardea nigricans , flaucfcente punàuLita ; cap i te 6* 
collo fuperiori fiifcis , nigm puvHidatis ; collo inferiore 
albo , macidis longitudinal ibus ni^ris fuCds vario : reor 
tricibns nigricannbus ; roflio nigro ; J^edibus fufcis, , . . 
Ardea Brafilienfis, Briiibn j OrnuhoL tome V, 
page 441. 



I s 4 Nijîoire Naturelle 

purfque aeft le feul moyen pour les 
habitans de les reconnoître , &: pour 
nous de les leur demander. Celle - eî 
fe trouve à la Guyane & au Brélîl •, 
JMarcgrave la comprend fous le nom 
générique de /bco j avec les hérons : 
mais elle nous paroît avoir beaucoup 
de rapport aux deux efpèces précédentes 
d'onorés , & par conféquent aux butors ', 
le plumage efl , fur le dos , le crou- 
pion , les épaules , d'un noirâtre tout 
pointillé de jaunâtre : & ce qui neft 
pas ordinaire , ce plumage eft le même 
fur la poitrine , le ventre & les côtés ; 
le deffus du cou eft d'un blanc mêlé 
de taches longitudinales , noires & bru- 
nes : Marcgrave dit que le cou eft long 
d'un pied , & que la longueur totale 
du bec aux ongles eft d'environ trois 
pieds* 




du Bihoreau, i 8 ^ 



"" LE BIHOREAU (a). 

JLa plupart des Naturalîftes ont dé- 
figné le Brhoreziu fous le nom de cor- 
beau de nuit (nyclicorax) ; & cela d'a- 



* Voyei les planches enluminées , n,^ 758 îe 
mâle , & //.^ 759 la femelle. 

(a) En Allemand, nachtrah , bundter-reger , 
fch'ild reger ; en Angloîs, night-ravzn ; en Flamand ^ 
quack ; en vieux François , roupeau, 

Bihoreau ou roupeau j efpèce de héron. Béîon , 
Hifl. Ndt. des Oi/èaux, page 197, avec une mau- 
vaife figure, page 198. — Bihoreau, roupeau, 
idem , Portraits d' oi féaux , page 44, a, avec la même 
figure. — Nvdicorix. Geîiier, Avi. page 62J , avec 
une très - maiivaile figure; la même, Icon, AvL 
page 18. — Aldro-'ande, Avl. tome IIÎ , page 271, 
avec la figute prife de Gefner , page 272. — Jonf- 
ton , Ai^L page 95 , avec la ms^me figure , tab 20. 
Sibbald. Scot. illuft. part. II , îib. 1 1 1 , oage 15. — - 
Chariemn , ^xercif. page 79, n.-' 9. Idiem, Ouo^ 
maxt, page 71 , n.'^ 9. — Jrdea varia, Schvvenck- 
feld, Ai^i. Silef. p2igQ 226, — Ardea varia Schwenck^ 
feldii ; corvus noÇturnus agr'cola, Klein , Avi. pag. 123, 
n.^ 5. — Ardea cineraa minor. Jonfton , Avù 
page 103, avec la figure em^pruntée d'Aidrovande, 
tab. 50. — l'^ay, SynopC. Api. page 09, n.'^ 3. — 
Rzaczynski, Audèuar, Hljî, Nau Polon. page 364, 



1 8 6 Hi/îoire Naturelle 

près rcfpcce de croaiTciiient ^étrange ; 
plutôt de râlement effrayant & lugu- 
bre qu'il fait entendre pendant la nuit 
(bj ; c'eft le feul rapport que le biho- 
reau ait avec le corbeau , car il ref- 
feaible au héron par la forme & Tha- 



' — Marfigî. Danuh. tome V, page lo, avec une 
très-mauvaife figure, tab. 3. — Aidea cimrea mi- 
iior , germauis ny&icorax, Wiilughby , Ornitliol. 
page 204. — Ardea cirrata, alha, dorfo nigro. Bar- 
rère, OnnthoL claf. iv, Gen. i, Sp, 7. — Jrdea 
criflà occipitis tripenni dependeme ; dorfo nigro, aldo" 
mine flai^cfcente .... nydticorax. Linna^us , Syfl, 
iK'at. éd. X, Gen. 76 , Sp. 9. — Der afchgraue rd- 
ger, mit 3. Nacken fedenu Frifch , vol. 1 1, div. 12 , 
feét. I , pi. 10. — Corbeau de nuit. Albin, 
îome II y page 43, avec une figure mal eoîoriée, 
pi. 67. — ' Ardea fupernè obfcure viridis , infernè 
aléa, vertice nigro i^ i ri défi en te ; tceniâ in fyncipire Ef 
fupra oculos candidâ ; pennis tribus in occipite fîri&if- 
fimis , longijjîmis , candidis ; collo fuperiore albo cine- 
rafiente ; uropygio dilaté cinereo , remigibufqne cine-' 
reis ; roftro nig'ricante; pedibus viridi-flavicantibus. . . 
Nyi^icorax, Èrifibn , Ornithol. tome V, page 226. 
— hJota. Il paroît qu^il fe trouve aux Antilles un 
bihoreau femblable à celui d^Europe , &; qu'on 
reconnoît dans Vardea cinerea vojlro curpiori du 
P. Feuiliée O^/^ page 411. 

(b) Fefperc & nodtu abfonâ voce mokjîat. Schwenck- 
feld, Api. Silef page 226. 



du Bihoreau. 187 

bitude du corps ; mais il en diffère 
en ce qu^iU a le cou plus court & 
plus fourni , îa tttt plus grolîë , & le 
bec moins effile & plus épais , il eft 
auflî plus petit , n'ayant qu'environ 
vingt pouces de longueur , fon plumage 
eft noir , à reflet vert fur la tête & 
la nuque \ vert-obfcur fur le dos 5 gris- 
de-perle fur les ailes & la queue, & 
blanc fur le refte du corps 5 le mâle 
porte fur la nuque du cou , des brins , 
ordinairement au nombre de trois .3 
très -déliés , dVui blanc -de- neige (c) ^ 
& qui ont jufqu'à cinq pouces de lon- 
gueur 5 de toutes les plumes d'aigrette , 
celles-ci font les plus belles & les plus 
précieufes (d)'^ elles tombent au prin- 
temps 5 & ne fe renouvellent qu'une 
fois par an , la femelle eft privée de 
cet ornement , & elle eft allez diffè- 



re J *< Enu-e les plumes noires du delTus de fa 
tête fortent d'autres petites plumes blanches , u 
longues 6c déliées, qu^il fait moult beau voir. >> 
Béton. 

(dj ««Eilesfe vendent à haut prix, dit Schweiick- 
feîd, & notre jeune nobieile aime à ies porter u 
m panache fur ie chapeau, y 4yu Silef page 226» 



i88 Hijloire Naturelle 

rente du mâle , pour avoir été mé- 
connue par quelques Naturaliftes. La 
neuvième efpèce de héron 5e M. Briflon , 
n'eft en effet que cette même femelle 
( e)'^ elle a tout le manteau d'un cen- 
dré -roufsâtre 5 des taches en pinceaux 
de cette même teinte fur le cou.j & 
le deffus du corps gris -blanc. 

Le bihoreau niche dans les rochers, 
fuivant Bélon , qui dérive de-Ià fon 
ancien nom roupeau ( f) ; mais , félon 
Schwenckfeld & Willugby , c'eft fur 
les aulnes près des marais , qu'il éta- 
blit fon nid (g)i ce qui ne peut fe 
concilier qu'en luppofant que ces oî- 
feaux changent d'habitude à cet égard 
fuivant les circonftances *, en forte que, 
dans les plaines de la Siléfîe ou de la 
Hollande, ils s'établiffent fur les arbres 
aquatiques , au lieu que , fur les côtes 
de Bretagne , où Bélon les a vus , ils 

(e) Le héron gris. Briflon, OrnithoL tome V, 
page 412. 

(fj Nat. des Oifeamx, jp^^-e 197. 

( ë) ^^^^^ fixant gregatim , in alnis & fru&lcihus 
ienfis, Schwenckfeld, page 226^ voye^ auffi Wil- 
lughby , page 204. 



du Bihoreau. 189 

nichent dans les rochers , on afliire que 
îeur ponte eft de trois ou quatre œufs 
blancs (h). 

Le bihoreau paroît être un oîfeau 
de paflage , Bélon en a vu un expoié fur 
le marché au mois de mars *, Sch wenck- 
feld afliire qu'il part de Silélîe au com- 
mencement de l'automne , & qu'il re- 
vient avec les cigognes au printemps (i)i 
il fréquente également les rivages de 
îa mer & les rivières ou marais de 
rintérieur des terres : on en trouve 
en France dans la Sologne (k) ; en 
Tofcane fur les lacs de Fucecchio & 
de Bïentine ( l) ; mais Fefpèce en eft 
par-tout plus rare que celle du héron 9 
elle eft auffi moins répandue & ne 
s'eft pas étendue jufquen Suède (m). 

Avec des jambes moins hautes & un 



(h) WHiughby, Schwenckfeld. 

(i) Avi. Sikp page 226. 

(k) Hift. Nat. des Oifeaux , ;7«^^2 310. 

(l) Ornithologie italienne, tome IJ^, page 49. 

(nij Nous en jugeons par le lilence que garde 
fur cette efpèce M. Linnsçus dans fou Fauna 
Suecica. 



ijo Hijîoire Naturelle 

cou plus court que le héron 5 îc ï>r- 
horeau cherche fa pâture moitié dans 
Teau 5 moitié fur terre , & vit autant 
de grillons , de limaces & autres in- 
fe6les terreftres , que de grenouilles & 
de poiflbns ( n) ; il refte caché pen- 
dant le jour 3 & ne fe met en mou- 
vement qu'à rapproche de la nuit , c'eft 
alors qu'il fait entendre fon cri ka j^ 
ka^ ka ^ que Willughby compare aux 
fanglots du vomiflement d'un homme (0). 
Le bihoreau a les doigts très- longs : 
les pieds & les jambes font d'un jau- 
ne-verdâtre 5 le hcc eft noir (p):, & 
légèrement arqué dans la partie fupé- 



(n) Schwenckfeld. 

(0) Ny&icorax , qiiod iuterdla clamet voce ahfonà, 
& tauquam pomiturienris. Willughby , page 204. 

(^p) Schwenckfeld paroît fe u-omper fur ia cou- 
ieur des pieds & fur celle du bec ; mais Kiein fe 
trompe davantage en exagérant les expreflions de 
Schwenckfeld qu'il tranfcrit ; Schwenckfeld dit, 
Toflrum ohfcurè rnhtt .... cmra nigrkant cum rw 
ledine : Klein écrit, roflro fan gain eo prout 6* pedes ; 
ce qui ne peut jamais convenir au bihc^reauj 6c le 
rend mceonnoiffable. 



PLP7ZI.j^ci^ . i^o . 




LE lilIIOREAU. 



du Eihoreau. 191 

rîeure *, fes yeux font brillans, & Tiris 
forme un cercle rouge ou jaune-aurore 
autour de la prunelle. 

^LE BIHOREAU de Cayenne. 

Ce Bihoreau d'Amérique eft auflî 
grand que celui d'Europe , mais il pa- 
roît moins gros dans toutes fes parties ; 
le corps eft plus menu -, les Jambes font 
plus hautes , le cou 5 la tête & le bec 
font plus petits : le plumage eft dun 
cendré-bleuâtre fur le cou & au-deflbus 
du corps -, le manteau eft noir frangé 
de cendré fur chaque plume , la tête 
eft enveloppée de noir , & le fommet 
en eft blanc ^ il y a auffi un trait blanc 
fous l'œil 5 ce bihoreau porte un pa- 
nache compofé de cinq ou iîx brins , 
dont les uns font blancs & les autres 
noirs. 

^ f^^y^l les planches enluminées, lu^ igg. 



192 Mifloire Naturelle 



* L'OMBRETTE (a). 

C'est a M. AdAnson que nous de- 
vons la connoiflânce de cet oifeau, qui 
k trouve au Sénégal -, il eft un peu 
plus grand que le bihoreau , îa couleur 
de terre d'ombre , ou de gris - brun 
foncé de Ton plumage lui a fait donner 
le nom d'ombrette , il doit être placé 
comme efpèce anomale entre les genres 
des oifeaux de rivage , car on ne peut 
le rapporter exactement à aucun de 
ces genres 5 il pourroit approcher de 
celui des hérons , s'il n'avoit un bec 
d'une forme entièrement différente , & 
qui même n'appartient qu'à lui , ce bec 
très-large & très -épais près de la tête, 
s'alonge en s'aplatifTant par les côtés ^ 



* Voyei îes planches enluminées, //.^ 796. 

(a) Scopus fufcus , fupernè faturatius , infeniè diïw 
tius; teàricibus candie infer:oril)us , redtricibufque dilutè 
fafcis , fufio faturatiore tranfvtrfun flnatis. . . ^Seo- 
j}us (a^^itici, umhraj,làx\^0ïi ^ Omlthol, tome V, 
page 503. 

1 arête 



de VOmhrette. i 93 

ïarêtc de îa partie fupérieure fe re- 
lève dans toute fa longueur , & paroît 
s'en détacher par deux rainures tracées 
de chaque côté , ce que M. Briffon 
exprime , en difant que le h^c fem- 
ble compofé de plufieurs pièces articu^ 
lées 5 & cette arête rabattue fur le bout 
du bec 5 le termine en pointe recour- 
bée -, ce bec eft long de trois pouces 
trois lignes *, le pied joint à la partie 
nue de la jambe a quatre pouces & 
demi , cette dernière partie feule a 
deux pouces : Ces dimenfions ont été 
prifes fur un de ces oifeaux 5 confervé 
au Cabinet du Roi. M. Briffon fem- 
ble en donner de plus grandes , les 
doigts font engagés vers la racine 5 par 
un commencement de membrane plus 
étendue entre le doigt extérieur & 
celui du milieu , le doigt poftérieur 
neft point articulé comme dans les 
hérons 5 à côté du talon , mais au ta- 
lon même. 

'%^ 

oifeaux i Tome XI F. I 



ï 94 Hifioire Naturelle 



*LE COURLIRI ou COURLJN. 

J-iE NOM de Coiirlan ou Courlîri ne doit 
pas foire imaginer que cet oileau ait 
de grands rapports avec les courlis , il 
en a beaucoup plus avec les hérons , 
dont il a la ftature &c prefque la hau- 
teur 5 fa longueur du bec aux ongles , 
eft de deux pieds huit pouces , la par- 
tie nue de la Jambe, prÙe avec le pied, 
a fept pouces -, le bec en a quatre , il 
efl: droit dans prefque toute fa lon- 
gueur 5 il fe courbe tbiblement vers la 
pointe 5 & ce n'eft que par ce rapport 
que le courlan s'approche des courlis , 
dont il diffère par la taille , & toute 
l'habitude de fa forme eft trcs-reffem- 
bîante à celle des hérons , de plus on 
voit 5 à l'ongle du grand doigt , la tran- 
che faillante du côté intérieur , qui re- 
préfente Tefpèce de peigne dentelé dç 
Tongle du héron *, le plumage du Cour- 
îan eflt d'un beau brun ^ qui devient rou* 

'* yoyei les planches enluminées, w.° 848. 



du CourlirL 



l Q C 



geâtre & cirivreux aux grandes pennes 
de i'aiîe & de la queue , chaque plume 
du cou porte dans fon milieu un trait 
de pinceau blanc. Cette efpèce eft nou- 
veile, & nous a été envoyée deCayenne, 
fous le nom de courlirï ^ d'oii on lut 
a donné celui de courlafi dans nos plan- 
ches enluminées. 



\LE SA VACO U (a). 

Le Sa v.^ cou efl: naturel aux régroas 
de îa Guyane & du Bréfii , il a affez 
la taille & les proportions du bihoreau', 



'^ J^ovex îes planches enluminées , //.^^ 38 & 26g. 

(a) Savacou ou Saouacon à Cayenne; rapapa par 
les Sauvages Garipanes ; tamatia •àw^M'é^iï ; c^eO: le 
fécond tamatia de Marcgrave , le premier eil un 
loifeau tout différent : voyci l'article des Oifmirx 
barbus. 

Tamatia BrapHenfihus diPfa. Marcgrave , Blfl,. 
Nat. BrafiL page 208, avec une très - mauvaife 
figure. — Jonfton, Ai^i. page 143, — Gallinula 
aquarica^ tamatia Brafiucnfiùus di&a Marcg'apii. 
Willughby, Or///Mo/. page 238. — • Ray, Synopf. 
\At'i' page 116^ n.Q 12. — Caiicwfa^us major rojho 



î 9 ^ HiVoire Naturelle 

& par les traits de conformation , comme 
par la manière de vivre , il paroî- 
troit avoifiner la famille des hérons , 
fî fon bec large & fingulièrement épaté, 
ne Ten eloignoit beaucoup & ne le 
diftinguoit même de tous les autres oi- 
feaux de rivage *, cette large forme de 
bec a fait donner au favacou le furnom 
de cuiller; ce font en effet deux cuillers 
appliquées l'une contre Tautre par le 
côté concave , la partie fupérieure porte 
fur fa convexité deux rainures profon- 
des qui partent des narines , & fe pro- 
longent de mîînicre que le milieu forme 
une arête élevée 5 qui fe termine par une 
petite pointe crochue j la moitié infé- 
rieure de ce bec , fur laquelle la fu- 
périeure s'emboîte , n'eft 5 pour ainfî dire , 



cochltaris inflar excavato , in^lfwie inagnâ extuherante. 
Barrère, France équiuox. page 128. — Cocklearius 
fufcus i capiîe fii^ro ; pcntre candlcarne variegato ; ne- 
triàbus fiifcis. . . . Cochkarius fufcus. BriiTon , Orui- 
thoL tome V, page 509. • — Cochlearlus fupeniè dm- 
reo aibus infernè fufco nifefcens ; capite fi/periore iii- 
gro ; fyncipiu , genis & collo iiiferiore albis : àorfo fw 
pr^mofaturatè cinereo ; redtrkibus cinereo albis, • • , 
Cochleurm. Idem j ibidem, page 506. 



du Savacou. 197 

qu'un cadre fur lequel eft tendue la 
pjau prolongée de la gorge , Tune & 
Pautre mandibules font tranchantes par 
les bords 5 & d'une corne folide & 
très- dure , ce bec a quatre pouces dès 
angles à la pointe 5 & vingt lignes dans 
la plus grande largeur. ' 

AvQC une arme iî forte , qui tranche 
& coupe > & qui pourroit rendre le 
favacDu redoutable aux autres oifeaux , 
il paroît s'en tenir aux douces habitu- 
des d'une vie paiiible & fobre v C^ l'on 
pouvoit inférer quelque chofe de noms 
appliqués par les Nomenclateurs , un 
de ceux que lui donne Barrère , nous 
indiqueroit qu'il vit de crabes (b); 
mais 5 au contraire , il femble s'éloigner 
par goût du voiiinage de îa mer , il 
habite les fwanes noyées , & fe tïtnt 
le long des rivières où la marée ne 
monte point (cj ; c'eft-li que, perché 
fur les arbres aquatiques , il attend le 
paflage des poiiTons dont il fait fa proie. 



(b) Cancrofa^ua , f/c. Voyei îa nomencfature. 

(c) Obrervations faites k Cavenne par M, So- 
HÎni de Manoncour. 



I ïi] 



iq8 Hiftoirc Naturelh 

& fur îefqueis il tombe en plongeant 
& fe relevant fans s'arrêter fur l'eau 
(dji il marche le cou arqué & le 
dos voûté 5 dans une attitude qui parok 
gênée , & avec un air auffi trille que 
celui du héron (e)^ il eft fauvage & 
fe tient loin des li^ux habités (f) ; fes 
yeux placés fort près de la racine du 
bec , lui donnent un air farouche *, lorf- 
qu*il eft piis, il fait craquer fon bec> 
& dans la colère ou T^g'^tation , il re- 
lève les longues plumes du fommet de 
fa tête. 

Barrère a fait trois efpèces de fava- 
cou (g) j que M. Brilîbn réduit à àcux 
{àj j & qui probablement fe réduifent 



(dj Mémoires communiqués par M. de la 
Borde, Médecin du Roi à Cayenne. 

fej Dojfo incun-atQ iiiceduis , & collo incuTvato, 
Marcgra- e. 

(f) M. de îa "Borde. 

(g) Onccrotalus JmeTicanus y cinereus , non macu' 
hpis. Barrère , Ornirhol. claf. i 1 1 , Gen. 1 1 , Sp. î. 
-^ — Ouocrotalus Jmtricauus y cinenus maculatus. Idem,, 
îbid. Sp. 2; & le cancrcfo<^us major, rapporté dans- 
la nomenclature. 

(h) A. cochlearius narius. BrifiQn ^ Ornith^L. 
çome Vç page 508. 



du Savacou. 199 

à tine feule -, en effet 5 le favacou grîs 
& le favacou brun , ne 'diffèrent nota- 
blement entr'eux que par le long pa- 
nache que porte le dernier -, & ce pa- 
nache pourroit être le caractère du 
mâle -, 1 autre , que nous ioupçonnons 
être h. femelle , a un commencement ou 
un indice de ce même caractère dans 
les plumes tombantes du derrière de 
la tttQ\ & 5 pour la différence du brun 
au grîs dans leur plumage , on peut 
d'autant plus la regarder comm.e étant 
de fexe ou d'âge *, qu'il exifte dans le 
favacou varié (i) ^ une nu:^.nce qui les 
rapproche. Du refte 5 les formes & les 
proportions du fcivacou gris & du fli- 
vacou brun font entièrement les mêmes *, 
& nous fommes d'autant plus portés 
à n'admettre ici qu'une feule efrèce , 
que la Nature , qui femble les mailtiplier 
en fe jouant fjr les formes commtin^es 
& les traita du p^an général de fes ou- 
vrages, laifîe au contraire comme ifolées 
& jetées aux confins de ce p]?n , les 



(i) Rapporté de Cavenne par M. Sonini 

I IV 



2 00 HiJIoire Naturelle 

formes finguîièrcs qui s'éioïgnent de 
cette forme ordinaire , comme on peut 
le voir par les exemples de îa fpatule, 
de Tavocette , du phénicoptère , &c. 
dont les efpèces font uniques & nont 
que peu ou point de variétés. 

Le favacou brun & huppé (planché 
enluminée ^ n? 86g ) , que nous prenons 
pour le mâle , a plus de gris-roux que 
de gris -bleuâtre dans fon manteau \ les 
plumes de la nuque du cou font noires 
& forment un panache long de fept à 
huit pouces , tombant fur le dos , ces 
plumes {o-Cit flottantes & quelques-unes 
ont jufqu'à huit lignes de largeur. 

Le favacou gris (planche enluminée ^ 
n.^ 3S ) y qui nous paroît être la fe- 
melie , a tout le manteau gris-blanc bleuâ- 
tre , avec une petite zone noire fur le 
haut du dos \ k deffous du corps eft 
noir mêlé de roux \ le devant du cou 
& le fronc font blancs -, la coiffe de îa 
X.ti^ tombante derrière en pointe , efl 
dVin noir bleuâtre. 

L'un & l'autre ont la gorge nue -, la 
geau qui la recouvre paroît fufceptibîe 
d\in renflement confidérable > c eft ap- 




LE. SAVACOU . 



du Savacou. 201 

paremment ce que veut dire Barrère par 
ingluvie extukerante. Cette peau , furvant 
Marcgrave , eft jaunâtre ain(î que les 
pieds*, les doigts font grêles & les pha- 
langes en font longues -, on peut encore 
remarquer que le doigt poftérieur eft 
articulé à cott du talon 5 près du doigt 
extérieur comme dans les hérons , la 
queue eft courte & ne pa/Te pas Taile 
plîée 5 la longueur totale de Toifeau eft 
d'environ vingt pouces. Nous devons 
obferver que nos meflires ont été prifes 
fur des individus un peu plus grands 
que celui qu'a décrit M. Briffon , qui 
étoit probwiblement un jeune. 




Iv 



20 2 ITiJîeire Naturelle 



''LA SPATUhE (a). 

\)uoiQUE k Spatule foit dune- figure 
très-caraftérifée & même fingulière , les 
Kom-encIa.teur5 npnt pas laiiTé de la 



^ Fbye:^ îes planches enluminées, /;.° 405. 

(a) En Grée, Asv^opacT/cç ; par emprunt de nom 
avec ie héron bîana, & par erreur nêxsx^/.v ; en La- 
tin, platea, platelea ; en Hébreu, kaath y fuivant 
Gefner; en Itaîlen, bïccaiove^lia ; en Allemand, 
j},elecan . loeffler ; en Suifie , fc/wfler ; en Flamand , 
iepelaer; en Angiois ^ /poonbil.j fi/ioi^tler ; en Suédoig, 
felecan ; en RufTe , caipêtfc. ; en Polonois , pélican , 
flaskohos; en Hlyrien, bucaci; en Catalan, pelli-^ 
eaiw ; à Madagafcar , fangali-am-hapa , c'eft-ci-dire,. 
bêche au bec. 

Pale, poche & cueiiiier. Bélon, jVjf. ^^^5 Of- 
féaux, page 194, avec une figure peu exacte. — 
Pale, poche 5,<:ueillier,truble. îdem, P^nmiis d'oi^ 
/ert/yA:> page 34, a, la même figure* — Pelecanus, 
Gefner, Avi, page 66^^ avec une mauvaifè figure,, 
page 666. — Pelecanus ^ platea veL plataka. Idem, 
Icon. Avi, page92,ai'ec une figure qui n'efi: pas, 
MîeiHeure. — Alhardaola y platea Plimi, platelea Ci- 
teronh y qnam pelecanum facit orvithologus, Aîdro- 
'vande, Ai^L tome III, page 384, avec une figure 
afiez reconnoifTabîe , page 385; & une autre moins 
Jbciaue , page 386,. -^ Jrdm. alla, jonûoix. JpL 



de la Spatule. 203 

confondre fous des dénomhiatîoiis im- 
propres & étrangères , avec des oifcaux 



page 103, avec une figure emprimte'e r?Aîdro- 
vande , tab. 46 , fous le titre , pelicanus , five flatea. 

— Platea , fwe peUcamis Aldrovandi, Willughby ^ 
Ornithol. page 212. — Ray, Synopf, Avi- pag. 102 , 
iî.° I. — Sibbald. Scou illuftr. part. II, îib. Xlli , 
page 18. — ' Platea Icucorodius IVilhighhdL. Klein, 
Jvi. page 126, r\P i. — Platea, Schwenckfeld , 
Jvl. Silef. page 341. — Platea candida, Barrére.^ 
Ornithol. claf. III, Gen. 29, Sp. i. — Jrdca alba, 
coc/ileaiia , plateola. Charleton , Exercit. page 109, 
51.^ 2. Idem, Onomait. page 103 , n.° 2. — Platea., 
five pelicanus Aldrovandi , &c, Marfigl. Danu5. 
tome V, page 28, avec une figure peu exade,. 
tab. 12.. ' — Pelicanus Gefnen , platea Plinii , plate- 
lea Cicemnis y &c. Rzaczynski , Auctuar, Hifl. Nat, 
Poloiu page 407. — Pelecanus. Moehr. Jpi. Gen. 60,. 

— Platea corpore albo. Leucorodios. Linraeus, Syft» 
JVaf, éd. X, Gen. 73 , Sp. i. — Alhardeola, MwL 
Worm. page 31Q. — PUtyrinchos. Muf. Befier, 
page 36<^,n.^ 4, avec une aflez bonne figure de \'à. 
tête, tab. 9, n.^ 4. — Der loeffel relier,. Frifch.,, 
Toî. Il,divif. I2,fea. i ^pL 7 es: 8. — ■ Palette. 
Anciens Mémoires de i^Académie , tome III, 
partie 1 1 1, pa^e 23 , avec une figure exade, plan^ 
che 5. — Pélican. Koibe, Defcription du cap de- 
Bonne-tfpérance y tome IIÏ, page 173^ avec une- 
figure, reconnoi fiable, page 172, n.o 4, — Petit: 
héron ou bec à cuiller. Aibin, tome TI , pa^e ai .y, 
a.\iee. une mauvaue figu.Cj pianche ()6.. — PU:£^ 



2 04 HiJIoire Naturelle 

tous dîfîérens , ils Tout appelée keron 
blanc (b) &c pélican (c) ^ quoiqu'elle 
fort d'une efpèce différente de celle du 
héron ( d ) ^ & même d'un genre fort 
éloigné de celui du véritable pélican; 
ce que Bélon reconnoît , en même 
temps qu'il lui donne le nom de poche , 
qui n'appartient encore qu'au pélican 
( e ) ^ &c celui de cuiller, qui défigne 
plutôt le phénicoptère ou flammant. 



criflata, in toto corpore candlda , oculorum amhitti £/ 
gnttfire nudis , nigris. . . . Platea. Brifibn , Orui" 
thol tome V, page 352. 

(h) Leukerodios que Gaza a traduit albardeola, . - 
Petit fiiwios ardca & albardeola ( lenkercdios ) qn<£. 
Wûgnirudine wiuorejî, roflro refîo ponedfoqiie. Ariftot. 
ïib. V 1 1 1 , cap. III. Foyei Aidrovande, tome III j 

page 3<^4- ' ^ 

fcj Gefner ; roye-^ la nomenclature. 

fd) u 11 feroit difficile, difent MM. de TAca- 
5) demie , de juriifier l'idée de placer cet oifeau 
j> parmi {es hérons, les différences étant trop fortes 
>i & trop nombreuies, & les reffemblances, comme 
» d^ivGÎr un panache fur la tête, de vivre de poif- 
» fons, trop foibles & trop communes avec d'autres 
efpcces. »> Mémoires du l' Académie des Sciences , 
depuis j666 jufqu'en 1669, tome III, partie iii, 
page 23. 

(cj Nature des OifeauXj lîpre III, page 154, ■ 



de la Spatule. 205 

qu'on appelle bec à cuiller ^ ou le fa" 
V2C0U qu'on nomme auffi cuiller; le nom 
de pale ou palette conviendroit mieux, 
en ce quil fe rapproche de celui de 
fpatule que nous avons adopté , parce 
qu'il a été reçu ou Ton équivalent dans 
la plupart des Langues ( f ) :y &c qu'il 
caraélérife la forme extraordinaire du 
bec de cet oifeau -, ce bec aplati dans 
toute fa longueur 5 s'élargit, en effet, vers 
l'extrémité , en manière de fpatule , & 
fe termine en deux plaques arrondies, 
trois fois auffi larges que le corps du 
bec même V configuration d'après laquelle 
Klein donne à cet oifeau le furnom 
anômalorofter (g ); ce bec anomal, en 
effet , par fa forme , l'eft encore par fa 
fiibftance qui n'eft pas ferme , mais fle- 
xible comme du cuir , & qui , par con- 
féquent, efl: très-peu propre à i'ailron 
que Cicéron & Pline lui attribuent, en 



( f) Platea , platelea fchufler, fpoon - hill ^ &€, 
voyci îa nomenclature. 

(g) Ordo Avinm , page 1 2^ ; mais ce Natura- 
lifte fe trompe comme les autres, en penfaiit que 
le pelecaiws d'AriHote ell la fpatule. 



zo6 Hifîoire Naturelle 

appliquant mal-à-propos à la /patuie> 
ce qu'Ariftote a dit avec beaucoup de 
vérité du pélican *, {avoir, qu'ii fond Cm 
les oifeaux plongeurs & leur fait relâ- 
cher leur proie y en les mordant forte- 
ment par îa tête (kj; fur quoi, par 
une méprife inverfe, on a attribué au 
pélican îe nom de pîatêlea y qui appar- 
tient réellement à la fpatule. Scaligcr , 
su lieu de reétifier ces erreurs , en 
ajoute d'autres : après avair confondu la 
fpatule & le pélican -, il dit, d'après 
Suidas 5 que le pelicanos eft le même 
que le dendrocolaptès ^ coupeur d'arbres, 
qui eft le yic ( i J ; &, tranfportant aind 
la fpatule du bord des eaux au fond 



(h) ArifiGt. Bill. aiiimcL îib. I X , cap. x i v. — 
hegi etiamfcriptiim. hic ejfe a rem quamdam qii^ pi a te- 
lea iioininetiir ; eam fihi cibum guderere adiolautem ad 
tas apzs quië fi. in .mari juergerent , qn^e cum emerjijpnt, 
pijccmque cepifflut , iifqm adeo prcwcrc earum cnplia 
mordicus, dian illa captum amittejenty quod ipfa inva- 
dent. Cicero. iib. 1 1, Je nat. Deor, — Platea nomi- 
matur adrolaus ad tas qu(Z fi in mari mergiint , & ca- 
pita illarum morfu corripiens y donec captiiram extOTr 
queat. Plin. Iib. X, cap. LVi. 

(i) l'^oye.i l'hifloire du Fie ^ premier artirfe de 
«e Yolume., 



) 



de la Spatule. 20 j 

Jes boîs 5 il lui fait percer les arbres 
avec un bec uniquenient propre à fen- 
dre leaii ou fouiller îa vafe ( k ). 

En voyai"^ la confulîon qu'a répan- 
due la Nature , cette muititude de mé- 
prifes fcientifiques 5 ctite fauffe érudi^ 
tron 5 entaffée fans connoiflance des ob- 
jets 5 & ce cahos des chofes & des noms 
encore obfcurcis par les Nomencîateurs, 
je n'ai pu m'empêcher de feiitir que la 
Nature > par- tout belle & fimple , eût 
été plus facile à connoître en elle-même 
qu'embarraiTée de nos erreurs > ou fur- 
ehargée de nos méthodes , & que mal- 
heureufement on a perdu pour les éta-- 
biir & les difcuter , le temps précieux 
qu on eut- employé à k contempler & 
à la peindre. 

La fpatule efi: toute blanche , elle eft 
éQ la rroffeur du héron , mais eiîe a- 
les pieds moins hauts & le cou moins 
long 5 & garni de petites plumes cour^ 
tes 5 celles du bas de la tête font longues 



fk) Voyelles Mémoires -Je FAcadcmk-^. à i%î?- 
dxoit cité ci devanc, 



2 0S Hijîoire Naturelle 

& étroites , elles forment un panache 
qui retombe en arrière, la gorge eft 
couverte & les yeux font entourés d'une 
nue 5 les pieds & le nu de la jambe , 
font couverts d'une peau noire , dure 
& écailieufe , une portion de membrane 
unit les doigts vers leur jondtion , & 
par fon prolongement les frange & les 
borde légèrement jufqu'à l'extrémité ^ 
des ondes noires tranfverfales fe mar- 
quent fur le fond de couleur jaunâtre 
du hcc dont l'extrémité eft d'un jaune 
quelquefois mêlé de rouge , un bord 
noir tracé par une rainure , forme comme 
un ourlet relevé tout autour de ce bec 
fingulier , & Ton voit en -dedans une 
longue gouttière fous la mandibule fu- 
péricure *, une petite pointe recourbée 
en-deffous, termine l'extrémité de cette 
efpèce de palette qui a vingt-trois li- 
gnes dans (2 plus grande largeur , & pa- 
roît intérieurement fillonnée de petites 
ftries qui rendent ù furface un peu rude 
& moins lifle qu'elle ne Teft en dehors j 
près de la tête , la mandibule fupérieure 
eft (î large & fi épaiffe que le front 
femble y être entièrement engagé *, les 



de la Spatule. 209 

fîeux mandibules, près de leur origine, 
font également garnies intérieurement 
vers les bords de petits tubercules ou 
mamelons fdlonnés , lefquels ou lervent 
à broyer les coquillages que le bec de 
la fpatule sft tout propre à reaieillir, 
ou à retenir & arrêter une proie glif- 
iante -, car li paroît que cet oifi-au fe 
nourrit également de poiffons y de co- 
quillages 5 d'infedes aquatiques & de 
vers. 

La fpatule habite les bords de la mer, 
& ne fe trouve que rarement dans Tin- 
térieur des terres (l) y iî ce n'eu fur 
quelques lacs (m ) j &c paflagèrement 
aux bords des rivières 5 elle préfère les 
côtes marécageufcs , on la voit fjr celles 
du Poitou, de la Bretagne (n)j de la 



fl) u La cuiller eft extfrémement rare dans ce 
pays ci : on en tua une près de Chartres , il y a « 
quelques années. »» Salemej Oruithoi, page 317. 

(m) Comme fur eeux de Bientina & de Fucec-' 
chlo en Tofcane , fuivant Gerini , floria d'egl* uc" 
ielli, tome IF, page, 53. Il fe trompe d'ailleurs en 
appelant cet oifeau pélican, 

(nj " La pale eft uu oifeau moult commun ea 



2 ï o Hîjloire Naturelle 

Picardie oc de la H lîlande : quelques 
endroits font même renommés p^.r Taf- 
fluence des fpatules qui s'y ralTemblent 
avec d'autres efpèces aquatiques, tels 
font les marais de Sevenhais j près de 
Leyde fo}. 

Ces orfeaux font leur nid à la fom- 
mité des grands arbres voifins des côtes 
de la mer , & le conftruifent de bû- 
chettes -, ils produifent trois ou quatre 
petits \ ils font grand bruit fur ces ar- 
bres dans le temps des nichées , & y 
reviennent régulièrement tous les foirs 
fe percher pour dormir { p }. 

De quatre fpatules décrites par M/« de 
TAcadémie des Sciences ( qj j 8c qui 



»î rivages de notre océan , fur les marches de Bre- 
?» taigne ; comme aufiî îe héron blanc.» Béloii , 
h^at. des Oijhaiix , pafye 194. 

(oj Albin , tome f î , page 42. — In Hollandià 
non longe à Lnpduuo-BatavoTum infini tos earum nidos 
yidimus. JonÛon, page 152. 

fpj Béion. 

f /f ) Mémoires de l'Académie , depuis 1666. 
ji^fqu'en 1669, tome IIIj jpartie j i î , pa^es 27 



de la Spatule, z i i 

étoient toutes blanches *, deux avoient un 
peu de noir au bout de Taile , ce qui 
ne marque pas une différence de fe^e, 
comme Aldrovande l'a cru , ce carac- 
tère s'étant trouvé également dans un 
mâle & dans une femelle *, la langue de 
la fpatule eft très-petite 5 de forme trian- 
gulaire 5 & n'a p3S trois lignes en toutes 
dimenfîons *, Tœfophage fe dilate en def- 
cendant 5 & c'eft apparemment dans cet 
élargiffement que s'arrêtent & fe d'^gèrent 
îes petites moules & aucres coquillages 
que la fpjtule avale , & qu'elle rejette 
quand la chaleur du ventricul ? en a fondu 
la chair (rj; elle a un géiîer doublé d'une 
membrane calleufe, comme les oifc-aux 
granivores *, mais au lieu des cœeuw^ qui 
fe trouvent dans ces oifeaux à géiier , 
on ne lui remarque que deux petites . 
émmences très- courtes à l'extrémité de 
Vileon ; les inteitins ont fept pieds ds 
longueur -, h tr.nchée - artè: e eft (embla- 
blc à celle de la grue, & fait dans le tho- 



frj Platca cnm devoratis fe impkvh conchis , cçt" 
Ion veutris co&as evomit , atque ex lis efcuUnta le§it ^ 
t^p.a.s excernens, Plin. lib. X y cap. L Y !• 



2 î 2 Hijîoire Naturelle 

rax une double inflexion \ le cœur a un 
péricarde 5 quoiqu'Aîdrovande dife n'en 
avoir point trouvé ( /)• 

Ces oifeaux s'avsncent en été jufque 
dans îa Bothnie occidentale & dans la 
Lapponie, où Y on en voit quelques-uns 
Hiivcuit Linn^us -/en Pruffe ^ où iis ne 
paroîflent également qu'en petit nombre, 
& où durant les pluies d'automne ils 
paffent en venant de Pologne (t) ; Rzac- 
zynski dit qu'on en voit , mais rarement 
en Volhinie (u) ; il en psfl'e auffi quel- 
ques-uns en Siléfie d^ns les mois Je 
feptembre & d'oâobre (x) i ils habitent, 
comme nous l'avons dit, les côtes occi- 
dentales de la France*, on les retrouve 
fur celles d'Afrique, à Biflao , vers Sierra- 

(f) ^oyei îes Mémoires de i'Académie, à Ven-* 
droit cité. 

/'tj Klein, De Anbus erraticls , pages 165 & 

fuj yîn&iiar. Hift. Nat. Fol on. page 408. 

(xj Aiiar, SiUf, p?ge 314, Schwenckfeîd en 
cet endroit paroît confondre le pélican avec îa 
fpatuîe, puirqu'if y rapporte, d'après Ilidore & 
Saint 'Jérôme, fa fab!e de la réfurredion des petits 
du pélican, parie fang qu'il verfe de fa poitrine, 
quand le ferpent les iui a tués. 



de la Spatule. 215 

Leoina (y) ; en Egypte , félon Granger(^:^J,- 
au cap de Bonne-efpérance, où Kolbe 
dît qu'ils vivent de ferpens autant que de 
poiiTons 5 & où on les appelle flangen" 
yreeter ^ mange - ferpens (a); M. Com- 
iiierfon a vu des fpàtules à Madagafcar; 
où les infularres leur donnent le nom de 
fangali-am-bava ^ c'eft-à-dire , bêche au 
bcc(b)\ut% nègres, dans quelques cantons, 
appellent ces oifeaux vang-van ; Se dans 
d'autres vourou-doulon , oifeaux du diable •, 
par àQs rapports fuperftitieux (c). Uef- 
pèce, quoique peu nombreufe, eft donc 
très-répandue, & femble même avoir fait 
îe tour de l'ancien continent. M. Sonnerat 

(y ) ^^y^l î^ relation de Brue , Hiftoire générale 
des Voyages, tome II, page 590. 

flJ Voyage de Granger. Paris, 1745 j/c^. 237. 

(aj Kolbe. Defcription du cap de Bonne-efpérance , 
tome IITj page 173; fa notice n'eft pas jufte en 
tout, & ii nomme mal-à-prôpos Toifeau pélican : 
triais ïa figure eft ceile de îa fpatuie. 

(bj i^ourou-gondron , fuivant Fiaceourt. 

(c) Les Nègres îtii donnent ce nom , parce que 
iorfqu'ils l'entendent, ils s'imaginent que fon cri 
annonce la mort à quelqu^un du village. 'Nott 
laijfée par M. Commerfin. 



1 î 4 Hiflclre Naturelle 

Va trouvée jurqu'aux lies Philippines (^dj ; 
&, quoiqu'il en diftinguc deux efpèces^ le 
manque de huppe, qui eft la principale 
différence de Tune à Tautre , ne nous 
paroît pas former un caractère fpéciii- 
que 5 & 5 jufqu'à ce jour 5 nous ne connoii- 
fons qu'une leule efpèce de rpatule^qui fe 
trouve être à-peu-près la même du Nord 
au Midi , dans tout l'ancien continent ; 
elle fe trouve aufli dans le nouveau , & 
quoiqu'on ait encore ici divifé i'efpèce en 
deux, on doit les réunir en une, & con- 
venir que la reffemblance de ces fpatules 
d'Amérique avec celle d'Europe efl; Il 
grande , qti'on doit attribuer leurs petites 
différences à Timpreffion du climat. 
"^ La fpatule d'Amérique (ej eft feu- 



fdj Voyage à îa nouvelle Guinée, p^^o-e 89. 

*' l'^yei ieo planches cnkiniinécs, n.^ 165. 

(eJ Jjaia BrajUieufibus , coiheTadn Lupranis, bdj- 
gis Upelaer. IVîarcgrave, Hifli l\at. Braf. page 204. 
• — Jyaia. Laèt. h'ov, orb, page 5'^5. — ■ Jonfton , 
j4vi. pages 139 & 150. — Plarea Bra/il/aifa , ajaia 
dicta, &c. Willughby, Or/;z//;o/ page 213. -— Ray^ 
Synopf' Âvi. page 102 , n.^ ^. —.Flatea Bra/iiieii^ 
/?5. Klein, ^rz. page 126. n.^ 2. — Jrdea wfea , 
f£atula didla, lèarrére 5 France équiox* page 1 24. ■— 



de la Spatule. 2 i j 

îement un peu moins grande dans toutes 
fes dimendons que celle d'Europe; elle 
en diffère encore par la couleur de rofe 
ou d'incarnat qui relève le fond blanc 
de fon plumage fur le cou , le dos & 



Plafea Americana , albo rofecgue colore mixta. Idem ^ 
Ornit/ioL ciaf III, Gen. 29, Sp. 2. — Platdca 
fiorporefan^uineOyajaia.hïund^us^Syft. iiat, éd. X, 
Gen. 73, Sp. 1. — Plaiea rofea , capite anttrlore b* 
gutîure tnidis , cand cetinibns j, coUo fhpremo candido ; 
te'^tricibtis cauA(£ fuperior'ibus & inferiuribus cccc:neis ; 
re^ricibus rofeis. , . . Platea rofea, Briflbn , Orni- 
tliol. tome V , p?ge 356. 

TlauhquechuLYçxv.'àPÂçz^ Hifl. Avi. mv, Bïfp. 
page /9, cap. 178. — Jonflon, Avu page 126. ^~ 
Charîeton, Exercit, page 119,11.*^ 2. Idem, Ono- 
mait. page 116, n.^ 2. — Avis viv'wora, Nierem- 
berGf, page 214. — Ardea phenicea, [patiila di&a. 
Barrère , France éguinox. pa,^,e 125. — Platea Ame- 
ricana phenicea. Idem, OrinthoL ciaf. 1 1 1^ Gen. 29 , 
S p. 3. • — PLitea fangulnea tota. Klein , Avi. 
page 126, n.® 3. — Tlaukquechul , feu platea Mexi- 
cana , &c. Willughby , Ornithol page 213. — Ray, 
Syuopf Avi.^^gQ 102, n.^ 2. — Platea ificamara. 
Sloaiie, Jamaïc. page 31e, n,^ 7. — Platea corpove 
fanguineo , tlaukquechul , feu platea Mexicana. Lin- 
rseus , Syfi, nat. éd. X , Gen. 73 , Sp. 2 , var. /2. — 
Platea coccinea ; capite anteriore & gutture nudis , can- 
dicantibus ; torque nigro ; collo fupremo candido ; redtri- 
.cibus coccineis. . . . Platea coccinea* Briflbn; Orni- 
thoL tome V , page 359. 



2 I 6 Hijîoire Naturelle 

les flancs , les ailes font plus fortement 
colorées 5 & la teinte de rouge va juf- 
qu'au cramoifi fur les épaules & les cou- 
vertures de la queue , dont les pennes 
font rouflès , la côte de celles de Taile 
eft marquée d\m Ipeau carmin *, la tête 
comme la gorge ell: nue , ces belles cou- 
leurs n'appartiennent qu'à la fpatuîe 
adulte \ car on en trouve de bien moins 
rouges fur tout le corps & encore pref- 
que toutes blanches , qui n'ont point la 
tête dégarnie 5 & dont les pennes de 
l'aile font en partie brunes , refies de 
îa livrée du premier âge. Barrère affure 
(f) qu'il fe fait dans le plumage des 
(patules d'Amérique ^ le même progrès 
en couleur avec l'âge , que dans plu- 
fieurs autres oifeaux, comme les courlis 
rouges & les phénicoptères ou flam- 
mans , qui , dans leurs premières années , 
font prefque tout gris ou tout blancs, 
& ne deviennent rouges qu'à la troifième 
année \ il réfulte de-ià que i'orfeau cou- 
leur de rofe du Bréhl , ou Yajaia de 

> I ■ li n ■ I II» I I - ■ ■■ Il ■■ ■ ■ ■« 

(f) France équinoxiaîe;,/<2^e 125. 

Marcgrave 



de la Spatule. 217 

Marcgrave (g ) ^ décrrt dans fon pre- 
mier âge 5 avec les ailes d'un incarnat 
tendre-, & la fpatule cramoifie de la. 
nouvelle Efpagnc^ ou la tlauhqucchul de 
Fernandez , décrite dans l'âge adulte , 
jne font qu'un feul & même oifeau. Marc- 
grave dit qu'on en voit quantité fur la 
rivière de Saint-François ou de Seré" 
^ippe , & que fa chair eft affez bonne^ 
Fernandez lui donne les mêmes ha- 
bitudes qu'à notre fpatule , de vivre 
^au bord de la mer, de petits poilTons , 
qu'il faut lui donner vivans quand on 
veut la nourrir en domefticité (h) , 
ayant , dit- il , expérimenté quelle ne 
touche point aux poijjons morts (i). 

Cette fpatule couleur de rofe fe trouve 
(dans le nouveau continent , comme la 



(e) ^oyei h nomenclature précédente. - 

f hj La fpatule d'Europe ne reRife pas de vivre 

► en captivité; on peut, dit Bélon , fa nourrir d*in« 

teftins de volailles. Klein en a long temps confei vé 

une dans un jardin, quoiqu'elle eût eu l'aile caffée 

d'un coup de feu. 

Ci) C'efi: apparemment de cette particularité 
que Nieremberg a pris occafion de l'appeler ans 

Oifeaux , Tome XIV. K 



iï8 Hijïoire Naturelle 

bianche dans l'ancien , fur une grande 
étendue , du Nord au Midi , depuis les 
côtes de la nouvelle Efpagne & de la 
Floride (kj j jufqu'à la Guyane & au 
Bréfîl : on la voit aufîi à la Jamaïque (IJj 
& vraifemblablemcnt dans les autres 
îîes voifines , mais refpèce peu nom- 
breufe n'eft nulle part raffembiée : à 
Cayenne, par exemple, il y a peut-être 
dix fois plus de courlis que de fpaluîes, 
leurs plus grandes troupes font de neuf 
ou dix au plus, communément de deux 
ou trois 5 & fouvent ces oifeaux font ac- 
compagnés des phénicoptères ou flam- 
mans. On voit, le matin & le foir, les 
fpatules au bord de la mer, ou fur des 



(kj Voyez îe Page du Pratz , Hijïoire de la Loui- 
pane, tome 1 1 y page ii6. u On nous a envoyé de 
» la Balize ( à la nouvelle Orléans ) un gros oifeaii 
♦» qu'on appelle yj;ûf«/e , à caufe de fon bec qui a 
>» cette forme ; il a le plumage blanc , qui devient.. 
♦» d'un rouge -clair: il fe rend familier , & relie 
dans les balle- cours. » Extmit d'une lettre de M. dt 
Fontette, du 20 o&obre 1750, 

(IJ The American fcarlet pelecan , or fpoon- hill , 
tlauhquechul Fernand. ajaia BrajU* 6*c, Sioane^ 
Jojnaïc. vol. II, page 317, 



de la Spatule. 2 i 9 

feroncs flottans près de la rive ; mais 5 
vers le milieu du jour, dans ie temps de 
îa plus grande chaleur, elles entrent dans 
les criques 5 & Te perchent très-haut fur 
les arbres aquatiques •, néan.noins elles 
font peu iauvages, elles paffcnt en mer 
très-près des canots, & fe laiiient appro- 
cher affezr à terre pour qu'on les tire, 
foitpofées, foit au voi \ leur beau pîû- 
mage eft fouvent fali par la vafe où elles 
entrent fort avant pour pêcher. M. de la 
Borde, qui a fait ces obiervatipns fur leurs 
mœurs, nous confirme celle de Barrera 
au fujet de la couleur , & nous affure 
que ces fpatuies de la Guyane ne pren- 
nent qu'avec Tâge & vers la troifième an- 
née cette belle couleur rouge , & que 
les jeunes font prefque entièrement blan- 
ches (m). 

,M. Bâillon, auquel nous devons un 
grand nombre de bonnes obfervations, 
admet deux efpèces de fpatuies, & me 
mande que toutes deux paîîènt ordinaire- 
ment fur les côtes de Picardie dans les 



(m) Mémoires de M. de la Borde , Médecin 
du Roi à Cayenne. 



zzo Ilijloire Natiirelle 

mois de novembre & d'avril , & que ni 
Tune ni l'autre n'y féjournent -, elles s'ar- 
rêtent un jour ou deux près de la mer & 
dans les marais qui en font voifins *, elles 
ne font pas en nombre , & paroiiîènt être 
trcs-fauvages. 

La première eft la fpatule commune, 
qui efi: d'un blanc fort éclatant, & n'a 
point de huppe. La féconde efpèce efl 
huppée & plus petite que l'autre , & 
M. Bâillon croit que ces différences, avec 
quelques autres variétés dans les cou- 
leurs du bec & du pîumsge, font fufti- 
fantes pour en faire deux efpèces dif- 
tinâes & féparées. 

Il eft aufîî perfuadé que toutes les fpar^ 
tules naiffent grifes comme les hérons- 
argrettes, auxquels elles reffemblent par 
la formée du corps, le vol & les autres 
habitudes \ il parle de celles de Saint- 
Domingue comme formant une troi^ 
fième efpèce -, iiiais il nous paroît , par 
les raifons que nous avons expofées ci- 
devant, que ce ne font que des variétés 
qu'on peut réduire à une feule & même 
çfpèccparce que l'inftinâ: & toutes les 
habitudes naturelles, qui en réfultenti 



Tani • ^I^' 



FL^. pa<:/ , 220. 




^. W,^ )^ 



I.A SPA^TUI.E. 



de la Spatule. 2 1 1 

font les mêmes dans ces trois oifeaux. 

M. Bâillon a obfervé fur cinq de ces 
fpatules qu'il s'eft donné la peine d ouvrir, 
que toutes avoient le fac rempli de che- 
vrettes 5 de petits poiffons & d'infectes 
d eau 5 & comme leur langue eft prefque 
nulle, & que leur bec n'eft ni tranchant 
ni garni de dentelures , il paroît qu'ils 
ne peuvent guère faifir ni avaler des aa^ 
guîlles ou d'autres poiiTons qui fe défen- 
dent, & qu'ils ne vivent que de très- 
petits animaux, ce qui les oblige à cher- 
cher continuellement leur nourriture. 

Il y a apparence que ces oifeaux font, 
dans de certaines circonftances , le même 
claquement que les cigognes avec leur 
htc \ car M. Bâillon en ayant blefîe un , 
obferva qu'il faifoit ce bruit de claque- 
ment, & qu'il l'exécutoît en faifant mou- 
voir très Vite & fucceffivement les deux 
pièces de fon bec, quoique ce bec foit 
il foible qu'il ne peut ferrer le doigt que 
mollement. 






K iij 



zzz Hijtoire Naturelle 



^ LA BÉCASSE (a). 

La Bécasse eft peut-être de tous îes 
oifeaux de paffage celui dont les chai- 

feitrs font îe plus de cas, tùnt à caufe de 



* Kqye^îes planches enluminées^ /7.° 885. 
(a) En Orec, SHoxo^àg, que Gaza traduit ^ïï/- 
///mgo ; en Grec moderne, Svkop\iç ou Hi^xop/ci ^c< la 
» bécalie qui avoit anciennement nom fcolopax , fc 
» reiVent encore quelque peu de fon antique ap- 
^5 peiiation grecque, car encore pour le jourd'hut 
9} la nomment xilomitha , c'eft-h clire,^ow/e debeis, 
qui eft conforme à fa didion latine gallina^o. »> 
Bélon , Otf page 12 \) en Latin, perdix ruflica , 
Tuflicula. (Bélon fe trompe, fui\^ant ia remarque 
d^Aldrovande , en prenant hperdix rujllca des An- 
ciens pour le rafle. La bécafle n'eft point non plus 
la gallina nifiica de Columelle , puifqu'il dit ceîie-ci 
femblable à ia poule àomeiWque ^ gallinte uillatica) ; 
en Italien, becaffa, hecaccia , gaUiu&lh , gaUitia ar- 
ciera ou rufticalla êc fahatica ; en Lombardie , gal^ 
linacia ; en Tofcane, acceggia ; à Rome, pinarda , 
fuivant Oîina, ^a/^/^^o , che tanto pale quauto dir 
becco ; en Catalan, beccada ; en Allemand ^ fc/inepffe , 
Jchnepff'/ïun j g^ojf-fchnepffl, pufch-fchuepffe , wald- 
fc/inepffe , hdti-fchntpffe , berg-fchnepffè ; en Fia- 
jTiand ^ fneppz ; en Poiônois , flomka & pardwa ; en 
Turc, tchdnk ; en Suédois , merkalia ; en Angîois, 



de la BecaJJe. zi^ 

rexcellcncc de (a chair que de la facilité 
qu'ils trouvent à fe faifir de ce bon oifeau 



wood cock ( de wood cock , on avoit fait dans Pan • 
cien François wit-coc , & enfuite vit-da-coq. Bélon 
corrige déjà cette dénomination ridicule ; elle fe 
conferve encore en Normandie ) ; en Guienne , 
bécade ; ^nVoïiOw^ acéa, de acus y fuivant Borel ; 
^ans Coîgrave, ajjee., kc-dajje ou filan ; le mot 
béca(fc s'écrivoit anciennement hégnajje, 

Bécaile. Béf on , INat, d-^s Olfiaux, page 272, 
avec une figure peu exade, pi, 273. — BécaOTe, 
bécafîe grande , béquaiTe , videcoq. Idem , Portraits 
d'oifeaux, page ^6 ^ b , même figure. — Gallina ruf 
îica, Gefner, Ji^î, page 477. * — Ruflkula ve.l perdix 
rufiica major. Idem, ibidem, page 501 , avec une 
fig;ure peu exade, page 502. — Idem, Icon. Apu 
page iio, avec ia même figure. — Scolopax Jïve 
perdix ruftica. Aldrovande , Jpi. tome lil, page 471, 
avec une mauvaife figure, page 473. — Scolopax 
Jonfion,^r/. page 110, avec ia figure empruntée 
d'Afdrovande , tab. 31 ; & une autre auffi peu 
exadle , tab. 53 , fous le nom de rufticola, — Wil- 
lughby 5 Ornithol. page 213, avec une figure, 
tab. 53. — Sibba'd. Scot. illufîr, part. 1 1 , lib. 1 1 1 , 
page 18, — Scolopax y galliiiago maxima. R-ciy ^ 
Synopf. Api. page 104, n.^ i . a. — Scohpax fim- 
pliciter Ariflotdis j Aldrovandi. Klein , Aid. page 99, 
n.^ I. — Scolopax , ruflicula major, Charleton, 
Exercit, page 112, n.o 7. — Idem, Onomayt. 
page 108 , n.^ 7. — Ruflicula, Moehring , Api^ 
Gen. 97. —- Scolepax fubtiis fulua, fupernè cinerca, 

K iv 



2^4 Hiftoire Naturelle 

ftupide, qui arrive dans nos bois vers 
le milieu d'ocflobre , en même temps 
que les grives (b). La bécafle vient donc 
dans cette faifon de chaffe abondante 
augmenter encore la quantité du bon 



Barrère, OrnithoL c!af. ni, Gen. 12, Sp. i. — 

Scolopax Toflro re&o hvi , pcdibus cimreis ; femoribns 
nctis y fafàâ frontls nigrâ. . . « Rufiicola. Linnaeus, 
Syfi. nat. éd. X, Gen. 77, Sp. 7. — Niimenins 
Toflri apice Iceui ; capite lineâ uîrinquè nigrâ, reâtrici'- 
tas Df gris f apice alhis. làem^ Fauna Suec. n.° 14I. 
— Perâix Tuflicamajor y fcolopax , &c, Rzaczynski, 
tlifl, nat. Polon, page 292. — • Idem, Au&nar, 
page 409. — Perdix rujlica major, Schwenckfeld , 
^i^i. S-lef page 329. — JVoûd-cock. Borî. hiau 
hlfl. of Commllis y page 245. — DU wald fiknepfe, 
Frjfch, vol. II, divif. 12 » feft. 4, pî. 3 & 4, le 
mâle & la femeîie ; & 7 une bécaiïe blanche. — 
Bécaile, Albin, tome I, page 62, avec une figure 
peu exav5le , pî. 79. — Scolopax fapernè caflaneo , 
nigro & t^rifco variegata , infernè grifio rufifcens , ni- 
gricanu tranfier/im jîriata ; taniâ u trinqué , rojlrum 
ivter & oculum nigrâ ; gutture candicaute ; collo fupC' 
riore t<eniis quatuor tranfverfis ni gris infignito ; uropy^ 
gio cajlaneo y nigricaiite tranfverfim ftriato ; rc&ricious 
m gris y apice grifeis, maculis triangularibus cnflaneis' 
in maigine exteriore uotatis, . . . Scolopax. Brifibn, 
OrnithoL tome V , page 29:?. 

( b) Serve numéro adventautihus turdis autumno , & 
capitur fcolopax* AioyfiiiS Mundeila. Jjiud Gefiier^. 
page 485, 



de la Bécane. 2,1 f 

gibier (cj; elle defcend alors des hautes 
montagnes où elie habite pendant Yété , 
& d'où les premiers frirnats déterminent 
fon départ & nous I amcJient , car (es 
voyages ne fe font qu'en hauteur dans la 
région de Tair 5 & non en longueur , 
comme fe font les migrations des oifeaux 
qui voyagent de contrées en contrées (dj ; 



(c) Le temps de fa chaiïe eil bien déilgné d^ns 
fe poète Ncmejianus, 

Cùni nemus omne fiio viridi fpoliatiir honore 
• prada eiî fdcills Cf nmcena fcolopax, 

(â) u la bécarte eft oyfeau fe tenant î^étc e^ 
liaultes mont<!!gnes des Aipes , Pyrénées , SomlFe , u 
S^avoye & Auvergne , où l^s avons fouvent u 
veues en temps d'été; mais elies fe partent i'hi- u 
ver pour venir chercher pâture ça bas par ies <« 
plaines <Sc bois taillis , & d'autant qu'il y a de u 
telles haultcs montaignes en Grèce , ce n'eil: <i 
étrange qu'Arlilote n'ait dit qu'elles font palfa- « 
gères: 5: de fait, la bécaffe ne reifemble les u 
autres qui s'en vont du tout hors de la région , u 
c*ii tant qu'elles changent feulement leur demeure ; u 
î'eité en la mont.-iigne, ^i l'hiver ez plaines, ià u 
où tandis que les haultes montaignes font congé- u 
fées, hantant ;es Iburces chaudes & autres lieux *« 
humides pour pâturer, tirent les achées , qu'on « 
dit autrement les verms^ hors de terre avec leur *« 

Kv 



2i6 Hlfcoire Naturelle 

c eft des fommets des Pyrénées & des 
Alpes, où elle paffe Tété, qu elle defcend 
aux premières neiges qui tombent fur 
ces hauteurs dès le commencement d'oc- 
tobre, pour venir dans les bois des col- 
lines inférieures & jufque dans nos plaines* 
Les bécaffes arrivent la nuit & quel- 
quefois le jour, par un temps fombre (e) , 
toujours une à une ou deux enfembîe , 
& jamais en troupes *, elies s'abattent dans 
!es grandes haies, dans les taillis, dans 
ïes futaies , & préfèrent les bois où il y a 
beaucoup de terreau & de feuilles tom- 
bées 5 elles s'y tiennent retirées & tapies 
tout îe jour, & tellement cachées, qu'il 
faut des chiens pour les faire lever, & 
fouvent elles partent fous les pieds du 
chaffeur *, elles quittent ces endroits four- 
rés & îe fort du bois à l'entrée de la 
nuit, pour fe répandre dans les clairières, 
en diivant les- fentiers , elles cherchent 



» îong bec ; &; pour ce faire , volent foir & matin * 
» laifant leur demeure !e jour aux lieux couverts, 
& la nuit découverts. >> Bélon, Kat. des Oifiaux , 
■page 273. 

(t) Cûelo uzhulofo adyolarc y arolare dicnnti^y. 
Wiiiugbby. 



de la Éecajfe. 227 

les terres molles 5 les paquis humides à 
la rive du bois , & les petites mares , 
où elles vont pour fe laver le bec & les 
pieds qu*elles fe font remplis de terre, 
en cl^.erchant leur nourriture. Toutes 
ont les mêmes allures, & Ton peut dire , 
en général , que les bécafîes font des oi- 
feaux fans caraftère, & dont les habitudes 
individuelles dépendent toutes de celles 
de Tefpèce entière. 

La bécaiTe bat des ailes avec bruit en 
partant *, elle file aiTez droit dans une 
futaie 5 mais, dans les taillis, elle eft obligée 
de faire fouvent le crochet *, elle plonge 
en volant derrière les buiiîons, pour le 
dérober à Tœil du chaffeur (f) ; fon 
vol 5 quoique rapide , n'eft ni élevé ni 
long-temps foutenu *, elle s'abat avec tant 
de promptitude , qu'elle femble tomber 
comme une maffe abandonnée à toute fa 
pefanteur -, peu d'inftans , après fa chute , 
elle court avec vîtefle -, mais bientôt 
elle s'arrête 5 élève fa tête , regarde de 
tous côtés pour fe raffurer avant d'enfon- 

ffj Idem. 



11$ Hifwire Naturelle 

cer fon bec dans îa terre. Pline compare 
avec raifon la béeafle à la perdrix pour 
ïa célérité de fa coiuTe ( g) ^ car elle 
fe dérobe de même *, & îorfqu'on croit 
ia trouver où elle s'eft abattue , elle a 
déjà pietté & fui à une grande diftance, 
II paroit que cet oifeau , avec de grands 
yeux 5 ne voit bien qu'au crépufcule, & 
qu'il eft ofîenfé d'une lumière plus forte 5 
c'efi: ce que femble prouver fes allures & 
fes mouvemens , qui ne font jamais (î vifs 
qu'à la nuit tombante & à Taube du 
jour-, & ce deiir de changer de lieu, 
avant le lever ou après le coucher du 
foleii 5 eft fi prefîant & fi profond , qu'on 
a vu des bécaflès renfermées dans une 
chambre prendre régulièrement un eflor 
de vol tous les matins & tous les foirs *, 
tandis que 5 pendant le jour ou la nuit , 
elles ne faifoicnt que pietter fans s'élan- 
cer ni s'élever, & apparemment les bé- 
caffes dans les bois refient tranquilles 
quand la nuit eft obfcure, mais, lorfqu'il 
y a clair de lune , elles fe promènent 

(s) ^^fti^ul^ ^' perdiccs cununu Elin* 



de la Bécajfe. 229 

en cherchant leur nourriture -, auffi les 
chaileurs nomment la pleine-lune de no- 
vembre la lune des bécajjes ^ parce que 
c'eft alors qu'on en prend en grand nom- 
bre -, les pièges fe tendent ou ia nuit ou 
le forr, elles, fe prennent à la pantenne, 
au rejet 5 au lacet s on les tue au fuiil fur 
les mares, fur les ruiffeaux & les gués à 
la chute. La pantenne ou pentière eft un 
filet tendu entre deu>: grands arbres 5 dans 
les clairières & à la rive des bois où 
Ton a remarqué qu'elles arrivent ou 
paffent dans le vol du ioir \ la chaffe fur 
les mares fe fait auffi le foir -, le chiVifeur 
cabane fous une feuillée épailTe , à portée 
du ruiffcau ou de la mare fréqi>€ntée 
par les bécaifes, & qu'il approprie en- 
core pour les attirer , les attend à la 
chute s & peu de temps après le coucher 
du foleil, fur-tout par les vents doux 
de fud & de fud-oueft, elles ne manquent 
pas d arriver une à une ou deux enfem- 
ble, & s'abattent fur l'eau, où le chal^ 
feur les tire prefqae à coup fur : cepen- 
dant cette chaffe eft moins frudlueuie & 
plus incertaine que celle qui fe fait aux 
pièges dormansj tendus dans les f.nitiersj 



g^o HiJIoire Naturelle 

& qu'on appelle rejets (h); ceft une 
baguette de coudrier ou d'autre bois 
flexible & éîaftique, plantée en terre & 
courbée en reffort , affujettie près du ter- 
rein à un trébuchet que couronne un 
nœud coulant de crin ou de ficelle \ on 
embarraffè de branchages le refte du fen- 
tier où l'on a placé le rejet , ou bien (i 
Ton tend fur les paquis, on y pique des 
genêts ou des genièvres en files, plies 
de manière qu'il ne refte que le petit 
paffage qu'occupe le piège, afin de dé- 
terminer la bécaiTe , qui fuit les fentierS) 
& n'aime pas s'élever ou fauter , à pafler 
le, pas du trébuchet, qui part dès qu'il 
eft heurté, & l'oifeau faifi, par le nœud 
coulant, eft emporté en fair par la 
branche qui fe redreffe*, la bécaffe, ainfi 
fufpendue, fe débat beaucoup, & le chaf- 
feur doit faire plus d'une tournée dans 
fa tendue le foir , & plus d'une encore fur 
la fin de la nuit , fans quoi le renard , 
chalîeur plus diligent, & averti de loin 
par les battemens d'ailes de ces oifeaux , 

(h) En Bourgogne , re^Jpeaax ; en Chaiîip'agne 
& en Lorraine , re^'nrqicau::. 



de la EecaJJe. 2^1 

arrive & les emporte les uns aprcs les 
autres, & fans fe donner le temps de les 
manger , il les cache en diiîerens endroits 
pour ies retrouver au befoin. Au refte , 
on reconnoît les lieux que hante la bé- 
caffe à fes fientes, qui font de larges fé- 
cuks blanches & fans odeur , pour l'at- 
tirer fur les paquis où il ny a point de 
fentiers , on y trace des filions *, elles les 
fuit 5 cherchant les vers dans la terre re- 
muée, & donne en même temps dans 
les collets ou lacets de crin difpofés le 
long du fiUon. 

Mais n'eft-ce pas trop de pièges pour 
un oifeau qui n'en fait éviter aucun ? La 
bécafle eO: d'un inftinâ: obtus & d'un na- 
turel ftupide ( i) ; elle eft moult fottc 
bête j dit Béîon *, elle Teft vraiment beau- 
coup fi elle fe laiffe prendre de la ma- 
nière qu'il raconte , & qu'il nomme fola* 

(i) Apud nos , dit Wilîughby, o3 flolidltateni 
infamis efî h^zc Avb ndeo ut fcalopax pro flolido ^to 
verhialiter accipiafur. C'eft apparemment encore 
diaprés ce caradère de ftupidité que ie docleiir 
8haw nous dit qu'on 'a nomme en Barb:irj(? ham-- 
mars! kadjd , l'âne des perdrix. Shaw, Tmmsj, 
';.age 253. 



1^1 Hijïoire Naturelle 

tre rie i un homme couvert d'une cappe 
couleur de feuilles sèches , marchant 
courbé fur deux courtes béquilles, s'ap- 
proche doucement, s'arrêtant lorfque la 
hécafk le fixe, continuant d'aller lorf- 
qu'ellc recommence à errer Jufqu'à ce 
qu'il la voie arrêtée la tête bnffe , alors 
frappant doucement de Tes deux bâtons 
l'un contre l'autre , la bécajfe s'y amu- 
fera & affolUra tellement j dit notre 
vieux Naturalifte, que le chalTeur l'ap- 
prochera d'aiiez prcs pour lai pafler un 
lacet au cou ("kj. 

Eft-ce en la voyant fe laiffer appro- 
cher ainfi que les Anciens ont dit qu'elle 
avoit pour l'homme un mervçilleux pen- 
chant (^/^ ? En ce cas, elle le pkceroit 
bien mal, & dans Ton plus grand enne- 
mi ^ il cft vrai qu'elle vient en longeant 
les bois jufqiie dans les haies des fermes 
& des maifons champêtres. Ariftote le 
remarque (mj ; mais Albert fe trompe 



(k) Nat. des Oifeaux , pagz 273. 
(l) Et hominem miré, diligit. Arift. Flifl. animal. 
IdJ), iX, cap. X X r I. 

( ifij GaiUimgo ]}erfej)es hortomm caphur. Idem j 



de la BecaJJe. 255 

en difant quelle cherche les lieux culti- 
vés & les jardins, pour y recueillir des 
femences fnjj puisque la bécaffe ni même 
aucun oifeau de fon genre ne touchent 
aux fruits & aux graines 5 la forme de 
îeur bec étroit, très -long & tendre à la 
pointe leur interdiroit feule cette forte 
d'aliment, & en effet la bécaffe ne fe 
nourrit que de vers ( o ) ; elle fouille 
dans la terre molle des petits marais & 
âts environs des fources , fur les paquis 



ibidem. — Si pede ancora prejjb luo^hi ahitati , maf- 
fime longo le Jiepi. Olina. 

fnj In lib. IX, Ariftot. 

foj Solis vîrmihus alltur ; nuuquam grana attîngf.t. 
Schwenckteld. — Dès quMIes entrent dans le bois , 
elles courent fur ks tas de feuilles sèches , elles 
ks retournent ou les écartent pour prendre îes 
-vers qui font defîbus : ies bicaffes ont cette habi- 
tude commune avec les vanneaux & ies pluviers, 
qui les preiinent par le même moyen fous l'herbe 
ou le blé vert; mais j'ai obfervé que ces derniers 
oifeaux, dont j'ai élevé plufieurs dans mon jardin, 
frappoient la terre avec le pied autour des trous 
où il y avoit des vers, apparemment pour les faire 
fortir de leur retraite au moyen de la commotion , 
& les prenoient fouvent même avant qu'ils ne 
fuilent entièrement foutis de terre. Kot& communia 
qiiée par M. Bâillon j de Montrcuil-fur-mcr, 



2 34 Hifioife Naturelle 

fangeux & dans les prés humides qui 
bordent les bois ; elle ne gratte point 
îa terre avec les pieds , elle détourne feu- 
lement les feuilles avec fon bec , les je- 
tant brufquement à droite & à gauche. 
Il paroît qu'elle cherche & difcerne fa 
nourriture par l'odorat (pj plutôt que 



fpj Voici comment M. Bowîes a vu que Vow 
nourriiToit des bécafies à Saint-lidephonfe , où l'In- 
fant Dom louis svoit une volière remplie de • 
toutes fortes d'oifeaux. 

« Il y avoit, dit-il, une fontaine qui couîoit 
>» continuellement pour entretenir le terrein bu- 
n mide .... & au milieu un pin & des arbrif- 
» féaux pour la même fin. On apportoit des ga- 
5» zons frais les plus garnis de vers que Pon pou- 
» voit trouver; ces vers avoient beau fe cacher, 
fy lorfque la bécafle avoit faim , elle les fentoit à 
« l'odorat, plantoit fon bec dans la terre , jamais 
>? plus haut que les narines, en tiroit les vers, 
» & levant le bec en Pair , elle i'étendoit fur elle 
5> dans toute fa longueur , & avaioit doucement de 
»> cette façon fans aucun mouvement de déglutition. 
»> Toute cette opération fe faifoit en un inlbnt. Se 
99 le mouvement de la bécafle étoit û égal & fi im- 
»-' perceptible , qu'elle paroifloit ne rien faire. Je 
>» n'ai pas vu qu^el'e ait manqué une feule fois fon 
>» coup ; c'efi: pour cela , & parce qu'elle ne plan- 
99 toit jamais fon bec dans la terre que jufqu'à i'orl- 
» lice des narines, que je conclus que c'eft Todo- 



de la Beeajfc. 25 j 

par les yeux^ qu'elle a mauvais ( q Ji 
maïs la Nature femble lui avoir donné , 
dans Textréinité du bec, un organe de 
plus & un fens particulier approprié à 
Ion genre de vie ; la pointe en eft charnue 
pîutôt que cornée 5 & parcît fufcepttble 
d'une efpcce de ta£t propre à démêler 
] aliment conyenabîe dans îa terre fiui- 
gcufe *, & ce privilège d'organifation a de 
même été donné aux bécaffincs, & appa- 
remment auffi aux chevaliers, aux barges 
& autres oifeaux qui fouillent la terre 
humide pour trouver leur pâture (rj. 

Du refte le bec de la bécafle eft rude 
& comme barbelé aux côtés vers fon 
extrémité , & creufé fur fa longueur de 



fat qui ia guide pour chercher fa nourriture. » Hif- 
toire Naturelle d'Efpagne, par G. Bowles , in - 8,* 
pag. 454 ^ fuivanus, 

(q) . . .l>loti illa oculis , quihiis çjî ohjîujlor ^ ^fi 

Sint minium grandes, fcd acutis narihus injfat^ 

Impnjfo in terrain rojlri muer on e 

Nemefîanus. 

fr) Cette beîfe remarque nous eft commun!- 
que'e par M. Hébert. 



2^6 HifîoiJk Naturelle 

rainures profondes 5 la mandibule fupé- 
rieure forme feule la pointe arrondie 
du bec , en débordant la mandibule infé- 
rieure 5 qui eft comme tronquée & vient 
s'adapter en-deffous par un joint oblique \ 
c eft de la longueur de fon bec , que cet 
oifeau a pris fon nom dans la plupart 
des Langues ^ à remonter jufqu à la Grec- 
que (fjj fa tête 5 auffi remarquable que 
fon bi^c 5 eft plus carrée que ronde , & 
les os du crâne font un angle prefque 
droit fur les orbites des yeux , fon plu- 
mage 5 qu'Ariftote compare à celui du 
francolin (tjlj eft trop connu pour le 
décrire \ & les beaux cjfîets de clair-obf- 
cur, que des teintes hachées, fondues, 
lavées de gris , de biftre & de terre d'om- 
bre, Y produifent 5 quoique dans le genre 
fombre, feroient difficiles & trop longues 
à décrire dans le détail. 

Nous avons trouvé à la bécaile une vé- 



(fj loKouk^ a ^y^owk^ pal ou pieu. — Scolopax , 
quoi ToftTa palo, fiolopos, fimilia ; q:io finfu è* ab 
hebrais kore ; a noftrls lang-nafen, iang - chnabel 
dkitur. Klein , Jvi. page 99. Foyeila iiomaKlature^ 

(tj Colora attagQiiiC. 



de la Becaffe. 237 

ficiïle du fiel, quoique Béîon fe foit per- 
fuadé qu'elle n'en avoit point (u) ; cettQ 
véilcule verfe fa liqueur par deux con* 
duits dans le duodénum -, outre les deux 
cœcums ordinaires, nous en avons trouvé 
un troifîème placé à environ fept pouces 
des premiers, & qui avoit avec TinteC- 
tin une communication tout auffi mani- 
fefte *, mais comme nous ne Tavons ob- 
fervé que fur un feul individu , ce troî- 
fième cœcum eft peut-être une variété 
individuelle ou un jfimple accident *, le 
géfier eft mufculeux, doublé d'une m.em- 
brane ridée fans adhérence *, on y trouve 
fouvent des petits graviers que Toifeau 
avale fans doute en mangeant les vers de 
terre -, le tube inteflinal a deux pieds 
neuf pouces de longueur, 

Gefner donne la groffeur de la bécaffe 
avec plus de juftefle en l'égalant à la per- 
drix que ne fait Ariftote, qui la com- 
pare à la poule ("xj^ & cette compa- 

■■. II. I..II .1 I I I «- . . .u ,— . . i, > . ,.. . .■■. > . 1 I II ■ i L i ii y i r ii mt 

(u) Non pïus, dit- H, que îe pîuvier, ie pigeon 
& le tête chèvre. Nat, des Oifiaux , page 273. 

(x) Ma§nLtudine quanta ^allina ejl, Arift. iib. IX j 
cap. XXVI. 



238 hifloire Naturelle 

raifon^femble nous indiquer que la race 
commune des poules chez les Grecs ^étoit 
bien pius petite que la nôtre , le corps 
de la bécaOë eft en tout temps fort charnu , 
& très-gras fur la fin de l'automne ( y ) ; 
c'eft alors & pendant la plus grande 
partie de Thiver qu'elle fait un mets re- 
cherché ( "[J^ quoique fa chair Toit noire 
& ne foit pas fort tendre , mais 5 com.me 
chair ferme, elle a la propriété de fe con- 
server long-temps ^ on la cuit fans ôter 
ïes entrailles , qui , broyées avec ce 
qu elles contiennent , font le meilleur 
affaifonnement de ce gibier -, on obferve 
que les chiens n'en mangent point 5 il 
faut que ce fumet ne leur convienne 
pas, & même qu'il leur répugne beau- 

(y ) Oïina & Longolius difent qu'on ï^engraiiïe 
avec une pâte faite <^e farine de blé farazin (farina 
iV.orio) & de figues sèches ; ce qui nous paroît diffi- 
cile pour un oifeau lî fauvage ^ & inutile pour \mx 
gibier aulTi gras dans fa faifon. 

(l) il paroît, au récit d'Olina, que îa cbafie 
en continue tout l^hiver en Italie ; les grands froids 
au fort de l'hiver, dans nos provinces , obligent les 
bécaffes de s'éloigner un peu ; cependant il en refte 
encore quelques-unes dans nos bois, près des fon- 
taines chaude». 



de la Bccajfe. 239 

eoupîCar il n'y a guère que les barbets 
qu'on puiffe accoutumer à rapporter la 
bécafle -, ia chair des jeunes a moins de 
fumet 5 mais eiie eft plus tendre & rius 
blanche que celle des bécaiies adultes *, 
toutes s'amargriffent à mefure que le prin- 
temps s'avance, & celles qui reftent en 
été font dans cette faifon dures , sèches 
& d'un fumet trop fort. 

Ceft à la fin de l'hiver 5 c'efl-à-dire, 
au mois de mars 5 que prefque toutes les 
bécaffes quittent nos plaines pour retour- 
ner fur leurs montagnes (a) j rappelées 
par l'amour à la folitude, fi douce avec 
ce fentiment. On voit ces oifeaux au 
printemps partir appariés ("bj ; ils volent 
alors rapidement & fans «^'arrêter pen- 
dant ïa nuit -, mais , le matin, ils fe cachent 
dans les bois pour y paffer la journée, 
& en partent le foir pour continuer leur 

(ajii Eiïe ne fait pas fon nid qu'elle ne foît 
retournée à la montagne, n Béfon. 

(bj Vere primo Angliam déférant , prius tamen 
matrimonio copulantur, ,Ô b'um mas & fiemina^ unâ 
volant, Willughby. 



2 40 Uijloin Naturelle 

route (^c^; tout Tété 5 Hs fe tiennent dans 
les lieux les plus folitarres & les plus 
élevés des montagnes où ils nichent , 
comme dans celles de Savoie , de Suifle, 
du Dauphiné , du Jura , du Bugey & 
dts Vofges : il en refte quelques-uns dans 
les cantons élevés de TAngleterre & de 
îa France ; comme en Bourgogne , en 
Champagne 5 &c. Il n'ell pas même fans 
exemple que quelques couples de bé- 
caffes fe foient arrêtés dans nos Provin- 
ces de plaine , & y aient niché , retar- 
dées apparemment par quelques acci- 
dens 5 & furprifes dans la faifon de l'amour, 
loin des lieux" où les portent leurs habi- 
tudes naturelles ( d). Edwards a penfé 
quelles alioient toutes comme tant 
d'autres oifeaux dans les contrées les 



(c) Obfervation faite par M. Bâillon, de Mon* 
treuiî-fur mer. 

(d) Voyei une lettre datée d'Abbeviiïe , du 15 
mai 1773, dans îes affiches de proi^ince , du 2^ juin 
fn'waut, fur une nichée de bécafie avec ^qs petits 
déjà grands, trouvée [e 14 de mai dans les bois de 
ia terre de Pont-de-Remy. 

plus 



. de la BecaJJe. 241 

plus reculées du Nord (e); apparemment 
ï\ n'étoit pas informé de leur retraite 
aux montagnes , & de l'ordre de leurs 
routes, qui, tracées fur un plan différent 
de celui des autres oifeaux , ne fe portent 
& s'étendent que de ia montagne à lat 
plaine, & de la plaine à la montagne. 

La bécafle fait fon nid par terre , comme 
tous les otfeaux qui ne fe perchent pas {f)i 
ce nid eft compofé de feuilles ou d'herbes 
sèches , entre - mêlées de petits brins de 
bois -, le tout rafl'embié fans art , & amon- 
celé contre un tronc d'arbre, ou fous une 
grofl'e racine ', on y trouve quatre ou cinq 
œufs oblongs , un peu plus gros que ceux 
du pigeon commun *, ils unit d'un gris 
rouisâtre, marbré d'ondes plus foncées 
& noirâtres. On nous a apporté un de 
ces nids avec îes œufs dès le 15 d'avril. 
Lorfqueles petits font éclos,iis quittent 



(e) Edwards 5 addition à la féconde partie, tra- 
dudtion françoife , page 1 2. 

ffj Nidulantur humi . . . perdices , . . ataue 
ali^e partim volautis generis ; ex kis item alauda , 6* 
gallinago, & cotmnix , vunquani in arbore conjîjlunt 
fed humi. Ariftot. iib. 1 X , cap. v 1 1 1. 
Oifeaux ^ Tome XI f^. L 



x^i HiJIoire Naturelle 

le nid & courent, quoique encore cou- 
verts de poî! folet -, ils commencent même 
à voler, avant d'avoir d'autres plumes que 
celles des ailes \ ils fuient ainfi voletant & 
courant qusnd ils font découverts -, on a 
vu la mère & le père prendre fous leur 
gorge vn des petits, le plus foible fans 
doute, & l'emporter aind à plus de mille 
pas-, le mâle ne quitte pas la femelle tant 
que les petits ont befoin de leurs fe- 
cours : il ne fait entendre fa voix que 
dans le temps de leur éducation & de 
fcs amours*, car il eft muct^ ainfi que la 
femelle, pendant le relie de Tannée (^gj ^ 
quand elle couve, le mâle eft prefque 
toujours couché près d'elle, & ils fem- 
blent encore jouir en repofanr mutuelle- 
ment leur bec fur le dos l'un de l'autre : 
ces oifeaux, d'un naturel folitaire & fau- 
vage , font donc aimans & tendres , ils 

(f^) Ces petit? cris ont des tons différens, paifant 
du grave à I^aigu , co , go , ^o , go ; pîdi > p di , pidl ; 
cri, cri, cri /cri; ces derniers ftmblent être de 
colère entre plullei'rs mMes raïïemblés : ils ont aufli 
tme efpece de croalTement cotjan , couan , & un cer- 
tai n grondement //ow , froû , frou , lorfqu'ils fe pour'* 
fui vent. 



de la Becajfe. 245 

cîevîenncnt même Jaloux, car Ion voit 
les mâles fe battre jufqu à fe Jeter par 
terre & fe piquer à coups de bec, en fe 
difputant la femelle -, ils ne deviennent 
donc ftupides & craintifs qu'après avoir 
perdu le fentrment cîe Tamour , prefque 
toujours accompaj^né de celui du courage. 
Lefpèce de la bécalTe eft univerfelle- 
ment répandue \ Aldrovande & Gefner 
en ont fait la remarque (h). On la trouve 
dans les contrées du Midi comme dans 
celles du Nord , dans Tancren & dans le 
nouveau monde *, on la connoît dans 
toute TEurope, en Italie, en Allemagne, 
en France, en Pologne, en Ruffie ( i ) y 
en Siléfie (k) , en Suède ( l ) y en Nor- 
vège (^A77y)^ & jufqu'cn Groenland , où 
elle a le nom de fauarfuck y & où, par 
un compofé luivant le génie de la Lan- 



(h) 'Nullâ non in leg/one reperitur h<ec Avis. Alàxo- 
vande , tome III, page 474. — Repentur h<zc Jm 
in oinihbns ferè regionibus. Gelner, page 485. 
(ij Rzaczynski, Hift. l^at. Polou. page 292. 
(k) Montibus noflm familiaris. Schwenckfeld^ 
page 329. 

(IJ Fauna Suecica , ï\,'^ 141. 
(mj Brunuich. OrnithoL Boréal* page 48, 

L ij 



2 44 Hijîoire Naturelle 

gue, les Groënlandois en ont un pour 
lignifier le chaffeur aux bécanes (nji 
en Iflande, la béeafle fait partie du gi- 
bier qui abonde fur cette île, quoique 
femée de glaces (o); on la retrouve 
aux extrémités feptentrionales & orien- 
tales de rAiie , où elle eft commune , 
puirqu'elîe eft nommée dans les Langues 
kamchadales, koriaques & kouriles ( p )* 
M, Gmelin en a vu quantité à Mangafea, 
en Sibérie fur le Jénifca , & quoique les 
bécalTes y foient en grand nombre , elles 
ne font qu'une très - petite partie de 
cette multitude d oifeaux d'eau & de ri- 
vage de toutes efpèces, qui, dans cette 
faifon 5 fe rafîemblent fur les bords & les 
eaux de ce fleuve (q). 

La bécaffe fe trouve de même en 



(n) SamfukfiorpoL Di^. Groënîandoîs d'EgècIa 

(oj Veyei Anderfon, HîJIolre générale des Voya- 
ges » tome XVIII, page 20. 

(p) En Kamcbadale ,y?/û/(-07//owff/^ ; chez îes Ko- 
riaques , tckeieia ; & aux îles Kouriles , petoroi, 
Vovei ies Vocabulaires de ces Langues dans l'HiJ^ 
pj'r.e gènùale des Voyages, tome XIX, j) âge 359, 

fijj Gmelin, Voyage m Sibérie. 



de la Bécajfe. 245 

Perfe (r)y en Egypte aux environs du 
Caire ( f) , & ce font apparemment celles 
qui vont dans ces régions qui paflent à 
Malte en novembre , par les vents de 
nord & de nord-eft , & ne s'y arrêtent 
qu'autant qu'elles y font retenues par le 
vent (^t). En Barbarie 3 elles paroilTent^ 
comme dans nos contrées , en oftobrc 
& jufqu'en mars (11) ; & il eft affez fingu- 
lier que cette efpèce remplifle en même 
temps le Nord & le Midi , ou du moins 
puiflè s'habituer dans la zone torride , en 
paroi/Tant naturelle aux zones froides ; 
car M. Adanfon a trouvé la bécafTe dans 
les îles du Sénégal fxj; d'autres Voya- 
geurs Font vue en Guinée fyj & fur la 
côte d'Or (^^ ) ; Kœmpfer en a remar- 



(rj Voyage de Chardin , Amjlcrdam. , l'Jii p 
tome II, page 30.^ 

CfJ Voyage d'Egypte, par Grange r , jy^or^ 237. 

(tj Obfervaîion communiquée par M. ie chev'a- 
îier Defmazy. 

00 Shaw, Travtls, &c. page 253. 

fxj Voyage au Sénégal , page 169. 

fyj Bofman, Fojage en Guinée ; Utrecht^-ijos;^ 

(x) Hiftoire générale des Voyages, toim 1 K^ 
P^S^ 245, 

L iij 



2^6 Hiftoire Nature lie 

que en nier, entre la Chine & le Japon 
faj, & il paroît que Knox les a aper- 
çues à Ceylan (h). Et puifque !a bécafîe 
occupe tous les climats , & Te trouve 
dans le Nord de Tancien continent, il 
n eft pas étonnant qu'elle fe retrouve au 
nouveau monde *, elle eft commune aux 
Illinois & dans toute la partie méridio- 
nale du Can.>dci ( cj ^ ainfi qu'à la Loui- 
iiane, où elle eft un peu plus groiTe 
qu'en Europe, ce que l'on attribue à 
l'abondance de nourriture ( d) ; elle eft 
plus rare dans les Provinces plus fepten- 
trionales de l'Amérique -, mais la bécaffe 
de la Guyane connue à Cayenne fous le 
nom de bécajfe des Savanes j nous paroît 
afîez différer de la nôtre pour former une 
cfpcce féparée ^ nous la donnerons après 
avoir décrit les variétés peu nombreufes 
de cette efpèce en Europe. 

(aj Kœmpfer, Hift, Nat. du Japon, tome F, 
jpage 44. 

{ b) Hiftoire générale des Voyages 5 tome VIII, 

(c) Hiftoire de la nouveîîe France , par îe Père 
Charlevoix , tome III y page 3 55. 

(d) Le Page du PratZj Hijïoire iz la Louifiane, 
terne II, page ia6. 



Zr7///, JCU': 



PL. XI.piu/ . 2^6\ 




LA BECASSE. 



] 



de la Bécqffè. i^j 



Variétés de la Bécasse. 

I. La Bécasse blanche (e). Cette 
variété cft rare , du moins dans nos conr 
trées (f) y quelquefois fon plumage eft 
tout blanc *, plus fouvent encore mêlé de 
quelques ondes de gris ou de marron ; 
îe bec eft d'un blanc-jaunâtre -, les pieds 
font d'un Jaune- pâle avec les ongles 
blancs *, ce qui fembîeroit indiquer que 
cette blancheur tient à une dégénératron 
différente du changement de noir en 
blanc qu'éprouvent les animaux dans le 
Nord 5 & cette dégé'iération dans Tc^rpcce 
de la bécaffe, eft allez femblable à celle 
du nègre blanc dans Tefpèce humaine. 

II. La BicASSE rousse. Dans cette 
variété , tout le plum.age eft roux fui: 



fe) Scolopax alba» Klein, Avi. page loo, n.^ 6. 
— IVIùte wood-cok, Albin, lom^ I il, pago 36. , — 
Scolopax caiidida, Brifibn ^ OrnithoL tome V, 
page '297. 

(fj On en tua une près de Grenoble au mois 
de décembre 1774; /efrr^ de M. dz Marges , datée de 
G rd noble h 29 /c'mer 1775. 

L fv 



248 Hifioire Naturelle 

roux 5 par ondes plus foncées fur un fond 
plus clair \ elîe paroit encore plus rare 
-que la première , Tune & l'autre furent 
tuées à la chaiîe du Roi, au mois de 
décembre 1775, & Sa Majefté nous fit 
Thonneur de nous les envoyer par M. le 
Comte d'Angiviller , pour être placées 
dans Ton Cabinet d'hifloire naturelle. 

III. Les chafleurs prétendent diftin- 
guer àtu:^ races de bécafles (g) ^ la grande 
& la pethe ; mais , comme le naturel & les 
habitudes font les mêmes dans ces deux 
bécafles, & qu'en tout le refte elles fe 
jreiîcmblent , nous ne regarderons cette 
petite différence de taille que comme ac- 
cidentelle ou individuelle , ou comme 
celle du jeune à Tadulte, laquelle par 

(gj J^ai remarqué plulieiirs fois qu'il paroît y 
avoir deux efpéces de bécafie. Les premières qui 
arrivent font les pîus grolîes ; elles- ont ies pieds 
gris, ti?ant légèrement fur le rofe : ies autres font 
plus petites, feur plumage eil femblable à celui de 
îa grande bécafie , mais elles ont les pieds de cou- 
ieur bleue ; & on a obfervé que iorfque l'on prend 
cette petite efpèce aux environs de Montreuil en 
Picardie , la grande bécafie y devient plus rare. 
Note œmmuui^uée jfur M. Bâillon, du Moiimuil-fiir- 
, mer. 



de la Bécajpc. 249 

conféquent ne conftitue pas deux races 
réparées entre deux oifeaux , qui du refte 
font, îes mêmes , puirqu'ils s'unifient & 
produîfent enfemble. 



OISEAU ÉTRANGER 

Qui a rapport à la BÉCASSE. 

* LA BÉCASSE DES SA FANES. 

XjEtte Bécasse de la Guyane, quoique 
du quart plus petite que celle de France , 
a néanmoins le bec encore plus long, 
elle eft smiTi un peu plus haut montée fur 
fcs pieds, qui font bruns comme le bec, 
îe gris -blanc, coupé & varié par barres 
de noir, domine dans fon plumage, 
moins mêlé de roux que celui de notre 
bécaffc ^ avec ces différences extérieures 
que le climat a peut - être fait naître , 
celles des mœurs & des habitudes qu'il 
produit auffi, fe reconnoiffent dans la 



Foyci îes planches enluminées ^ n.^ 895, 

L y 



150 Hijîoire Naturelle 

bécafTe des Savanes -, elle demeure habi- 
tuellement dans ces immenfes prairies 
naturelles, d'où l'homme & les chiens 
ne Tont point encore chaflee , parce qu'ils 
n'y font point établis *, elle fe tient dans 
les coulées ; on appelle ainfi les enfonce- 
niens des Savanes, où il y a toujours de 
!a vafe & des herbes épaiffes & hautes , 
évitant néanmoins celles où la marée 
monte , & dont Teau eft Talée. Dans la Taî- 
fon des pluies , ces petites bécaffes cher- 
chent les hauteurs , & s'y tiennent dans 
les herbes -, c'e(l-là qu'elles s'apparient &^ 
cju'elles nichent fur de petites élévations 
dans des^ trous tapiiîés d'herbes sèches , 
les pontes ne font que de deux œufs > 
mais elles fe réitèrent , & ne finilient 
qu'en juillet ^ les pluies padées , ces bé- 
CâiT^s reviennent aux coulées , c'eft-à- 
dire, des lieux élevés aux plus bas, ce 
qui leur eft commun avec les bécaffes 
d'Europe. Le feu qu'on met fouvent aux 
Savanes, en feptembre & odobre , les 
chaffant devant lui , elles refluent en 
grand nombre dans les lieux voiiîns des 
parties incendiées ^ mais elles femhl ent 
éviter les bois 5 & lorfqu'on les pourfuit, 



de la Bécajfe des Savanes. 2 j i 

elles n'y font Jamais remlfe, & s'en dé- 
tournent pour regagner les Savanes , cette 
habitude eft contraire à celle de la bé- 
caffe d'Europe *, néanmoins elles partent 
comme cette dernière , toujours fous les 
pieds du chaffeur -, elles ont la même 
pefanteur en fe levant 5 le même vol 
bruyant , & elles fientent de même ea 
commençant à fiier. Lorfqu une de ces 
bécafles eft tirée, elle ne va pas fe repofer 
loin, mars fait pludeurs tours, avant de 
s'abattre •, communément elles partent 
deux à deux , quelquefois trois enfera- 
ble, & lorfqu'on en voit une, on peut 
être afTuré que la féconde n'eft pas loin *, 
on les entend à Tapproche de la nuit fe 
rappeler par un cri de ralliement \xi\ peu 
rauque, affez femblable à cette voix baffe 
kajkdjkajka^ que fait fou vent enten- 
dre la poule domeftique -, elles fe pro- 
mettent la nuit 5 & on les voit au clair de 
îa lune, venir fe pofer jufqu'aux portes 
des habitations. M. de la Borde 3 qui a 
fait ces obfervations à Cayenne , nous 
aiîure que la chair de la bécaffe des Sa- 
vanes eft au moins auffî bonne que celle 
de la bécafle de France. 

Lvj 



2 5 z Hijîoire Naturelle 



"" LA BÉCASSINE {a). 

Premicre efpcce. 

La Bécassine eft très-bîen nommée, 
puifqu'en ne la conddérant que par la 
figure, on pourroit la prendre pour une 



^ yoy^l îes phnches enîuminées, nP 883. 

(a) En Italien, fiixardeUa ; en Anglois, /?/i/e, 
fnipe; ea Ailemand, fclinepffln , ti^ajfcr'fchnepffe, 
heers fduicvff, comme lècafje des felgnenrs > à caufe 
de fa délicateflfe ; grafi^fihnepff, bécalTe d'herbes , 
parce qu'elle fe cache dans les herbages des marais; 
en Suédois, mail /iiaeppa, wald-jliaeppa ; en Polo- 
ïiois, hekas , kojielek , baramk ; en Turc, jelve. 

Be'caiTnie ou bécaiTeau. Bélon , Nat. des Oi féaux, 
page 215, avec une mauvaife figure. — Bécafïïne, 
bécajftûu, bécafle petite : idem. Poriraits d*oifiaux , 
page 44, û, avec une figure pafîabïe. — Gallin^f^o , 
five rupîcula minor. Oefner, Avi. page 505, avec 
une figure peu exade. — Idem , Icon. Am. 
page II 2, avec la même figure. — Scolepax y feu 
gûllinago minnr. Aldrovande , AvL tome HI, 
page 476, avec une figure peu exafle, page 479» 
— Gallinago minor Bellonii, idem, ibid. page 484, 
arvec une très-mauvaife figure. — Scolopax , feu 
gallinai'O minor , &' fcolopax minor» Jonflon , y/W. 
page 1 10 j avec la figure empruntée d^A{d;rovande^ 



de la BécaJJîne. ijj 

petite efpèce de bécafle *, ce feroit une 
petite bécajfe, dit Bélon , Ji elle nejlolt 



planche 31, & prife de Gefner, planche 27. -—' 
Gallinago minor AldromndL Willughby , OrniîhoL 
page 214, avec une figure peu refiembiante, pi. 5g« 
• — ' Gallinago minor. Ray , Synopf. Avi, page 105 , 
n.o a, 2. — Sibbald. Scot. illuflr. part. II, lib m , 
page 18. — Perdix rnfîica minor. Schwenckfeld , 
Ai^L Silef page 330. — Rujlicula , gallinago Gai<£ ; 
fiolopax minor aliis. Rzaczynski , Hifl, Nat, Polui. 
page 295. — Gallinago minor Willughbi. Idem, 
ibid. page 381. — Perdix rnflica minor, fcoiopax mi- 
nor, éfc. Idem ^ Au&uar, page 410. — Gallinago, 
fcolopdx minor, Charleton , Exercit. page 1 1 2 , n.*^ 8. 
Idem, Onomait, page ic8,n.^ 8, — Gallinago, 
fcoiopax minor. Marfigf. Danub. tome V, page 34, 
avec une figure peu exade, tab. 1^. — Scolopax 
média. Klein, Avi. page 99, n.^ 2. — Scolopax, 
qu(2 capella c<eleftis authorum. Idem, page 100 ,n.^" 3. 
Nota. Klein fe trompe ici en appliquant à la bécaf- 
fine le nom de capella caleftis, comme Rzaczynski 
& Schwenckfeld en lui donnant ceux d'aix & de 
himmels'geii; , qui délignent le vanneau. — Die heer 
Jchnepfe. Fiifch , vol. II, div. 12, fedl. 4, pi. 6. — 
Scolopax roflro reSto , apice tuherculato , pedikus fujcis , 
Lineis frontis fufcis quaternis. . . . Gallinago. Lin^» 
naeus, Syjl. nau éd. X, Gen. 77, Sp. 11. — Nu- 
menius cap i te lineis quatuor fufcis longitudinal! s rofl'ù 
apice tuberculofo , fanoribus femi - nudis. Idem , 
Fûuna Suce, n.^^ 143. — Scolopax cinerca minor, 
roflro nigro. Barrére, Grnithol. claf. m, Gen. 12, 
Sp, 2. — ■ Bécaffine. Albin ^ tome I^ page 63, avec 



254 Hijloire Naturelle 

de mœurs différentes ; en effet , la bécaf 
fine a , comme la bécaffe , le bec très- 
long & la tête carrée , le plum.age madré 
de même, excepté que le roux s'y mêle 
moins, & que le gris-blanc & le noir y 
dominent , mais, ces reffemblances bor- 
nées à l'extérieur n*ont pas pénétré l'inté- 
rieur, le réfultat de Torganifation n'eft 
pas le même, puifque les habitudes natu- 
relles font oppofées, la bécaffine ne fré- 
quente pas les bois *, elle fe tient dans 
les endroits marécageux des prairies , 
dans les herb.^ges & les ofiers qui bordent 
les rivières ^ elle s'élève fi haut en vo- 
lant qu'on l'entend encore lorfqu'on Ta 
perdu de vue*, elle a un petit cri che- 
vrotant, mée^ mée y niée y qui lui a fait 
donner, par quelques Nomenclateurs, le 



une figure mal coloriée, pî. 71. — Scolopax fupernè 
nigricante 6* fiàjy'o diluto varlegata , in f crue alba ; 
guttiire fuho ; cap: te fuperiore triplid taenia longiru" 
dinali dliatè fulvâ uotato ; dorfî faCciis quatuor Ion- 
gitudinalibus dilutè fnlv'is infig/ûto ; uwpygio fufco-ul- 
priante, uUo-fulvefcente traufierjim flnatu ; reëLncibus 
in e.xortu nipjicandbus i in exiremitaîe fuhis , nign- 
cajue tranfverjim jîriatls, . . . Gallinago, Briiibn^ ^ 
OrnithoL tome V; pa^e 298» 



de la BecaJJïne. 255 

fiirnom de chèvre volante (b); elle )QttQ 
auffi, en prenant fon eilor , un petit cri 
court & fiflé^ elle n'habite les montagnes 
en aucune faifon -, eîie difîcre donc de 
îa bécaffe par le naturel & par les habi- 
tudes 5 autant qu'elle lui reflemble par 
le plumage & la figure. 

En France^ les bécaffines paroi iTent 
en automne 5 on en voit quelquefois trois 
ou quatre enfemble, mais le plus fou- 
vent on les rencontre feules k'H- s partent 
de loin, d'un vol très-prefte 5&5 après 
trois crochets , elles filent deux ou trois 
cens pas, ou pointent en s'élevant à perte 
de vue \ le chaiTeur fait faire fléchir leur 
vol & les amener près de lui en imitant 
leur voix. Il en refte tout Thiver dans 
nos contrées autour des fontaines chaudes 
& des petits marais voifiiis de ces fon- 
taines*, au printemps 5 elles repaffent en 
grand nombre , & il paroit que cette fai- 
ion eft celle de leur arrivée en plufieurs 
pays où elles nichent, comme en AUe- 

(hj Klcinj Schwenckfçld , Rzaczynski. 



z^6 Hifloire Naturelle 

magne ('c)^ en Siiéfie (djj en Suiffe fej; 
mais, en France 5 il n'en refte que quelques- 
unes pendant Tété , & elles nichent dans 
nos marais , Willughby robferve de même 
pour TAngleterre ( f); on trouve leur 
nid en juin ; il eft placé à terre , fous quel- 
que grofle racine d'aulne ou de faule , 
dans les endroits marécageux où le bétail 
ne peut parvenir, il eft fait d'herbes sè- 
ches & de plumes , & contient quatre ou 
cinq œufs de forme oblongue, d'une cou- 
leur blanchâtre avec des taches rouffes ; 
ics petits quittent le nid en fortant de la 
coque : ils paroiffent laids & informes -, la 
mère ne les en aime pas moins \ elle en a 
foin jufqu'à ce que leur grand bec trop 
mou foit devenu plus ferme, & ne les 



fcj yîpud Jldrov, tome I II, page 478. 
(d) ^viar, S il ef, page 330. 

(c) Jdi^-ena tjî fecuudnm aquinodfuim vtriuim , 
negue à marginièus lacuum &' flagnorum quoquam dif- 
itdlt, Gefner, Jvi, page 488. 

( f) Apud nos iionunll<e par totam œflaum ma-* 
fient, & in paluftrihus nidificaiit . • . pars maxima 
dio ûbit. Wiilughby, page 214. 



de la BecaJJine. 257 

quitte que quand ils peuvent aîfément fc 
pourvoir d'eux-mêmes. 

La bécaffine pique continuellement ia 
terre , fans qu'on puifle bien dire ce qu elle 
mange -, on ne trouve , dans fon eftomac , 
qu'un réfidu terreux & des liqueurs , qui 
font apparemment la fubftance fondue 
des vers dont elle fe nourrit , car Aldro- 
vande remarque qu'elle a le bout de la 
langue terminé comme les pics par une 
pointe aiguë, propre à percer les vers 
qu'elle fouille dans la vafe. 

Dans cette efpèce de bécaffine, la tète 
a un mouvement naturel de balancement 
horizontal, & la queue un mouvement 
de haut en bas , elle marche pas à pas , la 
tête haute, fans fautiller ni voltiger , mais 
on la furprend rarement dans cette fitua- 
tion, car elle fe tient foigneufement ca- 
chée dans les rofeaux & les herbes des 
marais fangeux, où les chafleurs ne peu- 
vent aller trouver ces oifeaux qu'avec des 
efpèces de raquettes faites de planches 
légères, mais alTez larges pour ne point 
enfoncer dans le limon : & comme la bé- 
caffine part de loin & très-rapidement, & 
qu elle fait plufieurs crochets avant de 



258 Hifloire Naturelle 

fiîef : il nV.a pas de tf-é pl'is dîffiale ^ 
on !a prenJ pins aifémcfit avec un rejet 
feirbiabie à celui qi/on place dans les 
fentrers des bois pour prendre la bjcifle. 

La bécaffine eft ordinairement fort 
gralTe , & fa graiiTe , dune faveur fine, 
n*a rien du dégoût des graiiTes ordinaires 
(^g)j on la cuit comme la bécaiîe, fans la 
vider, & par- tout on la recherche comme 
un gibier exquis. 

Au refte, quoiqu'on ne manque guère 
de trouver en automne des bécallînes 
dans nos marais (^hj , Tefpèce n'en eft 
pas auffi nombreufe aujourd'hui qu'elle 
rétoit ci -devant (^ij ; mais elle eft répan- 



(gj u Elle eft fournie de haulte graîfîe, qui 
» réveille l'appétit endormi , provoque à bien 
» difcerner ie goût des francs vins ; quoi Hichant, 
>» ceux qui font bien rentes la mangent pour ieur 
faire bonne bouche. ?» Béîon, Nat. des Oi féaux. 

(h) a On voit une quantité prodîgieufe de 
» ces oifeaux dans les marais entre Laon , Nctre- 
» Dame de Liefle , la Fère, Péronne, Amiens, 
Calais. >» Note communiquée par M, Hébert, 

fi) « C^eft un gibier fi fréquent en temps 
» d'hiver , que n/avons quafi vu rien de plus com- 
mun par les plaines des pays méditerranés, » Bé- 
loa . Nat. des Oifeuux.pa^c 216. 



de la BecaJJîne. 259 

due encore plus univerfellement que celle 
de ia bécaffe *, on la rencontre dans toutes 
les parties du monde -, quelques Voya- 
geurs éclairés en ont fait la remarque (^/ry^j 
on nous la envoyée de Cayenne , où on 
l'appelle bécajjine de Savane (0;M. Fré- 
zier la trouvée dans les campagnes du 
Chili (^in); elle eft commune à la Loui- 
iîane, où elle vient julqu'auprès des habi- 
tations (^n) j de même qu'au Canada foj 8c 
à Saint-Domingue fpj» Dans Tancien 



fkj t< H efl: à remarquer que les bëcaffînes fe 
trouvent dans beaucoup plus de pa s du monde u 
qu'aucun autre oifeau; elles font communes dans^w 
prefque toute PPJurope, i^Afie & l'iVmérique. t> 
Voyage autour du monde , par le capitaine Cook , 
tome IV, page 268. 

(l) Avec la chair de fort bon goût , cette bécaf^ 
fine de la Guyane ne prend guère de grailTe , non 
plus que ia bécalTe de ce pays, luivant M. de la 
Borde, elle ne pond de même que deux œufs. La 
diminution du nombre d^œufs à chaque ponte, 
paroît avoir lieu dans tous les pays où les oifeaux 
les réitèrent. 

(mj Voyage à la mer du Sud,^^^ê 74. 

(nj Le Page du Fratz, Hiftoire de la Louijiane, 
tome II, page 127. 

foj Nouvelle France, tome III, pa^e 155. 

fpj M. le chevalier Lefebvre Dcshayes rern..r- 



z6o Hijîoire Naturelle 

continent , on îa trouve depuis la Suède 
(q) & la Sibérie (r) jufqti'àCeylan (fj & 
au Japon (^r^ 5* nous l'avons reçue du cap 
de Bonne-efpérance (u); elle s'eft portée 
fur les terres lointaines de Tocéan auf- 
traj (xj 5 aux lies Maîouines 5 où M. de 



que qu'un mois après îèur arrivée elîes deviennent 
il grafies, qu'elles paroiflfent auffî pePantes que des 
cailles : elles relient dans lUe jufqu'en février. 

(q) Fauna Suecica, 

(r) Gnielin, Voyage en Sihérie, tome I, pag, 218, 
iome II, page e^6, 

( f) Kno^ y 6'ànsVHiftolre générale des î'^oyages , 
tome y III, page 547. 

(t) Kœmpfer, Hijîoire Naturelle du Japon , 
tome I, pages 112 & 113. 

(u) Cette bécaffine du cap de P.onne-efpéranoe 
eft un peu plus grande, avec le bec encore plus 
long &; les jambes un peu plus greffes que ia notre, 
ce qui n'empêche pas qu'on ne les reconnoilîc très- 
clairement pour être de la même efpéce ; elle eft 
différente d'une autre bécaffine du Cap, qui y pa- 
roît indigène , S: que nous donnerons tout-à-i^heure. 

(xJ u Nous trouvâmes vers la partie fepten- 
» trionale d'Uliétéa (île voiiine de TaïtiJ, des cri- 
r> ques très-prOibndes, & au fond des marais rem- 
» plis d'une grande quantité de canards & de bécaf 
»» fines, plus fauvages qwe nous ne l'attendions; 
n nous apprîmes bientôt que les Infulaircs , qui 
» aiment a les manger, ont coutume de les pour- 



de la BécaJJine. i6i 

Bougaiiivllle Ta vue, & où îl remarque 
qu'elle a des habitudes conformes à ces 
lieux folitaires , où rien ne Tinquiète -, 
fon nid eft au milieu de la campagne-, 
on la tire aifément , elle n'a nulle défiance^ 
& ne fait point le crochet en partant (y); 
nouvelle preuve que les habitudes timides 
àcs animaux fugitifs devant Thomme 
leur font imprimées par la crainte : & 
cette crainte, dans la bécaiïîne , paroît en^- 
core fe réunir à la forte averfion qu'elle 
a pour Thomme, car elle eft du nombre 
de ces oifeaux qu'en aucune manière on 
ne peut apprivoifcr. Longolius affure 
qu'on peut élever & tenir la bécaffe en 
volière 5 & même la nourrir pour l'en- 
graiffer , mais que la çhofe a été tentée fur 
la bécaflîne inutilement & fans fuccès (':^). 
Il paroît qu'il y a , dans cette efpèce 5 une 
petite race comme dans celle de la bé- 
cafle 5 car , indépendamment de la petite 



fuivre. >» Foifter^ fécond Voyage de. Cook , î.om$ I, 
page 434. 

(yj Voyage autour du monde , par M. de 
Bougainville, tome I, in-S.^ page 124. 

( i) Jpud Aldrovand, tome III, page 478. 



i6z Hijloire Naturelle 

bécaflîne furnommée la fourde , dont 
nous allons parler , il s'en trouve entre 
celles de refpèce ordinaire de grandes 
& d'autres plus petites \ mais cette diffé- 
rence de tailie, qui n'eft accompagnée 
d'aucune autre, ni dans les mœurs , ni 
clans le plumage , n'indique tout au plus 
qu'une diverfîté de race , ou peut-être 
une variété purement accidentelie & in- 
dividuelle, qui ne tient point au fexe ; 
car on ne connoît aucune différence ap- 
parente entre le mâle & la femelle dans 
cette efpèce, non plus que dans la fui- 
vante (a). 



(a) Mares à famitiis neque magnitudine , nequt 
tuÎ9r& differunt. Willughby , ^a^c 124. 




Tûm.^Yir. 



I^/ .JÇJI,pa^ .JÛ2. 




I.A BECASSINE. 



I 



de la BecaJJine, 16^ 



U^^^S^^^6^2^ 



^LA PETITE BÉCASSINE 

furnommée LA S OU RDE (b)^ 
Seconde efpèce. 

La PETITE BECASSINE n'a que moitîc 
de fa grandeur de l'autre*, d'oà vient, 
dit Bélon y que les pourvoyeurs l'appellent 



^ ybvex îes planches enluminées, n,^ 884. 

(è) En A.^o\o\%^ jud cock , jackpiipe ; en Ffa- 
mand, hais fdwevff'; en Danois, wr ficppe; en Po- 
îpnois, k/ik ; dans TOHéanois, hecgnerolle ou bou^ 
iriolle ; &: fouciult, fuivant M. Sa^e! ne : ce qui na- 
roït revenir au nom obfcéne que iuj donnent , fui- 
vant Hélon , les payfans des côtes. Foyex Nature 
des oKecHix ^ page 'ii'j. En Picardie &dansleBou- 
ionois, hanipon , fuivanc ie même M. Salerne. 

Pf us petite efpèce de bécafïïne. Bélon , Nat. des 
01 féaux y page 217. — Ciudus quanus , gallinago 
minima BelonlL A fdrovande , ^i^l. tome III, 
page 493, avec une très mauvaife figure. — Jonf- 
ton, ji^i. page 112, avec la figure prife d'Aldro- 
vande, tab. 53. — GaUinao^o minima, feu tenix Bel-' 
ionii, WiHughby , OrnithoL page 214. — ï^ay, 
Synopf page 105, n/' a 3. — Gallinago minima, 
Polonis kfik. Rzaczynski, Hifl. Nat. Polon. page 295, 
•^ Scolofox minima* Klein, Avi» page 100 3 u.*^ 4, 



1(^4 Hi/îoire N'aturelk 

deux pour un. Elle fe cache dans les rcv 
féaux des étangs, fous les joncs fecs & 
les glayenls tombés au bord des eaux 5 
elle s'y tient fi obftinément cachée , qu il 
faut prefque marcher defîiis pour la faire 
lever 5 & qu'elle part fous les pieds, comme 
fi elle n'entendoit rien du bruit que Von 
fait en venant à elle *, c'eft de-là que les 
chafîeurs Font appelée lafourde ; fon vol 
eft moins rapide & plus direâ: que celui 
de la grande bécaflîne , fa chair n'eft 



— Cincliis, Charîeton, Exerclt, page 113 , n.© xi. 
Idem, Ouomaxt, page 108 , n.^ XI. — Scoîopax mi- 
iiima, ex fuho Ef cafîaueo colore maculata. ]}arrère, 
OrinthoL claf. m, Gen. XII, Sp. m. — Die 
haarpudd , oder kleinjlz fihnepffe. Frifch , vol. II, 
div. 12, fca. 4, pL 8. — JVlâîe de îa bécaflîne. 
Albin, tome III, page 36, avec une figure mal 
coloriée, planche 86. — Bécot. Salerne, OrnithoL 
page 325. — Scoîopax fuper ne tngro 6* fuho varie' 
^ata, iiigro-piolaceo cf piridi aureo colore variante, in- 
fernè fufco y fulvo obfcuro & albido varia; ventre alho ; 
gutture alho fulvcfiente ; cnpiie fiperiore diiplici taniâ 
longitudinali dilate fulva notate , dorjb fafiiis quatuor 
longitudinalihus dilutè fulvis infîgnito ; uropygio fplen^ 
dide violaceo , pennis albido in apice marginatis ; re&rî- 
cihus hinis intermediis nigricantibus , fiilvo marginatis , 
lateralibus f'ifiis , fdvo variegatis. . • , Gallinago 
ninor. Briiron , tome V , page 303. 

^ pas 



de la Becafjîne. 16^ 

pas d'un goût moins délicat , & fa graîfîe 
efl: auffi fine *, mais relpcce n'en paroît 
pas aufîi nombreuse, ou du moins n'efl: 
pas auffi généralement répandue : Wil- 
îughby 5 qui écrivoit en Angleterre , re- 
marque qu'elle y eft moins commune 
que la grande bécaffine (c) ; Linna^us 
n'en fait pas mention dans le dénombre- 
ment des oifeaux de Suède -, cependant 
elle Te trouve en Danemarck , fuivsnt 
M. Brunnich (dj. Cette petite bécaffine 
a le hec moins long à proportion que 
l'autre 5 fon plumage eft le même, avec 
quelques reflets cuivreux fur le dos , & 
de longs traits de pinceaux roufsâtre^ 
fur des plumes couchées aux côtés du 
dos, & qui étant sriongées, foyeufef & 
comme effiîées , ont apparemment donné 
lieu au nom de haar-fciinepffe que les 
Allemands lui donnent, félon M. Klein. 

Ces petites bécaffines reftent prefque 
toute l'année & nichent dans nos ma- 
rais *, leurs œufs, eie même couleur que 
ceux de la grande bécaffine, font feule- 
*■ " ' " ' *" " " ' " * "'" ' ' ' "- '- ' "■ " «■" -■'"■ -' ^ ' " '■ ■■" ■ ■ »■ ■» ■ -«*■« . » >,■ — w «»»iiiii ii» i w 

(c) OrnithoL page 214. 

(d) Omlthol. boreaiiSjXi.'' 163. 

Oifeaux^ Tome XIK M 



z66 Hijloire Naturelle 

ment plus petits à proportion de roifeaui 
qui n'eft pas plus gros qu'une alouette* 
On a fouvent pris cette petite bécaffine 
pour le mâle de la grande, & Willughby 
corrige cette erreur populaire , en avouant 
qu'il le croyoit lui-même avant de les 
avoir comparées (^ej ; ce qui n'a pas 
empêché Albin de tomber de nouveau 
dans cette même erreur ( /)• 



(e) Vulgus jack fnipe, vocat marem majoris fpe- 
c'iei erronée credens ; in qutm errorem ego fui, &* à 
D. Lifier admonitus, recognopi, Wilîughby, pag. 214. 

ffj Tome III y page 36, la %ure de ia petite 
èécafiine avec ce titre ? mâU de la bécajfme^ 




de la BécaJJine. i6j 

LA BRUNETTE (g). 

Troifième efpèce. 

vv iLLUGHBY donnc ctt oifeau fous le 
nom de dunlin ^ qui peut fe rendre par 
brunette (h) : il le dît indigène aux par- 
ties feptentrionales de l'Angleterre ( i)^ 
Ceft une petite bécaffine de la taille de 
la précédente, & qui paroît en difFérer 
aflez peu , elle a le ventre noirâtre onde 
de blanc 5 & le deffus du corps tacheté de 



(g) Scolopax fupernè ru fa , maculls nlgris , & paucQ 
alho vanegata, Infcrnè alba ; ginture , collo inferiore Ef 
pe&ore maculis nigricantihus variis ; medio ventre iii- 
gricante , albo undulato ; rei^ricibus binis intermediis 
fufcis riifo maculatis , lateralibus fnfco-albicantibiis.. . • 
Gallinago Anglicana. Briflbn , OrnithoL tome V , 
page 309. 

(h) £)«/;, en Angîois , fignifie hrun , de couleur 
obfcure ou tannée ; dnnlin eft un diminutif. 

(i) Dunlifi fepwurlonalium Anglorum , gallina-- 
giiii minimce par ; viStum in limo colUgit , &'c. Wif- 
ïughby, OrnithoL page 226. — Ray, Synopf, Jtfu 
page 109. 



2(?8 Hijloire Naturelle i 

noir & d\in peu de blanc fur un fond 
brun-roux -, du refte, elle eft de la même 
figure & a les mêmes habitudes que notre 
petite bécaffine •, ainlî , c eft une efpèce 
très - voiiine , ou peut - être une limple 
variété de Tefpèce précédente. 




i6f) 



OISEAUX ÉTRANGERS 

Qui ont rapport aux BÉCASSINES. 

g— w II m m III M i l II ■■ ■■■ii iw i i UM WI .M » 

^ L^ BÉCASSINE 

DU CAF DE Bonne-espérance (a^. 

Première efpèce. 

JlLlle est un peu plus grande ç[n(ii 
notre bécafîîne commune , mais elie a ie 
bec beaucoup moins long , les couleurs 



. *^ Voyei les planches enluminées, nP 270. 

(a) Scolopax pipernè fatumtè clnerea , ni^ricaute 
tranfierfim jîriata b' violaceo aâambrata , infernè alba ; 
fafciâ longuudinaii in capiu fupcrlore albo rnfcfccnit 
mciculatâ ; oculonim ambita 6* tceniâ prope ocuhs eau- 
iidls ; genis , gutture 6* collo inferiore ru\is ; tceinâ in 
fummo pe&ore tranfiersâ uigricaute ; fafciâ iitringuè à 
fcapulis versus uropygium albo ■- flav'icante , maailis ni- 
gricantibus utrinquè pmditâ ; redtridbus cinereis , ni" 
gricante tranfierfun ftriatis cf flapicante macula: is. . . . 
Gallinago capids Bome-fpci. Eriiron , Ornithol. Sup- 
plément ^ page 141. 

M il] 



I 



fjo Hijïùire Naturelle 

(de fon plumage font un peu moins foni^ 
bres 5 un gris - bleuâtre haché de petites 
ondes noires, fait le fond du manteau 
que traverfe une ligne blanche tirée de 
répaule au croupion , une petite zone 
noire marque le haut de la poitrine , le 
ventre eft blanc ^ la tête eft coiffée de 
cinq bandes, Tune roufsâtre au fommet> 
deux grifes de chaque côté , puis deux 
blanches qui engagent Tœii & s'étendent 
en arrière* 




de3 Oifeaux étrangers. 271 

P "" " ' ' l i? ! ? m ll«. - i. u I n n'm 11 - 11 — ..^— 

^ Z^ BÉCASSINE 

DE Madagascar. 

Seconde efpèce. 

Cette Bécassine eft très -jolie par îa 
dîfpofition & le mêiange des couleurs 
de fon plumage-, îa tête & îe cou font 
de couleur roufle 5 traverfée d\in trait 
blanc qui: paffe fur l'œil, & qui eft fur- 
monté d'un trait noir j îe bas du cou eft 
ceint dun large collet noir , les plumes 
du dos font noirâtres > feftonnées de gris ^ 
îe roufsâtre, îe gris 5 le noirâtre font cou- 
pés fur les couvertures de Taiie par de 
petits feftons ondoyans & ferrés *, les 
pennes moyennes de l'aile & celles de la 
queue 5 font coupées tranfverfalement par 
bandes variées de cet agréable mélange , 
féparées par trois ou quatre rangs de 
taches ovales d'un beau roux-clair, enca- 



* Voyci îes planches enluminées , tu^ 922. 

M iv 



272 Hijloire Naturelle 

dré de noir-, les grandes pennes fonf 
traverfées de bandes alternativement 
noires & roiiffes •, le defîbus du corps 
eft bîanc. Cette bécaffine a près de dix 
pouces de longueur. 

* LA BÉCASSINE de la Chine. 
Troîjïème efpcce. 

xLlle est un peu moins grofle que 
notre grande bécaffine, mais elle eft un 
peu plus haute fur jambes , elle a le bec 
prefque auffi long-, ion plumage eft moins 
fombre -, il eft chamarré fur le manteau 
par taches affez larges & par feftons, de 
gris-brun, de bleuâtre, de noir & de 
roux - clair -, la poitrine eft ornée d'un 
large fefton noir -, le delîbus du corps eft 
blanc ^ le cou eft piqueté de gris -bîanc 
& de roufsâtre, & la tête eft traverfée de 
traits noirs & blancs. 

^1 ,11 . . . „M I<i,- M .. I. I. ,. .1^ 

'^ Voyzi les planches eiiiuminéçs, nP 881. 



des Oîfeaux e'trangers. 273 

La Bécassine de Madras donnée 
par M. Briil'on (h)-, auroit affez de rap- 
port par les couleurs, telles qu'il les 
décrit 5 avec cette bécaffine de la Chine \ 
mais un caradère, qui manque à ceile-ci, 
eft ce doigt pojicrieur aujji long que ceux 
de devant y que M. Bniîon attribue à la 
bécaffine de Madras 5 & qui, ce femble, 
dans les règles de la nomenclature, auroit 
dû lui faire exclure cet oifeau du genre 
des bécaffines. 



(h) Scolopax ptpcrnè nigricante & falvo rariegata, 
infernè aléa ; gutture & colla inferlore fnhis , riaculis 
nigricantibus vaiiis ; capitefuperiore triplici tmiiâ lon^ 
gLîudiuali fnfcO' nigricante notato ; dorjo fafiiis duahiis 
lougitudinalibus fufio - nigricantibus infignito ; tceniâ 
tranfversâ in pedtove nigrâ ; redtricibus nigro , fulvo 6* 
grifeo pariegaiis. . . , Gallinago Muderafpatana, 
jJriffbn, OmithoL tome V, page 308. Ray a donné 
cette bécalTme ; gallinago Maddrafpataiia , perdïcis 
colore, Synopf. Ji>i, page 193, n>' 2 5 avec une 
ïnauvaife figure, tab. i, fîg. 2, il fe nomme en 
Anglois patridge-fnipe ; bécajjl - perdrix , à caufe de 
fts couleurs. 



<^^ 
^ 



M V 



£74 JJifloîre NatureJlh 



LES BARGES, 

De tous ces êtres légers fur lefquels 
3a Nati re a répandu tant de vie & de 
grâces , & qu'elle paroit avoir jetés à tra*- 
vers îa grande fcène de fes ouvrages , pour 
animer le vide de Tefpace & y produire 
du mouvement , les oifeaux de marais font 
ceux qui ont eu le moins de part à fe$ 
dons^ leurs fens font obtus, leur inftindt 
eft réduit aux fenfations les plus grofliè- 
res , & leur naturel fe borne à chercher 
à Tentour des marécages, leur pâture 
fur îa vafe ou dans la terre fangeufe -, 
comme fi ces efpèces attachées au premier 
îimon 5 n'avoient pu prendre part au pro- 
grès plus heureux & plus grand qu'ont 
fait fucceflivement toutes les autres pro- 
dudions dis la Nature dont les dévelop- 
pemens fe font étendus & embellis par 
les foins de Thomme ; tandis que ces 
habitans des marais font reftés» dans Tétat 
imparfait de leur nature brute. 

En effet, aucun d'eux na les grâces 
ni îa gaieté de nos oifeaux des champs j^ 



des Barges. 47 j 

ïïs ne favent point , comme ceux - ci , 
s'amufer , fe réjouir enfemble , ni pren- 
dre de doux ébats entr'eux fur ia terre 
ou dans Tair -, leur vol n'eft qu'une fuite, 
une traite rapide d'un froid marécage à 
un autre , retenus fur le fol humide , ils 
ne peuvent comme les hôtes des bois , 
fe jouer dans les rameaux , ni même s'y 
pofer -, ils giflent à terre & fe tiennent 
à Tombre pendant le jour, une vue foi- 
ble y un naturel timide , leur font pré- 
férer l'obfcurité de la nuit , ou la lueur 
des crépufcules , à la clarté du jour 5 & 
c'eft m.oîns par les yeux que par le taét 
ou par Todorat^ qu'ils cherchent leur, 
nourriture \ c'eft ainfi que vivent les bé- 
caiTes 3 les bécaffines & la plupart des autres 
oifeaux de marais, entre lefquels.îes bar- 
ges forment une petite- famille 5 immé- 
diatement au-deffous de celle de la bé- 
cafle, ^lles ont la même forme de corps ^ 
mais les jambes plus hautes & le bec 
encore plus long , quoique conformé de 
même*, à pointe moufle & lifle , droit 
ou un peu fléchi & légèrement relevé : 
Gefner fe trompe en leur prêtant un bec 

Mvj 



tyè Uijloîre Naturelle 

aigu & propre à darder les poiilons (a)> 
îes barges ne vivent que des vers & ver- 
niîffeaux qu'elles tirent du limon. On 
trouve 5 dans leur géfier, des graviers, la 
plupart tranfparens , & tout feniblables 
à ceux que contient auffi le gélîer de 
Tavocette ( b); lenr voix eft affez ex- 
traordinaire 5 car Bélon la compare au 
bêlement étouffé d'une chèvre ( c) ; ces 
oifeaux font inquiets & partent de loin , 
& jettent un cri de frayeur en partant; 
ils font rares dans, les contrées éloignées 
de la mer, & ils fe plaifent dans les ma- 
rais falés 5 ils ont fur nos côtes , & en 



(^a) Roflra'eis redta & acuta ad vidtiim è pifc'ihuB 
ajpta. (iefner, Avi. vtrb. totanus. 

(b ) Obrervation faite par M. Bâillon , fur îes. 
barges de i^aflage far les côtes de Picardie , & qui 
îui tait penfer que ces oifeaux & i'avocette viennenc 
alors des mêmes pays. 

(c) <•<• La barge .... eftant foupçonneufe ^ 
>> & qui ne laiffe approcher ies hommes guère 
» près d'elfe; s'il advient quelquefois qu'elle s'é- 
» fève avec peur, commence à jeter un cri tel que 
>» ies boucs ou chèvres font en béeîîant lorfqu^dles 
ont la gueuile pleine. ;> Bélon, Nul des Oifeaux, 
page S05. 



des Barges. ijy 

^Particulier fur celles de Picardie (d) ^ 
un paflage régulier dans le mois de Sep- 
tembre, on les voit en troupes & on 
îes entend pafler très-haut, le foir au 
clair de la lune -, la plupart s'abattent 
dans les marais \ la fatigue les rend alors 
moins fuyards , ils ne reprennent leur 
vol qu'avec peine , mais ils courent 
comme des perdrix , & le chaffeur en 
les tournant, les raflemble affez pour en 
tuer plufieurs d'un f;:ul coup , ils ne fé- 
journent qu'un Jour ou deux dans le même 
lieu 5 & fouvent , dès le lendemain , on n'en 
trouve plus un feul dans ces marais , où 
ils étoient la veille en (î grand nombre ; 
ils ne nichent pas fur nos côtes ( e) ; leur 
chair eft délicate & très -bonne à man- 

ger ra . . 

Nous diftinguons huit elpèces dans le 
genre de ces oifeaux» 

fdj Les barges s'appelfein taterlas en Picardie. 

(e) Obfervation faite fur les côtes de Picardie, 
par M. Bâillon , de Montre u il -fur- mer. 

( fj " ^'^ft ^^ oyfeau ez délices des Fran* 
çoys. ?? Béloiu 



178 Bijloire Naturelle 



* LA BARGE COMMUNE (g). 

Première efpecei 

Ije plumage de ctti^ Barge eft d'un 
gris uniforme 5 à Texception du front & 
de la gorge , dont la couleur eft rouf* 



* Voyzx. Î2S planches enluminées, /?.<^ 874. 

(g) JBarge. Bélon, iV^f. izs Oifeaux , page 205, 
avec une mauvaife figure, page 206; fa même^ 
Portraits d'oifeaux , page 48 , a, — Barge gallorum. 
Aidrovande, Jvi tome ill, page 434. — Tota-- 
nus. Idem , page 431. — jonfton, Avi, page io8» 

— Moehring , Am» Gen. 88. — Fedoa fecunda , qu<z 
eadem cum totaiio Aldrovaudi, "Willughby, OruïthoL 
page 216. — Ray, Synopf Avï. page 105 , n.^ ^ 5. 

— Barge gallorum, qnam negocephalum facit Bdlonius» 
Jonflon, Avi. page 106. — Charieton, Exercit, 
page m, n.° 10. Idem, Onomait. page 304, 
11.^ 10. — Totanus cinereusy rofîro pralongo, BarrérCj 
Crnlthol. claf. IV, Gen. 4, Sp. I. — Scolopax , 
Tujlicola Aldrovand'u Klein , Api. page ïoo , n.° 5. 
■ — Scolepax roflro Idevi , pedibns fufcis , remigibiis ma- 
crilâ albâ ; quatuor primis immaculafis. Limofa, Lin- 
naeus, Syjî. nat. éd. X, Gen. 77, S^». 10. — T^Iit^ 
wc'iius uropygio albo , reàridhus aigris ba^i alhis ; re- 
migibus tranfversâ albâ macula, exceptis quatuor pri- 
mis. Idemj Fauna Su^cua, n.'-^ 144. — Limofa fu- 



>w . xrr. 



FLXIII.^a<^.2y8. 





I 



r.A BAKGK . 



des Barges. %y^ 

sâtre -, le ventre & le croupion font blancs ; 
ies grandes pennes de Taiie font noirâ- 
tres au-dehors > blanchâtres en-dedans ; 
ïes pennes moyennes & les grandes cou- 
vertures ont beaucoup de blanc, la queue 
eft noirâtre & terminée de blanc, les 
deux plumes extérieures font blanches 5 
& le bec ejft noir à la pointe , & rou- 
geâtre dans fa longueur, qui eft de quatre 
pouces 5 les pieds avec la partie nue des 
jambes , en ont quatre & demi ; la lon- 
gueur totale de la pointe du bec au bout 
de la queue 5 eft de feize pouces & de 
dix-huit jufqu'au bout des doigts, 

M. Hébert nous a dit avoir tué quel- 
ques barges de cette efpèce en Brie , il 
paroit donc quelles s'abattent quelque- 



jfernè grifeo fufca , pemiis iiigrlcantihus y ad margines 
maculis ruHs variegatis iuterfenis , infime alha, guî- 
ture albo rufefcente ; collo grijeo & rufifceute vario ^ 
lineolis longittidinaUbus fiifcis in imâ parte notaîo ; 
ptdtore grifeo candicante , tcQuiis tranfverfis fitfcis va- 
riegato ; uropygio fu/co ; redtricibus in exorîu alhis , in 
extremitate nigris , o&o intermediis apice grifiis , tri- 
lus utrinquè iattraHhns alho in apice margiuatis. . , ► 
Limofi. BriiToB j OvnitJwL tome V, page 262. 



2 8o Hifioire Naturelle 

fois dans le milieu des terres ou qu'elles 
y font poulTées par quelque coup de 
vent. 



^ LA BARGE A BO YEUSE (h). 

Seconde efpèce. 

Il faut que le cri de cet oifeau ref- 
femble à un aboiement , puifqu'il en a 
pris chez les Anglois le nom d'aboyeur 



^ Voyei îes planches enîuminées, nP 876, fous 
îe nom de Barge grlfej. 

(h) Totanus. Gefner , >4i.'i. page 518 ; & Tcon. 
Avi. page 115. — Totanus omithologi. Aidrovande, 
Ai^i- tome 111, page 429. — Petit corlieu ou 
aboyeur des Anglois. Albin, tome II, page 45, 
avec une figure mal coioriée, pi. 71. — Glareoia, 
barker Jlbini. Klein, ApI. page 102, n.^ 12. — 
himofa fuperuk grifeo-fuCca, maculis vimcantïbus va- 
ria, infernè alla; caviie & collo fnperioribus fufco-ni^ 
gricautibas , marginibus pennarum albidis , collo infe- 
rioTC & pedtore lineis longitudinalibas fnfco nigrlcanti" 
eus vûTÏegaùs ; tceniâfipra oculos &' uropygio candidis ; 
re&TicihiLS alhis y fufco tranfierjim ftriatisj lateralibns 
interius versus exortum peiiitus candidis, . . . Limojk 
grifia* Briffon; OmithoU tome V; page 267. 



ies Barges. i%t 

Yharker) ^ fous lequel Albîn & enfuite 
M* Adcxnfon , l'ont indiqué ( i) l la dé- 
nomination de barge grife qu'elle porte 
dans nos planches enluminées , ne la dif- 
tingue pas aflez de la première efpèce 
qui eft grife aufïï , & même plus unifor- 
mément que celle-ci 5 dont le manteau 
gris- brun eit frangé de blanchâtre autour 
de chaque plume , celles de la queue font 
rayées tranfverfaîement de blanc & de 
noirâtre. Cette barge diffère auffi de la 
première, par la grandeur, elle n'a que 
quatorze pouces de longueur de la pointe 
du bec au bout des doigts. 

Elle habite les marécages dts côtes 
maritimes de TEurope, tant de Focéaii 
que de la méditerranée (kj; on la 
trouve dans les marais falans, & comme 
les autres barges , elle eft timide & fuit 
de loin, elle ne cherche auffi fa nourri- 
ture que pendant la nuit ( l). 



( i ) Supplément à l'Encyclopédie , anick 
Aboyeur. 

(k ) M. Adanfon. 
(Ij Albin. 



a 8 2 Hj/Ioire Naturelle 



*ismi.j em 



LA BARGE VARIÉE (m). 

Troîfième efpèce. 

Si îa plupart des Nomenclateuî's nV 
voient pas donné cette barge comme 
diftinguée de la précédente , & fous des 

fm) Limofcu Gefner , Avi, page 519, îdem ^ 
Jcoiu Avi. page 114. Glotrisj lingulaca Ga?^.^. Idem^ 
Avi' p?-ge 520. — Limofa venetorum, Aldrovande, 
Avi. tome ill, page 434. — Pluvialis major, îdem, 
ibid. page 535. — Wilîughby , OrnithoL page 220. 
• — Ray, Synopf. page 106, n.o «^ 8; & 190, 
n.° 6. — Charleton, Exercit. page 114, n.'^ g. 
Idem, Oucmait. page 109, n.^ 3. — Rzaczynski, 
AnUuar, hifl. iiat. Polon. page 415. — Marfîgli, 
Danub. tome V, page 48. — Scolopax roflro recto 
hajî inferlori ruhro ; pedibus virefceutibus, . . Glottïs, 
Linnaeus, Syfl, nat. éd. X, Gen. 77, Sp. 9. — 
'Numenius pedibus virefceiitibus , uropygio albo , remi- 
gibus lineis albis fufcifque undulatis. Idem , Fauna 
SiHcica, n.o 142. — Femelle du ckevaîier aux 
pieds rouges. Albin, tome II, page 43, avec une 
mauvaife figure , pi. 69. ^— Limofa fupeniè faturate 
fufia, marginibus pcnnarum albidis, infernè alba; gui- 
tare albo rufefcenre; collo albido, maudis lougitud'i- 
n&libus fufcis varia; uropygio fufco, marginibus penna- 
rum candidis ; redtricihus albis, nigricante tranfi-erfim 
Jîriatis. . . . Limofa grifea major, BriiTon , Onii- 
thol. tome V j page 272. 



des Barges. 283 

noms différens , nous ne ferions de toutes 
deux qu'une feule & même efpèce ^ les 
couleurs du plumage font les mêmes, 
la forme entièrement femblable , ne dif- 
fère qu'en ce que ceile-ci eit un peu plus 
grande , ce qui n'indique pas toujours 
une diverfité d'elpêces 5 car l'obfervation 
nous a fouvent démontré que , dans îa 
même efpèce, il fe trouve des variétés 
dans iefquelîes le bec & les jambes font 
quelquefois plus longs ou plus courts d un 
demi - pouce , tout le piumage de cette 
barge eft comme celui de l'aboyeufe, 
varié de blanc , & cette couleur frange 
& encadre le gris -brun des plumes du 
manteau ^ la queue eft rayée de même 5 
& le defîous du corps eft blanc. Les Alle- 
mands donnent à toutes deux le nom 
de mcer-houn ; les Suédois les appellent 
gloutt (n) ; ces noms paroiffent expri- 
mer un aboiement. Seroit-ce fur ce même 
nom que Gefner , par une fauffe analogie , 
auroit pris ces barges pour l'oifeau glottis 
d'Ariftote , dont il a fait ailleurs une 
poule fultane ou un rafle ? Albin tombe 

(n) Fauna Suecica, n.^ 142. 



284 Utfioire Naturelle 

ici dans une erreur palpable , en prenant 
cette Kqrge pour la femelle du chevalier 
aux pieds rouges. 



""LA BARGE ROUSSE (0). 

Quatrïcme efpèce. 

IIlle est à peu-près de îa grofleur 
de Taboyeufe , elle a tout le devant du 
corps & le cou d'un beau roux \ les 



^ Voyei les planches enluminées, //.° çco. 

(0) TotauHS fulvns , maculis fufcls, Bairère , 
Ornithol. cîaf. IV, Gen. 4 , Sp. 2. — Scolopax rofiro 
fubncurvato y pedihufqm uigjis , pc&ore ferru^ineo. . . 
Scolopax Lapponka. Linnacus , Syfl. nat, éd. X , 
Gen. 77, Sp. 12. — Recui vira [Ira , pe&ore cwceo. 
Idem, Fauna Suecica , n.^ 138. ^Nota. M. Lin- 
nacus, en rangeant cette barge à côté deravocette, 
fous le nom de recunnwjlra , remarque en même 
temps que Ton bec n'efl que très-foiblement fie'chi 
ou recourbé en haut ). Red breafled godpi. Edwards , 
tome m, page & pL 13!^. — Limofa fupernè ni- 
gricaus , marginibus pennarum rufejceinibus , inftrnè 
ferruginna ; tceniâ fupra ociilos rufefiente y uropygio 
albo rufcfcente , maculis lon^itudinalibns ulgricantibus 
vario ; rectrkibus fitfcis , albo tranfverfim ftriatis. . , 

Limofa rufa. Brifloji, OmitbQL tome V; page 2S1. 



des Barges. 285 

plumes du manteau brunes & noirâtres 5 
font légèrement frangées de blanc & de 
roufsâtre-, la queue eft rayée tranfverfa- 
lement de cette dernière couleur & de 
brun. On voit cette barge fur nos côtes*, 
elle fe trouve aulîî dans le Nord & juf- 
qu'en Lapponie •, on la retrouve en Amé- 
rique -, elle a été envoyée de la baie 
d'Hudfon en Angleterre 5 c'eft un exem- 
ple de plus de ces efpèces aquatiques, 
communes aux terres du Nord des deux 
continens. 




2Î6 Hiftolre Naturelle 



^ LA GRANDE BARGE 
ROUSSE ( p ). 

Cinquième efpèce. 

Cette Barge efl: en effet plus granJe 
que la précédente \ mais elle n a de roux 
que le cou , & des bords roufsâtres aux 
plumes noirâtres du dos 5 la poitrine & 



^' Vbyei les planches enluminées , n.^ 916. 

(p ) Barge , feu cegocephalns Bellonii. Wiiïughby ^ 
OrnkhoL page 215. — R^iy^ Synopf, Jpi.pagQ lo^^ 
n.^ fl, 4« — Marfigi. Danub, page 36. — Glareola 
agocephalus. Kiein , AvL page 102, n.'* 11. — 
Scolopax roftro redto pedibus virejccntibus , capite collo^ 
que rufefcendbus ; remigibus tribus nigris ba^i albis, . - 
(Egocephala.'L\m\2^\xz^ Syjl. vat. éd. X, Gen. 77, 
Sp. 13. — Francolin. Albin , tome II , page 44, 
avec une figure mai coloriée, planche 70. — Limoja 
fupernè nigricans, marginibus pennarum rufejlentibus , 
infernè fordidè alba j maculif tranfi^erfîs nigricaiitibas 
varia ; tceniâ fupra oculos alio-rufe/cente ; collo rufo , 
infernè nigricante tranfverfim ftriato ; uropygio can- 
dido, maculis nigricantibus vario ; re&ricibus nigrican- 
îibus , albo tranfverpm friatis, . . . Limofa rufa ma-^ 
jor. Brifîbn , OriikhçL tome V , page 284* 



des Barges. 2 S 7 

ïe ventre font rayés tranfverfalement de 
noirâtre fur fond blanc- faie, la longueur 
de cette barge , du bec aux ongles , eft 
de dîx-fept pouces : outre ces différences 5 
qui paroiffent la diftinguer affez de la 
barge rouffe, un Obfervateur nous affure 
que ces deux efpèces paffent toujours fé- 
parement fur nos côtes fqj. La grande 
barge rouffe diffère même de toutes les 
autres par les mœurs, s'il eft vrai, comme 
le dit Willughby, qu'elle fe promène 
la tête haute lur les plages fablonneufes 
& découvertes , fans chercher à fe ca- 
cher 5 le même Naturalifte obferve que 
c*eft mal-à-propos qu'on lui donne, en 
quelques endroits de la côte d'Angleterre, 
îe nom de Jlone plover , qui eft propre- 
ment celui de notre courlis de terre ou 
grand pluvier -, mais c'eft encore plus 
mal-à-proïpos que le Tradudeur d'Albin 
a rendu les noms de godwit & d'œgoce^ 
phalus j qui défignent la barge par celui 
de francolin. Cette grande barge rouffe , 

(jj Obfervation faite fur celles de Normandie, 



28 8 EiJIoire Naturelle 

qui fe trouve flir nos côtes & fur celles 
d'Angleterre , fe porte également fur les 
cotes de Barbarie. On la reconnoît dans 
îa notice que donne le do6leur Shaw de 
fon godwit of barhary (r). 

— ^ : m m , 

(r) Shaw, Tmvtlf. 6*0. page 255. 




lA BJRGB ROUSSE 



des Barges. 289 






LA BARGE ROUSSE 

DE LA BAIE D'IÎUDSON ( f)* 

Sixième efpecc. 

Q o I Q u' ï L 7 ait dans îe plumage de 
cette Barge , comparé à celui de la pré- 
cédente 5 des différences qui confifient 
principalement en ce que celle-ci a plus 
de roux, & que même fa taille foit un 
peu plus grande , nous ne laiiîons pas de 
la regarder comme erpèce très - voifine 



( f) Oreater American godwit , or curlew from 
Hudfons-bay. Edwards, terne III , page & pL 137. 
— ■ Scolopax roflro re&o , Ion go , pedibus fufcis , remi" 
gibus Jecundariis ru fis , nigro pundtidatis. Fedoa. Lin- 
îiseus, Syjî. nat, éd. X, Gen. 77, Sp. 8. — Li- 
mofa Jlipeniè fdjco-rufefccns , nigro traiifverjim flriata; 
infernè albo rufejcens ; taenia jupra oculos , genis Ef 
gutture candidis ; uropygio rufo uigricaute tranfverjim 
firiato ; collo inferiore & pe&ore rufefcentibus , collo 
inferiore macnlis longitudinalibus nigriSjpeêiore maculis 
tranfuerjis fufcis vario ; redlricibiis ru fis ^ nigro tranfi^er- 
fim ftriads, , . . Limofa Americana ru fa, Briflbn^ 
OrniîhoL tome V , page 287. 

Oifcaux:, Tomç XI F. N 



2 90 Hi/Ioire Naturelle 

de celle de notre grande barge ronfle, ëc 
peut-être même refpèce eft-elle originai- 
rement la même. 

Cette barge ronfle de !a bare d'Hcdfoa 
efi:> c~mme robferve Edwards , la plus 
grande efpèce de ce genre , elle a feîze 
pouces du bout du bec à celui de la 
queue, & dix-neuf à celui des doigts; 
tout fon plumage fur le manteau cft 
d'un fond brun-roux rayé tranfverfale- 
nient de noir , les premières grandes 
pennes de l'aile font noirâtres , les fui* 
vantes d'un rouge-bai pointillé de noir j 
celles de la queue font rayées tranfver- 
falement de cette même couleur & 4g 
roux. 




des Barges. 291 

"" LA B ARGE BRUNE (t). 

Septième efpèce. 

Elle est de la t.qrlle de ïa barge 
âboyeufe, le fond de fa couleur eft un 
brun-f(Micé & noirâtre, relevé de petites 
lignes blanchâtres , dont tes pluiues du 
cou & du dos font frangées, ce qui les 
fait p^roître ag»-é.;b!'^m:mt nî.:ées ou écail- 
lées *, les peu ics mny. n>i s d" V -\\\q &:. Tes 
couvertures, fo jt d.- ur^ne 1 ftr'-es&poin- 
tillées d.^ blanchure p.^r l.^s bords -, Tes 
premières gr ndes penn s ne mo'itrent 
en dehors qu'un brun u-ii-, celles de la 
queue font rayées de brun & de blanc. - 



* Voyei les planches enki minces , ///^ 875. 

(tj L'inopi fi/peruc fiifco ftigrica/.'s , mar^inihus pen» 
naTum atbidis , mfcrr.è famra è cnerca, albo parugata ; 
perr.ic'-i ci/taen ni^'icnim ; nropyp:io caiidid') , re^Hiici- 
hus bhi.'S intt^rmed'is fuf^o iiL^ricantibus , cnudirante 
iraiifverjîm jliiatis, latcrdlii-u^ fujcis , aibo tiiinjvtifiin 
Jlrians. . . , Limoja fufca. BrilTon , OruithoL 
tQme V, page 376. 



2 9 2 Hijloire Naturelle 

LA BARGE BLANCHE(u). 

Huitième efpèce. 

jVl. Edwards obferve que îe bec de 
cette Barge fléchit en haut, comme ce- 
lui de Tavocette , caraftère dont la plu- 
part des barges portent quelque légère 
trace , mais qui eft fortement marqué 
dans celie-ci *, eîie eft à-peu-près de la 
. taille de la barge touffe *, fon htc , noir 
à la pointe, eft orangé dans le refte de 
fa longueur-, tout 5e plumage eft blanc, 
à Texception d'une teinte de jaunâtre fur 
îes grandes pennes de Taile & de la 
queue. Edwards croit que le plumage 
blanc eft la livrée de ces oifeaux à la baie 
d'Hudfon 5 & qu'ils reprennent leurs 
plumes brunes en été. 



(u) V/hite godjvk , from Hudfon's-hay. Edwards, 
HiJI.ofBhds, tome fil, page & pi." 139, figure 
poftérieure. — Limofa candlda ; maTginibus alariim » 
rtm'gîhus majoribiis , re.ctricihufque albo flavicantihus.., 
Limofa candida, Brifîbn, OrwirM. tome V, page 290. 



des Barges. ic)^ 

Au refte, il paroît que plufidirs ef- 
pèces de barges font defcenduies plus 
avant dans les terres de FAmérique , &! 
qu'elles font parvenues jufqu'aux contrées 
méridionales 5 car Sloane place à la Ja- 
niaïque , notre troifième efpèce ( x ) ; & 
Fernandez femble délîgner deux barge» 
dans la nouvelle Efpagne , par les noms 
de chiquatototl ^ oifeau femblable à notre 
bécajfe(yjj & elotototl ^ oifeau du même 
genre , qui fe tient à terre fous les tiges 
de maïs (x J» 



(x) Glottis , fin pluuialis major Aldropandi* 
Sloane, Jamaïc, page 317, n.'' 9. 

fyj A pi. nov. Hifp. page 47, cap. 168. 
' (l) Eloîototl, fia apis baiis f£iQ<z mayfi, Ibid. 
page 48 , cap. 169. 




N 



ly 



2 94 Hijîoire Naturelle 



LES CHEVALIERS, 

^^ Les François , dit Bélon , voyant 
» un oyfîllon haut encruché fur fes 
» jambes 5 quafi comme étant à cheval ^ 
Tont nommé chevalier. 3> Il feroit difti-^ 
cile de trouver à ce nom d'autre éty- 
mologie : les oifeaux chevaliers font çvk 
eflet fort haut montés , ils font plus petits 
de corps que les barges, & néanmoins 
ils ont les pieds tout auffi longs : leur bec 
plus raccourci , eft au refte conformé de 
même, & dans la nombreufe fuite des 
efpèces diverfes qui de la bécaffe , def- 
cendent Jufqu'au cincle , c'eft après les 
barges que doivent fe placer les cheva- 
liers : comme elles , ils vivent dans les 
prairies humides & dans les endroits ma- 
récageux *, mais ils fréquentent auffi les 
bords des étangs & des rivières , entrant 
dans l'eau jufqu'au-dedus des genoux 
(a) i fur les rivages , ils courent avec 

fa) BéJOMj Nature des Oifeaux , page 207, 



âes Chevaliers. 295 

^\teffQ 5 & telle petite corpulence j dit 
Bélon 5 montée de[fus (l hautes échaffes ^ 
chemine gaiment & court moult légère- 
ment. Les vermffleaux font leur pâture 
ordinaire \ en temps de fécherefle, ils fe 
rabattent fur les infedes de terre , & pren- 
nent des fcarabées, des mouches 5 &c. 

Leur chair eft eftimée ( b ) ^ mais c'efi: 
un mets aflez rare , car ils ne font nulle 
part en grand nombre , & d'ailleurs ik 
ne fe laîflent approcher que difficilement. 

Nous connoiiTons fix efpèces de ces 
oifeaux, 

(bj Idem , ibidem. 




N îr 



:^ts^6 Hljîoire Naturelle 



^LE CHEVALIER COMMUN (c). 

Première efpèce. 

Il paroît être de la groffeur dfu plu- 
vier doré , parcç qu îl eft fort garni de 
plumes 5 & en généraLles chevaliers font 
moins charnus qu ils ne femblent Têtre \ 
celui-ci a près d'un pied du htc à la 
queue , & un peu plus du bec aux on- 
gles : prefque tout fon pluma'ge eft nué 
de gris - blanc & de roufsâtre , toutes 
les plumes font frangées de ces deux 
couleurs & noirâtres dans le milieu *, ces 
mêmes couleurs de blanc & de roufsâtre 
font finement pointillées fiir la tête, & 
dont elles bordent 



^ Voyex les planches enluminées, n.^ 844. 

(c) Tringa peiinis in mtdio fnfcis , ad mar^ines 
gr]ftis Jtipemè vejlita , infernè alha; collo inferiore gri- 
fèo , inarQiinbiis pennaTum albidis ; n&ricihus grifeo^ 
YuCchy albido in apice marginatis , quatuor intermediis 
y binis utnnquè extimis nigricante tranfi-erjim flna" 
ris ; pedibiis dilaté rubris. . . . TotiWUS» Brlilon 5 
OrnithoL tome V, page 188. 



des Chevaliers, 297 

les petites plumes*, les grandes font noi- 
râtres 5 le delîous du corps & le croupion 
font blancs , M. Briffon dit que les pieds 
de cet oifeau font d'un rouge-pâle , & 
en conféquence , il lui applique des phra- 
fes qui conviennent mieux à Toifeau de 
Tefpèce (my^nte ( dj ; flfe pourroit aufîî 
qu'il Y eût variété dans celle-ci 5 puif- 



( d ) Erytkropus major, Gefner , Icon, Avi» 
page loi , avec une très-mauvaife figure. — Galli- 
nulce aguatica primum genus , quod i^ulgà gernianicè. 
vocant rotbein , id efl eryrhropodem. Idem , Ai^L 
page 504 , avec îa même figure. — Gallinula ery-' 
,thropos major omît/ioIogL Aîdrovande , Ai^i. tomelil ^ 
page 553 , avec une figure méconnoifîable. — GaU 
liuula cryrhropus major. Jonfion , Ain. page IIO, 
avec îa mauvaife figure d'Aidrovande copiée, 
tab. 31. ' — • Gallinula erytkropus major Gefneri Aldro* 
vflw^o. Wiiiughby , OrnithoL page 221. — GalU- 
iiula erythwpus major Geflieri. Ray , Synopf, Ai^L 
page 107 , n.^ a , I. — Sibbald. Scot. illuflr. part. II, 
]ib. III, page 19. — Marfigi. Danuh. tome V, 
page 50, avec une très mauvaife figure, tab. 23. — 
Gallinula erythropus. Charfeton , Exercit. page 112, 
n.o 2. Idem, O.7o/72a?f. page 107, n.*^ 2. — Gla- 
reola prima. Schwenckfeld , ^W. Silef. page 2t'i. — • 
Klein, Ji^i. page loi , n.^ i. — Glareola prima 
Sc/iwenckfeldii j erythropus primas Gefneri , redshanca 
Turneri. Rzaczynski, Auciuar, hifi, nat, Folon» 
page 38g. 

N V 



i 9 8 Bijioirc Naturelle 

que le chevalier repréfenté dans nos 
planches eniuminées , a les pieds gris ou 
noirâtres , de même que le bec. 

C'eft fur un rapport âffez léger de 
reffc^mblance dans les couleurs , que Bélon 
a cru reconnoître le chevalier dans le 
calidris d'Ariftote ( c ). Le chevalier 
fréquente les bords des rivières , fe trouve 
même quelquefois fur nos étangs , mais 
plus ordinairement fur les rivages de la 
mer. On en voit dans quelques unes de 
nos provinces de France , & particuliè- 
rement en Lorraine , on en voit aufli 
fur toutes les plages fablonneuies des 
côtes d'Angleterre > il s'eft porté Jufquen 
Suède ( f) j en Dancmarck & même en 
Korwège ( gj* 



(e) «i II nous a femblé que c'eft: îui qu'Ariftote 
>j a nommé calidris; car au troiiième chapitre du 
?) huitième livre dQS animaux, il dit : Q-iinetiam 
calidris , cui cinereus colur dijlinctus l'ariè, » r^at. des 
Oifeaux, page 207. 

( fj Fanna Suecica. 

(gj Totanus . danis rodèeene , Norwegis , lare^tiu>^ 
îarc'îitrin^, Bruunich. Ornithol. boréal, n»'^ 157. 



des Chevaliers. 199 



ixi^m?aB3s^sktsmi^'^m>Kfi^msm^smKismÊk 



"" LE CH E FALIER 

AUX PIEDS ROUGES (h). 

Seconde efpèce. 

Les pieds rouges de ce bel oîfeaa 
îe rendent d'autant plus remarquable, 
qu'il a plus de la moitié de la jambe nues 



^ Voyei les planches eniuminées , //.^ 2ij^^ , foiis 
îe nom de Gambttte, 

(h) Chevalier rouge, Bélon, Nat. des OlCeanx , 
page 207 , avec une figure reconnoiOaJole , page 208 ; 
la même, Portraits d'oifeaux , page 56, b. — Cali- 
âris Bah.'îii. Aldrovande, Jvi, tome lll ,page 431. 

— Jofiflon, Jvi. page 108. — Caiidris Bcllonii, 
fedoa. Chadeton , Exercir, page 1 î2 , n.^ V. Idem , 

0/îo/72^2^f. page ic6, n.'* v. — Chevalier, Gefner, 
jivi. page 795. — Caiidris nigra, qu^e gamhetta» 
Aldrovande, y^t^i. tom.e III, page 434. — Gavh- 
hâta Aldrovandi. Wiilughby, Ornithot. page 223. 

— Ray, Synopf. Avi, page 107 , n.^ 2. — ■ Totanus 
alter. Idem, page 106, n.-^ 11. — Wiiiughby , 
page 22 i. — Gambetta italis diâta, — ■ JoaOïQn ^ 
^]'i. page 109. — Glareola alia, primce fimilis t 
pedibus ex Inteo rubentibus. Klein, Ah. page loi , 
n. I. — Scolopax, roflro redto , bail rubro , pedibiis 
coçcinçis rcinigibus fecundariU albis» , . . Totanns» 

N vj 



300 HiJIoire Naturelle 

fon bec noirâtre à la pointe 5 eft du même 
rouge vif à la racine, ce chevalier eft de 
la même grandeur & figure que le pré- 
cédent 5 fon plumage eft blanc fous le 
ventre*, légèrement onde de gris & de 
roufsâtre fur la poitrine & le devant du 
cou -, varié fur le dos ^ de roux & de 
noirâtre par petites bandes tranfverfales 
bien marquées fur les petites pennes de 
Taile , dont les grandes font noirâtres. 
C'eft certainement de cette efpèce que 
Bélon a parlé fous le nom de chevalier 
rouge ; quoique M. Briflon , en appli- 
quant cette dénomination à fa féconde 
efpèce 5 la rapporte en même temps à 
fa première not'xe de Bélon. M. Ky n'a 
pas mieux connu cet oifeau 5 quand il 

m ■ ' ' » 

Linnseus , 5j'j?. nat. éd. X, Gen. 77, Sp. 4. ■— 
Tringa rojlro nigro bafi mbrâ, ptdibus coccliieis. Fauna 
Suecica, n.^ 149. — Chevalier aux pieds rouges» 
Aibiii , tome 1 1 , page 43 , avec une figure mal co- 
ioriée, pi. 68. — Tnnga pennis in medto fujcis ad 
marg nés grifeis Jlipernè veflita , infernè alla , maculis 
grifèo-fujcis paria, uwpyglo candido ; rectricihus gri.^eo- 
fujcis» nigricante tranfierfîin ftriatls, aLbo in apice 
marginatis ; pedihns ruhris, . . . Totanus rubei* 
Brillbnj OnilthoL tome V ^ page 192. 



des Chevaliers. 30Ï 

foupçonne que ce pourroît être le iiiême 
que la grande barge grife ( ij. 

Le chevalier aux pieds rouges 5 s'ap- 
pelle courrier fur la Saône \ il eft connu 
en Lorraine ( k) 8c dans TOrléanois, où 
néanmoins il eft affez rare ( l) ; M. Hé- 
bert nous dit en avoir vu dans la Brie 
en avril -, il fe pofe fur les étangs , dans 
les endroits où Teau n'eft pas bien haute ^ 
il a la voie agréable & un petit fifïlet 
femblable à celui du bécafleau. Ceft le 
même oifeau qui eft connu dans le Bou- 
lonnois , fous le nom de gambette ( m) ^ 
nom dérivé de Li hauteur de fes jambes. 
On trouve auffi cet oifeau en Suède (n)^ 
Se il fe pourroit qu'il eût 5 comme plu- 
fieurs autres 3 paffé d'un continent à 
l'autre. Uyacatopil du Mexique de Fer- 
nandez paroît être fort voifin de notre 
chevalier aux pieds rouges 5 tant par les 

(i) Synopf, Av'i. page 106, n.^ ii. 
(k) M. Lottinger. 

(l) Ornithologie de Saîerne^p^^s 33 1. 
(m) Gambata. Aidrovande , voyei h lîomen^ 
elature. 

(nj Fauna Suecica, n,° 149, 



302 Hijîoire Naturelle 

dimenfions que par les couleurs (o);il 
faut même que quelques efpèces de ce 
genre fe jfoîent portées plus avant dans 
les contrées de l'Amérique, puifqueDu- 
tertre compte le chevalier au nombre 
des oîfe^^ux de la Guadeloupe (pjj & 
que Labat l'a reconnu dans la multitude 
de ceux de Tile d'Jves{^qJ; d'autre 
part 5 un de nos Correfpondans frj nous 
affi re en avoir vu à Cayenne & à la 
Martinique en grand nombre -, ainli , nous 
ne pouvons douter que ces oifeaux ne 
forent répandus dans prefque toutes les 
contrées tempérées & chaudes des deux 
continens. 

(^0 ) Yacatopil y Ceii roftrum fudi< , Avis efl columhi 
flvtflris maicniriidine , rofiro (jautiior. d>giws longo, 
leniii . . . crnrihns Lnteis. Color univerfi corporis , ex 
albo, cimreo , ni^ro & fufco permixtus aji , . . aivana 
lacuî Mexicam . . v'djlitur vermibns . . , ad gai-- 
Unifias refereiida. Fernandez , Hifi, /lop* Hi/p* 
page 29 , cap. 6(^, 

(p ) Tome II , page 277. 

fçj Nouveau Voyage aux îles de l'Amérique ^^ 
£eme yill, page 28. 

(rj M. de h Borde. 



Tom > Xlf^ 



M.xirr^a^.3o 




'^e S<L^t ^cC 



I 



LE CHEVALIER u/i^ piedy raiiae^ . 



C . ^aron ÇcUr 



des Chevaliers. 305 

^ LE CHEVALIER RAYÉ (f). 

Troijième efphce. 

Il est à peu- près de la taiîîe de la 
grandes becaffine , tout Ton manteau fiir 
fond gris & mêlé de roufsâtre 5 eft rayé 
de traits noirâtres , couchés tranP/erlale- 
ment \ la queue efi; coupée de même fur 
fond blanc \ le cou porte les mêmes cou- 
îeurs 5 excepte ^wç, les pinceaux bruns y* 
font tracés le long de la tige des plumes y 
le bec noir à fa pointe , eft à fa racine 
d'un rouge tendre ainfi que les pieds. 

^ Fov^Z ^^s pianches enluminées , n,^ 827. 

(f) Tringa pennis gn/lQ-fiifcis , fujconlgricante 
tranfperjïm ftriatis fiipernè vejlita, infernè alba ; t<einis 
aliis î.rai-ifverfis , aliis lougitudlnalibus fufcis varia ; 
collo fiifco y marginibus peimarum in collo- fuperiore 
éilbo-rufefcentibus , in collo infh\nrz alhis ; iiropygio 
candido j re&ricibus albis , fufco-nigricante tranfverfim 
flnatis, binis intermtdiis in atbo colore grlflo^fiijco ma-- 
atlatis ; pedibus pailidè rubns, . . . Totanus jlriatus» 
Briiionj OrnichoL tome V^page 196. 



3 04 Hijïoire Naturelle 

Nous rapporterons à cette efpèce y îe chc^ 
valier tacheté de M. Briffon (t) ^ qui ne 
paroit être qu'une très- légère variété (u)^ 



(t) Tringa pennis in mcdlo nigricantihus , ad mar" 
g'mes firijèo rufefientibus fuperuè veflita y infernè atba , 
mamlis ni^ricantihus varia ; uropygio & imo ventre 
tandidis , lattribus Tedtricibufqut albo £?* nigricanta 
tranfverfim flriatis ; pedibus rubris. , . . Totanus /;<c- 
vius, Briffon, OrnithoL tome V, page 200. 

(uj Comparez les figures dans cet Auteur même ; 
i^id. pL 185 fig. 1 k 2. 




it$ Chevaliers. 305 

* LE CHErALlER VARIÉ (x). 

Quatrième efpèce. 

Ce Chevalier, qui eft le même que le 
chevalier cendré do. M. Brîflbn , nous paroît 
mieux défigné par Tépithète de varié ^ 
puifque, fuivant la phrafe même de ctt 
Académicien , il a dans le plumage au- 
tant de noirâtre & de roux que de gris 5 



^ Voyex les planches enluminées, n,'' 300. 

fxj Chemlkr noir, Bélon , Nat. des Oi féaux, 
page 20B. — Calidris nigra Bellonii. Aîdroyande, 
Ai^L tome III, page 432. — Jonflon , ^^7'. 
page 100. — Charleton, Exercit. page 112, n.^ 1, 
Idem, Onomait. page 107, n.^ 2. — Charadiins 
nigricans. Barrère, OnntkoL cîaf. iv, Gen. 10, 
Sp. 3. — Tringa roflio Upî , pedibus fufcis , remigibus 
fufcis; rachi prima nheâ. . . . Tringa littorea. Lii> 
naeus, Syfl. nat, éd. X, Gen. 78 , Sp. 12. — Tringa 
remigiùus fnfcis , prima rachi uivea, idem, Faiina 
Suecica.n:^ 151. — Héron blanc de M. Oldham. 
Aîbin , tome III, page 37, avec une figure maî 
coloriée, planche 89. — Tringa pennis in medio nl^ 
gricantibuSy ad margims rujîs fupernè vejlita , infernè 
albo-rufefcens ; verdce nigricante; collo inferiore ^ pec- 
tore grifco-TufeJcentibus ^ uropygio cinèrco-fufcQ , maai- 



3 0(î îlijloire Naturelle 

îa première couleur couvre ie defîus de 
îa tête & le dos , dont les plumes font 
bordées de la féconde, c'eft- à-dire de 
roux-, les ailes font également noirâtres 
& frangées de blanc ou de roufsâtre ; ces 
teintes fe mêlent à du gris fur tout le 
devant du corps , les pieds & ie bec 
font noirs , ce qui a donné lieu à Bélon 
d'appeler c^t oifeau chevalier noir jy par 
oppofîtïon à celui qui a les pieds rouges ^ 
tous d^uyi font de la même groffeur, 
mais celui-ci a les jambes moins hautes. 
Il paroît que cet oifeau fait fon nid 
de fort bonne heure , & qu'il revient dans 
nos contrées avant le printemps , car 
Bélon dit que , dès la fin d'avril , on 
apporte de leurs petits , dont le plumage 
reliëmble alors beaucoup à celui du rafle , 
& qu autrement on na point accoutumé 
de voir ces chevaliers j Jinon en hiver 



ils nigricantihiis var'io ; re&rkibus fplendldè grifio ftif- 
cis, versus apicem tœniâ nigricante circumferentice pa- 
rai lela notatis y in avice mfefcente marguiatis , o8to iih 
termediis versus apicem exterius rufefcente maculads ; 
pedibns fatnraiè cinereis, . . . Totanus çincrcfis^ 
Briirun^ Oniit/wL tome V, page 203, 



des Chevaliers, ^oj 

(y). Au refte 5 ils ne nichent pîs éga- 
lement fur toutes nos côtes de France ; 
par exemple , nous fommes bien infor- 
més qu'ils ne font que paiTer en Picardie; 
ils Y font amenés par le vent de nord- 
e{\ , au mois de mars avec les b.irges ; 
ils y font peu de féjour , & ne repaf- 
ient qu'au mois de feptembre. Ils ont 
quelques habitudes femblables à celle 
des bécaffines, quoiqu'ils aillent moins 
de nuit *, & qu'ils fe promènent davan- 
tage pendant le jour-, on les prend de 
même au rejetoir (l)- Linnxus dit que 



(y) Nature des Olfeaux, pa^e î2o8. 

(l) M. Bâillon , qui nous communique ces 
faits, y joint l'obrervation fuivante fur un de ces 
oifeaux qu'il a fait nourrir. t< J*en ai gardé un petit, 
Pan paifé , dans mon jardin plus de quatre mois; «< 
j'ai remarqué que, dans îes temps de fécherelTe, u 
il prenoit des mouches, desfcarabées & d'autr^^s « 
infedes, fans doute à défaut de vers ; il man- a 
geoit aulli du pain trempé dans l'eau, mais il faî- « 
ioît qu'il y eût été macéré pendant un jour. La u 
mue lui a donné ^ au mois d'août, de nouve'îes u 
plumes aux ailes, & il eft parti au mois de ^ep~ u 
tembre -, il étoit deveiui familier , au point de fui- « 
vre pas à pas le jardinier lorfqa'il avoit fa bè- u 
ehe j il accouroic àé% qu'il voyoit arracher une t> 



3o8 Hifîotre Naturelle 

cette efpèce fe trouve en Suède ,• AIt)în ^ 
par une méprife inconcevable , appelle 
héron blanc ce chevalier , dont ia plus 
grande partie du plumage eft noirâtre, 
& qui 5 dans aucune partie de fa forme , 
n'a de reffembiance au héron. 



jî pîante d^herbe, pour prendre îes vers qui fe dé- 
» couvroient ; aurfitôt qu'il avoit mangé , ii cou- 
» roic fe iaver dans une jatte remplie d'eau : je ne 
» lui ai jamais vu de terre sèche fur le bec ou aux 
« jambes ; cet ade de propreté eft commun à tou8 
les vermivores. >> 




des Chevaliers. 309 



WÊdMLWÊma^^B^stSM& 



LE CHEFALIER BLANC (a). 

Cinquième efpèce. 

Ce Chevalier fe trouve à la baie 
d'Hudfon 1 il cft à peu«près de la tailie 
du chevalier , première efpèce ; tout fon 
plumage eft blanc , le bec ôc les pieds 
ïont orangés. 

Edwards penfe que ces oifeaux font 
du nombre de ceux que le froid de 
Thiver fait blanchir dans le nord , & 
qu'en été ils reprennent leur couleur 
brune *, couleur dont les grandes pennes 
des ailes & de la queue , dans la figure 
de cet auteur 5 préfentent encore une 
teinte , & qui fe marque par petites 
ondes fur le manteau. 



faj Wh'itc red'shauk j, or poolfnipe, Edwards, 
tome 1 1 1 , page & pL 159, figure antérieure. — 
Tringa candida» maculis traufverjîs grijeo-rufcfcend' 
bus fipernè variegata ; remigibus majoribus grijeis , rec- 
tricibus caiididis , grifeO'rufefiente traiifperjim Jlriatis ; 
pedibiis aurantiis, . . . Tofanus caiididuSt BriiTonj 
OrnithoL tome V j page 207, 



3 ï o IVifiOire Naturelle 

LE CHEVALIER VERT (b). 

Sixième efpccc. 

Albin après avoir appelé ce chevalferi 
râle d'eau de Bengale , le fait venir des 
Indes occidentales ,• îa figure qu'il en 
donne eft très-ir^ïjvaïfc , un y rccon- 
noît cependcînt le bec & les jambes d\-n 
chevalier*, Avivant la notice , Tes couleurs 
ont une teinte de vert fur le dos & fur 
î'aîle 5 excepté les trois ou quntre pre- 
mières pennes qui font pourprées & cou- 
pées de taches orangées ; il y a du brun 



(h) Rfile ci'cau de Eengale. Jlbiii^ tome HT, 
po^c 38, avec une fgure très mal coloriée, plan- 
che 9c. — Rallfis Gqvaîiciis Beii^aknfn, Klein, 
j^pi. page 104, n.^ 5. — Rallus anpore, variice, 
ccvlifoiie albis , capite colloque nigvis , alis dorfoque 
viridibiis, remi^ibus prlmatiis rubio maculatis. . . . 
Ratliis Bet'gaùii/is. Linnaeus , Syfi. nat, éd. X^ 
Cen. 83, Sp. 4. — Trirga fupernè piridis , infernè 
Ma ; cavité ad latera, giittuie & collv faturatè fufcis ; 
vertice, oculoriim ambiîu cf uropygio candidis ; rec^ 
îricibiis purpureis , maculis atiran'iis variegatis ; pedl" 
lus luteo viridefcentibus. . . . Tôt anus Bengalenjî$^ 
Brifîbn, Ornithol, tome Vj page 209% 



des Chevaliers. 5 1 1 

fur le Cou & les côtés de h tête, & 
du blanc à fon fommet ainlî qu'à la 
poitrine. 



g naA ! « ! WBav e« ta^caiawCT «3S»e« 



^ LES COMBATTANS (a) 

vulgairement PAONS DE MER. 

Il est peut-être bizarre de donner 
à des animaux , un nom qui ne paroît 
fait que pour l'homme en guerre, mais 



^ Voyei îes planches enluminées, n,^ 305, le 
mâle fous le nom de Paon de mer ; & /;.^ 306 , ia 
femelle. 

fa) Sur nos côtes de Picardie, paon de marais , 
gro jje gore OM corteret garu ; en Flamand, kemper^ 
kens, (combattant '^u duelliflej; en Anglois, rnffe 
( le maie ), reeve (la femelle); en Suédois & en 
'Dd.iwïs^ brunskam (\e maie lorfm'il porte fa cri- 
nière au printemps, <& lorfqu'iî l'a perdue après la 
m\xt^ ftuai-fneppti , en Polonois , /7faX: hitny. 

Avis pupax kemperkens belgh. Aldrovande„ 
Avi. tome lll, page 413, avec plufieurs figures 
différentes ; voyez ci- après. — Apis pugnax. Jonllon , 
^i^i. page 105, avec des figures empruntées d*Ai- 
drovande. — Willugbby , OmithoL. page 224, avec 
des figures aflfez exai^es du mâle & de la femelle^ 



3 î 2 HiJIoire Naturelle 

ces oî/eaux nous imitent , non-feuîem^nt 
ils fe livrent entr'eux des combats feul- 
à-feul 3 des aflauts corps- à-corps , mais 
iîs combattent auffi en troupes réglées. 



*— Rciy , Synopf, JpL page 107, n." a, 3. — 
Rzaczynskf, Ju&nar, hifî. nat, Polon, page 367. — 
Charieton, Exercit. page 110, n.^' v. Idem, Ono^ 
jnait. pege 104, n.*^ v - ivrcirngl. jDa««Â.rome V, 
page 52 , avec une figure peu exaûe. — G/areola 
pugnax. Klein, Avi, page 102, n.^ 10. — Philo" 
machiis. Moehring, AvL Gen. 93. — Tringa pedi- 
lus ruhris , redtricihus tribus laîcraLïbus immaculatis ; 
facie papillis granulatis carneis. . . . Pugiiax, Lin- 
nseus, Sjft. nar. éd. X, Gen. 78,Sp. i. — Tringa 
facie papillis granulatis minimis cariieis , roftjo pcdi- 
bufqua rubris. idem, Fcuna Suecica, n.^ 145. — 
Puguax , Brunnich. OruithoL boréal, n.os 168 & 
169. — Tringa puguax , rojiro pedibufgue rubris, rcc" 
tricibus lateralibus immaculatis , facie papillis granula" 
fis carneis. Mulîer , Zoolog, Dan, n.^ 191. — • 
Streit fchnepfe, oder kampfhoe/inlein. Frifcb, vol. Il, 
div. 12, leà. 4, pî. 9, 10, II & i2;maisM.Frirch 
fe trompe en donnant fa figure 10 pour la femelle 
qui ne doit point porter de crinière. — Héron 
étoile ou blanc. Albin , tome T, page 64 , avec de 
inauvaifes figures coloriées du mâle & de la fe- 
meile, planches 72 & 73. ■ — Tringa verjîcolor 
(capite anter.ore papillofo » pennis in collo inferiore 
longijfimis , mas ) ; re&ficikis lateralibus grifeo - fuf 
cis. . . . Pugnasc* Brïi&n , OniitM. tome V , 
page 240. 

ordonnées 



des Comhattans. 3 i j 

.ordonnées & marchaat lune contre l'au- 
tre (b); ces phalanges ne font com- 
pofées que de mâles , qu'on prétend être 
dans cette efpèce beaucoup plus nom- 
breux que Les femelles (c) ; celles-ci 
attendent à part la fin de la bataille, & 
XQ^ient le prix de la vidoîre -, Tamour 
paroît donc être la caufe de ces com- 
bats, ies feuls que doive avouer la Na« 
ture, puifqu'elle les occafionne & les rend 
néce flair es par un de fes excès , c^eft-à- 
dire , par la difproportion qu'elle a mis 
dans le nombre des mâles & des femelles 
..de ctitt efpèce. 

Chaque printemps, ces oi féaux arri- 
vent par grandes bandes, fur les côtes 
de Hollande, de Flandre & d'Angleterre, 
& , dans tous ces pays , on croit qu'ils 
viennent des contrées plus au nord*, oii 
les connoît auffi fur les côtes de la mer 

fb) Tnterdlu tuTmatin i>oUtant , illico di'micaiites 
nhife in tenamdemittunt. Klein, Ai^i. page 102. 

fcj Mares ex his pliirimos effèj paucas famiuas , 
ideoqiic mares initio invicem accerrimo pralio fejè 
■mutuo occidere, dontc cum fominis numéro pares eva- 
feriuty & finguli Jingulis conjiwgipojjuit. AldrovandCj 
toiîie lll^pag^i 413. 

Oifcaux , Tome XîF. O 



314 Uijloire Naturelle 

d'Allemagne , & ils font en grand nom- 
bre en Suède , Se particulièrement en 
Scanie (d) ; il s'en trouve de même en 
Danemarck jufqu'en Norwège ( e).y & 
Mulîer dit en avoir reçu trois de Fin- 
marchre. L'on ne fait pas où ces oifeaux 
fe retirent pour paffer l'hiver ( fj ; 
comm.e ils nous arrivent régulièrement 
au printemps & qu'ils féjcurnent fur nos 
côtes pendant deux ou trois mois, il 
paroît qu'ils cherchent les climats tem- 
pérés 5 & fi les Obfervateurs n'aifuroient 
pas qu'ils viennent du côté du nord, on 
feroit bien fondé à prélumer qu'ils arri- 
vent au contraire des contrées du midi^ 
cela me fait foupçonner qu'il en eft de 
ces oifeaux combattans 5 comme des bé- 
cafTes, que l'on a dit venir de l'eft, & 
s'en retourner à l'oueft ou au fud, tan- 
dis qu'elles ne font que defcendre àts 



(d) FaiiiJa Suecica, 

(e) Zoolog, Datiic. page 24. 

( f) Charîeton dit ( Onomait, page 104^, qnot 
Aiuiis immenfi numéro ex feptentrione in paludes agri 
Lincolinenjïs ad^olantj 6* pofi très menjes difcduitt 
ii&fcio ^nù» 



des Comhattans. 3 i j 

montagnes dans les plaines ou remonter 
de la plaine aux montagnes. Les com- 
battans peuvent de même ne pas venir 
de loin , & fe tenir en difiérens en- 
droits de la même contrée, dans les 
difiérentes faifons \ & comme ce qu'ils 
ont de fingulier , je veux dire leurs 
combats & leur plumage de guerre , ne 
fe voient qu'au printemps , il eft très- 
poflîbîe qu'ils paflait en d'autres temps 
fans être remarqués, & peut-être en com- 
pagnie des maubèches ou des chevaliers, 
avec lefqueîs ils ont beaucoup de rap- 
ports & même de reflemblances. 

Les combattans font de la taille du 
chevalier aux pieds rouges , un peu 
moins hauts fur jambes , ils ont le bec 
de la même forme , mais plus court v 
les femelles font ordinairement plus 
petites que les maies (g) j & fe ref- 
femblent par le plumage qui eft blanc, 
mélangé de brun fur le manteau *, mais 
les mâles font au printemps ii difiérens 
les uns des autres, qu'on les prendroit 
chacun pour un oifeau d'efpèce parti- 

O î) 



3 î 6 HijLoire Naturelle 

culière \ de plus de cent qui furent com- 
parés devant M. Kiein , chez le Gou- 
verneur de Scanie , on n'en trouva pas 
deux qui fuflent eiitièrement femblables 
(^kj ; ils différoient ou par la taille, 
ou par les couleurs , ou par la forme 
& le volume de ce gros collier en forme 
d\ine crinière épaifle de plumes enflées 
qu'ils portent autour du cou : ces plu- 
mes ne nailTent qu'au commencemetat 
du printemps, & ne fubfiftent qu'au- 
tant que durent les amours *, mais in- 
dépendamment de cette production de 
furcroît dans ce temps 5 la furabondance 
des molécules organiques , fe manifefte 
encore par Téruption d'une multitude 
de papilles charnues & fanguinolentes , 
qui s'élèvent fur le devant de la tête 
& à l'entour des yeux (^îjs cette dou- 
ble produûionfuppofe, dans ces oifeaux, 
une il grande énergie des puiffances pro- 
duétrices, qu'elle leur donne , pour ainfï 
dire , une autre forme plus avantageufe. 



(h) Ordo Jyium , page 102. 
(ij In mare faciès i njiniti s parvis fapillis carn^ 
$J}f€rja. lanna^usj Faun. Suec, 



àes Comhattans. 5 i 7 

plus forte 5 plus fière qu'ils ne perdent 
qu'après avoir éputfé partie de îeurs 
forces dans les combats , & répandu ce 
ftircroît de vie dans kurs amours, ce Je 
ne connois pas d'oifeau 5 nous écrit « 
M. Bâillon, en qui le phyfique de» 
l'amour paroifle plus puiffant que dans «c 
celui-ci \ aucun n'a les tefticules auffi« 
forts par rapport à fa taille , ceux du «c 
combattant ont chacun près de iîx« 
lignes de diamètre , & un pouce ou « 
plus de longueur •, le refte de l'appa- « 
reil des parties génitales , eft égale- « 
mtnt dilaté dans le temps des amours )« 
OH peut de-là concevoir qu'elle doit* 
être fon ardeur guerrière , puifqu'dlc « 
eft produite par fon ardeur amoureufe m 
& qu'elle s'e:xcrce contre fes rivaux. J'ai « 
fbuvent fuivi ces oifeaux dans nos ma- « 
rais ( de baffe Picardie ) , où ils arrî- « 
vent au mois d'avril , avec les che- « 
valiers , mais en moindre nombre , « 
leur premier foin eft de s'apparier , œ 
ou plutôt de fe difputer les femelles s « 
celles-ci , par de petits cris enflam- œ 
ment l'ardeur des combattans , fouvent « 
la lutte eft longue, & quelquefois^ 

Oiij 



3 I 8 HiJIoire Naturelle 

w)ranglante5 le vaincu prend la fuite J 
» mais le cri de la première femelle 
9^ qu'il entend , lui fait oublier fa dé- 
»^ faite 5 prêt à entrer en lice de nou- 
*> veau 5 11 quelque antagonifte fe pré- 
!» fente ^ cette petite guerre fe renou- 
t» velle tous les jours le matin & le 
30 foir 5 jufqu au départ de ces oifeaux , 
» qui a lieu dans le courant de mai , 
r> car il ne nous rcfte que quelques traî- 
» neurs, & l'on n'a jamais trouvé de leurs 
nids dans nos marais o^. 

Cet Obfervateur exa6t & très-inftruit 
remarque qu'ils partent de Picardie par 
ïes vents de fud & de fud-eft, qui les 
portent fur les côtes d'Angleterre , où 
en eflèt on fait qu'ils nichent en très- 
grand nombre , particulièrement dans le 
comté de Lincoln , on y en fait même 
une petite chafTe , l'Oifeleur faifit Tint 
tant où ces oifeaux fe battent pour leur 
jeter fon filet fkj'') & on eft dans l'ufage 
de les engraiflbr en les nourriifant avec 
du lait & de la mie de pain , mais on 



ficj Willtighby, 



Tivn.XIi: 



P/.X/:pa^7 . 3j3. 



^a^. 





1/R COlMBAT'i'ANTouPAON DK MKR e/i a/n^ur. 



dès Comhattans. ^ i 9 

eft obligé, pour les rendre tranquilles, 
de les tenir renfermés dans des endroits 
obfcurs, car au(ïî-tôt qu'ils voient la 
lumière ils fe battent (IJ ; ainfi , Tefcia- 
vage ne peut rien diminuer de leur hu- 
meur guerrière , dans les volières où on 
les renferme, ils vont préfenter le défi à 
tous les autres oifeaux ( m ) ; s'il eft un 
coin de gazon vert, ils fe battent à qui 
Toccupera (n); &, comme s'ils fe pi- 
quoient de gloire, ils ne fe montrent ja- 
mais plus animés que quand il y a des 
Ipeârateurs (o). La crinière des mâles eft 
non-feulement pour eux un parement 
de guerre ^ mais une forte d'armure , un 



(l) Idem. 

(m) H y a à îa Chine des oifeaux qu'on nomme 
QÎfiaux de combat, & que les Chinois nourriflent , 
non pour chanter, mais pour donner ie fpedade 
de petits combats qu'iis le livrent avec acharne- 
ment. Vovei l* hifloire générait des Voyages 3 toimV T , 
page 487. H n'y a pas pourtant d'apparence que ce 
foient ici nos combattans , puifque ces oifeaux 
chinois ne font pas, dit-on, plus gros que des 
Kinots. 

(nj Klein. 

(0) Pugnare inclpiunt , dit Willughby , ;?r<e/Z'm;n 
fi ajîat quijpiam^ 

Oiv 



3 2(5 Hijioire Naturelle 

Tfai plaftf on , qui peut parer les coups 5 
îes plimies en font longues , fortes & fer- 
afées-, ils les bériffent d\inc manière me- 
naçante lorfqu ils s'attaquent , & c eft 
ftir-tout par les copieurs de cette livrée 
é.t combat qu'ils diffèrent entr'eux , elle 
étt, rouffe dans îes uns, grife dans d'autres, 
.tïlanche dans quelques-uns , & d'un beaur 
noir * violet chatoyant coupé de taches 
xauffts dans îes antres -, la livrée blanche 
eft la plus rafe : ce p^iache d'amour ou 
de guerre ne varie pas moins par ia forme 
que par les couleurs durant tout le 
temps de fon accroifîèment , on peut 
Yoir, dans Aldrovande, les huit figures 
qu'il doni-ie de ces oiieaux avec ieur^ 
diftéreines crinières (^/? A 

Cp ) Avi refte , <î« ces huit fi^întes que cfon'n^ 
AWrovande, fur de^ deflrns que le com-te d'Arem-* 
berg lui a voit envoyés de Flandre , l'une paroît être? 
Kl femelle, cinq autres des màfes dans différeiis: 
périodes de mue où d'aceroîlTement de leur cri-- 
nière ; & la huitième à laquelle Aldrovande trouve 
hiî-même quelque chofe de monfîrueux, ou du 
moins d'abfolument étranger à Perpéce du com-», 
battant, paroît n'être qu'une mauvarfe figure di\ 
grtbe cornu, que ce Naturalifte n'a pgs connv j 65. 
dont nous parlerons dans la fuite. 



, :kij^ 



Tl,:KVI.^a^. 32 




LE COMBAT TA^NT, ou TAON 1)K MKR en mue 



des Comhattans. ^ ii 

Ce bel ornement toinbe par une mue 
cuî arrive à ces oifeaux vers la fin de 
juin, comme fi la Nature ne les avoit 
parés & munis que pour îa iailon de 
i amour & dos combats , les tubercules 
vermeils, qui couvroient leur tète, palillent 
& s'oblitèrent, & enfuite eOe le recouvre 
de plumes > dans cet état, on ne diitingue 
plus guère les miles des femelles, & tous 
eniembie partent alors des lieux où ils 
ont fait leurs nids & leur ponte ^ ils ni- 
chent en troupes comme les hérons, & 
cette habiaide commiune a feule fuâi 
pour qu'Aldrovande les ait rapproché de 
ces oiieaux : mais la taille & la confor- 
mation entière des combattans eft ïi dif- 
férente , qu'ils font très-éloignés de toutes 
les efpèces de hérons ', & Ton doit , 
comme nous l'avons déjà dit, les placer 
entre les chevaliers & les maufcèches. 




Ov 



$11 Uifloire Naturelle 



LES MAUBECHES. 

Dans l'ordre des petits oifeaux de 
rivages, on pourroit placer les maubcches 
après les chevaliers & avant le bécafleaii *, 
elles font un peu plus grofles que ce der- 
nier, & moins grandes que les pre- 
miers *, elles ont le bec plus court -, leurs 
jambes font moins hautes, & leur taille, 
plus raccourcie, paroît plus épaifle que 
celle des chevaliers : leurs habitudes doi- 
vent être les mêmes, celles du moins 
qui dépendent de la conformation & de 
l'habitation s car ces oifeaux fréquentent 
également les bords fablonneux de la 
mer. Nous manquons d'autres détails 
fur leurs mœurs, quoique nous en con- 
?>oifIions quatre efpèces différentes. 




des Mauhèches. 323 

LA MAUBÈCHE COMMUNE (a). 

Première efpèce. 

Elle a dix pouces de la . pointe du 
bec aux ongles, & un peu plus de neuf 
pouces jufqu'au bout de la queue \ les 
plumes du dos 5 du deffus de la tête & 
du cou font d'un brun noirâtre, & bor- 
dées de marron-clair 5 tout le devant de 
!a tête 5 du cou & du corps eft de cette 
dernière couleur -, les neuf premières 
pennes de Taile font d'un brun-foncé en- 
defîus du côté extérieur -, les quatre plus 
près du corps font brunes, & les inter- 
médiaires d un gris-brun & bordées d'un 
léger filet blanc. Les maubèches ont le 



fa) Tnnga fupernè fufio-nigricans , margini5us 
pemiarum dilaté cajïanels, iiifernè caftama ; uropyglo 
■cinereo-fiifco y ingricante traiijlerjim ftria^o , marginibus 
^enuarum alhidh ; lateribus in parte infîmâ , fuCco-ni- 
gricante , albo & âilutè cajlaveo tranfi-erfîm Jlriatis ; 
reSricibus grifeo-fnjcis ; lateribns exteiiiis albo margi^ 
tmtis. . . . Caiidris/hz iVlau&èche Briflbn, Onii" 
èhùl. lomQ V 5 page 226. 

O vj 



5I4 JTiJîoire Naturelle 

l>as de h }mibe nu 5 êc le doigt du mî- 
îieu uni jufqu'à la première articulation 
par une portion de membrane îïvec le 
;doigt extérieur. Au refte, nous ne pou- 
vons être ici de lavis de M. Briflon , ni 
japporter, comme il le fait , à la mau-- 
bêche la rujîicula fyhatlca de Gefner, 
©ifeau plus grand que la bécajje y & gros 
nomme une poule (b) ^ il eft même diffi- 
cile de le rapporter à aucune efpèce con- 
nue •, mais Gefner femble vouloir nous 
épargner une difcuffion infrudlueufe^ en 
avertiflânt qu'il compte peu lui - même 
fur des notices qu'il na données que fur 
de (impies deiîins (c) ^ qui font en effet 
très-défeâ;ueux , ou pour mdcux dire ïvj- 
formes. 



fl) Voyei Gtïhèr^ Avi. pages 504 & 505. Rnf" 
tlcula fyhatita ; & Icon. Avi. page m. — Aldro- 
■vande, Avi. tome llï, page 476. • — Jonfîon, 
Ai>i page no. JVo/û. Ces deux Naturalillfrs n^ 
font fur cet article que copier Gefner. 

(c) Gefner j ibidtm. 



Tûin.Xir^ 



PL.xnr.pai/, 32^. 





LA MAUBECHE. 



des Mauhèches. ^zf 



^LA MAUBÈCHE TACHETÉE (d)^ 

Seconde efpcce. 

Cette Maubèche diffère de îa précé- 
dente en ce que le cendré-brun du dos 
& àcs épaules, eft varié d'aflez grandes 
taches, ies unes roufles, les autres d'un 
noirâtre tirant fur îe violet. Ce carac- 
tère fufEt pour îa diflinguer , elle eft 
auiîî un peu moins grande que la pre^ 
mière-, le détail du refte des couleurs 
eft bien repréfenté dans la planche enlu- 
minée. 



* Voy^i les planches eniuminées, n.^ 365. 

{d) Tringajuptwè cinerte-fiifia maculis uigruaiit4: ^ 
violaceis mfifque varia, infcrnè dilaté Cûfiauea ; c^lla 
inferiore albo-rufefiente y maculis fufcis cajlantippm 
yariegata; UTopygio cinereo fufce , nigricante VanfveT^ 
Jim flriato , margiuihus penuarum caniidis ; lattnbus. 
mgricante maculatis ; re&ricièus èinis intermediis ci- 
îiercis^ albo marginatis , iattrièas cintr^Q- fufcis , fcspù 
ûlbo pr<edîtis, utrinqiiè extimà lineA longitudinali cûa* 
didâ exttriiis notata. . . . Calidris u^via. Briffoîi.^. 
OrnithoL tome Vj page 230. 



^i6 Biftùire Naturelle 

^ LA MAUBÈCHE GRISE (e). 
Troîfième efpcce. 

C->ETTE Maubèche , lin peu plus grofTe 
que la maubèche tachetée, Teft moins 
que la maubèche commune *, ie fond dé 
fon plumage eft gris *, le dos eft entière- 
ment de cette couîeur*, la tête eft d'un 
gris onde de blanchâtre *, les plumes du 
deffus des ailes & celles du croupion 
font grifes & bordées de blanc , les 
premières des grandes pennes de Taiîe 
font d^un brun-noirâtre , & le devant 
du corps eft blanc, avec de petits traits 
noirs en zig-zags fur les côtés, la poitrine 
& le devant du cou. 

*' Voyei les planches enluminées , //.» 366. 

(t) Trin-^a fupernè grifea, infernè alba y ycunis in 
eollo inferioTc , pérore & lateribus t<eniâ fufcâ undata 
ciraimfereiitia: parallelà f/ofaris , in ventre iintolâ lun- 
gitudhiaîl fufcâ v^rfus apicem infifnhis : uropygio 
dilaté grifeo , peniiis duplUi t<£niâ fufcâ ciTCumfercnti(C 
Iparallelâ notatis, alho mars^inatis ; re&ricibus enfcis, 
/aturatiiis griftà mûrgini p.Tallelâ ivfignitis , mar/uie 
^andidâ. . . . Calidris gnfia, Brillun j Omithol, 
t^m^ Vjpage 233. 



des Mauhèches. 527 



LA SANDERLING(f). 

Quatrième efpèce^ 

rsous LAISSONS à cet oifeau îe nom Je 
fanderlïng y qu'on lui donne fur les côtes 
d'Angleterre \ c'eft la plus petite efpèce 
des maubcches *, elle n'a guère que fept 
pouces de longueur , fon plumage eft à- 
peu-près le même que celui de la mau- 
fcèche grife, excepté qu'elle a tout ie 
devant du cou & le deflbus du corps 
très-blancs. On voit ces petites maubè- 
ches voler en troupes & s'abattre fur 



(f) Arenaria, fanderling , ptnfand^ in conmhlâ 
€aTwilht didta. Wiikighby , Ornithol. page 225. — 
Saudeding de Cornouaille, Albin , tome 1 1 , page 48 , 
avec une mauvaife figure , planche 74. — Trlnga 
Japernè grijea, fcapis pennarum iiit^risj, infirnè itipea; 
capite anteriore ai'to ; taniâ unlnquè à roftro ad oculos 
grifiâ ; uropygio diiutè grifeo ; tedtricibus alanim fupe- 
noribus mdumis nigricaudbus ; Tedtricibus binis iiuer" 
mediis fujcls, laUTalibns grifeîs , vininbus candicaiiîù 
i^arginads, . , , Caîiiris gnfea minor. Brifîbn, 
^^khol. toûie V j page 236* 



3 2 8 ÎJiJloire Naturelle. 

les fables des rivages ', on ies conno& fous 
le nom de curwillet fur les côtes de Cor- 
nouâilles. Willughby donne à fon fander- 
ling quatre doigts à chaque pied *, Ray» 
qui femble pourtant n eii parler que 
d'après Willugbbyj ne lui en donne que 
trois 5 ce qui caraélérireroit un pluvier^ 
& fton pas une maubèche* 




529 

"LE BÉCASSEAU (a), 

rsos NoMENCL ATEuas ont compris 
fous le nom de kécajfeau un genre entrer 
de petits oifeaux de xÏY^^Symaubechcs, 



^ Feyei hs planches eniuminées, 7;.^ 843. 

(aj Autre bécailine. Béioii , H/ fi, mt, des Oi^ 
féaux, page 216. — Tringa. Aldrovande , Jn\ 
tome IIK page 4^0. — Tringa alLi, fhi feawif.^ 
Idem, ibid. — Tringa rertia. Idem, ibid. — Cin* 
dus Bellonii Idem , ibid. — Cinglas tertius. Idem , 
îbïd. page 490. — GaUinula rhodop<n , five pkœnico^ 
pos. Idem, ibid. page ^'6, — • Ockropus mediss^ 
Hem, ?bid. page 4?' i , avec différentes figures priiès 
de Gefner & de Ùélon^ & toutes pius ou moins, 
mauvaifes — Tringas. (Vefner, Ai^L i^^e 501. -—* 
Rkodoyus. Idem, Tcon. Avi page 106. — GalUnula 
aqnaticdt quïnutm genus, qtiod rhod&^odsm apptlUi» 
rmis , pulg/is germankum fteingéiellyl. Idem , ApÛ 
page 508. — Gchropus médius. Idem, Icon. Apu 
page 107, — GaUinuU a^uatic£ odtmmm geaus, vulg^ 
di^nm matîknlllis : mhis ochropus médius. Idem ^ 
Avi. page 511. — Gailina aqimticiS fpecies fecufida 
ie rwt'o ûdje&a. Idem, ibid. page 516, & fous ces 
diîférens articles des figures toutes fautives , & I^ 
plupart méconnoilfables. — Tringa Aidromndi. WiK 
iughijy, QrniM, f^Q 223. — Trkga unu AU 



1 1 Hijîoire Naturelle 

gtiignettes j cincle y allouettes de mer ^ 
que quelques Naturaiiftes ont défignés 
auffi confufément fous le nom de tringa ; 
tous c^s oifeaux, à k vérité 5 ont dans 



irovandi. Idem, page 223. — Cinclus tertius Al- 
drovandi. Idem, page 227. • — Galliiiula rhodopus 
five phi£n>coi'fis Gefti. Idem, page 223. — Tringa 
jildrovavdl ^ cinclus Belionii. — Ray , Synopf. Avi* 
page io8, iî,o a, 7. — Tringa uni a Aldrovandi. 
Idem, ibid. page 109, n.^ 8. — Cinclus tertius Al- 
drovandi. Idem, ibid. page 110, 11. p 14. — Tringa 
prima. — Jonfton, Ai^i page m. — Tringa altéra. 
Idem, page 112. — Tringa tertia. Idem, ibid. — 
Callinula rhodopus. idem., page îio. — Gallinida 
ochropus imdius, idem , ibidem. — Cintli congencr 
altéra. Idem, page 112. — GaUinula ochropus, 
Charlcton, Excrcit. page 112, n.*^ 3. — GaUinula 
ochra. jdem , Oromait. page 107, n.^ 3. — Glarsola 
^uarta. Schwcnckfeld, Ai^i, Silef page 282. ' — 
Glarcola oBava, Idem, page 283. — Klein, Avi* 
page loi , n.^ 4 «Se n.^ 7. — GaUinula odtava 
Gefneri. Rzaczynski, Audtuar. Uifî, I^at. Polon, 
page 380. — Tringa nigra, alho pundtata , pedtore ma- 
culaîo y abdomine fubalbido , pedibus virefccntibus. Lin- 
naeus , Fauna Suecica, n.^ 152. — • Tringa rojîro laevi , 
pedibus i-ir&fcentibus , coipore albo pundtato , pe&ore 
fubalbido. Glareola. Idem, .'y^?. nat. éd. X , Gen. 785 ' 
Sp. II. — Tringa fupernè fpUndidè fufca , maculis 
mndicantibus i-aria . infernè alba , tdeniâ fupra oculos 
candidâ ; colla inferiore cinereo-fufco maculato ; lateri' 
hus cmreo fufcis , albo tmnji^erfm JîriatU j redlricibus 



du Becajfeau. 331 

leur petite taille une reffembîance de 
conformation avec la bécafle , mais iîs 
en diffèrent par les habitudes naturelles 
autant que par la grandeur -, comme 
d'ailleurs ces petites familles fubliftent 
féparément les unes àts autres, & font 
très-diftin6tes , nous reftreignons ici le 
nom de bécajfeau à la feule efpèce con- 
nue vulgairement fous le nom de c^/- 
blanc des rivages ; cet oifeau eft gros 
comme la bécaiïine commune 3 mais il a 
le corps moins alongé *, fon dos eft d'un 
cendré roufsâtre 3 avec de petites gouttes 
blanchâtres au bord des plumes -, la tête 
& le cou font d'un cendré plus doux , & 
cette couleur fe mêle par pinceaux au 
blanc de la poitrine , qui s'étend de la 
gorge à l'eftomac & au ventre-, le crou- 
pion eft de cette même couleur blan- 
che, les pennes de Taile font noirâtres. 



hlnis intermediis in exortu alh'is , api ce fujco-nlf^rlcanti» 
hus , alho tranfperjîm ftriatis , lateralibus caiididis , ai 
apicem fufcO'iiigricante tranfverfim flrians, . . Tringa^ 
le bécaflfeau appelé vulgairement cul-blanc, BrilTon , 
OmithoL tome Vjpage 177. 



53 2 HiJIoire Naturelle 

& agréablement tachetées de Hanc en- 
deffous {ij; celles de la queue font 
rayées tranfverfalement de noirâtre & 
de blanc -, la tête eft carrée comme celle 
de la bécaffe , & le bec eft de la même 
forme en p-etft. 

Le bécaffeau fe trouve au bord des 
eaux 5 & particulièrement fur les ruif- 
fcaux d^eau vive , on le voit courir fur 
les graviers ou rafer au vol la furface de 
Teau ; il jçtte un cri lorfqu'il part , & vole 
en frappant lair par coups détachés -, H 
plonge quelquefois dans Teau, quand il 
eft pour fui vi. Les fous-buzes lui don- 
nent fouvent la chaffe s elks le furprei> 
nent lorfqu'il fe repofe au bord de leau 
eu lorfqu'il cherche fa nourriture ^ car 
le bécaffcau n*a pas la fauve-garde des 
oifeaux qui vivent en troupes , & qui 
coituTiunément ont une fentii^elle qui 
veille à la fureté commune ; il vit feul 



(bj « Qui lui oui^re les aelîes, regardant par- 
9f dcfibus^ lui vok des madrures de blanc de fort 
bonne grâce. » Mlou ^ Katun des Oifiaax , 
p3ge 236. 



du Becû-ifeau. 333 

dans le petit cantcxi qu'il s'eft choiii le 
iong de la rivière ou de la côte (c)jy & 
s Y tient conftaniment fans s'écarter bien 
loin. Ces mœurs folitarres & fauvages 
ne rernpêchent pas d'être fenfible , du 
moins il a dans la voix une expreflîon de 
fentiment aflez marqué , c'eft un petit 
fifflet fort doux & modulé fur des accei^ 
de langueur, qui, répandus fur le calme 
des eaux, où le mêlant à leur muri^ure 
porte au recueillement & à la mélanco- 
îxe -, il paroit que c'eft le même oifeau 
qu'on appelle fifflajjon fur le lac de 
Genève , où on le prend à l'appeau avec 
des joncs englués. Il eft connu égale- 
ment fur le lac de Nantua, où on le 
nomme pivette ou pied-vert ; on le voit 
suffi dans le mois de juin fur le Rhône 
& la Saône , & dans l'auto m.ne llir les . 
graviers de l'Ouche en Bourgogne s il 
fe trouve même des bécafl'eaux fur la 
Seine, & l'on remarque que ces oifeaux, 
folitaires durant tout l'été, lors du paf- 
fage fe fuivent par petites troupes de 

*- " - f i 

(c) Solitma ^Urumpuc degujiu Wiîlughlîj, 



5 3 4 Hijioire Naturelle 

cinq ou fîx , fe font entendre en l'air dans 
les nuits tranquilles. En Lorraine , ils ar- 
rivent dans le mois d'avril , & repartent 
dès le mois de juillet (c^J. 

Ainfi 5 le bécafleau , quoiqu' attaché au 
même lieu pour tout le temps de fon 
féjour 5 voyage néanmoins de contrées 
en contrées , & même dans des faifons où 
la plupart des autres oifeaux font encore 
fixés par le foin des nichées *, quoiqu'on 
le voie pendant les deux tiers de Tannée, 
fur nos côtes de bafle Picardie, on n'a 
pu nous dire s'il y fait les petits *, on lui 
donne dans ces cantons le nom de petit 
chevalier (dj ; il s'y tient à l'embouchure 
des rivières, & , fuivant le flot, il ramafle 
le menu frai de poiffon & les vermifTeaux 
fur le fablô, que tour- à-tour la lame 
d'eau couvre & découvre. Au refte, la 
chair du bécafTeau eft: très- délicate , & 
même l'emporte pour le goût fur celle 
de la bécaffine , fuivant Bélon , quoi- 
qu'elle ait une légère odeur de mufc (ej. 

fc^J Obfervations de M. Lottinger. 
(dJ Obfervations fur les oifeaux de nos côtes 
occidentales, communiquées par M. Bâillon, 
(^e^ Nature des Oifeaux, ^fl^e 226. 



du Bécaffcau. 335 

Comme cet oifeau fecoue fans ceffe lai 
queue en marchant , les Naturaliftes luî 
ont appliqué le nom de cinde ^ dont la 
racine étymologique (îgnîfie fecouiTe & 
mouvement (^/y*,* mais ce caraélère ne 
le dèÇigno. pas plus que la guignette & 
Talouette de mer, qui ont dans la queue 
le même mouvement -, & un paiîlige 
d'Ariftote prouve clairement que le bé- 
caffeau n'elt point le cincle *, ce Philofo- 
phe nomme les trois plus petits oifeaux 
de rivages tringas ^ fchAniclos y cinclos. 
Nous croyons que ces trois noms repré- 
fentent les trois efpèces du bécaffeau, 
de la guignette & de Talouette de mer: 
« de ces trois oifeaux, dit-il, qui vivent 
fur les rivages 5 le cincle & le fchœni- ce 
clos font les plus petits, le tringas eftoc 
ie pîus grand & de la taille de la « 
grive ( g) : » voilà la grandeur du bé- 
eafleau bien cîéfignée, & celle du fchœ- 



(^) Y.vy)L-kili%'i , Fbys^ Herychius. 
(g) Tringas lacus 6* fliimi/m petit, ut etiam cin- 
clos if fchoeiiidos ( que Gaza traduit jniicoj ; fid 
inter minores has , majufcula ejl , turdo enini <equipa' 
raîur. Hift. animal, iib. VIII , cap. ly. 



3 5 ^ Hijioire NaturelU 

mclos & du cin de fixée au-deffous, mais, 
pour déterminer lequel de c^s deux 
derniers noms doit s'appliquer propre- 
ment 5 ou à la guignette , ou à Talouette 
de mer, ou à notre petit cincie ^ les 
indications nous manquent. Au refte , 
cette légère incertitude n'approche pas 
de la confufion où font tombés les No- 
menclateurs au fujet du bécafieau : il eft 
pour les uns une poule d'eau ; pour 
d'autres une perdrix de mer ; quelques- 
uns , comme nous venons de le voir , 
l'appellent cincie; le plus grand nom- 
bre lui donnent k nom de tringa j m.ais 
en le pervertiffant par une application 
générique , tandis qu'il étoit fpécifique & 
propre dans fon origine , & c'eft ainfî 
que ce feul & même oifeau , reproduit 
fous tous ces différens noms, a donné lieu 
à cette multitude de phrafes dont on 
voit fa nomenclature chargée , & à tout 
autant de figures plus ou moins mécon- 
noiffables fous lefquelles on a voulu le 
repréfenter *, confofion dont fe plaint 
avec raifon Klein, en s'écriant fur Tim- 
poiîîbilité de fe reconnottre au milieu de 
ce cahos de figures fautives que pro- 
diguent 



du Becajfeau. 3' 5 7^ 

digucnt les Auteurs , fans fe condilter 
les uns les autres, & fans connoître ia 
Nature ; de manière que leurs notièes^ 
également indigeftes, ne peuvent fervix 
à les concilier ^A^« 



(h) Dolemus infuperabilem aliquando foUlcitudl^ 
Mm di-^'concHiandh jigurrs quas nobis propinûfUiH 4tft* 
ik&r&^^ Klein , Ordo Af^ium , page 22. 




^Oijeaux, Tome SIV. P 



13^ HiJioLre Naturelle 



v^m'a),..»^ysf!^-zimaimmmÊiVfàm»^*Kes^a 



""LA G U IGNE T TE (a). 

On pourroit dire que la Guignetté 
nefl: qu'un petit bécaffeau ^ tant i! y a 
de reflemblançe entre ces deux oifeaux 



* Koye^ les planches enîuminées, i/.° g^O, foii^ 
la dénomination de /7eti*e alouette de mer. 

(a) En Allemand ^fyfterlin ; en Suédois ^piaeppa ; 
tn Y orck-shire ^ fand piper ; fur ie lac de Genève, 
bécajjïne , félon Wiilughby. 

MotaciUa genus. Gefner , yf^v. page 119, avec 
une très - maiivaife figure répétée. Icoii. Jvi. 
page 123, & une autre aulïï mauvaife, page 106 
au même ouvrage, avec le nom de hypolencos-gal- 
liiiula aquatica fextum genus j ^uod kypHencou cogno» 
tùmo ; vulgus gemaiiicnin appellai fyficrlin, idem, 
^p/. page 59. Notice copiée dans Aldrovande^ | 
tome i 1 1 , page 469. — MotacUla feu cincli ^eiius. 
Aldrovandej'^/r/. tome ill/page 485, avec des. 
mauvaifes figures de Gefner. — Triu^a mlroi: Wiir 
Jughby, Ornithal. page 223 , avec une figure peu 
-exaâe,pi. c;^. — ï<ay, Synopf. A A. page 108, 
;i."fl^6. — Charleton, fccrcf^ page 112, n.o 9. 
t — 'Galiumla hypoUucQS. Jpnfton , Avi* page IIO, 
/ — Tiwga quuJia. Idem, page 112. — Tringa 
Tojlro Icepi, corpore cinereo lituris nlgris , f'nhtus albo, 
jLinnaeus, Fauna Suecica, n.^ 147. — Tringa rofîro 
ijS^yi, piditus Uriàis, corporç, cinereo lituris lÙQrisjil 



de la Guignette. 339? 

pour îa forme & même pour îe plumage. 
La guîgnette a la gorge & le ventre 
blancs*, ia poitrine tachetée de pinceaux 
gris fur blanc , le dos & le croupion 
gris 5 non mouchetés de blanchâtre , mars 
légèrement ondes de noirâtre, avec un 
petit trait de cette couleur fur la cote 
de chaque plume, &, dans le tout, on 
aperçoit un reflet rougeâtre \ la queue 
eft un peu plus longue & plus étalée que 
^elle du bécaffeau ', la gurgnette la (ecoue 
de même en marchant. C'eft d'après cette 
habitude que plufieurs Naturaliftes lux 
ont appliqué ie nom de motacilla ^ quoi- 
que déjà donné à une multitude de petits 
oi féaux 5 tels qu.e la bergeronette, la la-*, 
vandière , ie troglodite , &c. 

fuhtus dbo. . ,. . Hypolencos. I-<3em o^SyA* nat. éd. X , 
<jen. 78 5 Sp.. 9. —r Trlnga jnpf,în\ fpknâidè gn^ 
feofujca, lineis longituàinalihus & tranfherfîs undatlp- 
me fufco mgricautibas varia, infemè alba ; gutture, 
collo ivfenortb' pcHore fiipremo ciiiereo albis , pennls 
lintâ lous^itudinaH fiifcâ in medio notads ; refiricibus 
iectm int^rniediis grifio-fufcis , viridefcenu adùmbras^ 
tiSf fufco ^ nigricaii te traufperfim & undatim (Inatis 
utrinquè extimâ, inferiiis '^rifts - fifco iraufvtrjim JjrU 
$â , binis exdm<e proximis npice albis, . . • Guiuuto;» 
Erifibi), QrnithQL tome V, pagç l'é'^- 



ï 



3 40 Hi/tolre Naturelle 

La guignette vit folitaîrement le long 
des eaux., & cherche, comme les bécal- 
feaux, les grèves & ies rives de fable , on 
en voit beaucoup vers les fources de la 
Mofelle, dans les Vofges, où cet oifeau 
eft appelé lambiche. Il quitte cette con- 
trée de bonne heure, & dès le mois de 
juillet, après avoir élevé fes petits. 

La guignette part de loin en jetant 
quelques cris , & on l'entend pendant la 
nuit crier fur les rivages d'une voix gé- 
miffante (b) ; habitude qu'apparemment 
elle partage avec le bécafieau, puifque, 
fuivant la remarque de Wiliughby , îe 
pilvcnckegcn de Gefner, oifeau gémif- 
iiânt, plus grand que ia guignette j'pa»- 
loît être le bécafleau. 

Du reftc, Tune & l'autre de ces eA 
jpèces fe portent affcz avant dans le 
ÏSford ( cjj pour être parvenues zxx^ j 



fh) y^ocem no&u ladirymautii aut Ummtmtii in^at 
<?///. Wiliughby, page 223. 

(c) FuMiisL S,n<cm» n.®* 147 % ijs. 



de la Guignette. j^r 

terres froides & tempérées du nouveau 
continent 5 & en effet, un bécafleau en-; 
voyé de ia Leuifiane ne nous a paru dif- 
férer prefque en rien de celui de nos 
contrées. 




PiiJ 



34 2t Hif.oire Naturelle 



^ LA PERDRIX DE MER (a ). 

C'est très-improprement qu'on a donné 
le nom de perdrix à cet oifeau de rivage , 
qui n'a d'autre rapport avec la perdrix 

* Voyex îes planches enluminées, ».« 882. 

(a) Pvanncola. Kramer , EUncIu aujlr. in feu 
page g8i , avec une figure aiTez bonr.e. — Glareola 
fecunda y vulgo , kohzl rt^trliu , fundrogeî. Schwenck- 
feid, Ji>i, Siief. page 281. — Gallinula a^uatica 
jindeclmumgenm, quod.crythropodem minoiem appello , 
vulgus koppri^gcrlr. Gefner, Jvi. page 513, avec 
une très- mauvaife figure. ■ — Erythrapus miuor. 
Idem 5 ICQiu jivi. même figure. — GalUnula eryt/ire^ 
j)os minor. Aldrovande, ^i^i tom.e III, page 454^ 
avec une figure nullement^ refTemblante. -— Hirunda 
marina Ai^is. Idem, tome 1 1 , page 696 , avec vme- 
figure afîez reconnoiflable *, quoique peu exade, 
page 697. — Hlrundo marina jildrovandi. Willughby, 
k)rnif/ioL page 156. — Ray, Synopf, Avi. page 72, 
où il obferve fort bien que ce nom à-'hlrondelU 
n'efi: donné qu'improprement à cet oifeau. — Gc/- 
linula erythropus mivor, jonfion, Jvi, page iio. — 
Hiriwdo marina. Idem, page 82. — Charleton, 
Exercit, page 96, n.-" 5. Onomait. p<\ge 90, n.-^ 5. 
— Hirundinis riparice fpecie^\ Marfigl. Daniib, 
tome V, page 96, avec une figure peu exade, 
iKib. 46. — Glareola fupcrnè fplendidè ^rifio-fujca.». 



des Perdrix de mer. 345 

qu'niie'foiblé refleinfalance dans la Tonne 
du bec; Ge bec étant en eftct sflez court , 
convexe^ ién- deffiis ^ comprimé par les 
côtés, coiirbé vers la pointé, reflerable 
affe^ au hi^c des gallinacées , mais îa forme 
du corps -& ia coiîpe des plumes éloignent 
cet bifeau du genr^ ' des gallinacées , 8c 
iemblent îe rapprocher de celui des 
hirondelles v^<^nt il a la forme & les pro- 
j>bftionl Voyant comme elles îa queue 
iburchiie, uue -grande envergure & la 
K *oupe des âiks en pointe : quelques 
lAuteurs ont donné à cet oifeau le nom 
'à.Q glareola y qui a rapport à fa manière 
de vivre fur les grèves des rivages de la 
ïnerv^& en -effet cette perdrix de mer 
Va cèmme - ie cincie , k guignctte & 
l'alouette de mer cherchant les vermif- 
leaux .& les iafei^Les aquatiques > dpnÈ 



în finie ex albo non nihil rufefcensjgufturé £?* coUo in^ 
feriore ùlbo riife/centiùus ; lineâ nig^râ circumdath ; 
pérore grifeo - rufefcente ; laterihus dilaté caftaneis ; 
re&ricihus quatuor_iitrw^uè ^xtiinjs in exortu niais, 
versùi apicem fufco nigticantihas ^ tribus extim^e proxi^ 
mis exîeriiis grifto fufc9 maculatis, . . . Glareola ; ia 
Perdrix de mer. Briflbn , Ornitkol. tome V, 
pag^ 141, 

P iv 



I 



544 ^ifloire Naturelle 

'elle fait fa nGurritur e , elle ' fréquente 
âuffi le bord des ruîfTeaiix & des rivières, 
comme fur le Rhin, vers Sîrafbourg, 
^ùy fuivant Gefner, on lui donne le 
nom allemand- de Jcvpprîeger/e.l Kramer 
lie l'appelle /7r^nVo /a que. parce qu'il en 
^n a vu un grand nombre dans de vaftes 
prairies qui bordent un certain l^c'de là 
iaife Autriche Y^y^j mais ipar- tout vfpit 
iur les bords des rivières &;4es. lacs -^ 
:ou fur les côtes de la mer» cet pifeau 
cherche les grèves ou. rives fablonneufi^ 
{c) _y plutôt que celles de vafe. ; 

On connoit quatre efpècçs bu variétés 
Àe ces perdrix de mer, qui paroiflent 
former une petite. famille ifoiée au milieu 
de la nombreufe tribu des petits oifeau>5 
de rivage. . _ . ^ 



{bj Lacusnifi^JterienJîs.Kx?Lmçx,Elench,'p^§. 3§î. 
(cj Sckwenckfeld. 



^•iSkS^ 



des Perdrix- de mer. 345 



LA PERDRIX 
DE MER GRISE. 

Première efpèce. 

La première eft îa perdrix de fner^ 
repréfentée dans nos planches enîismi- 
nées, n^ SS2, & qui 5 avec refpèce 
fuivantCj fe voit, mais rarement, fur les 
rivières dans quelques-unes de nos pro- 
vinces 5 particulièrement en Lorraine, oà 
--M. Lottinger nous allure Tavoir vue. 
Tout fon plumage eft d'un 2:ris teint de 
. roux fur les fl?.ncs & les petites pennes de 
Taile 5 elle a feulement la gorge blan- 
che & encadrée d\m filet noir \ le crou- 
pion blanc & les pieds rouges > eîle' eil 
à-peu-près de la groi&ur d'un merle. 
U hirondelle de mer d'Aldrovande (d ) ^ 

(dj J^'i, tome 1 1 5 page 6(;.6, 



54^ • iJiJioirc Natu re lie 

gui du refte fe rapporte aflez à cette 
elpèce, paroît y former une variété, ea 
ce que , fuivant ce Naturalise ^^ elle a ksi^ 
pieds très-noirs* 




des Perdrix de mer. 547 

•■ l l ll ' f*' '~ " ••1 — m - m . .. . .....m I ■ . . rr . »c . .. . . . ... . n . ,11»^ 

LAPERDRIX 
DE MER BRUNE (ej. 

i^^coudc ^fpèce. 

Cette Perdrix de mer qui fe trouve 
au Sénégal, & qui efi: de même groA 
feur q)L|e la nptre, n'eai diffère qu'en ce 
qu'elle eft entièrement Brune, & nous 
femmes fort portés à croire que cette 
différence du gris mi brun , ii'eft qu'un 
effet de l'influence du climat *, en forte 
.que cette kcondt e/j^èce pourroit bien 
n'être qu'une lace ou variété de la prer 
•mière. 

(e) Olareala in toto corporz p^fi^ > n&ricihus in-^ 
terius & Juhtus cinereo-fufcis» . . . Glareo/a Seirega>^ 
hnfis, la Perdrix de mer du Sénégal. Brifîbn^ Qrt^ 
thoL lome V 5 page 148. 



5 48 HiJIoire Naturelle 

LA GIAROLE (f). 

Trolfûme efpèee. 

C'est le nom que porte en Italie îel- 
pèce de Perdrix de mer, à laquelle AI- 
cîrovande rapporte , avec raîfon , celle dd 
melampcs ou pied noir de Gefher , carac- 
tère par lequel ce dernier Auteur pré- 



(f) Gnllinula melampos , quant aucupes iwfirl gia- 
joïam l'ocaiir. Aldrovande , Ji^i. terne III , page 464^ 
avec une mauvaife figure. — GalUnuU. aquatiuz 
feptimum geniis , q.u(>â rotkniUis locantj mclampodem 
cognomino. Gefner, Jvi page 510, avec une très- 
2nauv:-ire figure. — Melampus. Idem, Icon, JvL 
page IG7, même figure. — Galiiuuîa melampus 
Gefiieri Aldrovando, Totknvjfel baltiieri. Wilîughby, 
-Ornit/ieLfTige 225. — Ray , Synopf ApI* pag. 1.09, 
ïJ.° 9. — Gltueola , galL'nulu imlarrpns Gtfneii. 
JK^Iein , Jvi. page 101^ n.^ 9 — Gallinula me- 
lampus Willighbeii , Potonia kokofjka. Rzaczynski, 
jiuctuar. Hift. Nat, Pilon, page 380. — GlnreoUt 
fuperviè fufca , maculls obfcuTiOTibus varia, infernè ru fa p. 
maculh fufcis &* alhkauîibus variegata; cap i te &" coUq 
feâiori concoloribus ; imo ventre rufo candicante : fiigris 
tnacuUs vario , recfr:c:bus candicantihas , dpice nigrîs,,,. 
QUrioU riigyia. Briïïbn^ OrnitàoL tome Vj. pag. 147* 



âès Perdrix 'dé nier. 541s? 

tend C|U on peut diftinguer cet oifeau d^ 
tous les autres de ce genre, dont aucun 
n'a les pieds noirs : le nom qu'il lui 
donne en allemand ( rolknillis ) ^ efî: 
analogue au fond' de fon plumage roux 
ou rougeâtre au cou & fur la tête , ou 
il eft tacheté de' blanchâtre & de brun % 
laile e(l cendrée, & les pennes en font 
noires. 




§ 5 o 'Hi/Iolre Naturelle i 

■■■■■■■— —WBtlM—HMIIIWI Mil 



LA PERDRIX DE MER 

A €0 ILI E R.li( S )^ 

Quatrième efpèce. 

Le ko m Riegerle / que les Aîîemancfe 
donnent à cet oifeau , indique qu^il eft 
remuant & prefque toujours en mouve- 
ment ('hj ; en effet, des qu'il entend 
quelque bruit, il s'agite, court & psrt 
en criant d une petite voix perçante \ il 



(g) Galiinulie aquatic<£ âuodecimum gtuus , jquoâ 
Ochropodem minorem nomiiio , putgus riegerle.,. Gefnefy 
j4pi> page 514, avec une figure peu exadle. — 
Ochropus mînoT. Idem, Icon. Ai>î. page 19. ■ — Af- 
drovande , Ai'i. tome III, page 46 1 , avec îa figùr« 
empruntée de Gelner. — Jonfton, Ai>i. page 110. 
- — Glareola quinta > nohis tulfis , favd - regerliiu 
Schwenckfeld , Avi, SiUf. page 282. — Klein, 

Avi. P^ge 10 r, n.'^ 6. — • Glareola fupernè grlfto 

fufca, infernè fuhalblda ; macula in fym.ipite nigrâ; 

macula utrinquè circa oculos » gutture ô* collo candidis ; 

torque fufco ; re&r'icibus grifeo-fufcis*.. Glareola for- 
uata. BrilTon, OrnithoL tome V , page 145. 

fk) Riegerle vocant , qnajî motriculam dmeris^ 

fcjen cnim noùis movtri eft, Gefner , Jyi, pag. 51^ 



des Perdrix de mer. 5 5 1 

fc tient fur les rivages, & Tes haWtude^ 
font à-peu-près les mêmes que ceiks de$ 
gurgnettesj m?is , en iup-pofant que la 
figure donnie par Gemer ioit exa6W 
dans la forme dii bec, cet oifeau appar- 
tient au genre -de la perdrix de mer, 
tant par ce caractère. que par la rcilem- 
blance des couleurs j le dos eft cendré, 
ainfî que le deffus de Tarie, dont les 
grandes pennes (ont noirâtres -, îa tête 
eft noire, avec deux lignes blanches /lir 
les yeux^ le cou eft blanc, & un cercle 
brun Tentoure au b.^s comme un collier ; 
le hcc eft noir & les pieds (ont jaunâ- 
tres. Du refte , c^ttc perdrix de mer doit 
être la plus petite de toutes, étant à peine 
iaufîî grande que le cincîe, qui de tous les 
oifeaux de rivjge eft le plus petit» 
Schwenckfeld dit que cette perdrix de 
mer niche fur les bords fablo^neux des 
rivières , & qu^elIe pond fept œufs cblongs; 
il ajoute qu'elle court très-vite, & y fait 
entendre pendant les nuits d'été un petit 
cri, tul ^ tulj dune voix retentiiianta,. 



5ji JJlJlotre Naturelle' 

* L'ALOUETTE DE MER (a). 

Cet OISEAU n'eft point une alouette, 
quoiqu'il en ?îit le nom *, il ne rcfîemble 
même à l'alouette que par la taille 5 qui 



. ^ T^rc^ îes planches enliiminées , uP 851. 

(^aj^ En A nglois^ fiinî ; en A { le inand , fiem - bic- 
f:er , 'flein-èevfer ; en HoHaîidois , Jlrand looper, 
Aîouette (îe mer. Bélon^Nat. Je. Olfuwx, pag, 217, 
avec une figure tiès-peu exa6.e ; répétée. Portraits 
d'oif^aux y p-ige 50. — Cindus , feu motacilla mari- 
tlma. Gefner, Avi. page f)i.6^ avec une mauvaife 
figure, page 617, — C inclus:, Iffem, Icon, Jvi\ 
page 112, avec une figure qui n'eil: pas meilleure. 
■ — Aldrovande, Avi- tome III, page 490.— 
Çiijclus ornir/icicgi & T//;/;^r/.Idtm, ibid. — Sc/wé" 
"nidosy five junco Bdlonii. id m . ibid. page 487, 
avec des figuïes'-toutes fautives. — Cindus. Jonilon, 
u4vi. page 112. -r— Tiyiif^a quar'.a. Idem, ibid. — 
Junco Bdlonii. Idem, tab. 53, figure empruntée 
«d^Aîdrovande. — Cindus prior Aidrovard:. Ray, 
Synepf, Avi. page 110, n." a, 13. — The fllnt. 
Wilîughby , 0/-///MfV. page 226. — Avis tht fîiitt 
diaa. Sibbald. Scot. iilnftr. part. Il, lib. i 1 l, 
page 19 — Sdwen'xlui. Moehring , Avi» G^n. 94. 
' — Junco. Charîeton , Excrdt. page 113, ck^ x. 
Ouomait. page 108, iv,^ X. — Trin^a pulla maculis 
minorihus rotuiidis alèis y^riega^a, ycnti:e albiçmt^ 



de . r Alouette àe mer. 3 j^ j 

eft à-peu-près égale 5 & par quelques 
rapports dans les couleurs du plumage 
iur le dos (bj ; mais il en dïâ ère pour 
tout le refte^flnt par la forme, foit par 
les habitudes , car Talouette de mer vit 
«u bord des eaux fans quitter les ri- 



Bïo.wne^ A^^r. hijî. of Jamaic, page j^'j'j,' —^. .Galti^ 
vago vnnima, ex fufco &* albo varia. Sloane, Jaimâc. 
page 320 ^n.o xiv. — Ray, Synopf. Avi, page iço , 
n." I j . ■ — Sanderîing d^arbres. Albin, tome II ï , 
page 37, avec une figure mal coîoriée, planche 88:. 
• — Tringa penius ininedio feciindum fcapuni fafcis , ad 
margines grifels fupernè peftita, inferuè aîha ; tcenlâ 
^nir^inguë à rofiro ad ocnlos candicante ; gutture 8* colio 
^inferiore albldis, macuUs fu/cis variegads ; reBricibirs 
^rifeis, hiuis intermedu$ exteriiis faturatè fufcis. . . • 
,Cindus, 1^ Alouette de mer. Brifîcmp OmithoL 
""tome. V, page 211. 

^ (h) a Les Françoys voyants un petit oyfillon 

ivxvre:Ie long des eaux, & principalement ez *< 

lieux marécageux près la mer, & ef^re de la « 

^corpitîe^ce d\me alouette, au moins quelque <« 

'peu plus grande. ( Willugbby dit, taiitillo^ninov^ u 

'ce qui proave qu'il y a des variétés); n'ont «< 

fçeu lui trouver appellation plus propre que de u 

!é laommer alouette de mer; & le voyant vofer « 

en l'aer, on le trouve de même couleur, linon u 

qu'il eft plus blanc pardeffous le ventre , & u 

plus brun deffus le dos qu'une alouette. ?) Béloa^ 

iYar. des Oifeaux, page 217, 



t 



§'54 Hijloire Nûtîdrelle^^. 

Vàges; eiiea le bas de la jambe nu & le 
fcec grêle , cylindrique & obtiis comme 
les autres oîleaux fcolopaces ; & feule- 
iTient plus court à proportîQn que celui 
de là petite bécaffine .à jaquelie - cette 
•alouette de mer reilemble aûkz par Le? 
port & la figure. 

C'eft en eïîet fur les bords de la meif 
tjue fe tiennent de préférence ces oîieàux^ 
quoiqu'on les trouve auiîî fur les rivicres \ 
ils volent en troupes fouvent ii ferrées 
qu'on ne manque pas d'en tuer im gran^ 
nombre d'un fcul coup de fufîl , & Bc- 
Jon s'étonne de h grande quantité de <:e$ 
alouettes aquatiques V dont . il a vu les 
inarchés garnis fur nos côtes (^9) ; feîom 
îuî 5 c'eft un meilleur manger qiie n'eft 
î'alouettc elle-même; mais ce petit gi- 
fcier, bon en effet quand il eft frais, prend 
Un goût d'huile dès qu on le garde. C'eft 
apparemment de ces alouettes de' mer 
que parle M. Salerne , fous le nom de 



f'c) " L^on ne peut voir plus grand merveilte 
fi de ce petit oyfeau, que d'en voir apporter ciiiiq 
Vf 1 011 fi X cens douzaines, en un jour de famedy 
4l\ hiver. ?? Béion, I\hu* des Oifiaux , Uqq clcaM, 



de V Alouette de mer. 3 j jf 

guignette (d), lorfqii'il dit quelks vont 
en troupes ^ puifqtie la guignette vit fo^ 
litaire : fi Ton tue une de ces alouettes 
'<Î4ins k band€, les autres voitigent au- 
tour du chaffeur , comme pour fauver ^ 
'leur compagne-. Fidèles à fe fuivre 5 elles 
^'entre appelîeiit en partant, & volent 
de compagTiie en ra^^nt la furface des 
eaux \ la nuit on les entend fe réclamer & 
crier fur les grèves & dans les petites^ 
lies. 

On îes voit raiîeniblées en automile y 
les couples, que le foin des nichées avort 
féparés , fe réuniffent alors avec les nou- 
velles families 3 <jiii font ordinairement 
de quatre ou cinq petits 5 les œufs font 
très-gros relativement à la taille de Tei- 
feau", il les dépofe fur le fable nu \ le 
bécaffeau & la guignette ont la même 
habitude > & ne font point de nid \ Ta- 
louette de mer fait fa petite pêche le 
long du ri va^, en marchant & fecouant 
inceffamment la queue. 

Ces oîfeaux vojagent comme tant 
d'autres, & changent de contrées ; îi P^t^ 

■ " ■ ' ' ■ ■ ■■ ■■ ■■ '■■■■■■> . ■iii .n iiiii»i j i I l u w ^ 

(i) Ornithoiogie j />flj<2 34a. 



35^ Hijîoire Naturelle 

:Toît même qu'ils ne font que de paflagd 
-{ux quelques-unes de nos côtes •, c'efl du 
imoins ce que nous aflure un bon Obfer- 
■vateur ('ej de celles de baffe Picardie -, 
ils arrivent dans ces parages au mois de 
:feptembre par les vents d'eft , & ne 
ibnt que pafler , ils fe îaiffent approcher 
à vingt pas, ce qui nous fait préfumer 
qu'on ne les chaffe pas dans le pays d'où 
ils viennent. 

Au refte, il faut que les voyages de 
ces oifeaùx les aient portés affez avant 
au nord 5 pour qu'ils aient paffé d'un 
continent à l'autre : car on en retrouve 
ï'efpèce bien établie dans les contrées 
feptentrionales & méridionales de l'Amé- 
rique , à la Louiliane (^ fj j aux An- 
tilles {^^y'j à la Jamaïque (hj ^ à Saint- 



es; M. Bâillon. 

ffj Le Page Dupratz , Hifloire de la Louî* 
ficuie^ tome II, page ii8. 

(gj Les alouettes de mer & autres petits oî- 
feaux de marine lé trouvent en telle quantité dans 
toutes les falines, que c'eft une chofe prodigieufe» 
Dutert-re, tome II, page 277. 

(hj Sloîu:ie, /rt^ô 320: Erowne, 477. 



de r Alouette de mer. 3J7 

Domîngue , à Ca/enne (i). Les deux 
alouettes de mer de Saint-Domingue , 
que donne féparément M. Briffon (k) y 
paroiflent n'être que des variétés de notre 
eipèce d'Europe , & , dans rancieii conti- 
nent, refpèce en eft répandue du nord 
au midi \ car on reconnoît l'alouette de 
aier au cap de Bonne - efpérance dans 



(i) " On voit toute l*année de ces oifeaux à 
Cayenne & fur toute la côte ; dans les grandes i« 
rnarées ils fe raffëmblent, & quelquefois en 'il <« 
grand nombre , que ies bords des rivières ou ie « 
fiux monte en font couverts, foit à terre, foit « 
au vo{^ leurs troupes vont très-ferre'es , & il u 
«rrive quelquefois d^en tuer quarante & cin- u 
qaante d'un feui coup de fufil. Les habitiàns de u 
Cayenne en font aufiTi la chaiTe pendant la nuit <« 
fur \ti fables , où ces oifeaux mangent de petits « 
vers que la mer a lailTés en fe retirant ; ils fe « 
perchent quelquefois fur les palétuviers au bord « 
de I^eau ; leur chair eîl très-bonne à manger. « 
Dans ie temps des pluies, à Saint-Domingue & à « 
la Martinique , on ies voit en aulîi grand nom- u 
fere , mais on ne fait pas comment ils nichent , ni « 
ifts endroits où ils font leurs pontes. » Remarques 
faites par M. de la Borde, Médecin du Roi à Cayenne» 

(k) L'aiouette de mer de Saint - Domingue. 
BriiTon, Ontiê/ioL tome V, page 219. La petite 
«îouette dç mer de S^int-Domingue, Ibidem g- 
cage ^22 2, 



5^8 Hijîoire Naturelle 

roîfeau que donne Kolbe fous le notti 
de hergeronette (l) ; & au nord , dans 
ÏQ ftint d'Ecofle^, de Wiilughby & de 
Sibbald. 



* L E C I N CL E (a). 

Aristote a donné le nom de çïnclos 
à lun des plus petits oîfeaux de rivages ', 
& nous croyons devoir adopter ce nom 
pour le plus petit de tous ceux qui corn- 
pofent cette nombrcufe tribu , dans îa^- 
quelle on comprend les chevaliers, les 
maubcchesj le bécaffeau, la guignette, la 
perdrix & lalouette de mer. Notre cin- 
cle même paroît n'être qu'une efpèce fe- 



(l) Defcription du Cap, tome III,pa^t i6o. 

** Voyex les planches enluminées, //."^ 852. 

(a) Tiinga permis in medio nigricainihus, ad mar» 
gines rujisfupernè pejlita, inferriè alha ; uropygio gn- 
fio-fufco ; peiinis in medio objciiùoribus ; guttare £^ 
,collo inferiore maculis fiifcis uariegads ; pedtorz [ufco, 
marginibf/s pennarum candidis ; Te&ricibus grijèis, binis 
inrermediis interiiis faturatè fujcis- j lateralibus inter-iîis 
^Ibo marginatis , fcapo alla praditis. , . . Cinda$ 
torquatus^ Briffon, Om'uhoL tome V; page 21S; 



du Cinçle^ 3^9 

çoncîaire & fubalterne de Faîouette de 
mer : un, peu plus petit & moins haut fur 
fes jambes *, il. a les. mêmes couleurs > avea 
la feule difîërence qu'elles font plus mar-? 
quées/> les pinceaux fur le manteau font 
tracés plus nettement, & Ton voit une 
zone de. taches de cette couleur fur la 
poitrine -, e'eft ce qui Fa fait nommer 
alouette de mer à collier par M. Brifi 
ion (b). Le cii^cle a d'ailleurs les mêmes 
mœurs que ^alouette de mer , on le 
trouve fréquemment avec' elle, & ce^ 
oiieaux'paiTent de compagnie ,41 a dans 
la queue le même mouvement de fe- 
couiTe ou de tremblement -, habitude 
qu'Ariftote paroit attribuer à fon cin- 
clc'fcj ; mais nous n'avons pas vérifié lî 
ce qu'il en dit de plus peut convenir 
au nôtre; favoir, qu'une fois pris, il 
devient très^aifément j^rivé , quoiqu'il 
foit plein d'alluce pour éviter les pièges 



(hj l^oyex fa onzième efpèce du genre du bécaf' 
fiaif & ïa figure. 

fc) C indus. . . . L^epjs efl : incontinens enia^ 
Dune fui ■pofteriore. Hift. amimal. liî). IX, cap. xiu 



^6o Hijioire Naturelle du Cinch. 

(d) ; quant à îa longue & obfcure difcuf-p 
iîon d'AIdrovande fur le cincle , tout ce 
qu'on peut en conclure , ainlî que des 
fipures muitipliées & toutes défcdueufes 
qu il en donne, c'eft que les deux oifeaux 
que les Italiens nomment giarolo & gia-- 
Toncello y répondent à notre cxïicle & à 
notre alouette de mer. 



(i) Ajîutus & capta difficUis efl, fed cactus ont* 
iiino facile mitefciu Ibid. 



Fin du Tome quator\icme. 



TABLE 



fm^ t ^j^s^mmmwm^mf^m^wsmm^^sm 



L E 



Des AI^ TIBRE s contenues dans 
les deux J^olumes. 

A ' 

AcACAHOACTLi; oifeau indiqué par Nierem- 
berg, auquel on a mal à propos donné le nom 
de martiu pêcheur. — Et qui paroît êtr^ une el^ 
pèce de cigogne ou de jabiru. Volmm Xi 11^ 
pages ^i^ à' ^l6. 

Aigrette, petite efpèce de héron bfanc, qu 
porte de iongues plumes foyeufes fur ie dos , & 
ces belles plumes fervent à faire des aigrettes 
pour embellir & relever la coiffure des femmes, 
Vol. XIV, 95. — Defcription de ces belles plu- 
mes, 96; -— Defcription de l'oifeau. ■ — Il eft 
plus brun que blanc dans le premier âge. — 
C^eil un des plus petits hérons. ■ — Ses dimen- 
fions. -- Ses habitudes naturelles. — Il fe trouve 
dans les deux continens, 97. — Et prefque dans 
tous tes pays. du monde ,98. ' 

Aigrette (îa demi- )efpèce de héron du non- 
. veau continent , ainli nommé parce qu^il n'a 
pas, comme les aigrettes, un panache auiïi étendu 
Oifeaux j Tome XI F. Q 



ÎJ Ta BLE 

fur le dos, maïs feulement un faiTceau Je brms 
effiiés qui lui dépailent la queue, & repifcfentent 
en petit les touffes de l'aigrette. — Deicrii.tioB 
de la demi aigrette, & fes dimenfîoiis. l^oL XiV, 
103 6" 104. 

Aigrette (îa grande) ell: un héron du nou- 
veau continei t. — C'eft la plus belle de toutes 
les efpéces de héron. — ^a reiïemblance avec 
i'aigretie d'Europe. — Ses dimeifions^ — Elle 
porte un ma<;nifique paremeiit de pAimesToyeufes^ 
— Sa defcription ; fes 1 abitudes naturelles. Ko- 
lume XIV, 101. — Eii'es ne voit pas en troupes 
comme les petites aigiettes, 102. 

Aigrette (V)roujfc, efpéce de héron du nou« 
veau contii.ent; fes dimeiUions & fa defcription* 
Vol. XiV, 103. 

^ LATLi . efpèce de grand martin-pecheur du nou- 
veau continent. Fol, XIII,. 307. — Ses dimen- 
fions ; il n^a pus les couleurs aufli brillantes que 
les aiitres -^ — v*^a defcription. — C'eft un oifça,u 
vovi'geur qui fe trouve aux Antilles (k au Mexi- 
que, 308. 

Alcyon , nom célèbre chez les Grecs. Ko/. XIII , 
244. -^ Ce que c'étoit que les jours alcyonitns, 
Jkd, 

AîXYON. Foyex MARTIN PÊCHEUR. — L*af- 
cyon des Gre.s eft certainement le même oifeau 
que nf'tie ma tm pêcheur — Sa defirjp'ion par 
Arrftote. FoL Xlll, 24^1 — Er»eurs des Nc^tura- 
îiftv^s qui ont fait ceux efpeces d'aicyon . 250. 

Alcy ON jj nids d' alcyon. Les nids iumeux du Tua-» 



DE'S Matières. iij 

çjuîn & de la Cochinchine que ï'on mange avec 
délices, & que l'on a nomiTiés nids d' alcyon , font- 
î*ouvrage & ie nid de l'hirondelle jalan^aiis» 
Vol. Xl[{, 257. 

Jlcyonwm. Les aîcyonium des Anciens ne font 
pas des nids d'alcyon, mais des pe'ottes de mer 
ou des hoi(>thuries qui n'ont aucun rapport avec 
des nids d'oiieaux, Vol. Xiil, 257. 

ALOUETTE de merQV^ n'eft point une alouette; 
fes légères reflemblances & fes grandes différences 
avec Talouette. Ko/. XIV, 352. — î^a defcrip- 
tion. — Elle refiemble alfez à la petite bécafîine. 
— Elle fe tient de préférence fur les bords de îa 
mer, & on la trouve cuelquefois fur ceux des 
rivières. — Les alouettes de mer volent en trou- 
pes très-ferrées. — Leur chair eil: bonne à man- 
ger frJche, mais prend un goût huileux lorf- 
qu'on la garde un peu de temps, 353. — Leurs 
habitudes naturelles. — Elles lécouent la queue 
inceilamment. — Leurs voyages & leurs paflages, 
355. — L'efpèce en efi: commune aux deux 
CD tinens , & répandue du nord au midi dans 
i'aucien, 356. 

Amérique. Tableau des favanes noyées & des 
terres maiécageufts de l'Amérique, yai. XI V, 
40. 

Arabie pétrée. Tab'eau de cette terre dé- 
ferte. '/ol. XIV, 4 1. 

Aracaris C^^^s reflembîent aux toucans, maïs 
font b.en plus pttirs ; on en con .oît quatre ef- 
pèces toutes origmaires des climats chauds de 



iv Table 

rAmérique. Fol. XIII, i88. — lîs ont îe hec 
plus foiide & plus dur que les toucans, 190. -— 
Ils ont de même une plume pour langue, Uid, 

Aracari (VJ-u bec noir ; fa defcription d'après 
Nieiemberg. — li fe trouve au Mexique. Vo- 
lume Xlil, 194. 

Aracari (P) hlm ; fa defcription d'après Fer- 
nar.dez. — ii fe trouve au Mexique. Vol. Xill, 

B 

13 ABOUCARD (le) efpèce de martin - pêcheur de 
moyenne grandeur de Tancien continent, qui fe 
trouve au Sénégal. — L^efpéce eil: très- voifine, 
& peut être la même que celle du martin-pê- 
cheur d'Europe. Vol. XIII, 283. 

Barbican , oifeau qui tient du barbu & du tou- 
can , & fe trouve fur les côtes de Barbarie. — Ses 
refiemblances & fes différences avec les barbus 
& les toucans. — Sa defcription. Vol XIII , 
197. — Ses dimenfions. — Il a les pieds fi courts 
qu^il a grande peine à marcher, 198. 

Barbus (les oifeaux); différences des barbus de 
I^ancien continent de ceux du nouveau que 
Vovl appelle tamaîias. Vol. XIII, 138. — Les 
barbus de l'ancien continent n'ont pu paffer dans 
îe nouveau, parce qu'ils ©nt les ailes courtes & 
le vol pefant; & par la même raifon les tamatias 
du nouveau continent n'ont pu palïer dans 
i''ancien. — Reffemblances & différences des bar- 
bus ^< des tamatias, 350. ~ Les barbus de^ 



DES Matières. v 

grandes Indes attaquent îes petits oifeaux, Se 
ont à-peu-près les habitudes des pies - grièches. 
Volume XIII 5 151. 

Barbu (fe grand); Tes dimenfions & fa defcrip- 
■tion. — Il ie trouve à la Chine. Fol. XIII, 
159- 

Barbu (îe petit) ; c'eft le pîus petit oifeau de ce 
genre ; iî n'a que quatre pouces de longueur. — « 
Sa defcription. Fol. XIII, 157. 

Barbu (ie) à gorge jaum ; fes dimenlions & fa 
defcription. — Différence du mfiie & de la fe- 
melle. — If fe trouve aux Philippines. Fo- 
lume XIII, 152. 

Barbu (le) à gorge noire: il fe trouve aux Phi- 
lippines. — Sa defcription par M. Sonnerat. Fq* 
lumeXlllj 153. 

Barbu (le) à plajlron noir; il fe trouve au cap 
de Bonne- efpérance. — Ses dimenlions & fa def- 
cription. FoL XIII, 155. 

Barbu vert: fes dimenlions & fa defcription. "— 
Il fe trouve aux grandes Indes. Fol. XIII, 161. 

Barges (les) forment une petite famille immé- 
diatement au deflbus de la bécafie ; elles ont la 
même forme de corps , mais îes jambes plus 
hautes & le bec encore plus long , mais conformé 
de même. — Elles ne vivent que des vers & 
des vermilTeaux qu'elles tirent du limon. -— 
Leur VOIX efi: allez extraordinaire & appro- 
hinte da bêlement d'une chèvre. — Elles par- 
tent de loin & jettent un cri de frayeur en 

Q nj 



y Table 

partant. Volume XIV, 2t6. — Eîîes font rares 
dars les coiitrées é'oif:nées de îa mer, & fe piai- 
fent dans 'es marais faiés. — E'es palTert régu- 
lièrement fur nos côres de Picardie dans 'e mois 
de feptembre. — Eiies courent à terre comme 
îes perdrix, & on pt-nt ies ralTem.bier en 'es tour- 
nant .pour en tuer alors pUifieurs d'un feuî 
coup; elles ne féjournent qu'un jc-ur ou deux 
dans le même 'ieu. — Eîies re niche.t nas fur 
nos côtes de France ; îeur chair '. Û dé^cute & 
trè>-bonne à manger. — Kous connoifions huit 
efpéces de barges, 277. 

Barge aboyeufa: elle eft ainfi nommée, parce 
que ^«m cri reFemb'e en quelque fone à un 
aboiem.enr. Vol. XiV, 280. — Ses différences 
avec îa barge grife — \ a defcription. — Ses 
din*e: fions. — Cette efpéce h?bite les mi^récages 
%'oiii:is des côtes maritimes de l'Europe . tant fur 
Tocvan qu^:- fur la méditerranée. — Ses autres 
habitudes naturelles, 281. 

Barge hloncht; le bec de cette barge fîéchit en 
haut comme ceiui de Tavocette. — Caractère* 
dont la plupart des barges portent quelques lé- 
gères traces, mais qui efl: fortement marqué dans 
celle-ci. Vol. XIV, 192 — Ses dimenfions. — 
Sa defcription^ 293. 

Barge brune ; elle efl: de îa taille de îa barge 
aboyeufe. — Sa defcription. Vol, XIV, 291, 

Barge commune: fa defcription. — Ses dimen- 
lions. — Cette barge fe trouve quelquefois a.Tez 
loin de la m.er ; on en a vu dans la province 
deBrie. n/. XIV, 278 6^279. 



DES Ma tjères. vij 

Barge rptf^. Ses dimenfions, — Sa defcription* 
— On connoît cette barge fur nos côtes, & elfe 
fe trouve aulTi dans les parties du nord des 
deux côatinens. l^d. XiV^ 284 6* 285. 

Barge roujjl, (la grande) eil pîus grande que fâ 
préce'dente. — Sa defcription. J^ol. XIV, 286.— 
Cefe efpèce de grande barge roufTe ne paroît pas 
fe mêler avec l'autre barge roulVe, car les deux 
efpèces paflent réparément l'une de l'autre fur 
nos côtes. — La grande b:irge fouife fe trouve 
aufli fur les côtes de Barbarie. Lkld, 287. 

Barge rouffi de la baie d^Hudfon ; fes différences 
avec la grande birge roufTe d/Evirope ; elles 
font alfez légères p-'ur qu'on nuiffe penfer que 
ces deux efpèces font originairement les mêmes, 
— - C'eft la dIus grande efpèje de ce genre. — 
Ses dimenlîons* — Sa defcription. Fol, XI V, 
289. 

Barge vaTUe; elle a beaucoup de rappct avec \% 
barge aboyeufe, & n'en eft peut être qu'une va- 
riété. — Ses reflemblances & fes ditférences. 
Vol. XIV, 282. — Sa defcription, 283. 

BÉCASSE (la) arrive dans nos bois vers ie milieu 
d'odobre en même temps que les grives. Vh^ 
lume XIV, 224. — Elle defcend des hautes mon- 
tagnes où elle habite pendant Pété , & d'où les 
premiers frimats déterminent fon départ & nous 
l'amènent, 225. — Les voyages de la bécalfe ne 
fe font donc qu*en hauteur, c'eft-à-dire, de haut 
en bas , & de bas en haut, & non pas en lon- 
gueur comme ceux d^i autres oifeaux qui chan- 
gent de contrée. Ibid. — Ces oifeaux arrivent 



viij Table 

îa nuit & quelquefois îé jour par un temps fotn- 
bre^ toujours une à une ou deux enfemble , & ja- 
mais en troupes. A^'oi.XIV, 226.— Elles préfèrent 
ks bois ou il y a beaucoup de terreau & de 
feuilles tombées;. eJlres s'y tiennent cachées toiic 
îe jour^ & ii faut des chiens pour ies faire 
lever; & elles ne quittent ces endroits fourrés 
que pendant îa nuit, pour fe répandre dans les 
eiairières des bois ; leurs habitudes naturelles 
en cherchant leur nourriture ;• -kur vol ; leur 
défiance*. Ibid. 8* 227. — Quoiqu'elles aient de 
grands yeux 5 elles ne voient bien que dans le 
crépufcuîe^ '5^^. — la bécafle a un preffant 
defir de changer de lieu après le coucher & 
avant le lever du foleil ; exemple à ce fujet. — • 
• Elle fe promène au clair de la lune. — ■ Ma- 
nière de îa chalTer & de ia prendre, 229 £f 
à 30. — On reconnoit les lieux que fréquente ia 
bécalTe à fes fientes , qui font de larges fécules 
blanches & fans udeur. : — Son inilinâ: eil ob- 
tus, & fon naturel cft ilupide,- 231. — Elle ne 
fe nourrit cas de graines ni de fruits ; çHe ne 
vit que de vers «Sl de petits infedes qu^elle 
cherche en fouillant avec fon bec d^ns les terres 
molles, 233. — Elle ne gratte point la terre 
avec les pieds ; elle détourne feulement les 
feuilles avec fon bec en les jetant brufquement 
à droite & à gauche; il paroît qu'elle cherche 
à difcerner fa nourriture par Podorat plutôt que 
par les yeux, qu'elle t mauvais, 234. — Mais 
la Nature fembie lui avoir donné dans l'extré- 
mité du bec un organe de plus & un fens parti- 
culier approprié à fon genre de vie ; ia pointe 
en efi: charnue plutôt que cornée , & paioïc 



DES Ma tiares. ix 

rufceptible d'une efpèce de taét propre à démê- 
ler l'aliment convenable dans la terre fangeufe. 
Volume XIV, 235. — Defcriptioii de fon bec ; 
c'efl: de la longueur de ce h^c que ia bécaflfe 
a pris fon nom dans îa plupart des langues. 
Ibid. — Sa tête e 11 plutôt carrée que ronde, 236. 
— Defcription de fon plumage. — Defcrip- 
tion de fes parties intérieures, 237. — Dimen- 
lions des inteftins. — Dimenfions de i'oifeau, 
238. — Son corps eft en tout temps fort charnu, 
mais il eft fort gras fur la fin de l'automne, & 
tout ie monde fait que la bécaffe eil: alors & 
même pendant l'hiver un trés-bon gibier. — 
Cependant les chiens ne veulent point en man- 
ger, & l'odeur de i'oifeau leur répugne û fort, 
qvi'il n'y a que les barbets qu'on puiffe accoutu- 
mer à rapporter cet oifeau. — C'eft au mois de 
mars que prefque toutes les bécaffes quittent 
nos plaines pour retourner aux montagnes où 
elles nichent pendant Tété, 239. — Elles par- 
tent appariées, & volent alors rapidement de 
fans s'arrêter pendant îa nuit, mais feulement 
pendant le jour. — Il en refte quelques-unes 
daus les terres élevées de nos provinces de Fran- 
ce, comme en Bourgogne & en Champagne, 
240. — Elle fait fon nid par terre ; il eft corn- 
pofé de feuilles ou d'herbes sèches, entre - mê- 
lées de petits brins de bois , le tout raifembié 
fans artj 3c amoncelé contre un tronc d'arbre 
ou fous une grofîe racine ; on y trouve quatre 
ovi cinq œufs oblongs, un peu plus gros que 
ceux du pigeon commun; ils font d'un gris- 
roufsâtre, marbrés d'ondes plus foncées & noi- 
râtre§. — Les petits quittent le nid prefque aa 

Qv 



* Ta BLE 

moment qu'ils font éclos; ils courent ju^qu^\ ce 
qu'ifs puifient voler, mais i's volent aufli de 
bonne heure & avant que ie corps foit couvert 
de pfumes. — Le père h ia mère fes précèdent 
ou îes fuivent, & ne les quittent pas tant qu'ils 
ont befoin de leurs fecours. Folume XIV, 241 
tf 2i^2. — Ces oîfeaux ne font entendre ieur 
voix que dans le temps de l'éducation de leurs 
petits. • — Attachement du ma e & de la femelle. 
■ — Les mâles fe battent & fe difputent les femelles. 
•— I/'erpèce de la bécaiTe eft univerieîlement ré- 
pandue du Nord au Midi dans les deux conti- 
îiens, 243. — On l'a trouvée au Groenland 
comme au Kamtfchatka, en Egypte, en Bar- 
barie, au Sénégal, en (Guinée, au Japon, aux 
Illinois, à la Louifiane & dans plulleurs autres 
endroits du nouveau continent, 444 b' fniv. 

'BÉCASSE, (variétés de la) La hécaffk blanche ne 
paroît être qu'une dégénération individuelle ; 
quelquefois le plumage eft tout blanc , mais il 
eft fouvent mêlé de quelques ondes de gris ou 
de marron. VoL XIV, 247. — La bécajfe roujjh 
n'eft encore qu'une variété dans Fefpéce de la 
bécafle commune; fa defcription, 248. • — Il 
y a aufli une variété de grandeur dans la bé- 
cafle commune; maio cetre différence n'eft pas 
afiez grande pour en iaire deux efpèces féparées, 
d'autant que ces bécafles plus grandes ou plus 
petites ne laiiTent pas de s'unir & de produire 
enfemble, 249. 

BÉCASSE des Savanes ; cette bécafl^e d'Amérique , 
eft d'un quart plus petite que ceHe de France , 
^ cependant elle a le bec encore plus long : elle 



DES Ma TI ERES. XJ 

â auffî ie-s jambes un peu plus hautes ; fa defcrip- 
tîon. — Ses habitudes naturelles, conformes aux 
terres & au ciimat qu'elle habite , & en même- 
îemps ditFéréiues de ceiies de notre bécaffe. — « 
Sci manière Je nicher ; elle ne pond que deux 
ceufs. — Mais elie fait plus d'une ponte par an. 
Vol. Xî V, 249. — Ces bécalîes des Savanes vont 
ordinairement deux enfembîe , & leur chair efl 
aulîî bonne à manger que celle de la bécaffe de 
France 5 250 £?* 251. 

BÉCASSEAU ; cet oifeau eft connu vulgairement 
fous le nom de cul blanc des rivages : il eft gros 
comme îa bécaîïïne commune. — Sa defcription. 
Ko/. XIV y 329 &' fuîp. — Il fe trouve au bord 
^cs eaux, & particulièrement fur les ruifleaux 
^'eau vive. — Ses habitudes naturelles & fon 
vol, 332. — Il vit folitaire , & n'aime point à 
changer de lieu. — Il a une exprelTion de fenti- 
ment affex marqué dans la voix , qui eft modu- 
^^^1 333' — il voyage quelquefois d.-ns des fai- 
fons, où la plupart des autres oifeaux font fixés 
par le foin des nichées. — Sesh ibitudes naturelles. 
~ Sa chah: eft très-bonne k manger, 334. — Il 
fecoue fans ceiTe la queue en marchant. — Con- 
fufion des nomenclatures au fujet de cet oifeau, 
335 ^fuii^* 

BÉCASSINE ; comparaifon de la bécafie & de ia 
bécaffine. Vol. XIV, 252. — Leurs habitudes 
naturelles font oppofées , car la bécaffine ne fré- 
quente pa3 les bois , mais fe tient dans les endroits 
marécageux des prairies, dans les herbages & l^ 
oliers qui bordent les rivières ; elle s'élève très- 
h^vx ea volant , 254. -— Elle a deux cris différent 



xîj Table 



— En France, les bécaiïïnes paroiiTent en au- 
tomne, & le plus fouvent elies font feaîes. — 
Elles partent de fort ioin. — Leur manière de 
voîer. li en relie tout Phîver dans nos contrées, 
auprès des fontaines qui ne gèient pas. Au prin- 
tem.ps^ elles repalTent en grand nombre. J^ol. XIV, 
^55- — Pofition de leur nid. — Elles pondent 
quatre ou cinq œufs de forme oblortgue, d'une 
couleur blanchâtre avec des taches rouffes. Les 
petits quittent le nid en fortant de la coque , & la 
mère ne les quitte que quand ils peuvent fe pour- 
voir d'eux-mêmes , 256. ~ Il y a toute apparence 
que la bécalïine ne fe nourrit que de vers qu'elle 
prend dans ia terre en la fouillant avec le bec, 
1257. — Ses autres habitudes naturelles. — Elle 
efl: très-difficile à tirer , manière de la prendre 
au piège, 258. — Sa chair eft excellente à man- 
ger, & fa graille a une faveur très -fine. — L^ef- 
pèce n'en eft pas très-nombreufe aujourd'hui 
dans nos contrées, mais elle eft encore plus 
univerfelïement répandue que celle de la bécafle. 

— On la rencontre dans les deux continens, & 
même dans toutes les parties du monde , 259. 

— Ses habitudes dans les lieux inhabités, & par- 
ticulièrement aux îles Malouines. — Elle eft du 
nombre des oifeaux qu'on ne peut apprivoifer, 
261. — Il y a vme petite race dans cette efpèce 
comme dans celle de la bécaiie. — Il n'y a dans 
Ja bécafline aucune différence entre le maie & 
la femelle, 262. 

BÉCASSINE (ia petite) ; elle eft furnommée la 
fourde, parce qu'elle femble'ne point entendre 
le bruit que l'on fait autour d'elle, & qu'elle ne 
partj pour ainfî dire^ que quand on la touche; 



DES Ma TIE RE S. xlij 

eÏÏe eft de moitié plus petite que îa bécaîïïne 
commune. VoL XIV, 263. — ^-es habitudes 
naturelles, 264. — Son vol. — Sa chair eft auffî 
très-bonne à manger ; mais l'efpèce n'en ^ïi pas 
aufli généraiement répandue que celle de la 
bécafilne commune. — Sa defcription. — Ses 
habitudes naturelles, 265 & 166. 

BÉCASSINE (îa) brunette eft auffi fort petite, & 
fe trouve dans les parties feptentrionales de l'An- 
gleterre ; elle eft de moitié plus petite que la 
bécafiine commune. — Sa defcription. — Ses 
habitudes naturelles. — Ce n^eft peut-être qu'une 
variété de la petite bécaffine que nous appelons 
lafourde. KoL XIV, 267. 

BÉCASSINE de la Chine, fes dimenfions. — Sa 
defcription. Vol. XIV, 272. 

BÉCASSINE du cap de Bonne-Efpérarice ; fes dimen- 
fions & fa defcription. — Quoique plus grande 
que la bécaffine commune, elle a le bec beau- 
coup moins long. l^oi. XIV, 269 & 270. 

BÉCASSINE de Madagafiar ; c'eft un joli oifeau. 
— Sa defcription. Fol, XIV, 271. 

BÉCASSINE de Madras ; cet oifeau, donné par 
M. BriiTon , n'eft peut-être pas du genre des 
bécaffines. ybl. XIV, 273. 

Bec-ouvert ( le ) eft un oifeau qui eft plus 
voilin de la famille des hérons & des crabier.s 
que d'aucune autre, Ko/. XIV , 147. — Le noni 
de bec- ouvert marque une difformité naturelle, 
car le bec de cet oifeau eft en effet ouvert & 
béant fur les deux tiers de fa longueur, la partie 
du delfus & celle du deilous fe déjetant égaie- 



5fiV Table 

ment en-dehors, iaifiem entPelîes un îargeTÎJej 
& ne fe rejoignent qu'à îa pointe. — Cet oifeau 
fe trouve aux grandes Indes. — Sa defcription & 
fes dimeniions. Vol. XI V, 148 S* 149. 

BiHOREAtJ (ie) n'eil: point du tout îe/Tyaf/comjc, 
ni un corbeau de nuit, quoiqu'il fafîe entendre 
un fort croaffement ou plutôt un gros râlement 
effrayant & lugubre pendant ia nuit. Ko/.- XIV ^ 
185.' — Ses reffembîances & fes différences avec 
îe héron. — Ses dimenfions &; fa defcription. 
• — Différences du mâle & de ia femelfe. — li 
porte un panache de plumes qui, de toutes celles 
dont on fait des aigrettes, font les plus belles & 
les plus précieufes, 186. — La femelle eft privée 
de ce bel ornement ; fa defcription. — Dans les 
contrées différentes, îe bihoreau établit différem- 
ment fon nid, tantôt dans ?es rochers & tantôt 
fur les arbres. — La ponte eil de trois ou quatre 
ceufs blancs. — Cet oifeau paroît être de paffage, 
387. — H fréquente également les rivages de la 
sner, & les rivières ou marais de l'intérieur des 
terres. — On en trouve en France, dans la So- 
îogne, en Italie ; mais l'efpèce , plus rare que 
cel[e du héron gris, efi: auffi moins répandue ^ 
Se ne s'eft pas avancée dans le nord jufqu'en 
Suéde. — Le bihoreau cherche fa pâture moitié 
dans Teau , moitié fur terre. — Sa nourriture & 
fes autres habitudes naturelles, 188 àf Juip. 

Bihoreau d^ Cay enne ; fa ccmparaifon avec le 
bihoreau d'Europe . — Sa def^Jriprion & fes dimen- 
fions. — Son panache eft com.pofé de cinq ou fix 
brins, ies uns blancs & les autres noirs. FoU XiV^ 



BBS Matières. xv 

Blongios ; fa différence avec les crabiers, & îeurs 
relTemblances. — Ses habitudes naturelles à fa 
defcription. — Il fe trouve en Suifîe, mais très- 
rarement en France. Koi. XIV, 128. 

Blongios ; variété du blongios. Ko/. XIV, 129. 

Brac (le) ou Calao d'Afrique, — Ses dimen- 
fions & fa defcription d'après le P. Labat. VoL 
XIU , 229 6* 230. 

Butor ; (te) différences entre le butor & (e héron, 
Fol. XIV, 150. — Le butor efl: moins ftupide, 
mais il eft encore plus fauvage que le héron ; on 
ne le voit prefque jamais, & il n'habite que les 
marais d'une certaine étendue où il y a beau- 
coup de joncs. — Ses autres habitudes naturelles, 
152. — Il ne fe réunit jamais avec le héron en 
famille commune. — Le cri qu'il fait en volant 
eil défagréable, mais beaucoup moins que fa 
voix, qu'il fait entendre iurfqu'il eft en amour, 
&: qui eft une efpèce de mui^iffement, botanrus , 
quaji boatns tauri , dont on a tiré fon nom butor, 
152. — Sa nature fauvage & farouche jufque 
dans le temps des amours, 153 & fulv. — Ma- 
nière dont il fe cache dans les rofeaux- — Sa 
défiance ; fa vie fidentaire , & fes habitudes 
naturelles & pareiTeufes, 157. — Sa defcription. 
— Sa nourriture la plus ordinaire eft le poiflbn , 
& fur-tout les grenouilles. Ib'id, — En automne^ 
il va dans les bois chafier aux rats qu'il avale 
tout entiers, & dans cette faifon il devient fort 
gras. — On mangeoit autrefois de fa chair, dans 
i€ temps que celle du héron faifoit \.\\\ mets dif- 
tingué. — La femelle pond quatre ou cinq œufs 
qui font d'un gris verdâtre j le nid eft ordinal- 



xvj Table 

rement pofé au milieu des rofeaux , fur une . 
touffe de joncs, i^^o/. XIV, 158, 159. -r Le temps 
de rincubation cil: de vingt-quatre à vingt cinq 
jours, 164. — Les jeunes n^ilient prcTque nus & 
font d^une figure hiceuie; ils femblent n^'être que 
cou & jambes ; i^s ne fortent du nid que plus 
de vingt jours après ieur naiffance, Ibid. — Le 
butor le trouve par- tout où il y a des marais alïez 
grands pour lui fervir de retraite. — L^efpèce en 
efi: répandue dans toute TEurope , & il y en a 
d'autres efpèces dans toute l'étendue du nouveau 
continent. — Dans nos provinces c'e France , ii 
neTupportepas ia grande rigueur de l'hiver, &, 
dans ce temps,il paiie dans des climats plus doux, 
160. — Il y a peu d'oifeaux qui fe défendent 
avec autant de fang- froid que ie butor ; iî n^at- 
taque jamais 5 mais iorfqu'iiell: attaqué il fe défend 
courageufemcr.t fans fe donner beaucoup de 
mouvement, 162. — Si un oifeau de proie fond 
fur fui, ii ne fuit pas, il Pattend de bout & le 
reçoit fur le bout de fon bec qui efl: très- aigu. 
■ — Il fe défend même contre le ChaOeur, & lui 
lance des coups de bec dans les jambes. — On 
eft obligé de les alfommer, car ils fe défendent 
jufqu'à la mort, loid. — La patience de cet 
oifeau égale fon courage ; il demeure pendant 
des heures entières immobile , les pieds dans 
Feau, & caché par les rofeaux, pour guéter les 
grenouil'es & les anguilles, 163. — Dans i'ef- 
pèce du butor, comme dans celle du canard, 
il exiftepkis de femelles que de mâles, Ibid. — 
Différence du mâle & de la femelle, 164. 
Butor (le grand ) , paroît faire la nuance entre 
iaiamilie des hérons & celle des butois. — Il fe 



19 ES Ma T I ERES. XVij 

• trouvé en Ith'ie, l^ol. XIV, 165. — Sa defcrip- 
tîon & fes dimenlionSj 166, 167. 

Butor (îe petit), fe troiive fur îes terres a^oî- 
fines du Danube. Ko/. XÎV, 167. — Sa defcrip- 
tion. — Il paroît être le pius petit de tous les 
butors de notre continent, 168. 

Butor èmi, de îa Caroline. Voyei Étoile. 

Butor hruu rayé ; i\ le trouve fur le Danube, & 
eft à peu-prés auïïi petit que le petit butor. — 
Sa defcript'ion. FoL XIV, 169. 

Butor jaune, du Bréjil ; fes dimenfîons. — Sa 
defcription d'après Marcgrave. Vol. XÎV, 177. 
— Haie bec dentelé vers ia pointe tant en haut 
qu'en bas, 178. 

Butor roux^ Sa <îercription. — Il fe trouve en 
Grèce, en Italie, en Alface. Vol. XI V^ 170, 
171.' 

Butor tacheté. Veyei POUACRE. 

Butor de Cayenne ( le petit) , fes dimenfîons. — 
Sa defcription. Vol. XIV, 378. 

Butor de la baie d'Hudfon ; fa defcription &fes 
dimenlîons. Vol, XIV , 1 79. 

Butor du Sénégal ; fes dimenlîons & fa defcrip- 
tion. Vol. XIV, 172. 



Calaos C îes ) ne fe trouvent que dans îes 
parties méridion-îes de Pancien continent. — 
Leur bec eft encore plus prodig'eux d'- plus lin* 



^vîij Table 

gu'ier que celui tîes toucans. VoL XIII ^ sot» 
Difformitv- de ces becs & inconvéniens qui ré- 
fu'tent de leur monftrueufe conformation. — 
l^eur defcription , 202. — On a appelé les calaos , 
mfeaux rhirgcào^ , à caufe de l'efoèce de corne 
<]ui furmonte leur bec ^ C04. — Fn confidérant 
ia f rmede ces becs, depuis !•* t<:»ck, qui eft ia 
dernière efpéce de ca ao , jufqu'au rhinocéros 
qui efi: la première , on rccofinoîtra tous ies 
degrés de leur monftrucufe conformation —Le 
tock a un larc':e bec en forme de faulx, comme 
les autres calaos, mais ce bec eft fimple & fans 
éminence , 207. — Le caîao de Mani'le a déjà 
une éminence apparente fur le haut du bec ; 
cette éminence eft plus marquée dans îe calao 
de l'île de Panay : elle eft trés-remarquaHe dans 
le calao des Moluques ; encore plts confidé- 
rable dans ie caîao d'Abyflînie ; énorme enfin 
dans le caîao des Philippines & du Malabar, & 
tout à fait monftrueufe dans ie calao rhinocéros, 
208. — Tous les calaos qui diffèrent lî fort par 
la conformation du bec , ont une reffemblance 
générale par la conformation des pieds, ibid, — 
C"'eft mal-à- propos que quelques-uns de nos 
Komencîateurs ont \ouîu donner ie nom à'hy- 
diocorax ou corbeau d^eau aux calaos , car ces 
oifeaux ne fe tiennent point au bord des eaux, 
219. — Tous ies calaos ont ies pieds très courts 
& marchent aiifli mal qu'il eft pollibie. Ibid. 

€alao d*Jhy(fin'n ; fa forme & Tes dimenfions. — « 
Sa defcription. VoL Xlll ,230. — Forme, di- 
men fions de fon i^ec & defcription de la pvoé« 
jninencê qui le furmonte, 231, 



DES Ma titres, xix 

Calao d* Afrique, Voyei Brac. 

Calao à cafqae rond ; defcription de fori bec. VoL 
Xlil, 236. — Ce doit être un des plus grands 
& des plus forts de tous les calaos. — Defcrip- 
tion du cafque qui furmonte le bec, 237. 

Calao d^ ViU Pauay ; fa defcription d'après 
M. Sonnerat. ^0/. XlII, 215 ^ fuiu. 

Calao de Malabar ; fes dimenfîons. J^oL XIII, 
221. — rimenllons de fon bec & de la corne 
qui le furmonte, 222. — Defcription de cet 
oifeau que nous avons vu vivant, 223 , 224 Ef 
fuiu, — Ses habitudes natureies. — On Pa nourri 
à Paris, dans un jardin, pendant tout Pété l'i'l'j ^ 
il mangeoit des fruits & des i ait» «es, mais iî ava- 
loit auffi de ia chair crue lorfqu'on lui en jetoit; 
il prenoit aulTi fes rats ; & on i*a vu manger 
un petit oifeau vivant. — H gfouffoit comme la 
poule d'Inde , & avoit encore un autre cri fourd. 
— H craignoit îe froid & fe vent, & il eft mort 
avant ia fin de l'été ^ 227, 

Calao di Manille ; fes dimenfions, fa defcription 
& celle du bec. VoL XllI ,213. 

Calao des Moluques C fe ) a été maî-à-propos 
nommé akatrai. — Ce nom alcatraz étant cefui 
du pélican. l^oL XIII , 218. — Ses dimenfions, 
fa defcription & celfe de fon bec. — If vit de 
fruit félon Bontius, & principalement de noix 
îHufcade , ce qui donne à fa chair un fumet aro- 
matique qui ia rend agréable au goût, 219 ^ 
fuivantes. 

Calao des Philippines ; fes dimçnfions & çelîe^; 



XX Table 

de Ton bée & de îa corne qui ie furmonte. — 
Defcrîptîon de fon plumage. Vol, XIII , 232. — 
Variétés ou efpèces Yoifinesde celles de ce calao. 

— Defcription de cette variété , tirée des Tranfac- 
tions philofophiques de Londres, ainli que les 
habitudes naturelles de Poifeau, 233. 

Calao-rhinocéros; fes dimenllons. Volmm 

XIII , 238 — Sa defcription d'après Rontius ; def- 
cription de fon bec & de l'excroifiance en forme de 
corne qui le furmonte. — Cet oifeau fe trouve 
à Sumatra , aux Philippines & dans les autres 
parties des climats chauds des Indes. — Il vit de 
chair & de charogne , 239. — H fait îa chaflTe 
aux rats , c'eft par cette raîfon que les Indiens en 
élèvent quelques-uns en domeflicité , 240. 

Cariama (le) le fecrétaire & îe kamichi, font de 
grands oifeaux qui forment un grouppe à part. VoL 

XIV, 26. — Le cariama efi: un bel oifeau de l'Amé- 
rique méridionale qui fréquente les marécages & 
s'y nourrit comme le héron ; avec de longs pieds 
&febas de la jambt nud comme les oifeaux de 
rivage ; ii a un bec court & crochu comme les 
oifeaux de proie. — Son port & fa defcription, 
27. • — Sa voix reffemble à celle de la poule d'Inde. 

— Sa chair efi: fort bonne à manger. — On Pa 
rendu à demi - domeftique dans Ion pays natal 
en Amérique, 28 ^ 29. 

Cassican 5 oifeau qui tiînt du caffique & du tou- 
can ; fesreflemblances & fes différences avec l'un 
ou l'autre de ces oifeaux. •— Ses dimenfions. Vol, 
XIII, 199. 

Chevalier 5 étymoîogie de ce nom. — Les 



DES Ma ti è RE s. xxj 

ehevaîiers font des oifeaux très-haut montés fur 
leurs jambes ; ils font plus petits que les barges; 
ils ont ies jambes tout aufïï grandes , mais ie bec 
plus court. — Leurs habitudes naturelles font 
femblables à celles des barges ; mais ils fréquentent 
plus fouvent qu'elfes les bords des étangs & des 
rivières. — Us courent très- légèrement fur les 
rivages, & vivent de vermilTeaux ; dans le temps 
de la fécherefle, ils fe rabattent fur les infectes 
de terre, 8c prennent des fcarabées, des mou- 
ches , fyc. — Leur chair eft afiez eftimée , mais 
c'efl un gibier fort rare , car les chevaliers ne font 
nulle part en grand nombre , 5c d'ailleurs ils fe 
laifient difificilement approcher — Nous connoif- 
fons lîx efpèces de ces oifeaux. Fol. XIV, 294 
& 295. 

Chevalier ( le ) , paroît auiïï gros que le plu- 
vier doré , mais c'eft feulement parce qu'il efl 
plus fourni de plumes , «Se en général tous les 
chevaliers ont peu de chair & beaucoup de 
plumes. — Ses dimenfions <k fa defciiption, VoL 
XIV, 296. — Il paroît qu'il y a que'ques varié- 
tés dans cette efpéce, pour la couleur du bec 
& des pieds. — ^^es habitudes naturelles; les dif- 
férentes contrées que le chevalier habite , 297 Ô* 
298. 

Chevalier aux pieds ronges ; fa Jefcription & 
fes dimeniions. Fol. XiV, 299. — Cet oiieau 
s'appelle courrier fur la Saône , & gambette dans 
le Bouîonois ; on le trouve aaffi dans les pro- 
vinces de Lorraine , de i'Oriéanois & de Brie ; 
c'efl: un aifez bel oifeau. — Ses habitudes natu- 
rdles, — Sa voix, 300 &* fuip, — L'efpèce en 



xxîj Table 

paroît répandue dans toutes les contrées chaudes 
&: tempérées des deux continens. Ko/. Xi\% 302. 

Chevalier blanc ; il fe trouve à ia baie d'Hud- 
fon ; fes dimenfîons & fa defcription, /^o/. XIV, 
309- 

Chevalier rayé, Ses dimenfîons & fa defcrip- 
tion. Ko/. XI v% 303. 

Chevalier varié. Sa defcription. — Il a le bec 
&; {es pieds noirs, & les jambes moins hautes 
que le cheva!ier au pied & au bec rouges. Ko/. 
XIV, 305. — Il fait ion nid de tort bonne heure, 
car 5 dès la fin d'avrii , on en voit des petits. — 
Leurs habitudes natureiies , 306. 

Chevalier vert ; indication au fujet de cet 
oifeau. Ko/. XIV, 310. 

CiGNE f le ) eft Pembléme de h grâce, premier 
trait qui nous frappe même avant ceux de la 
beauté. Fol. XIII, 344. 

CIGOGNE ; le genre de la cigogne n'eft compofé 
que de deux efpèces, la cigogne blanche éc fa 
cigogr-e noire, qui ne diffèrent à Peiitérieur que 
par la couleur, mais dont le naturel & i'inftinâ: 
ne laifi'tnt pas d'être fort diîïérens ; la cigogne 
noire cherche les lieux déferts, fe perche dans 
les bois, fréquente les marécages & niche dans 
l'épaifleur de;s forets, la cigogne blanche choifit, 
au coniraire, nos habitations pour domicile ; elle 
s'établit fur les rour^ , fur les cheminées & fur 
les con blés des édifices. Foluivc XIII, 372. — • 
Dim.enfionsde la cigogne b'anche. — Sa defcrip- 
tion. — Singularité dans la coupure des plumet 



DES Matières, xxiîj 

d^s aiîes. ^o/. XIII, 37,^.-8011 vol eft Duiiïanc & 
foutenu, — Elle s'élève fort haut Se fait de très- 
fongs voyages, 375. — î"-es cigognes blanches 
arrivent en Alface au mois de mars, & même 
dés la fin de février. — E>!es reviennent conf- 
tamment aux mêmes lieux, & iî le nid elt dé- 
truit, elles le reconftruifent de nouveau avec des 
brins de boi^ & d'herbes de marais qu'elles 
entaiTe.t en granr^e qua^itité ; c'efl ordinairement 
fur les comb'es élevés, fur les crénaux des tours, 
& quelquefois fur de 2:iand> arbres au bord des 
eaux ou à la poii.te d'un rocher efcarpé qu'elles 
Je pofent. — En Alf-ce. on place des roues, & 
en E-Iollande des cailTes carrées au f àte des édi- 
fices, pour engager ces oi féaux à y faire leur nid, 
376 &* /7izV. — Leurs habitudes naturelles dans 
l'état de repos. — Ils le nourrifieit de grenouilles, 
de lézards, de couleuvres & de petits poitTons. 
' — Ils marchent comme la î;rue, en jetant le 
pied en a-'a at par grands pas mefurés ; iorfqu'ils 
s'irritent ou si quîètent, ils font claqueter leur 
bec. — Manière dont sexécute ce mouvement 
du bec, 377. — Ce bruit de claquement efl le 
feu! que la cigogne fafîe Ciitendre , car an ne 
lui connoît aucune voix v\ aucun cri — Elle 
a la la gue .0 Tte & cachée au fond du goîier. 
E'ie ne pond pas au-delà de quatre œufs , & 
fouvent pas plus de deux d'uij b;anc-fa.e , & 
jaunâtre, un peu moins gros, mais plus alonges 
que ceux de l'o e , le mâle les couve dans le 
temps que la femelle va chercher fa pâture ; les 
œufs éclofent au bout d'un mois, 378. — Manière 
dont ils ibignent leurs petits. — Leurs habitudes na- 
ture»ies dans ie premier âge. — Les jeunes partent 



Xxiv T ^ B Z E 

avec îes plus ?.gées dans ies derniers jours d'août^ 
faifon de leur départ dans nos provinces de France. 
Vol. XllI, 3-^9 b*,/:— Elles fe ralTemblcnt & font 
divers mouvemens avant ieur départ , qui fe fait 
ordinairement par un ^. ent de nord. — Elles s^é- 
ièvent toutes enfemble, & dans.quelques inftans 
fe perdent au haut des airs, 382 — Elles vont en 
automne dans les pays chauds, tels que i^Égvpte, 
pour y pafTer l'hiver, & reviennent dans nos 
contrées au printemps , 383., — Obfervations far 
ieurs pafiages & ieur féjour en hiver, 384. — 
Les cigognes nichent en été dans nos climats, & 
une féconde fois en hiver dans des climats plus 
chauds. — On ne voit de cigognes que très-rare- 
ment en Angleterre & en ÉcolTe , non pins qu'en 
Italie ; cependant elles fe portent bien plus avant 
dans le nord de l'Europe, comme en Suède, en 
Danemarck, cfc, 387. —, La Lorraine ,& PAiface 
font îes provinces de France où ies cigognes 
paient en plus grande quantité. — La cigogne 
eft d'un naturel doux ^& fe prive aifément. -7- 
Il fembie qu'elle ait l^idée de h propreté.-— 
Elle a prefque toujours Pair triiïe & la conte- 
nance morne , 389. • — Cependant iorfqu'eile.eft 
excitée elle fe prête au badinage des enfans en 
fautant & jouant avec eux ; elle vit long-temps, 
même en domefricité. — Et nourrit aufîl fort 
iong-temps fes petits, 390. — Elle les défend 
jufqu'à ia mort ; on l'a vu donner des marques 
d'attachement pour les lieux & les hôtes qui 
l'ont reçue. — Elle donne auffi de tendres foins 
à fes parens trop foibles & trop vieux, 391. — 
Il étoit défendu chez les Anciens de tuer la cig;o- 
gne. — La chair n'en eft pas bonne à manger , 
'395. ■ ' • ■ ' ' CiGOGKE 



B E s Ma T ï È R E s. XXV 

Cigogne noire (la) n'a pas le plumage profoncîé- 
: ment noir, mais d\in brun mêlé de couleuré 
. changeantes, qui de loin paroît noir. — Sa- def- 
çription. Ko/. XllI, 397. — Variété dans la cou- 
leur du bec & des pieds. — Ses dimenfîons. — > 
Son naturel eft très-différent de celui de fa cigo- 
gne bianche ; car, au lieu de s^approcher & de 
s'établir dans les lieux habités , elle fuit dans les 
déferts, & ne fréquente que les marais & les 
lieux écartés ; elie niche dans PépaiiTeur des 
bois, fur des vieux arbres, particulièrement fur 
les fapins, & elle eft commune dans les Alpes 
en Suifie. — Sa manière de pêcher & de cher- 
cher fa nourriture, 398. — Contrées de PEu- 
ij;rope où elle fe trouve. — On peut Fapprivoi- 
fer jufqu'à un certain point. — On ignore fi 
elle voyage comme la cigogne blanche , & (i 
les temps de^fes' migrations font les mêmes; 
mais il y a toute raifon de le croire, parce qu'elle 
ne pourroit trouver fa nourriture pendant l'hiver 
dans nos contrées , 399. — Eî'e eft moins 
. nombreufe & an oins répandue que la cigogne 
bianche. — Sa chair eft d'un mauvais fuc & 
d'un fumet fauvage, 400. 

Cingle (le) eft le plus petit des oifeaux de ri- 
vage. — Son efpèce paroît n'être que fecoc- 
daire & fubakerne à celle de Palouette de mer. t— 
Ses dimenfîons & fa defcription. -^ Ses habitudes 
naturelles & communes avec celles de l'alouette 
. de mer. — Ha dans la queue le même mouve- 
ment de fecoufie ou de tremblement. Fol. XIV, 

358 & fuLV. 

CocHiCAT, efpèce de toucan du Mexique. Sa 
Oifeaux ,Tûm^ XIF. R 



XXV j Table 

defcriptîon d'après Fernandez. FoL XIIÎ, i85* 
COMBATTANS ; origine de ce nom. — Ces oifeaux 
fe iivreKt entr'eux des combats feuls a feuls^ 
& ils combattent encore en troupes réglées , 
ordonnées, & marciant l\me contre l'autre.-— 
Ces phalanges ne font compofées que de mâles, 
qu'on prétend être dans cette efpéce beaucoup- 
plus nombreux que les femelles. Fol. XIV, 311 
& fuh, — Grandeur & dimeniiops des combat- 
tans. — Différences du mâle & de la femelle, & 
leurs reHemblances. — Les mâles font au prin- 
temps fi ditférens les uns des aut es , qu'on les 
prendroit chacun pour un oifeau d'efpèce parti- 
culière. — Defcription de leur gros collier ; les 
plumes dont il efl: compofé ne nailTent qu'au 
printemps, & ne fubfiftent qu'autant que durent 
îes amours. — La furabondance des molécules 
organiques fe manifefle dans ce temps , non- 
feulement par ce furcroît de plumages , mais 
encore par l'éruption d'une multitude de papilles 
charnues & fanguinolentes qui s'élèvent fur le 
devant de la tête & à i'entour des yeux, 315. 
— Defcription de leurs combats dans le temps 
des amours ,317. — Ils ne nichent pas dans les 
marais voifins de nos côtes. — Tandis qu'ils ni- 
chent & même en grand nombre fur celles d'An- 
gleterre, & en particulier dans le comté de Lin- 
coln. ■— L'efclavage ne diminue rien de leur hu- 

■ meur guerrière; exemple à ce fujet, 319. — 
Defcription de leur parure de guerre, qui eft 
fort différente pour les couleurs dans différens 

. individus. — Ce bel ornement tombe par une 
mue qui arrive à cet oifeau vers la fin de juin ^ 
320. — Leui manière de nicher, 321. 



BE s Ma t I e RE s. xxvij 

CoTJliVcA'CfA , ôifeau de îa Guyane & du Breni^ 
de la grandeur de la cigogne. Vohnm XIII, 403. 
— Ses refîembiances & fes différences avec ia 
cigogne. — Defcription & dimenfions de fon 
bec. — - Defcription du plumage & des autres 
parties du corps de cet oifeau, 404. — If peut 
dilater îa peau de fa gorge , 405. — Les couri- 
cacas arrivent en nombre à îa Caroline vers ia 
fin de Pété, faifon des grandes pluies. — Leurs 
habitudes naturelles. — Leur chair efl: bonne à 
manger j 406 H fuiif, 

CoURLiRi ott CouRLAN. Cet oifeau a îa flruc- 
ture - & prefque ia hauteur du héron. — Ses 
dimenfions particulières. — Sa defcription. — 
II fe trouve à. Cayenne. FoL XIV, 194. 

- Crabiers (les) font des hérons encore pfus 

petits que les aigrettes ; on leur a donné le nom 

de crabier parce qu'il y en a quelques efpêces 

, qui fp nourriffent de crabes de mer. — Ils foixc 

" .^ répandus dans toutes ies p.irties du monde. — 

- •' Î^Jous en connoifTons neuf efpèces dans Pancien 

continent, & treize dans ie nouveau. Fol. XIV, 

II?.' 

CRABtER (ïe petit) efpèce de petit héron de 
i'ancien continent, &; îe pîus petit des crabiers, 
— ^ Ses dimenfions. ■^- Sa defcription. FoL XIV, 

126 Cf 12^]. 

CRi^BilER Mancahec rouge, efpèce de petit héron 
du nouveau continent. — Defcription de cet 
oifeau. qu! eil un des pius jolis de ce genre. — =» 
Ses dimenfions. VoL XIV, 136. 

'CjKXim^.'SL blanc ^ brun, efpèce de petit héron 

R ij 



xxt Table 

lès différences avec îe crabier de Mahoîi. — Sa 
defcription. Ko/. XIV, 1246* 125. 

Crabier de Mahon, efpèce de petit héron de 
Pancien continent. — Ses dimeniions & la del^ 
cription. VoL XI V, 124. 

Cracra, efpèce de crabier ou petit héron du 
nouveau coritinent, dont le cri exprime fon nom 
cracra, — Sa defcription diaprés ie P. Feuiîiée, 
J^^oL XIV, 139 &' 140. 

D 

Demoiselle de Numidie ; cet oifeau a fous 
un moindre module toute la raille & îes pfo- 
portions de ia grue; il lui reflemb'e aufli par le 
plumage. — Sa defcription. VoL XIV, 8. -— ^ 
On lui a donné ie nom de âemoifilh à caufë 
de fa beauté, de fon élégance & des gelîes 
mimes qu'il femble afi'ecler. — Defcription de 
fa démarche tk de fes geRes, 9. — Son naturel 
& fa vanité apparente, 10. — H n'a été connu 
que tard par les Naturaiiftes modernes : on l'a 
même confondu avec des oifeaux trés-differens, 
tels que les hiboiis , Jcops & otus ,11.^— Cet oi- 
feau eft naturel aux contrées' de l'Afrique , voi* 
fmes du Tropique. — Cependant il peut s'ac- 
coutumer à la température de notre climat ; il 
a même produit plufieurs fois à la. ménagerie 
du Roi, & la dernière moite, après avoir vécu 
environ vingt-quatre ans , étoit une de celles 
qu'on y avoit vu naître, 12 &* 13. — Defcrip- 
tion des parties intérieures de cet oifeau , 1 3 
ô* 14. 



DES Matières xxxj 



ÏLPEICHE ; origine de ce nom. Volume XîlT, 85. 
— Sa defcription , 87. — C'eft: ie pius beau de 
tous îes pics. — Différence du mâle & de îa 
femelle. — Variété dans cette efpèce, 88 — 
L'épeiche frappe contre les arbres des coups 
plus vifs & plus fecs que le pic vert. — • Son na- 
turel & fes mœurs. — En hiver . dans nos pro- 
vinces, il vient près des habitations, Sz cher- 
che à vivre fur les écorces des arbres fruitiers ^ 
89. — Deicription des partie? intérieures de cet 
oifeau. — Différences entre les jeunes épeiches 
& les épeiches adultes ,91. 

Épeiche; (le petit) fes différences & fes ref* 
fembîances avec le grand epeiche. Vol, XIII, 
93. — Il efi à peine de la grandeur du moineau, 
& ne pèfe qu'une once. H vient pendant Phiver 
près des maifons ; fes autres habitudes natu- 
relles, 95» — L'eTpèce, comme celle du grand 
épeiche ,paroît s^étre étendue] ufque dans TAmé- 
rique feptentrionale. Uid. 

Épeiche (petit) brun des Moluques ; fa def- 
cription. — Il efl de la grandeur du petit épei- 
che d'Europe. VoL XIII, 100. 

Épeiche de Canada; fes différences & reffem- 
blances avec i'épeiche d'Europ^e. — Le quaiih- 
totopotll dur de Fernandez paroît être le même 
oifeau que i'épeiche de Canada. VoU XIII, 
loi ^ 102. 

Épeiche de la Encénada; cet oifeau n'ell pas 

R iv 



^xxij Table 

plus grand que ie petit épeiche d^Europe, & 
c'efl: un des plus jolis oifeaux de ce genre. — vSa 
defcription. — Différence du mâle & de la 
femelle. VoL Xlil, iio. 

Épeiche de fa Jamaïque ; ii efl de grandeur 
moyenne entre îe pic vert & l'épeiche d-'Eu- 
rope. Vol Xill, 105. — Sa deicription. — 
Différence du maîe & de ia femelle, 106. 

EPEICHE de îa Louifiane ; il eft plus grand que 
^épeiche d'Europe. — Sa defcription. Vol, Xiil , 
108 & 109. 

Épeiche du Mexique (!') efl: une grande efpèce 
d'épeiche. — Sa defcription d'après Feriiandez, 
^0/. XllI, 103 & 104. 

Épeiche onâé y tacheté^ de Nubie. — Sa def- 
cription & fes dimenfions , qui font pïus grandes 
que celles de I*epeîche d'Europe, rô/. XIII, 98. 

Épeiche ou ]}ic ckeudu, de Virginie. — Sa def- 
cription. VpL XIII, III. Il eft un peu moins 
grand que i'épeiche d'Europe, 112. 

Épeiche ou pic varié , de la Caroline ; cet oifeau 
eft à peine auiïï grand que le petit épeiche d'Eu- 
rope. — Sa defcription. — Différences du maie 
^ de la femelle. FoL XIII, 115 & 116. 

JÊpeiche ( grand) oxapic parié , de l'ilïe de Luçon ; 

ii eft dé la taille du pic vert. — Sa defcription. 

Fo/. Xill, 99. 
JlPEl^^HE ( petit) ou pic varié, de Virc^înie ; il 

leffemble à l'épeiche ou pic chevelu de Virginie, 

mais il eft beaucoup plus pedt. — Sa defcription. 



DES Ma t I i: k h s. xxxîij 

Différences du mâle & de îa femeïïe. 'Vol, XIIï^ 
113 &* 114. 

ÊpeicHE om pic varié onde. — Sa defcripûon. V'qL 
Xm, 117. 

éToiLÉ , efpèce de' butor du nouveau continent; 

' c'eft k même que le butor brun dç ia Caroline 
de Cate^by. — Ses dimenfions & h dHcriptibn. 
— Ses habitudes naturelles. Ko/. 'Xîlï ^ I75 & 
Î76. ' ; 



tjAR'ZETl'E hlancîie ; efpèce de héron Manç , pîus 
petite que le he'ron blanc commun. —- Il eft tout 
blanc, à l'exception, du bec & des pieds qui font 
noirs. .— If eft probabfe que cet oifeau ne fe 
trouve pas dans îe Nord. FoL XÏV, 92. Cette 
efpèce eft fujeite à varier par la couleur du bec 
& des pieds^ même en France ; .exemple à ce 
' ^\ie^ 9S-... .... ;. . -^ 

GïP-GiP ; efpèce de martîti-p^cbeur de moyenne 
grandeur du nouveau cotitinent. — Ses dimen- 
iions & fa defcription par Marcgrave. — Glp- 
gip eft le cri de cet oifeati. :FoL XI II, 319 Se 

320 • • V , 

GoERTAN. Foj'e^ Pic vert du Sénégal. 

CrîGRI ; efpèce d'aracarr gui fe trouve au Bréfiî 

'^ <&àIaG.uya«e. VoL XlIÏV'î^g.— îl aies mêmes 
[ îiabkudes naturelles que les toucans. — Sa def- 
■■ cnptîon. — ^ Différence du mâle & de la femelLej 

Rr 



XXxiv Ta BLE 

Grigri ; variétés dh^n^rl^ îeurs dçfcrîptîon^ & 
leurs dimenfions. FoL XIII ,190 & 191. . 

Grue ; de tous les oifeaux yoyageurs, la grue eft 
celui qui entreprend & exécute Us plus gi'andes 
migrations ; elle eft naturelle aux pays du Nord, 
&; s'avance julciue dans ceux du Midi. Fb/. XIU, 
418. — 'Elle fait un grand ceicle de voyages avec 
ie cercle des ïailbns, 420. — Difcuffion critique 
au fajet du combat des grues & dts pygmées, 
422. — Les grues portent leur vol très- haut & 
fe mettent en ordre pour voyager. — Leurs 
manœuvres dans ies airs, 425. — Dans leur vol 
de nuit, îe chef qui conduit la troupe, fait entendre 
fréquemment une voix de réclame pour avertir 
de la route qu^il tient, 426. — Ditférens pronof- 
tics tirés du voî de la grue & de fes cris. — Elle 
a quelque peine h prendre fon eflbr. — On affure 
que les grues étabiifient une garde pendant la 
nuit lorfqu'elîes font à terre , 427. — Leur natu- 
rel, leur intelligence fociaie & leurs mouvcmens 
concertés. — Elles partent de notre climat dés 
les premiers froids d'automne, 428. — Et re- 
viennent en mars ou en avril, — La chair àQ% 
jeunes ell- bonne a m^mger, 429. -7- C'eft autour 
des marais des pays du Nord que les grues nichent 
le plus volontiers, & ï\ paroît qu'elles font deux 
nichées par an , l'une dans les pays du Nord en 
été , & l'autre en hiver dans les climats du midi. 

— Elles tie pondent que deux œufs, 4^0. — 

— Manière de les prendre & de les chaffer, 431. 

— On peut les élever en domefticité &, mtme 
leur donner quelque éducation. — (^n aflure 
qu'elles vivent très-long-temps ; exemple à ce 
fujetj 433, — La grue mange des graines, mais 



DES Ma T l E RE s. XXXV 

cependant préfère les infcdes , les vers & les 
petits reptiles. — Defcription de fes parties inté- 
rieures. — Sa voix très -forte provient de ia con- 
formation lingulière de la trachée - artère. J^oL 
XIII, 434 — Defcription de fon piumage , de fes 
ailes & de ion bec ; 436 & 437. — ^>sdimenfionS, 
Idid.^-'hes grues cherchent une température tou- 
jours plus chaude que froide , & il eft à croire 
qu^elles ne vont que jufou'au Tropique du côté 
du Midi. — Cependant il s'en trouve au cap de 
Eonne-efpéran.ce , à la nouvelle Hollande , aux 
Philippines, que Ton dit être trés-femblables à 
celles de l'Europe, 440. 

Orue, varièfé de la grue» tant pour îa grandeur 
que pour la couleur du plumage. Fol. Xlil , 437. 

Grue à œlller ( la ) eft bien plus petite que la 
grue ordinaire , fon collier eft rouge ; defcription 
du refte du plumage. Fol. XIII , 446. 

<jRUE blanche ; elle paroît avoir formé en Amé- 
rique une variété confiante qui fe perpétue fans 
altération. Fol. XIV , i. — Elle efi encore plus 
grofie que notre plus grande grue d^Europe. — ' 
Sa defcription, 3, — Ses migrations, 4. 

Grue blanche Ef grlfe y du h^on. Ko/. XI II, 445. 

Grue brune ; elle efl: d^un tiers moins grande que 
la grue blanche , & toutes deux font du nouveau 

• ' continent. Fol. XIV, 5. — - Sa defcription , fa com- 
paraifonavecia grue d'Europe & fes migrations, 6. 

OrUE des Indes orientales ; elle ne paroît pas fpé- 

^ cifiquem.ent différente de la grue d'Europe , ce- 

peûdant elle eft plus petite ; elle a le bec un peu 

R vj 



sxxvj Table 

long , & h peau du fommet de ïa lête rouge & 
rude. Vol, Xllî , 442, 

OB-UE ( grande ) ^es Inies onemnhs ; fes dimen- 
fions & (à defcription. VoL XIII , 442- 

GUACCO, efpèce de crabier ou petit héron de 
l'ancien continent , qui fe trouve en Italie. — 

. Sa defcription. Vi)L XIV, 123. — Il eft plus 
hardi & plus courageux que les autres hérons. 

GuîGNETTE ; on pourroit dire que ïa guignette 
eft Mïi petit bécaffeau , tant il y a de refîemblances 
entre ces deux oifeaux. V-oL XIV, 338. — Sa 
defcription. — Elle vit folitairement fe long des 
eaux. — Ses autres habitudes naturelles. — Son 
cri ou fa voix gémilTante. — L'efpèce fe porte 
affez avant dans le Nord , & elle eft commune 
aux deux continens, 339 £3* fuiv. 

H 

H É R o N ; fa vie eft pénible & fouffrante. VoL 
XiV, 52. — Il pafTe des jours entiers à la même 
place , immobile au point de laifler douter £1 c'eft 
un être animé. — Ses autres habitudes naturelles, 
îant dans Pétat de mouvement que dans celui de 
repos. — II fubit fou vent de longs jeûnes , & 
qwelquetbis périt d^inanition. — li -eft oifeau 
Sédentaire dans notre climat, même pendant les 
ligueurs de Phiver, 53. -r- Lorfqii'on prend un 
liéron adulte , on peut le garder quinze jours fans 
lui voir chercher ni prendre aucune nourriture, 
& il a«{«çme mem« c^îte ^}x%xk t^eiïte à^ hà ^re 



DES Ma t I i rb s. xxxvij 

avaler P^ol. XIV, 54. — Cet oifeauefi; très- mélan- 
colique , très-apathique , & fe laifle confumer & 
périr fans fe plaindre. — Trille & folitaîre , hors le 
temps des nichées, il ne paroît connoître aucun 
plaifir , ni même les moyens d'éviter la peine. 
^ — D<ins les plus mauvais temps il fe tient à dé- 
couvert , & expofé à toutes les injures des fri- 
mats , 55. — Il fait entendre fa voix ou plutôt 
fon cri pendant la nuit. — C'eft un fon aigre & 
&: bref qu'il répète de moment .; moment. • — 
lï efè craintif & défiant, & fuit Thomme de très- 
loin, 56. — lî s'élève très-haut, fur-tout iorf- 
qu'ii efi: attaqué par les oifeaux de proie. — La 
chalTe du héron étoit autrefois le vol le plus 
iîrilîant de la Fauconnerie , & fa chair quoique 
mauvaife , pafîbit pour un mets diftingué. — On 
a auCîi eifayé , dans ce temps , de fixer les hérons 
dans des maffifs de bois & dans des tours, Ibid^ 
57. — Et on tiroit quelque profit de ces héron- 
îiiéres , par la vente des petits héronneaux , qu'on 
favoit engrailfer. — Ces oifeaux fe plaiient à 
nicher ralTemblés. Ibid^ 5«S. — C'efi: au plus haut 
des grands arbres que les hérons pofent leurs nids 
qui font vailes, compofésde bûchettes, de beau- 
coup^ d'herbes sèches , dejoncs'^ de plumes. — 
La ponte eil de quatre ou cinq œufs , d'un bleu, 
verdâtre-, pâle & uniforme, de même gi'offeur 
^-peu-près que ceux de la cigogne. Uid, 60. 
*— Manière dont le héron s'accouple, 61. li fe 
îTOurrit de poiflons & de grenouilles $c non pas 
<de ferpens. — On peut l'élever en domellicité 
en !e prenant jeune ; il mange des entrailles de 
pt^lTon & de ia viande ciue. — Les jeunes hé- 
W&m feûî dans ie pîemler âge allez iong-temps 



xxxviij Table 

couverts d'un poil foHet épais , principalement fuf 
la tête &fe cou. Foi XIV. 62,63. — Defcription 
àçs jambes du héron , de Tes picls , de fes ongles & 
de fen bec, 65. — rînguiaîité dans îes vertèbres 
d€ fon cou. — Ses dimenfions, 66. — Manière 
^ont î! vole, 67. — Defcripticn de cet oifeau , 
qui, dans ion état de nature, eft toujours très- 
înaigre , 68. — Tous les oifeau-x de cet^e famille 
n'ont qu'un feu! cœcfim , comme dans ^es qua- 
drupèdes. — Defcrîptîon des parties intérieures 
du i é on, 70. — Dans la femelle, qui eft plus 
petite que le maîe, les couleurs font puis pâles 
& eiîe n'a point d'c.ig^ette fur la tête, les plumes 
de l'sigretre du maie font très-recherchées & d'un 
grand prix. 71 — Singularité dans la pofition 
des doigts. — Avec de. dimenfions prefque aufli 
grandes que celles de la ci2:ogne , le poids du. 
héron n'excède pas quatre livres, 73. — L'ef- 
pèce de notre héron commun paroit s'être por- 
tée dans tous les pays, & habiter avec les autres 
efpèces de héron qui y font indigènes. — On 
le t' ouve dans les deux continens & jufqu'à i'ifle 
de TaVti , 74 &* fuiv, — Différentes habitudes 
des hérons fuivant les différens pays, 78. — Ils 
habitent en plus grand nombre dans les pays 
coupé's de rui fléaux & de canaux, comme en 
Suifie & en Hollande — Caractères particuliers 
de îa f;milie des hérons proprement dits, & leurs 
différences avec les butors, les bihoreaux ^ & les 
crabiepsou petits- hérons, 80 & fuip. 

HÈJION fd.'ffercntes familles du héron, l.^ Celle du 
Âérou proprement dit ; 2." celle du outor ; 3. celle 
d\i èlèoreau ; 4. celle des craours ; énumération 
<ks caraâères communs qui raiïembient ces 



t> E s Ma T J je RE s. XXXix 

quau*e famiîîes . dont les habitudes naturelles 
font à-peu-prés les mêmes. J^oL X[V, 8i. — 
Ces quatre tamîiles font compofées de dix-fept 
efpéces ; H y en a fept dans l'ancien -continent, 
& dix dans k nouveau, 83. 

HÉRON agami ; il fe trouve dans je nouveau conr 
tinent ; fe'defcriptîon ; fes dimenfions ; il eft 
ahîlî nommé par quelques rapports avec l'agami 
dans la pofition des plumes. I^o/. XIV, 109. 

HÉliON blanc ; fa dimeniion. — K n^'a point de 
panache , & tout fon plumage eft blanc ; fa 
defcription. -— II partage, quelquefois la même 
aire avec le héron gris pour y élever en com- 
mun leurs petits. Fb/.,XIV,. 85. — On voit 
beaucoup de hérons blancs fur les côtes de 
Bretagne. — L'efpèce en eft cependant moins 
nombreufe que celle du héron gris ; mais elie 
eft égafement répandue dans toutes les parties 
du nouveau monde, S6, 

HÉRON hlanc à calotte noire du nouveau continent; 
fa defcription. — Ses 'dimenfions. — Ses habi- 
tudes naturelles. Fol. XIV, 107 & 108. 

HÉRON hnn du nouveau continent ; fes dimen- 
fions, fa defcription. Fol. XIV, 109. 

JîÉRON noir ; i'efpècede ce héron n 'eft pas encore 
.î bien connue ; notice à ce fujet. Fol. XIV, 88 
.,.:&89. 

HÉRON pourpré; fes dîmenlionsi fa defcription. 

FoL XIV, 90. 

HÉRON violet ; cette efpèce fe trouve aux grandes 
Indes p fa defcription, FoL XIV, 91. 



xl Tablé 

|î£îLON à^Jmériijm (^and ) ; c'eft le, plus gr^nd 
^ de tous les hérons connus ; il a préside qu'être 
. pieds & demi de hauteur îorfqu'it efl debout 

.&: prergi|.e cinq du bec aux ongies. — • Sa def- 
"cription. — Ses habitudes naturefles. VoL XIV, 

Ï13 & 114. 

HÉRON àe la bak d'Hudfon ; il a près de quatre 
pieds de longueur du 'bec aux ongies. — Sa 
^efcriptfon. /^e/. X^V., 91. 

SocTi^ efpèce de héron du nouveau continent, 
& particviiièrement du Mexicue. — Ses dinten- 
fions. — Sa defcription ; différence du rnaîé & 
ide la femelle. . — Leurs habitudes naturelles. 
Vol. XIVvilo'& III. 

HOHOU, efpèce^de héron du rfouveau continétit^ 
. Se particulièrement du Mexique. -~ Hohou efi 

ie cri de cet oifeau. — • Ses dimeniions & fa 

-delciiption. VoL XI V, 11 a. 

/ 

J A 13 1 RU, olfeau de l'Amérique meridionaîe^ 
ieaucoup pius gros que la cigogi>e, ^ même 
Supérieur en hauteur à îa grue.— Sa defcrip- 

' îion -^ fes dimentions. — C'eri: le plus grand 
^les oifeaux de ri' âge. — Vol. yjll, 408 &" Cnip. 
— - Difcuïïfon critique au fujet d'uie mépri e des 
Auteurs fur !e jahiru, 4! i.^ — On le rencontre 
aux bords des rivières & des lacs dans les lieux 
«écartés, — li engrailTe dans ia fîiifon des pkiies, 
éL fe iailTe tuer aifément à -coups de fufii èc 
za^sis îdie fiécKes^ 413, 



-DES MatIÈ RIS S. Xlj 

jACAMx\Tis ; différences du genre des jacamars 
&L de celui des martin-pecheurs, & leurs ref- 
• fembîances. — r Les jacamars font de la merrte 
groueur que les efpècrs moyennes de martin- 
pêcheurs. — Différences des jacamars & des 
pics. P^oL XllI, 323. — Le genre des jacamars 
n'ell compofé que de deux efpèces, toutes deux 
naturelles aux climats chauds de TAmérique , 
324- 

Jacam.\r proprement dit ; fes dimenfions. — Sa 
defcription. l^oL XÎII, 325. — Il fe trouve à 
la Guyane & au Bréfîl. — lï fe nourrit d^in- 
fedes, & fe tient dans les forêts humides. — 
Son vol, quoiqu^afffz rapide, efl très- court. — 
Il eft toujours feai & fe perche fur les branches 
à une hauteur moyenne, où il fe tient fort en 
repos, 326 & 327. 

JACAMAR. ; variété individuelle dans l'efpèce du 
jacamar proprement dit. Vol. Xlli, 326. 

Jacamar à longne queue ; il eft un peu plus grand 
que le jacamar proprement cit. — Ses dimen- 
lîons & fa defcription. KoL XIII, 327. — Dif- 
férences du mâle & de la femellij. — Différences 
des habitudes naturelles dans les deux efpéces 
d£ jacamars, 328 & 329. 

Jaguacati, efpèce de grand martin-pêcheur du 
nouveau continent, qui fe trouve depuis la baie 
d'Hudfon jufqu*au Bréfil. Vol. XIII, 310. — 
Sa defcription, comparée à celle d'autres mar- 
tin-pêcheurs qui lui font fembîables, 311 & fui^^ 



xlij 



K 



T ^ B t E 

K 



A M I c H I ; grand oifeau noir , dont îa voîx 
eft très- Forte ; iî fe trouve dans les lieux maré- 
cageux Je rAméric'ue méridionale. — Il porte 
fur chaque aiie deux puifi'ans éperons, & fur 
îa tête une corne pointue de trois ou quatre 
pouces de longueur, fur i\^\.\y. ou trois lignes 
de diamètre à fa bafe. — Defcription de cette 
corne & des éperons qu'il porte aux ailes. Vol. 
XIV, 44. — Avec des armes aulfi puifiantes 
& qui le rendroient formidable au combat, le 
kamichi n^attaque point les autres oifeaux , & 
ne fait la guerre qu'aux reptiles ; il a les m.œurs 
douces & le naturel profondément fenfble , le 
mâle & Ja femelle fe tiennent toujours enfem.bîe 
fidèles jufqu^à fa mort. — I.e îamichi vit de 
proie, & cependant f n bec eil celui d'un oifeau 
granivore , 46. — Sa defcription Se fes dimen- 
fions, 47 & 48. ' — Marcgrave indique une dif- 
férence trés-confîdtrable de grandeur entre le 
maie & la femelle. — Ils font en général gros 
comme la poule d^lnde : i'efpèce en eft ifolée 
& feule de fon genre. — Ses habitudes naturelles 
fuivant Pifon. Ibid. 49. 

KouLiK , efpèce d'aracari , dont le mot koulik 
eft le cri. f^oL XIII, 192. — Ses dimenfions. 
— Sa defcription ; il fe trouve à Cayenne. — 
Différences du maie & de ia femelle, 193. 



Lambic HE. Koyq Guignettjs. 



DES Ma tières. xlii) 

M 

JVl A G u A R I , oifeau des climats chauds de i'A- 
mérique , qui efl: prefque auffi grand que ia 
çigogue ; dimeniions de f )n bec qu^il fait cia- 
queter comme la cigogne. — Defcription du 
plumage & des autres parties du corps de cec 
oifeau. Fol. XIll , 401. — li pa'^oit être le 
repréfentant de la cigogne dans le nouveau 
monde, 402. 

Martin PÊCHEUR ou Alcyon. Le nom de 
martin pêcheur vient de mav nv et- pêcheur ; raifon 

• de cette éthimoîogie. Vol. XIII, 242. — Cet 

* oifeau ne fait point de nid , mais il dépofe it% 
œufs dans des trous horizontaux de la rive des 
fleuves ou du rivage de la mer. — Il s'apparie 
de très-bonne heure & avant Péquinoxe, 249. 
— ï3efcription de la forme lînguliére à^^ 'doigts- 
du martin pécheur. -— Forme & defcription de 
i'oîfenu , qui elli le plus beau de notre climat 
par ies couleurs du plumage, 251. — Notre 
martin pêcheur paroît s'être échappé des climats 
chauds où fe trouve le genre entier de ces 
oifeaux, dont nous n'avons qu'une feule efpèce 
en Europe. — Tandis qu'il y en a plus de vingt 
en Afrique & en Afie, «Sr huit en Amérique, 
253.' — Le martin pêcheur, quoique originaire 
des climats chauds, s'eft habitué au froid du 
nôtre ; on (e voit en hiver plonger même fous 
la glace, 254, — Son vol eft rapide & filé ; il 

. rafe ordinairement la furface de Teau ; il jette 
en volant un cri perçant & répété, & il a un 
autre champ dans la faifon du printemps» — il 



xliv Ta b z e 

ell: très-fauvage & part de îoin ; il fe tient fur 
une branche avancée au-de'^s de l'eau pour 
pêcher. — Et fe laiffe tomber ci -plomb dans 
Teau pour y faiiir fa proie. Ibid, 255. — L^ef- 
pèce n'en efi: pas nombreufe en individus , 
quoique ces oifeaux produifent fîx , fept & huit 
petits, 258. — li en périt beaucoup pendant 
î'hiver. — On pevit les nourrir pendant queique 
temps avec de petits poiifons frais, Ibid, 259. 
^— Mais on ne neut l^apprivoifer, & il demeure 
toujours ég iiement fauvage. — -Sa chair a une 
odeur de* i'aux muJc & n'ell pas bonne à manger» 

— Defcription de fes parties intérieures, 260. 

— Rapidité de fesmouvemens & de fon vol, 261. 
•— Le genre du martin pécheur occupje non- 
feulement toute l'étendue de Pancien continent, 
mais fe trouve encore dans toutes ies terres du 
nouveau monde, 310. 

Martin-pêcheur (ïe plus grand) de î'ancieii 
continent, qui fe trouve à la nouvelle Guinée; 
Tes dim.enfions & fa defcription. Vol, Xill , 265 
& 266, 

Martin-pêcheur bleu ô* noir , du Sénégal; 

fes di me niions & fa defcription. VoL XIII , 285. 
Martin-pêcheur bleu &* roux ; fes di mentions 

& fa defcription. — Il fe trouve à Madagafcar 

& en Afrique, fur la rivière de Gambie. VoL 

XIII , 267 & 268. 
Martin- PÊCHEUR crabkr ; il fe trouve au 

Sénégal âc aux îles du Cap-Verd. — Il e(l 

appelé crabkr , parce qu'il fe nourrit de crcbes. 

/^o/. XllI, 269. Sa defcription. — Ses dimen- 

lions, 270. 



DES Matières. xIv 

Martin-pêcheur /wppé ; fes dimenfions & 
fa defcription. /^o/. Xlil, 277. 

Martin-pêcheur pie ; fa defcription & fes 
dimenfions. — Il fe trouve au cap de Bonnes 
efpéi'ance & au.Sénégai K0/..XIII, 272 & 2-73. 

Martin PÊCHEUR pourpré ; c^eft de tous les 
martin-pêcbeurs.le plus jodi & le pkis riche en 
couleurs ; il efi: siulïi fort petit, & n'ayant qu'un 
pouce de plus que ie martin-pêcheur à tête 
bleue. — Sa defcription. — li fe trouve aux 

' grandes Indes & nous a été envoyé de Pondi- 
chéry. Ko/. XIII , 294. 

^Martin- pêcheur roux ; cet oifeau eft un peu 
-^^ moins petit que le martin-pêcheur à tête bleue. 
— Ses dimer.lions sS: fa defcription. — Il fe 
trouve à . Madagafcar. J^o/. XIII, 293. 

Martin=pêche.ur rerf Ef blanc, de Cayenne^ 
fés dimenfions & fa defcription. — Différence 
~--du-mâfe^& de ia femèïie. Fol. XIII, 318. 

Martin-pêcheur perd & orqng^é^ic'QÏï le feul 
martin-pêcheur de très- petite efpécé qui foit en 
Amérique ; ii n^'a que cinq pouces de longueur. 
— Sa defcription. — Il fe trouve à Cayenne. 

■:..- Ko/. XIII, 321 & 322. 

MARfiN-pÊCHEUR r^rJ ô* roux y de Cayenne; 
'''"fâi defcription & Tes dimenlîons. P^ol. XIII, 317. 

Martin-pêcheur à bec blanc; fa defcription 
& fes dimenfions d'après Séba. FoL XIll, 297 
& 298. 

I^ARTIN-PÊCHEUR à coiffe noire ; c'eft un des 



^hj Table 

pîus beaux' de ce genre ; fa defcrîptîon & fes 
dim enflons. — li fe trouve à la Chine. Vol, 
XIII,. 278. 

Martin-PÊciteur à collier blaiic ; fes dimen- 

< fions & iii defcription d'après Mt Sonnerat. — • 

li fe trouve aux Philippines. Vol. XIII, 282. 

MaPvTIN-PÊcheur àfwntjauns; fes dimenjfions 
& id defcription d'après Albin. — Ii fe trouve 
au Bengale. Vol, Xlil, 287 & 288. 

MaPvTIN-PÊCHEUR à gros bec ; fes dimenfions 
& fa defcription. Vol, XIII, 271. 

Martin-PÊche.UR à longs brins ; fa defcription 
& particulièrement celle de fa queue. — il fe 
trouve à Ternate. Vol, XIII, 289 & 290. 

Martin-pêcheur à tête bleue. — ^ H y a des 
martin pêcheurs auiïï petits qu'un roitelet Se un 
todier ; ceîui-ci efl du nombre. ~ Ses dim^n- 

" lions &; fa defcription. — li fe trouve à Mada- 
gafcar. Vol. XIII, 291 & 292. 

Martin-pêcheur à tête couleur de paille,; fa 
defcription & fes dimenfions. Vol. XIII, 280 &* 
fuiu, 

Martin- PÊCHEUR à tète grife ; Tes dimenfions 
& fa defcription. Vol. XIII, 286 & 287. 

Martin-pêcheur à tête verte; fa defcription 
& fes dimenfions. — Il fe trouve à i'îie de 
Bouro, voifine d'Amboine. Vol, XIII, 299 & 

,. 280. ^ --- , . - 

Martin-pêcheur à trois doigts. On a déjà 
remarqué dans le genre des pics cette fingulàrité 



DES Matières, xlvij 

de n'avoir que trois doigts ; elfe eft moins fur- 
prenante dans la fami-ie des martin-pécheurs, 
où le petit doigt intérieur déjà fi raccourci & 
prefque inutile , a pu être plus aifément omis 
par la nature. — Ce martin-pecheur ert un des 
pkis beaux de ce genre. — Sa defcription d'après 
M. Sonnerat. — Il fe trouve à l'île de Luçon, 
Vol. XJlf, 2C9 & fuii;, 

Martin-pêcheur, de Bengale ; fa defcrip- 
tion & fes dimenlions d'après Edwards. VoL 
XIII, 297 & 298. 

Martin-pêcheur (grand) de Pile de Luçon; 
ce n'eft qu\me variété ou une efpèce très-voi-» 
fine du martin-pecheur à coiiTe noire. Voi, XIII^ 
278 & 279. 

MARTiN-PÊCHEURdeTaïti &îïesvoi{ines; leurs 

defcîiptions par Forfter. FgL XIII, 275. 
Matuiti;i, efpèce de grand martin-pecheur du 

nouveau continent, qui fe trouve au Bréfîl. Vol. 

XIII, 313. — Sa defcription d'après Marcgrave. 

— Il elt grand comme i'étourneau, 314 & fuiu. 

Maubêche (les) font un peu plus grofie? que 
le bécaileavi , & un peu moins que les cheva- 
liers ; leurs dimenfions. — Nous en connoifibns 
quatre efpèces. P^oL XIII, 322. — Ces oifeaux 
ont le bas de la jambe nue , & le doigt du milieu 
uni jufqu'ci la première articulation, par une 
portion de membrane avec le doigt extérieur, 
323 6ç 324. — Les quatre efpèces de maubèches 
font : 

I.'' La mauhèche commune qui eft la plus grande^ 
fa defcription j 323 & 324, 



xlviij Table 

st.° La maubèche tachetée ; fa defcriptîon. ■— - EKe 
efl un peu moins grande que la première. Fol. 
XIÎI,325. 

3.*^ La maubèche grife, qui eft encore moins grande 
que la première, quoiqu'elle îe foit un peu plus 
que la feconde. — Sa defcriptîon, 326. 

4.^ La faiiderling ; c'eft la plus petite à&s mau- 
bêches; elle eft ainfî nommée en Anglois, parce 
qu'elle fréquente les grèves fablonneufes des 
mages de la mer. — Sa defcription, 327 & 
328. 

Messager. Foyei Secrétaire. 

N 

iNandapoa, grand oifeau des climats chauds 
de l'Amérique, qui cependant ne Peft pas autant 
que le jabiru, — Ses rellemblances & fes diffé- 
rences avec îe jabiru. — ■ Ses dimenfions ; fa 
defcription. VoL XIII, 415. Sa chair dépouillée 
de la peau eft affez bonne à manger, 416. 

Nature ( erreurs de la). Les vrais caraâeres 
des erreurs de la Nature, font la difproportion^ 
jointe i^ l'inutilité. Vol. XIII, 164. — La vieille 
nature de l'ancien continent, toujours fupérieure 
à la nature moderne du nouveau monde dans 
toutes fes productions , fe m^ontre aulïi plus 
' grande, mcme dans fes erreurs, & plus puif- 
fante jufque dans fes écarts, 201. 

O 

O I s E a u X. Dans l'immenfe population de ces 
habitans de Tair , il y a trois états ou plutôt trois 

patries. 



DES Ma tières. xîlx 

patries , trois féjours différens ; aux uns , la Nature 
îi donné ia terre pour domicile ; elle a envoyé 
ies autres cingler fur les eaux, en même temps 
qu'eiie a placée des efpèces intermédiaires aux 
confins de ces deux éîémens. Ko/. XIII, 347. 
' — Ils font d'autant plus nombreux en efpècesi 
& en individus que les climats font plus chauds, 
355. — La fécondité des oifeaux de terre paroît 
furpaffer celle des oifeaux d'eau. Uîd. • — Dans 
les régions du Nord , il y a peu d'oifeaux de 
terre en comparaifon de la grande quantité des 
oifeaux d'eau. — Raifon de cette différence, 366 
ô* 367. — Tous les oifeaux à cou & à bec très- 
longs rendent une fiente plus liquide que celle 
des autres oifeaux , 379. 

Oiseaux ^phyponomie des oifeaux Si l'on recherche 
dans les oifeaux cette phyfionomie, on s'apper* 
cevra aifément que tous ceux qui , relativement 
à la groffeur de leur corps, ont une tête légère 
avec un bec court & fin , ont en même-temps 
îa phyfionomie fine, agréable & prefque fp.iri- 
tuelle ; tandis que ceux au contraire qui , comme 
les barbus ont une groffe tête , ou qui, comme 
ies toucans, ont un bec aulïï gros que la tête, 
fe préfentent avec un air fi:upide , rarement dé- 
menti par leurs habitudes naturelles. Vol. XIII , 
162. 

Oiseaux aqi^atlquts (les) doivent être divifés 
en deux grandes familles ; favoir , ceux qui font 
à pieds palmés , c'eft-à-dire , \q% oifeaux d'eau 
proprement dits, & ceux qui ont les pieds divi- 
îes , & que l'on appelle oifeaux de rivage. Fol. XIII , 
246. — La plupart des oifeaux aquatiques pa- 
Oifeaux, Tome XI F'^ S 



/ Tablé 

roîfient être demi nodlurnes , érant plus en mou- 
yemeiitlanuitqnefejou-.ro/. XIII ,351. — Us ne 
jettent que des cris & n'ont point de ramage , 352. 
- — Leur nombre eft peut-être auffi grand en 
individus, evi égard au nombre des efpèces, que 
ceîui de terre , 353. — Et ils paroiflent plus 
habituelîemei t en troupes que ces derniers, 354. 
• — Les oiieaux aquatiques font plutôt captifs 
que domeftiqiies, & ils confervent toujours les 
germes de leur première liberté , 356. — Ils 
lie portent que de légères empreintes de la 
captivité , & leurs efpèces n^ont pas autant varié 
fous la main de Thomme que ceiles des autres 
oifeaux dumeftiques , 357. 

Oiseaux d*eau ; confidérations générales fur les 
oifeaux d'eau , leur naturel & leurs facultés. — 
Ils s'établiflent fur les eaux de la mer comme 
dans un domicile fixe ; ils s'y raffemblent en 
grande fociété , & vivent tranquillement au 
milieu des orages. — Dès que leurs petits font 
écios, ils les conduifent fur les eaux. Fol. XIII, 
339. — La plupart de ces oifeaux ne retournent 
pas chaque nuit au rivage, & quand il leur 
faut pour le trajet ou te retour quelques points 
<ie repos, ils les trouvent fur les écueils, ou 
même les prennent fur les eaux de la mer , 
341 & 342. — Leur vie eft plus paifible & 
moins pénible que celle de la plupart des autres 
oifeaux. — Ils ont aulTi des mœurs plus inno- 
centes & des habitudes plus pacifiques^ 344 6* 
3^; 5. — Ils ont franchi au vol & à la nage les 
plus vaftes mers , &. fe trouvent également dans 
îes parties méridionales des deux continens , 
349. — Les oifeaux d'eau femblent rechercher 



DES Ma t I e ee s. Ij 

les climats froiJs ; exempîes à ce fujet. Fol. XIII, 
355. — Lieux où ils fe trouvent en plus grand 
nombre .358. H y a certains endroits des côtes 
& des îles dont le foi entier , jufqu'à une alTez 
grande proibndeur , n^eft compofé que de leur 
fiente ; exemples à ce fujet, 359 & 360. — • 
On a vu pluiieurs de ces oifeaux fe pofer, 
voyager, dormir & même nicher fur des glaces 
flottantes au milieu des mers, 367. — Ce font 
ies derniers & les plus reculés des habitans du 
giobe. — Us s'avancent jufque dans ies terres 
où Fours blanc ne paroit plus, & fur ies mers 
que les phoques, les morfes & les autres amphi- 
bies ont abandonnées, 368 ô* 369. 

Oiseaux de marais (les) ont les fens plus obtus, 
rinflind & le naturel plus groiïïers que ies oifeaux 
des champs & des bois ; expofition de ces diffé- 
rences. Ko/. XIV, 274. — Ils ont prefque tous 
la vue foibie, & cherchent leur nourriture plutôt 
par l'odorat que par les yeux, 275. 

Oiseaux de rivage (les) ont communiqué d'un 
continent à l'autre en fuivant les bois &; la mer» 
— Comment s'eft faite cette émigration des 
oifeaux de rivage. Vol, Xlll, 348. 

Oiseaux pécheurs ; ce n'efl pas toujours impuné- 
ment que l'oifeau pécheur fait fa proie des poif- 
fons, car quelquefois le poiffbn le faifit & l'avale; 
exemples à ce fujet. VoL XIII , 352. 

Oiseau- royal ; il eîl ainfi nommé, parce qu'if 
porte une efpèce de huppe en couronne fur la 
tête. Vol. XIV, 15. — Il a de plus le port 
siobîe -, la figure remarquable j & il eft haut de 

s ij 



f'j 



Tabl 



quatre pieds îoirqu'ilTeredrefle. — Defcnptîonde 
fon pîumage. Vol. XIV, i6. — Ses jambes font 
encore plus hautes que celles de la grue, avec îa- 
quelie cet oifeau a beaucoup de rapport pour fa 
conformation.— Ses différences avec la grue ; il 
eft des climats chauds, & les grues viennent 
des pays froids. — Il eft naturel, comme la 
demoifeîle de Niimidie, aux terres de l'Afrique, 
17 6* 18. —, Ces oifeaux fréquentent les grandes 
rivières où ils pèchent de petits poiffons., mais 
ils vont aufîi dans les terres pâturer les herbes 
& recueillir des graines ; ils courent très- vite 
en s'aidant du vent & en étendant leurs ailes, 
autrement leur démarche eft lente , & pour ainfî 
dire , à pas comptés. — L'oifeau-royal eft d'un 
naturel doux & paifible. — Son vol eft puiffant 
& foutenu. — Il n'eft point du tout fauvage, 
& dans quelques endroits de fon pays ratai, il 
eft à demi-domeftique. — En domefticité, il fe 
perche en plein air pour dormir. Ibid, 19. — 
Il n-'eft pas certain que cet oifeau foit la grue 
baléarique des Anciens; difcufllon critique à ce 
fujet, 20. — Il vit également d'infedes & de 
graines, & il aime à fe baigner. — Son cri reflembïe 
alTez aux accens rauques d'une trompette ou 
d\m cor. — Il s'ennuie en domefticité lorfqu'ou 
le lailfe feul, & cherche \\ accompagner les gens 
à la promenade, 21 6* 22. -r- Son attitude dans 
l'état de repos, &; fa démarche lorfqu'il eft en 
mouvement. — H a palfé l'hiver 1778 à Paris, 
fans paroître fe refîentir des rigueurs d'un climat 
fi différent du fi en , feulement on le mettoit à 
i'abri pendant la nuit dans une chambre à feu 5 
33 ^ fuiv. 



D£s Matières, liij 

Ombrette ; oifeau qui fe trouve au Sénégaî, 
& auq-ueï on a donné îe nom à'ombrette à caufe 
de ia couîeur de terre d'ombre ou brun-foncé 
de fon plumage. — C'eft une efpèce anomale 
dans les oifeaux de rivage. — Son bec ne ref- 
fembïe à celui d'aucun autre de ces oifeaux; 
defcription de ce bec. FoL XIV, 192. — Di- 
menfions de l'oifeau, 193. 

OnorÉ (P) efl: un oifeau de ^Amérique me'rr- 
dionaïe, qui fe rapporte de plus près aux butors 
qu'aux hérons ; leurs reifemblances & leurs dii- 
férences. — Defcription de cet onoré qui fe 
trouve à Cayenne. J^oL XIV , 180. 

Onoré rayé ; il eil: un peu plus grand que Ponoré 
de Cayenne ; fa defcription. — Ses habitudes 
naturelles. FoL XIV , 181. — Lorfqu'il eil cap- 
tif dans une maifon, il eft continuellement à 
Taffût des rats qu'il attrappe avec beaucoup 
d'adreflfe ; il fe tient toujours dans les lieux les 
plus cachés 6c ne s'apprivoife jamais entière- 
ment, 182. 

6N0RÉ des hois ; il fe trouve à la Guyane & au 
Bréfiî ; fa defcription & fes dimenfions d'après 
Marcgrave. VoL XIV, 183 ^ 184. 

OUANTOU. Foyei Pic noir huppé, de Cayenne» 



^ A L A L A C A ou grand pic verd des Philippines» 
jSa defcription. Fol. Xiil . 27 Ef 2^, 

o •• • 

b llj 



îiv Table 

Palalaca , autre pic perd tacheté des Philippines* 

5 a defcription. Fol. XIH, 29. 

Paon de mer. Fbyq Combattans. 

Perdrix de mer ( îa ) eft improprement 
nommée perdrix, à laquelle elle rse refiemblê 
un peu que par la forme du bec. Fol, XIV , 
342. — • ^es différences avec la perdrix de terre, 

6 fes reilemblances avec les hirondelles. — Se* 
habitudes naturelles & Hi nourriture. — On eu 
connoît quatre efpèces ou variétés, 543 8* 344. 

i.° La grife ; fa defcription & fes habitudes natu^ 
relies, 345. 

2.** La brune ; fa defcription &: fes habitudes natu- 
relles, 347. 

3.^ La giarole qui fe trouve en Italie, & qui paroît 
être le melampos ou pied noir de Gefner, 348 
& 349. 

4,^ Et la perdrix de mer à collier : cet oifeau eH: 
remuant & prefque toujours en mouvement. — 
Son petit cri perçant. — Ses autres habitudes 
naturelles, 350. — Sa defcription. — C^ell la 
plus petite de toutes les perdrix de mer. — 
Elle niche fur les bords fablonneux des rivières 
& pond fept œufs oblongs, 351. 

Pic. Vie laborieufe & folitaire de cet oifeau. — • 
Il ne peut trouv er fa nourriture qu'en perçant > 
les écorces & la fibre dure des arbres qui îa 
recèle. — Il dort & pafle la nuit dans l'attitude 
contrainte de ce travail. — Sa voix eft un cri 
rude & plaintif, qui femble exprimer la dou- 
leur & ia peine ; fes mouvemens font brufques. 
— Son naturel eft fauvage, il fuit toute fociété. 



ï>ns Matières. Iv 

h vît erciinairement folitaire. — Sa ^efcription. 
Vol. XIII, 3. Forme de fa langue & ion méca- 
nifme fingulier. — Il grimpe autour des arbres, 
& niche dans les cavités qu^ii a en partie creu- 
fées lui-même, 4 £?*/«/>. — Le genre des pics 
eft très nombreux en efpèces, qui varient par 
les couleurs , & diffèrent par la grandeur ; les 
plus grands pics font de la taille de la corneille , 
& les plus petits de celle de la méfange ; chaque 
efpèce en particulier paroît peu nombreufe en 
individus, — Sur douze efpèces que nous con- 
noilTons en Europe & dans le Nord de Fun & 
de l'autre continent; nous en compterons vingt- 
fept dans les régions chaudes de l'Amérique , de 
l'Afrique & de TAfie, 6 êf 7. — Les trois ef- 
pèces de pics connus en Europe font le pic vèrts 
\q pic noir & l'épekhe ou pic varié , 8. 

Pics, cara&èrcs des pics. Tous les pics dilTérent des 
autres oifeaux par la forme des plumes de la 
queue , qui font toutes terminées en pointe plus 
ou moins aiguë. Vol. XIII, 9. — En tout temps 
ils font maigres & fecs ; leur chair eft noire & 
n'eft pas bonne à manger. — lis ne reftent pas 
pendant i'hiver dans nos provinces de France ; 
mais on en voit en Italie dans cette froide faifon y 
26. — Aucune efpèce de pic ne fe nourrit de 
graines, 75. — Tous ont dix pennes à ia queue, 
106. — Et, dans toutes les efpèces, la femelle 
porte moins de rouge fur la tête que le mâle, 
quelquefois même elle n'en a point du tout. 

Pic jaune de Cayenne. Cette efpèce paroît être 

propre & particulière aux régions les plus chaudes 

. de l'Amérique, VoL XIII, 48. — Sa defcrip- 

S lY 



Ivj 



Ta BLE 



tion. — Fes habitudes naturelles. Vol, XlIT, 
49. — La femelle pond trois œufs blancs pref- 
que ronds, 50. — Différences de îa femelle & 
du mâle. — Variété dans cette efpèce. Ibid. 

Pic mars o\\ Pîcus martius (îe) n'eft point Tépei- 
che, comme quelques Naturaliftes l'ont écrit, 
mais le pic vert. FoL XIII , 89. 

Pic morduré de Cayenne; fa defcription. VoL XIII, 
53. — La femelle dans cette efpèce n'a pas 
de rouge fur les joues ; il erk eft de même de 
celle du pic jaune, 54. 

Pic noir ; i'efpèce de ce pic paroît aâueîïement 
confinée dans que^ques contrées particulières, & 
fur tout en Afiemagne. — ■ Elle étoit néanmoins 
connue des Grecs. Ko/. XIII, 62 &' 63. — C'eft 
le plus grand de tous les pics de l'ancien conti- 
nem. — Sa defcription. — lî fe trouve dans 
les hautes futaies, fur les montagnes en Alle- 
magne, en Suifie & dans les Voftes. Il ne fe 
trouve ni en Angleterre ni en Hollande, &c. 
cependant on le voit dans quelques contrées plus 
feptentrionales & jufqu'en Suède, 64. — L'ef- 
péce en général en paroît peu nombreufe. — 
Ils funt cantonnés dans un certain anondiifement 
qu'ils ne quittent guère. — ■ Ils frappent & per- 
cent le bois, nic^'Cnt dans le cœur des arbres 
comme ies autres pics, & l'on voit fouvent au 
bas de leurs trous une grande quantité de pouf- 
Cére & de petits copeaux, 6^. — La femelle 
pond deux ou trois œufs blancs, 66. — Ce pic 
fait avec fon bec un frôlement contre les parois 
de fon trou, qui fe fait entendre de loin. Dif- 



uns Matières. Ivij 

férence du mâle & de îa femelle. — Il difpa- 
roît pendant l^hiver, & va probablement dans 
des climats pius chauds. — Il n^y a dans l'an- 
cien continent aucune efpéce d'oifeau qui ait 
rapport à ceile du pic noir, & ii femble qu'elfe 
nous foit venue d'Amérique , où il y a plu- 
fieurs oifeaux qui lui rellemblent. Fol. X i II , 
67 £y 68. 

Pic noir à hec blanc (grand); iî fe trouve à îa 
Caroline; il eft pius grand que cekii d'Europe, 
& même plus grand que tous les oifeaux de ce 
genre. Sa defcription. Fol, XIII, 69 S' 70. — 
Ses habitudes naturelles. — Il fe trouve au Me- 
xique auHî bien qu'à la Caroline. Ihid, — Ft le 
long des côtes de la mer du Sud. — Les Sau- 
vages de l'Amérique feptentriona'e font avec les 
hQC^ de ces pics des couronnes pour leurs guer- 
riers, & donnent jufqu'à trois peaux de che- 
vreuil pour un de ces becs, 70 £5* 71. 

Pic noir (petit) ; c'eft le plus petit de tous les 
pics noirs ; il n'eft que de la grandeur du tor- 
col. — Sa defcription. — Différences du mâle 
& de la femelle. — H fe trouve à Cayenne. 
Vol. XIII, 81 ^ 82. 

Pic iiQÎT ( petit ) ; variété de ce pic. Vol. XIII ^ 
81. 

Fie noir à cou rouge ; fa grandeur & fa defcription. 
— II fe trouve à Cayenne. Vol. XIII , i^o. 

Pic noir à domino rouge * il fe trouve en Virginie 
& à la Caroline ; h grandeur & fa defcription. 
Vol» Xm, 83, — Ses nabitudss naturelles, 84. 

Sy 



Ivlij 



I" A B L B 



Pic noir à hi/ppd rouge ; il fe trouve k ïa Louiiîane' 
à la Caroline & à la Virginie. Fol. XUI, 73. 
— Sa defcription. — Diîférences du mâle •& de 
la femelle , 74 £5* 75. 

Pic noir à huppe rouge (variété du). Le pic des 
terres Magellaniques a beaucoup de rapport au 
pic noir à huppe rouge de la Louifiane. — 
Leurs refiembïances & leurs différences. Voluirn 
XIII, 75. 

PiC/;o/r/^w;7;?e.deCayenne. Sa defcription. Fb/.Xflî, 
76. — C^eft le même oifeau que Vhipecou de 
Marcgrave. — DifculTion critique fur l'ouantou 
& rbipecou , pour prouver que c'eft le même 
oifeau. — L'ouantou ell auffi le tlauhquechulto- 
toit de la nouvelle Efpagne, 77 & futv. 

Pic olhe (petit) de Saint-Domingue; iî efl h 
peu-prés de la grandeur de l'aîouette. — Sa 
defcription. — Ses habitudes naturelles. FoL XIII, 
42 à' 43: 

Pic rayé (grand) de Cayenne ; c'efl: un des beaux 
oifeaux de ce genre y fa defcription. Fol. XI 11^ 
44 ^ 45- 

Pic rayé (petit) de Cayenne ; fa grandeur, fa 
refTembïance avec le pic rayé de Saint-Domingue, 
& fa defcription. Fol. Xlil, 46 & 47. 

Pic rayé de Saint-Domingue ; fa defcription & 
fes dimenfions. Fol, Xllï, 39 & fuiv. 

PiC rayé ( petit ) du Sénégal ; il n'eft pas pfus 
gros qu'un moineau. — Sa defcriptiçn. Folums 
XIII,37, 



DES Mj TIE RE s. Ilx 

Pic roux, de Cayenne. Il y a dans le pîumage 
de ce petit pic une iinguiarité ; c'eft que Ta 
teinie du deiTbus du corps ell pius forte que 
celle du delTus, au contraire de tous îes autres 
oifeaux. — Defcripcion du refte de Ton plumage, 
— If n'eft guère pîus grand qu'un torcoi , mais 
il eft un peu pius épais. FbL Xlll , ^^, 

Pic r/2rzV. ^oyq Épeiche. 

Pic vert ( îe) eu: îe plus connu des pics Se le plus 
commun dans nos bois II arrive au printemps. 
Ko/. Xill, 9. — Son cri & fon vol, 10. — Son 
appel d'amour. — Il fe tient à terre plus fouvent 
que les autres pics, fur-tout près des fourmil- 
iîères. — Manière dont il prend ies fourmis 
avec fa langue, 11. — Il paroît être parefieux 
pour tout autre mouvement que pour grimper 
autour des arbres & pour les percer de fon bec; 
il fe laiOe aifément approcher & ne fait fe déro- 
ber au chaifeur , qu'en tournant autour de fa 
branche, 8c fe tenant fur la face oppofée , 12. 
-^ Il place fon nid dans le cœur d'un arbre ver- 
moulu, à quinze ou vingt pieds au-deifus de 
terre, 9. — Il y nourrit fes petits à Paveugle ; 
fa ponte etl orciinairement de cinq œufs , qui 
font verdâcres avec de petites taches noires. Les 
jeuncs pics commencent à grimper tout petits 
& avant de pouvoir voîer, 13. — L'efpèce du 
pic verd fe trouve dans ies deux continens ; & 
quoique aflfez peu nombreufe en individus , elle 
ell très-ré; andue, 15. — Le colios d'Ariftote eft 
ie même oifeau que ie pic veid ; difcuffion cri- 
tique à ce fujet, 16. — Defcription des parties 
intérieures du pic verd. — . On a obfervé que to^ 

S v] 



Ix Table 

les oifeaux Ju genre des pics n^ont point S.e 
cœcumy mais feulement un renflemer^t dans Pin- 
teftin. — Détail du mécaniime de la langue du 
pic. Foliimi XIII, 23 ^ fidv. 

Pic verd y de Bengale ; fes reffembîances avec (e 
pic verd de Ooa, & fa defcription. î^oL XIII , 
33 ^ 34- 

Pic verd de Goa ; fa grandeur & fa defcriptiom 
VoL XIII, 31 6- 32. 

Pic verd du Sénégal ; fa defcription. Vol. XIII, 36. 

Pic (tvès-petit) de Cayenne ; ce pic eft auffi petit 
qu'un roitelet. Ko/ Xlli . 57. — Sa defcription. 

— C'efl un oifean très joi, «^ qui paroît être 
plus gai & plus îefte c\k.\^ tous ies autres pics — 
Il va de compagnie avec les grimpereaux, 58. 

Pic à (.ravafe noire y de Cnyenne ; fa defcription. 

— Il cfl de ia grandeur du pic jaune & du pic 
mordo:é de la mcme co^^trée ; ces trois efpèces 
font 'f^uppées 8c paroiiïent avoir beaucoup d^affi- 
nité. Vol. XIi'I, 53 6' 54. 

Pic à gorge jaune ^ (petit) de la Guyane ; il n'ell: 
pa^: plus gros qu'un torcoL — Sa defcription. 
Ko/. XIII, s6. 

Pic à têtei^rife.^ du cap de "Bonne- efpéran ce ; il à 
ies couleuis pi us uniformes qu'aucun autre. — 
Sa defcription. Fol. XIII, ^'6. 

Pics à tro's dei^ts ( les ) fe trouvent dans les 
terres de !a baie d'Iiudfon. — En Suéde, dans 
îa province de Kaicc^^rlie , en Pibérie & même 

, en Suiffej on n'a pas d obfervation pour décider 



IDES Matières, hj 

fï cette Cngiiïarité efi: fpécifique, ou fî ce n^eft 
qu'aune -variété individuelle. Vol. XIII, 118 6* 
119. 

Vie aux ailes dorées ; c^eft un bel oireau^quifemMe 
s^éioigner un peu du genre des pics, par fes 
habitudes, comme par quelques traits de con- 
formation. — lî fe perche fur ies branches des 
arbres & fe tient fouvent à terre. — Sa defcrip- 
tion. — Ses différences & fes reifembiances avec 
les pics. Vol. XII l, 5;. — If fembie faire une 
efpèce moyenne entre ^e pic & le coucou. — 
Il fe trouve au Canada, en Virginie & à la Caro- 
line, 60 cf 6î, 

Pic-CRIMPEREAUX ; c'efl: un genre moyen 
entre celui des pics & celui des grimpereaux. 
— Nous ne connoifibns que deux efpéces de 
ces pics-grimpereaux. — Qui toutes deux fe 
trouvent à la Guyane. Vol. XIII, 122. — Def- 
cription de ces deux efpèces. — Leurs bibitudes 
naturelles. — Elles vivent enfemble & fe trouvent 
fouvent fur le même arbre : cependant elles ne 
fe mêlent pas, 123. 

PiVETTE ou Pied verd, Voyei BÉCASSEAU. 

Pou ACRE ou Butor tacheté. Ses dimenfions, 
& fa defcription. Vol. XIII , 173. — Le pouacre 
de TAmérique, & qui fe trouve à Ca3^enne^ 
paroît être une efpéce très-voifme ou peut- être 
la même ; leurs diiférences , 174. 

Poules ; il paroît que la race commune *des 
poules chez les Giecs étoit plus petite que la 
nôtre, VoL Xill, 238. 



Ta b l n 



Q 



Q 



U^UJITOTOPOTLI ^LTER. Kojq ÉPEÎ* 

CHE de Canada. 

QuoiMEAU, petite efpèce de butor qui fe voit 
quelquefois en Soiogne, & qui paroît être ia 
même que îe butor roux de Bologne en Itaiie» 
VoL Xlll, 171. 

S 

O A L A c z A c ( îe ) des Philippines, indiqué par 
Cameî , paroît être un petit martin- pêcheur. 
VoL XIII, 303. 

Sanderling. J^oyti Maubéciie. 

Savacou , oifeau qui efl naturel aux régions de 
k Gu>iane & du Hréfil ; fes reiïembîances & 
fes différences avec le biboreau & les hérons. 
VoL XIV, 195. — Différens noms donnés à 
cet oifeau à caufe de la forme de fon bec. — 
Defcription de ce bec & fes dinienfîons , 196, 
— Il h; hite les Savannes noyées, & fe perche 
fur les arbres aquatiques , d'où il épie les poif- 
fons , dont il fait fa proie. — Sa manière de 
pêcher & de marcher, 197. — Il a Pair trille 
comme les hérons. — Ses autres habitudes natu- 
relles, 198. — Defcription du favacou & de 
fts variétés, 199. 

Secrétaire ou Messager , grand oifeau 
d'Afrique, très -remarquable par fa figure. —- 



DES Ma ti e rbs. Ixiij 

Il efl: d'un genre particulier & même ifofé. — • 
II a, pour ainli dire, une tête d'aigle fur un 
corps de cigogne ou de grue. — Ses dimenlions 
& fa defcription. Vol. XIV, 31 & 32, — Il 
porte un vrai fourcil au-deffiis de i'orbite des 
yeux. Ibid, — Ses habitudes naturelles ; il efl: 
doux & même craintif, & quoique fon bec foit 
conformé comme celui de Faigle , il ne s'en fert 
pas pour déchirer ni même pour offenfer. — Il 
devient aifément familier ; on a même com- 
mencé à le rendre domeflique au cap de Bonne- 
efpérance. — Ifs font fa chafTe aux rats , aux 
lézards , aux crapauds & aux ferpens, — Manière 
dont ils a'taquent les fernens, 33. — Ils nichent 
dans les buiflbns à quelques pieds de terre, & 
pondent deux œufs blancs avec des caches rouifes. 

— On peut les nourrir de viande en domefticité; 
ils paroifient même avides d'mteftins & de 
boyaux. — Le fecrétaire peut vivre dans nos 
climats; on en a nourri quelques uns en Angle- 
terre & en Hollande, 34. — Il fait entendre, 
mais rarement, un cri qui a du rapport avec 
celui de l'aigle ; fon exercice le plus ordinaire 9 
eft de marcher à grands pas de côté & d'autre ^ 
& long- temps fans fe ralentir ni s'arrêter ; ce 
qui apparemment lui a fait donner le nom de 
meffager ; comme il doit fans doute celui de 
fecrétaire au paquet de plumes qu'il porte au 
haut du covi, 36. — Il mue en domefticité aux 
mois de juin & de février dans notre climat» 

— Quelque attention qu'on ait apporté à Fob- 
ferver, on ne l'a jamais vu boire. — Ses autres 
habitudes naturelles. — Il préfère , pour fa nour- 
riture j les animaux vivans h ceux qui font 



Ixh Table 

morts , & îa chair au poiflon. — Cet oîfeau 
fe trouve aux Philippines auflibien qu'au cap 
de Bonne- efpérance ; mais ii y a quelques varié- 
tés encre ces oifeaux , qui paroi îTent provenir de 
îa différence du climat, ou du fexe ou de l'âge. 
Vol. XIV ^ 37 Ef fuiu, 

Seme-nda , oifeau des Indes orientales, qui paroît 
être le même que le calao à cafque rond, Vol. XIII , 

Soco, efpèce de héron du nouveau continent, 
qui eft une des plus grandes & des plus beiies. 
' — ^es dirnenfions & fa defcription. Vol. XIV, 
Ï05 ^ ic6. 

Spatule ; confulion dans îa nomenclature de 
cet o;feau. Vol. XIV, 202. — On Tappeile paU 
ou palette, parce que fon bec eflapplatien formie 
de fputule ou de palette. — Defcription de ce 
bec iinguiier, dont la fubftance ell: fiexibie comme 
du cuir. 205 — La fpatule efî: toute blanche, 
elle eft de 1^ grolTeur du héron. — Ses reflem- 
blances & fes différences. — Sa defcription, 207 
^ fiiiu. — Elle fe nourrie de poifibn- , de coquii- 
lag^'S & d'infed s aquatiques & de vers. — Elle 
habite les bords de la mer, & ne fe trouve que 
rarement dans l'intérieur des terres. — On les 
voit fur les côtes de France, & en plus grand 
nombre dans quelques endroits de la Hollande, 
209. — Ces oifeaux font leur niJ à la fommité 
des grands arbres voifins des côtes de la mer; 
ils le conftruifent de bûchettes, & produisent 
trois ou quatre petits, 210. — La langue de cet 
oifeau eft toui-à fait petite- — Defcription de 
fes parties intérieures, 211, — Ces oifeaux vont 



DES Ma TI ERES. IxV 

en ^té jufqu'en Lapponie, 212. — Uefpèce^ 
quoique peu nombreufe, eft très-répandue dans 
tout i^ancien continent, & fe trouve dans le 
nouveau avec de plus belles couleurs^ 11^ ^ 
*i.i6» — Efle paffe ordinairement fur les côtes 
de Picardie dans les mois de novembre & d'avrii, 
mais elfe n'y féjourne pas, 219 & 220.. — Elle 
vit de chevrettes, de petits poifîbns & d'infedes 
d'eau. — Elfe fait , dans de certaines circonf- 
tances , le même claquement que la cigogne 
avec fon bec, 221. 

Spatule, variété de la fpatuïe. VoL XIII, 220- 

Spatule d'Amérique ; fes reflembiances & fes 
ditférences avec celle d'Europe. — La princi- 
paie eft dans la couleur qui eft rouge lorfque 
l'oifeau eft adulte, au lieu que la fpatuïe d'Eu- 
rope eft blanche à tout âge. VoL XIV, 214 6* 
fuiv. — Elle fe trouve dans toute l'étendue du 
nouveau continent, jufqu'au Bréfil & au Para- 
guay , 217 ô* 218. — L'efpèce n'en eft pas 
fort nombreufe en individus. — Les pius grandes 
troupes font compofées de neuf ou dix , & 
commune vïîent de deux ou trois. — Ses habi- 
tudes rtatureiles. — Elfe n'eft pas fauvage & fe 
laiffe approcher de très-près. Ibid, 219. 



L AMATiA ou "Barbu du nouveau continent; 
le volume de la tête eft plus confidérabîe dans 
tous les ojfeaux de ce genre que dans aucun 
autre oifeau. — Cette première efpèce fe trouve 
à la Guyane & au BréiîL VoL XIII , 139. — 



Ixvj 



Ta BLE 



Sa defcriptîon. — Ses habitudes natnreïïes font 
communes h toutes îes autres efpèces de tamatias; 
ils ne fe tiennent que dans ies endroits les plus 
foîitaires des forêts. — Ils ne vont point en trou- 
pes ni même par paires ; ils ont le voi pefant & 
court, ne fe pofent que fur les branches baffes. 
— lis ont peu de vivacité & fe donnent peu de 
mouvemens ; leur mine eft trifte & fombre. — - 
Leur naturel répond parfaitement à leur figure 
mafîîve Se k leur maintien férieux, 1 40 6* ï 4 1 .— 
On peut ies approcher d^auffî pr^s que \\m veut, 
& tirer plufleurs coups de fulll fans les faire fuir. 
Leur chair n'eft pas mauvaife à manger , quoi- 
qu'ils vivent de fcarabées 6c d*autres gros in* 
fedes. lèid, 142. 

Tamatia C le beau) eft le moins îaîd de ce 
genre. Sa defcription & fes dimenf ons. — On le 
trouve dans la contrée des Amazones. Volume, 
XIII, 147. 

Tamatias noir 6* blanc ; raifons pourquoi Pou 
ne peut guère féparer ces deux efpèces ; leur 
ca'adlère commun ell d'avoir le bec plus fort, 
plus gros & plus long que tous les autres tama- 
tias à proportion du corps. Ko/. XIII, 148. — 
Dimenfions des deux efpèces, qui toutes deux 
fe trouvent à la Guyane. Ibid. 149. 

Tamatia à c&UUr ; fa defcription & fes dimen- 
fions : il fe trouve à la Guyane. Vol. 145 6* 
146. 

Tamatia à tête &* gorge rouges. Variétés dans 
cette efpèce. Vol. XIII, T43. — Leurs reflem- 
blances & leurs différences. — Ils fe trouvent 
k là Guyane & k Saint-Domingue, 144, 



1} E s MATikRES. Ixvij 

Taparara , efpèce de grand maTtin- pêcheur du 
iiOLU^eau continent , qui fe trouve à Cayenne. 

— Sa defcription. f^oL XIII, 305. 

Tic-tic, erpèce de todier de î'Amérique méri- 
dionale, qui fe trouve à la Guyane, & qur a 
été ainfi nommé par imitation de Ton cri ; iï 
eft auflî petit que le todier de TAmérique fep- 
tentrionale. F&i» Xlll , 335. — Leurs refiem- 
b!ances <*^ leurs différences. — Il vie d'infeâes 
& habite de préfértnce ies iieux découverts, 

Tlauhquechultototl (le) de la nouvelle 
Efpagne , eft le même oifeau que le pic noir 
huppé de Cayenne. Fol. Xill, 78. 

TOCK, efpèce de calao. Ko/. XIII, 209. — Diffé" 
rences entre Toifeau jaune & {^adulte. — Def- 
cription de cet oifeau, 210. — Les tocks font 
très -communs au Sénégal, & font très -niais 
lorfqu'iis font jeunes. — Mais, iorfqu^ils font 
adultes , l'âge leur donne de l'expérience , au 
point de changer entièrement leur premier natu- 
rel. — Leurs autres hiibitudes naturelles, 211. 

— On prend aifément ces oifeaux lorfqu'ils font 
jeunes, & dès le premier moment iîs femblenC 
être aulli privés que fi on les avoit élevés dans 
ia maifon ; mais cela vient de leur ftupidité , car 
H faut leur porter la nourriture au bec ; iîs 
ne la cherchent ni ne la ramalfent lorfqu'on la 
leur jette , ce qui fait préfumer que les pères 
& mères font obligés de les nourrir pendant un 
très-long temps. — Différences du tock le d\x 
toucan j 212 6* 213, 



hviij 



Ta BLE 



Toco, efpéce de toucan. — Ses dimenfions k fa 
defcription. VoL XIII, 176 ^ 177. 

ToDiERS ; origine de ce nom. — Nous ne con- 
noifîbns que deux ou trois efpéces dans le genre 
de ces petits oifeaux , qui toutes appartiennent 
aux climats chauds de l'Amérique. — Carac- 
tères communs des todiers avec les martin- 
pécheurs & ^es manakins. — La forme fînguliére 
de feur bec les a fait nommer petites paittus 
eu petites fpatules. Fol. XIII, 330 ô* 331. 

TODIER bleu à i^entre orangé ; ce todier eft encore 
plus petit que les autres , n'ayant que trois 
pouces fix lignes de longueur. — Sa defcription. 
Fol. XIII, 337. 

Todier i-arié : h defcription d'après Aidrovande 
& M. Briilon. — Il n'eft pas fur que ce fuit 
vm todier. Fol. XIII, 230. 

Todier de l'Amérique méridionale. FoyeiTic- 

TIC. 

Todier de l'Amérique feptentrionaîe ; il n'eft 
pas pins grand qu'un roitelet. Fol. XIII, 331. 

— Defcription du mâle & de fa ferneiie, 232. 

— Ce todier fe nourrit d'infed^s & de petits 
vers ; il habite dans les lieux humides & fjli- 
taires. — li fe trouve à :!aint-Domingue ot à 
la Martinique. — Ses habitudes naturelles. 334. 

— Il niche dans la terre , qu'il creufe avec fes 
pattes <Sc fon bec , 335. — La femelle pond 

• quatre ou cinq œufs de couleur grife & tache- 
tée de jaune-foncé, 336. 

TORCOL. Mouvement fingulier de cet oifeau. 



:des Ma ti ERns. IxU 

qui îui a fait donner le nom de torcnl. Vol. XÎII, 
125. — Ce mouvement dépend d'une confor- 
mation particulière & naturelle à cet oifeau, 
car les petits dans leur nid tordent le cou comme 
les père & mère. — Autres habitudes finguliéres 
du torcof , 126 6* fuw. — L'efpéce de cet oifeaa 
n'eft nombreufe nulle part, Se chaque individu 
vit folitairement & voyage de même ; fes autres 
habitudes naturelles. — Il prend fa nourriture 
à terre & ne grimpe pas fur les arbres , quoi- 
qu'il ait le bec conformé comme les pics , & 
qu'ail foit très-voi(in du genre de ces oifeaux. — 
Sa grandeur & fa defcription, 129 Esf 130. — 
Différence dans fa couleur du maie & de la 
femelle, 133. — Il fe nourrit comme les pies, 
CH dardant fa langue dans les fourmillières , & 
comme eux, il n'a point de œcum ^ 133. — 
Son nom Grec jynx j a été tiré de fon cri. — 
H fe fait entendre huit ou dix jours avant le 
coucou ; il pond dans des trous d'arbres, fans 
faire de nid , huit ou dix œufs d'un blanc d'i- 
voire, 134. — Les petits fe difperfent dés qu'ils 
peuvent fe fervir de leurs ailes. — Ces oifeaux 
font très- difficiles à élever en domefticité, 135» 
— Sur ia fin de l'été ils prennent beaucoup de 
graille , & ils font excellens à manger. — La 
petite challe de ces oifeaux fe fait dans le mois 
d'août & jufqu'au mois de feptembre, qui eft 
îe temps de leur départ, car il n'en refte aucun 
pendant l'hiver dans nos provinces de France. 
L'efpéce en eft répandue dans toute l'Europe; 
elle fe trouve aufli dans plufieurs provinces de 
TAfie. — Nous ne connoilYons point de variété 
dans «ette efpèce, 136. 



hx Table 

Toucan. Les plumes de îa gorge du toucaiî 
fervent aux plus belles parures. A^o/. XI II , i66. 
— <c es oileaux font les feuls qui aient une piume 
au lieu de langue, 169. — Defcription de cette 
ph'.me. Ils font entendre leur voix fi fouvent 
qu'on les a appelés oi féaux prédicateurs. Ibid — 
ïls ont les doigts difpofés à^w^ en avant &: deux 
en arriére comme les pics, 170. — Leurs pieds 
font II courts qu'ils ne peuvent marcher , & 
ne font quefc.utiiler, 171. • — I;s font répandus 
dans tous les climats chauds de TAmerique mé- 
ridionale, & ne fe trouvent point dans l'ancien 
continent. Ibid. — Ils fe nourr;flent principale- 
nnent de fruit de p?Imiers, & habireiu fur ces ar- 
bres, dans les terrems humides. & près du brird 
àtz eaux. — lis vont ordinairement par petites 
troupes de fix à dix, ieur vol eft lourd & s^exé- 
cute péniblement, 172. — lis font leurs nids 
dans d^s trous d'arbres que les pics ont creufi 
& abandonné. — Leur ponte efi de deux 
œufs. — On les apprivoife très-aifémcnt en les* 
prenant jeunes. — Ils ne font pas difficiles à 
nourrir, car ils avalent tout ce qu'on leur jette , 
pain , chair eu poifTon, 173. — Lorfqu'ils font 
obligés de fe pourvoir d'eux- mêmes & de ra- 
mafi'er les alimens à terre, ils femblent les cher- 
cher en tâtonnant, & ne prennent le morceau 
que de côté, pour le faire fauter enfuite & le 
recevoir dans leur large gofier; ils font fi fen- 
fibles au froid, qu'ils craignent la fraîcheur de 
Ja nuit dans les climats même les plus chauds 
du nouveau continent. — Leur chair, quoique 
noire & aifez dure, ne laifle pas de fe man- 
ger. 174. — Différence des toucans <S; des ara?» 



DJg'i MatI E RE S. IXXJ 

caris. • — li y a cinq efpèces dans fe genre des 
toucans. Folume Xlll, 175. 

Toucan, bec de toucan; en confidërant îa ftruc- 
ture & i\ifage de ce bec démefuré du toucan , 
on ne peut s^empêcher d'être étonné que îa 
Nature ait fait la dépenfe d\in bec auiTi prodi» 
gieux pour un oifeau de médiocre grandeur, 
& ce bec mince & foible, loin de fervir, ne 
fait que nuire a i'oifeau, qui ne peut rien faifir, 
rien divifer, & qui pour fe nourrir eil obligé de 
gober & d'avaler fa nourriture en bloc , fans fa 
broyer ni même la concailer. /^W. XIIÏ, 163. — ■ 
Defcription & dimeniions de ce bec, 166 6* 
167. 

Toucan , langue du toucan ; cette langue du tou- 
can eft encore plus fingulière que le bec. — Ce 
n*eft point un organe charnu ou cartilagineux 
comme celle des autres oifeaux, mais une véri- 
table pîu me bien mal placée comme l'on voit, 
& renfermée comme dans un étui. FoL XIII, 
165. 

Toucan à gorge jaune ; c'eft de cette efpèce de 
toucan dont on tire les plumes brillantes pour 
faire des parures. J^oL XIII, 179. — Ce ne font 
que les mâles qui portent ces belles plumes jau- 
nes fur la gorge 180. — Cette efpèce eft la 
plus commune de toutes à la (Guyane, 181. — 
Son cri eft une efpèce de voix articulée, 182. 

Toucan à ventre rouge. Ses dimenftons & fa def- 
cription d'après de Laet & Aldrovande. /^o/. 
XIII, 180 &* 184. — Erreur de ce dernier Au- 
teur à ce fujet, 185, 



Ixxij Table, &c. 

V 

ViNTSi, efpèce de petit martin-pêcheuî de 
l'ancien continent, qui fe trouve aux Philip- 
pines. — Sa defcription & fes dimenrions. Vo- 
iumc XIII 5 302 6* 303. 



Z I L A T A T , efpèce de petit héron ou crabier 
blanc du nouveau continent, qui fe trouve au. 
Mexique. — Sa defcription. Fc/.XIV, 145. 



T lî^ de la Tahk des MatiercSn 



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